|



Et
si une conscience planétaire, solidaire, était en
train de naître ?
Europol
contrôle l’Europe…mais qui contrôle
Europol
?
|
Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°1 – Hiver 1999/2000
L'Europe
vue de l'Hémicycle
La
commission nouvelle est arrivée
Rappelez-vous,
c’était au mois de mars. Un fort coup de vent
parlementaire balayait la Commission présidée par
Jacques Santer. En osant, pour la première fois de son
histoire, attaquer frontalement l’Exécutif accusé
de malversation, le Parlement Européen découvrait
- étonné - son vrai pouvoir, et devenait
adulte. C’est dans ce cadre nouveau que les
parlementaires élus en juin ont fait subir aux
postulants-commissaires de l’équipe de Romano
Prodi, de longues et parfois sévères
auditions. Il est difficile d’imaginer un gouvernement
national où seraient représentées des
forces politiques antagonistes, pourtant on ne peut comprendre
le jeu subtil (et confus ?) de la politique européenne
qu’en sachant que l’Exécutif qu’est la
Commission n’est pas politiquement homogène et
n’est pas directement lié à la majorité
parlementaire issue des urnes. En effet, les commissaires (au
nombre de 20, un par petit pays, 2 pour chacun des 5 grands
pays) sont nommés par les gouvernements. Même si
la plupart de ces derniers sont à gauche, par soucis
"d’euroconsensus", la Commission est
franchement panachée Rose/Bleu (PS et Démocrates
Chrétiens) et finalement … centriste. Il
est regrettable que la règle institutionnelle actuelle,
héritage du temps où l’Europe des 6 n’avait
aucune ambition d’être une force politique, ne
laisse aux députés que le choix de rejeter ou
d’avaler ce "sandwich". Lors du vote
d’investiture, les députés du groupe
Vert/ALE, pourtant réunis sur une analyse de fond
commune, se sont partagés. Certains ont fait le pari
que, grâce à certains de ses membres (dont la
Verte allemande Michaele Schreyer, commissaire au Budget) et
aux engagements "éthiques", la nouvelle équipe
serait capable d’avancées politiques importantes.
D’autres, au contraire, ont jugé qu’un vote
positif cautionnerait a priori un manque de
projets clairs. Paul Lannoye, co-président du groupe
Vert/ALE, est intervenu avec brio en séance déclarant
notamment : "En appeler à la croissance et à
plus de libéralisme avec un zeste de développement
durable n’est pas la réponse adéquate."
Il a aussi rappelé que l’Union devait "mener
une action sur le plan mondial pour que les écarts de
bien-être entre le nord et le sud cessent de s’accroître,
et pour que la mondialisation ne soit pas synonyme, comme c’est
malheureusement le cas aujourd’hui, de dégradation
écologique et sociale partout dans le monde, y compris
dans l’Union européenne".

CIG.
La nouvelle donne
CIG.
Derrière ce sigle se cache la "Conférence
Inter Gouvernementale"… et aussi une bonne part de
l’avenir de notre continent. C’est en effet là
que, de mars à décembre 2000, s’élaboreront
les réformes institutionnelles nécessaires en vue
de l’élargissement de l’Union à une
quinzaine de nouveaux pays dans les prochaines années.
Autour de la table des négociations, la Démocratie
va jouer gros, et avec elle c’est toute l’Europe
sociale, environnementale et citoyenne qui va en sortir
gagnante… ou affaiblie. Le Parlement Européen a
adopté un premier rapport demandant une CIG élargie,
au-delà des trois points "oubliés" dans
le traité d’Amsterdam (modification du nombre de
commissaires, extension du vote à la majorité
qualifiée, modification du "poids" de chaque
pays au Conseil), rejoignant en cela le vœu de la
Commission. Loin de cette approche de "boutiquier",
il faut à notre continent un texte constitutif fort,
fondé à la fois sur le respect des différences
et sur la solidarité. La légitimité de
l’Europe est à ce prix. Le premier projet de
rapport des députés Leinen (PSE) et
Dimitrakopoulos (PPE) était ambitieux et détaillé,
mais (effrayés par leur hardiesse ?) les auteurs ont
quelque peu automutilé leur propre projet. En séance
plénière Gérard Onesta a "vertement"
regretté cet affaiblissement du signal politique, tout
en donnant rendez vous à l’Hémicycle pour
le suivi de cette CIG : "Un Parlement vote souvent la
Loi, il écrit plus rarement l’Histoire, puisque
cet honneur nous est aujourd’hui donné, sachons en
être digne."

OMC
: L'Europe en première ligne
Seattle,
le 30 novembre, l’OMC est assiégée. La
mobilisation citoyenne gâchait la kermesse arrogante de
la mondialisation sauvage. C’était un bon
début. Coup d’œil dans le rétroviseur
: Déjà lors des accords du GATT, les Verts
dénonçaient la casse sociale et le saccage de la
nature, Déjà lors de la tentative de créer
l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement)
ils s’attaquaient au culte du fric roi. Danièle
Auroi, eurodéputée verte, par sa présence
aux côtés des ONG, à Seattle, a rappelé
ce long engagement des écologistes en faveur d’une
régulation du Marché basée sur la
solidarité entre peuples et envers les générations
futures. En novembre, à l’invitation des
Verts/ALE, le Commissaire Européen Pascal Lamy - en
charge du dossier - affrontait longuement le feu roulant de nos
critiques et de nos suggestions, ainsi que celles de la société
civile représentée, entre autres, par la
Confédération Paysanne (salut José !) ou
le réseau ATTAC. Au delà des (fortes) divergences
constatées, saluons M. Lamy pour sa rupture avec l’ère
du très "thachérien" Sir Leon Brittan,
son prédécesseur, dont la tasse thé était
le mépris du Parlement. L’arrogance semble
d’ailleurs être inscrite dans les chromosomes de
l’OMC. À la fois juge et partie, cette
organisation non élue et non contrôlée dit
le Droit, puis l’impose. Pour les Verts, le minimum
serait - en attendant mieux - de placer l’OMC sous le
contrôle, même imparfait, de l’ONU. Seattle,
le 4 décembre, la conférence est un échec.
C'est la joie dans le camp "citoyen". Nous avons
remporté une première manche, mais l'ouverture du
Cycle du Millénaire n'est que reportée. Les
écologistes vont mettre à profit les mois à
venir pour rappeler que la planète n’est pas à
vendre, et qu’en aucun cas des biens aussi essentiels que
la santé, la culture ou l’éducation ne
doivent être soumis aux règles du Marché.
Par ailleurs un commerce équitable, protégeant
l’emploi chez nous et la dignité sociale et
sanitaire ailleurs, ne peut exister sans se plier aux règles
de l’Organisation Internationale du Travail, et aux
normes de la vingtaine d’Accords Multilatéraux sur
l’Environnement qui édictent peu à peu le
principe de "précaution". L’Europe a
repris pour une bonne part nos exigences, et prouve enfin qu’en
étant unie elle peut couper l’appétit à
l’Oncle Sam. Reste à s’allier le Tiers-Monde
qui considère que toute clause sociale ou
environnementale est du protectionnisme déguisé.
Pour cela les eurodéputés verts réclament
une aide accrue en direction des pays pauvres (transferts de
technologies propres, aide sociale et sanitaire enfin décente…)
seule en mesure de crédibiliser les avancées de
l’Union Européenne en matière de commerce…
et lui permettre de remporter la seconde manche.

Un
sommet bien TEMPERE ?
"L’Europe
ressemble encore trop à ce hochet sans cesse agité
par la famille des Etats au-dessus du berceau des peuples, sans
que jamais ils puissent s’en saisir" écrivait
fin octobre la députée verte Alima Boumediene à
son retour du sommet Européen de Tampere
(Finlande). Avec au menu
des débats : "sécurité et de justice"
ce sommet était la vraie première tentative de
donner un peu de substance au 3e "pilier"
fondateur de l’Union. Il était temps que l’Europe
se préoccupe de droits de l’Homme. Mais dans un
continent frileux, qui se vit souvent comme une citadelle
assiégée par les pauvres de l’Est et du
Sud, parfois en proie à la xénophobie (voir
résultats électoraux Suisse et autrichien), on
pouvait craindre le pire. Au final, grâce à la
pression des ONG et de certains partis - dont bien sûr
Verts - les conclusions du Tampere sont …tempérées.
Côté "clair" les décisions de
justices seront reconnues entre états, mais côté
"obscur" aucun cadre juridique commun - aligné
sur la législation la plus progressiste - n’est
envisagé. Côté "clair" la lutte
contre les narcotrafiquants est annoncée, mais coté
"obscur" rien de concret en ce qui concerne la lutte
contre blanchiment de l’argent dans les banques
européennes. Côté "clair"
l’Europe se définit comme une terre d’accueil,
mais côté "obscur" on note les entraves
à la libre circulation des personnes, et l’insuffisante
protection des réfugiés. Côté
"clair" on veut lutter contre le crime organisé,
mais côté "obscur" on refuse tout
contrôle démocratique et judiciaire des services
de police d’Europol. Bref, encore de belles bagarres en
perspective pour les Verts Européens.

Petite
leçon d'eurojargon
Les
traités européens regroupent les compétences
communautaires en trois chapitres nommés aussi "Piliers"
: • Le 1er pilier recouvre la
politique économique et monétaire, qui culminera
avec l’avènement de l’euro. C’est la
grande "réussite" de l’Union. •
Le 2e pilier concerne la PESC
(Politique Étrangère et de Sécurité
Commune), dont on a pu constater les faiblesses durant la
tragédie yougoslave. Pour activer ce "pilier"
un "Monsieur PESC" vient d’être nommé.
Il s’agit de Javier Solana, ex-Secrétaire Général
de …l’OTAN. •
Le 3e pilier traite des affaires
intérieures à l’Union, telle la justice, ou
les libertés publiques. C’est celui-ci qui était
(enfin) à l’ordre du jour du sommet de Tampere.

Qui
sont ces regionalistes de l'ALE ?
Les
Verts (38 eurodéputés) ont passé, en
juillet dernier, un accord avec l'Alliance Libre Européenne
(l'ALE compte 10 élus) pour constituer ensemble un grand
groupe au Parlement Européen. Ce n’est pas une
première puisque, entre 1984 et 1989, un tel groupe
mixte (Arc-en-Ciel) existait déjà. Aux
européennes de 1989, les régionalistes étaient
sur la liste des Verts français, et Max Simeoni, de
l’Union du Peuple Corse, avait été élu.
En juin dernier, les régionalistes avaient appelé
à voter pour la liste menée par Daniel
Cohn-Bendit. L'ALE regroupe les régionalistes de
plusieurs pays d’Europe réunis autour une charte
politique parfaitement "écolo-compatible".
Jugez vous-mêmes : Construction d’une union
européenne de peuples libres et solidaires entre eux,
basée sur des élections démocratiques et
la non-violence, et fondée selon le principe de
subsidiarité ; défense des droits de l’Homme
et des peuples, et en particulier le droit à
l’autodétermination ; défense de
l’environnement et d’un développement
soutenable (incluant le refus du nucléaire);
construction d’une société juste et
solidaire avec des politiques qui favorisent le progrès,
la cohésion sociale et l’égalité des
chances pour tous les citoyens…

Une
Vice-présidence pour quoi faire ?
Etre
le seul écologiste (… et le benjamin) parmi les
14 Vice-Présidents que compte le Bureau du Parlement
Européen demande pas mal d’énergie pour y
être entendu On peut concevoir cette fonction simplement
dans sa dimension protocolaire (présider l’Hémicycle,
recevoir les VIP, …) ou s’en servir pour agiter un
peu le bocal parlementaire. En s’appuyant sur la force du
nouveau Vert/ALE c’est bien évidemment la seconde
conception qu’a choisi Gérard Onesta : Relayer
auprès de la Présidence les questions
politiquement sensibles, obliger le Parlement à la
transparence pour les archives des commissions d’enquêtes,
démêler le dossier financier des nouveaux
bâtiments du Parlement à Strasbourg, arracher un
vrai statut pour les assistants parlementaires, pousser à
l’organisation de "Parlements Européens
citoyens" (Parlements des Jeunes, des Femmes, des
Migrants, des Chômeurs, des Seniors…) en utilisant
les hémicycles européens souvent sous-employés,
proposer une refonte de la politique de communication
parlementaire basée sur des programmes vidéo,
établir de fréquents contacts avec le Quai
d’Orsay pour préparer la future présidence
française de l’Union …autant de chantiers
lancés durant ce premier trimestre par le Vice-Président
Vert.

Cachez
ce statut que je ne saurais voir ...
Les
assistants parlementaires n’ont à l’heure
actuelle aucun statut social, et sont parfois exploités
par des députés indélicats qui utilisent
"autrement" la ligne budgétaire censée
couvrir les frais de leurs salariés. En sa qualité
de Vice-Président, Gérard Onesta a été
chargé de convaincre à la fois le Conseil des
Ministres (payeur), le Commissaire Kinnock (organisateur)…et
une majorité de parlementaires (employeur) de trouver
enfin une solution digne. On comprend que ce dossier soit
bloqué depuis plus de 15 ans…
Pour
des infos sur ce dossier : contacter Sébastien
Leplaideur, assistant (vert) qui est un des responsables de
l’association des Assistants Parlementaires Européens
Tél : (00) 32 22 84 75 74

Vrac
d'Europe
L'éprouvette
et la tirelire Pour une
multinationale pharmaceutique, un sou est un sou, même si
il vient de la poche d'un africain mourrant. Membre de la
commission Santé, Didier-Claude Rod est intervenu, à
plusieurs reprises, sur le drame du sida en Afrique, et de
l'accès aux soins fortement limité par les
industries du médicament. Celles-ci refusent en effet,
avec l'appui des USA, d'appliquer les accords internationaux
sur la propriété des brevets (TRIPS), qui
permettraient aux états africains de délivrer des
licences obligatoires, autorisant une production locale à
moindre coût. Didier-Claude Rod, médecin et
eurodéputé, a ainsi engagé les Verts dans
les campagnes menées par MSF, Aides ou encore Act Up.
Qui
va à la chasse… M.
Saint-Josse, fusil-en-chef, a déclaré très
sereinement que ses électeurs l’ont aussi élu
pour qu’il chasse, et qu’il ne fallait pas trop
compter le voir à Bruxelles et à Strasbourg.
Transmis aux électeurs qui pensaient envoyer des élus
CPNT à l’Europe pour les défendre, et pas
pour continuer à "canarder" tout en empochant
les indemnités parlementaires…
Que
sont nos "amis" devenus ? Hue,
Hollande, Sarkozy, Pasqua… Tous avaient promis, la main
sur le cœur, qu’ils siégeraient à
Bruxelles et à Strasbourg. Qu’en est-il 5 mois
plus tard ? Sarkozy (Député et Maire de Neuilly)
a déjà démissionné. Pasqua,
Président de son groupe parlementaire (Union pour
l’Europe des Nations), n’a participé qu’à
2 des 13 réunions de la Conférence des Présidents
depuis qu’il est élu. Il faut dire qu’il est
aussi Président du Conseil Général des
Hauts-de-Seine et Sénateur. Robert Hue (Leader du PC,
Député et Maire de Montigny-les-Cormeilles) est
aux abonnés européens absents, et François
Hollande (Premier Secrétaire du PS et Député
de Corrèze) est à peine plus présent.
Seuls sont un peu plus assidus Arlette Laguiller (Conseillère
régionale d’Île-de-France et Porte-parole de
LO) et François Bayrou (Député, Président
du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques,
Président de l'UDF). Mais la palme de l’assiduité
revient, parmi les têtes de liste, à Daniel
Cohn-Bendit. Il faut dire qu’un seul mandat suffit à
son bonheur : Député Européen. CQFD.
"Tous
des faignants…" Le
Parlement s’apprêtait à voter des mesures “
d’activation et d’incitation ” pour augmenter
la contrainte sur les chômeurs afin qu’ils
acceptent toute offre d’emploi ou de formation, sous
peine de suppression des indemnités. Hélène
Flautre, eurodéputée verte, a aussitôt
déposé des amendements contre ces mesures
restrictives. En 1ère lecture, le groupe socialiste
s’est joint à la droite pour repousser ces
amendements. Les associations de chômeurs, alertées
par le groupe Vert/ALE, ont fait pression, et le parti
socialiste s’est alors souvenu, en 2ème lecture,
que dans “ socialiste ”, il y avait “ social
”. Ce réveil tardif n’a pourtant pas suffi à
faire adopter les amendements proposés par les Verts.
Hélas.
Texte
fondateur Il faut
savoir devancer l’appel. Lancé par une quinzaine
d'eurodéputés, l’intergroupe “
Constitution européenne ” réunit de très
nombreux parlementaires de gauche (dont Marie-Noëlle
Lienemann), de droite modérée (dont les Aquitains
Bayrou et Lamassoure) et la plupart des Verts. Cette
"avant-garde" entend bousculer le train-train des
institutions, pour que l’Europe se dote rapidement d’une
Constitution claire et forte. Car ce n’est pas l’excès
d’Europe qui explique l’abstention électorale,
mais bien le vide démocratique des règles du jeu
actuelles. Les grandes avancées de l'Histoire humaine se
sont toujours faites autour de textes fondateurs …Grande
Charte au Moyen Age, Déclaration d'Indépendance
des États-Unis, Déclaration des Droits de l'Homme
et du Citoyen… C'est l'enjeu qu'a défini Gérard
Onesta, co-fondateur de l'intergroupe, qui conçoit
celui-ci comme un espace de liberté, loin des querelles
partisanes ou nationales. Il est illusoire d’attendre
qu'une initiative de telle ampleur vienne des gouvernements,
attachés à leurs prérogatives et peu
désireux de se laisser dépouiller au profit de
l’Europe et des régions. Secrétariat
de l'intergroupe 1 place du Luxembourg - B.1050
Bruxelles Tél : (00 32) 2 508 30 30 - Fax : (00 32)
2 512 66 73.
Peuples
d'ici et d'ailleurs Lors de son
précédent mandat européen Gérard
Onesta avait réalisé un planisphère sans
frontières, représentant les peuples et les
paysages de la Terre (disponible auprès dECODIF à
Paris : Tél : 01 43 55 10 01), et fait adopter par le
Parlement européen un rapport sur les droits des peuples
autochtones, qui depuis fait référence à
l’ONU, et bien sûr auprès de ces peuples
eux-mêmes. Ceux-ci s’organisent progressivement sur
tous les continents, des Inuit aux Aborigènes. Pour
aider aux luttes de ces 4000 peuples souvent exploités,
un intergroupe “ peuples autochtones ” est en voie
de (re)constitution au Parlement européen, et c'est une
verte, Marie Anne Isler Béguin, qui devrait le présider.
Contact pour cet intergroupe : Tél
(00 32) 2 284 55 72.
À
langues déliées Le
18 novembre, au Parlement Européen, le centralisme
français était dénoncé pour son
refus de signer la Charte européenne sur les langues
régionales et minoritaires. Cela se déroulait
lors du colloque organisé par Nelly Maes pour les
députés ALE, et Gérard Onesta pour les
Verts. Les musiciens Alan Stivell, Peio Serbielle et
Jean-François Bernardini y ont évoqué le
dénigrement et la "mésestime de soi"
que subissent toujours des millions de Français et
d’immigrés dont la langue maternelle n’est
pas celle inscrite dans la constitution. Les orateurs, venus
d'une multitude de régions et d'états, ont
rappelé l’intérêt du bilinguisme
précoce pour le développement de l’enfant,
et la richesse de l'addition de nos cultures. Le jacobinisme
français, de Chevènement ou De Villiers, est
dorénavant pris en tenaille entre les initiatives
locales autour de l’affirmation croissante des régions,
et la construction européenne et ses nombreux exemples
de plurilinguisme réussi. Qu'on se le dise ! Cette
initiative peut être visionnée sur le web :
http://www.oc-tv.net
Pas
folle, la vache ? Vache folle, Poulet à
la dioxine, Soja transgénique… les recettes de la
nouvelle cuisine frelatée européenne restent à
écrire. En matière de sécurité
alimentaire les belles paroles adressées aux électeurs
sont souvent contredites par les actes. C’est ainsi qu’à
Strasbourg, le 5 octobre, les deux principaux groupes du
Parlement européen, PPE et PS, ont refusé que les
députés adoptent une résolution sur le
sujet, préférant un simple débat …sans
vote (!). Romano Prodi a pourtant promis une agence européenne
indépendante pour la sécurité alimentaire,
sur le modèle de l’agence française
récemment créée pour cela, celle-là
même qui a préconisé la prolongation de
l’embargo sur le bœuf britannique. Tout aussi
inquiétant, pour lever cet embargo, la Commission
Européenne s’est appuyée sur un rapport du
Comité Scientifique Directeur Européen, comité
ne comportant aucun spécialiste de l’encéphalopathie
spongiforme bovine (ESB) ! De leur côté, une
dizaine de spécialistes de l’ESB ont rédigé
un rapport beaucoup plus prudent, la moitié d’entre
eux recommandant de prolonger l'embargo de 12 voire 24 mois.
Que reste-t-il alors du fameux "principe de précaution"
se sont écrié les Verts dans l'hémicycle,
en condamnant l’attitude des deux "grands"
groupes du Parlement .
Cœur
d'Europe Beaucoup de bruit autour du
nouveau Parlement Européen à Strasbourg
(jusqu'alors cette assemblée n'était que
locataire des bâtiments du Conseil de l'Europe). Comme
toutes les œuvres architecturales "fortes", le
nouvel hémicycle ne peut laisser indifférent. On
dénigre ou on adore. En attendant de venir le visiter
(car c'est possible), faites-vous une opinion sur ce nouveau
temple de la démocratie en parcourant un superbe ouvrage
de textes et de photos qui en explique la genèse : "Le
Parlement Européen à Strasbourg" de
Pierre-François Mourier, Éditions de l'Imprimeur.
Disponible auprès
d'Architecture Studio, 10 rue Lacuée 75 012 PARIS. Tél
: 01 43 45 18 00.
Kolossale
gaffe David Martin, en séance
plénière, le 2 décembre à
Bruxelles, en sa qualité de vice-président menant
les débats du jour dans un hémicycle comble, a
donné la parole au député Goebbels
(socialiste luxembourgeois) en lui disant : "Vous avez la
parole, Monsieur Goering".
EDD
l'épicier On
trouve de tout dans le plus petit des 9 groupes parlementaires
du Parlement Européen. Pour arriver à regrouper
les 16 membres nécessaires à la création
du groupe "technique" EDD (Europe Démocratie
Différence) on a empilé une poignée de
scandinaves et britanniques anti-Europe, une pincée de
fondamentalistes religieux néerlandais …et nos 6
braves chasseurs hexagonaux. C'est le grand rassemblement des
enfants du bon Dieu et des canards sauvages.

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Qui
veut la peau de l'ours ?
Coups
de griffes dans les Pyrénées. L’ours brun
avait presque disparu de nos montagnes, quand l’Union
européenne et l’Etat ont décidé de
mettre en place un programme pour le sauver et en réintroduire
quelques-uns, depuis la Slovénie. Mais la bête est
un prédateur (quelle découverte !), et une
soixantaine de brebis lui ont servi de repas. D’où
les manifestations hostiles à la réintroduction
de la part d’éleveurs et de certains élus.
Pourtant, chez nos voisins, pastoralisme et ours cohabitent
très bien, par exemple dans les Abruzzes italiennes, ou
la chaîne cantabrique en Espagne. Ces régions ont
su valoriser la présence symbole de l’ours et
créer des emplois dans le tourisme. Pourquoi ne pas
faire de même dans nos Pyrénées ? Des
moyens de prévention (chiens de garde patou…)
existent pour les éleveurs que l’Europe peut aussi
aider en cas de situation difficile. Au-delà de la
valeur ajoutée pour l’économie, et du rôle
de "marqueur" de la qualité écologique
des territoires, l’ours est aussi une part essentielle de
notre imaginaire collectif, en peuplant nos mythes, nos fables
et nos rêves de gosse. Que serait l’Europe sans
ses ours, ses loups et ses cigognes ?

Un
espoir nommé Gnidia kraussiana
Dans
les années 60, le jeune docteur Pierre Tubéry
découvre en Afrique que des guérisseurs
camerounais utilisent le "gnidia kraussiana" contre
certaines maladies incurables. L'action de cette plante est
ensuite démontrée, et le monde médical
sollicite de plus en plus l'équipe du docteur Tubéry.
Des malades fondent en 1981 "l'association solidarité",
qui est le principal actionnaire du laboratoire qui prépare
le produit et qui se charge de sa distribution. En 1995, deux
médecins anonymes portent plainte pour utilisation
illégale d'un produit aux propriétés
médicamenteuses. L'enjeu : la fermeture pure et simple
du laboratoire. En toile de fond, les industries
pharmaceutiques qui, au nom de la rentabilité, oublient
trop souvent l'intérêt des malades.
Rencontre
avec Pierre Tubéry
Comment
vous êtes-vous rendu compte de l’efficacité
de cette plante ? En Afrique, j’ai remarqué
que la plante avait des effets étonnants sur les
lépreux. De retour en France, j’ai confié
des échantillons de gnidia kraussiana au muséum
d’histoire naturelle et au laboratoire de toxicologie de
Toulouse, qui ont démontré l’action de la
plante sur les défenses immunitaires. Des études
plus poussées du Pr. Amiel, de Villejuif, montrent les
effets positifs sur des souris atteintes de leucémie. Les
résultats toxicologiques des études nous
autorisent, scientifiquement mais pas administrativement, à
prodiguer ces produits à des cas désespérés
de malades atteints de leucémie. Les effets ne sont pas
miraculeux mais très encourageants.
Pourquoi,
depuis toutes ces années, aucun établissement
pharmaceutique n’a-t-il voulu prendre en charge les
recherches ? Pas assez lucratif. De plus, l'agence du
médicament nous demande des tests biologiques
supplémentaires pour permettre les essais cliniques
officiels. Coût de ces tests : 5 millions de francs.
Notre laboratoire ne peut les supporter. Mais la plainte de
1995 montre bien la cruauté du système. Si un
médicament dont l'action bénéfique est
démontré, n'est pas jugé rentable par les
établissements pharmaceutiques privés, ses
promoteurs peuvent finir au tribunal et les patients au
cimetière. Le premier jugement nous a condamnés à
2500 F d'amende, mais rien sur la fermeture du laboratoire,
réclamée par nos accusateurs. Ils ont fait appel,
mais le jugement a été confirmé : le
laboratoire peut rester ouvert et l'association Solidarité
peut continuer ses activités.
Que
demandez-vous à présent ? Que
soit appliquée la loi de 1946 sur la sécurité
sociale, qui prévoit que “ si un remède
utile à la santé n’est pas pris en charge
par un établissement pharmaceutique privé, le
ministère de la Santé peut en confier le soin à
une institution publique ”. Ce texte n’a jamais été
appliqué : on ne s’attaque pas à la chasse
gardée de l’industrie pharmaceutique. L’Europe(*)
doit maintenant se saisir de ce problème. Peut-elle
accepter que des multinationales dictent leurs conditions ?
Qu’au nom de la rentabilité, des malades ne
puissent pas bénéficier d’un médicament
qui peut les soulager, voire les guérir ? (*) Au
Parlement européen existe un intergroupe "médecines
complémentaires" auquel appartient l’écologiste
belge Paul Lannoye, auteur d’un rapport parlementaire sur
"le statut des médecines non conventionnelles"
(mars 1997), disponible auprès de Gérard Onesta.
Docteur
Pierre Tubéry, 586 route de la Fougarousse,
31600 LAMASQUERE, Tél : 05.62.23.08.30

Quand
Graulhet rime avec déchet
Centre
Technique de Stockage de Déchets Ultimes (CTSDU) et
incinérateur : Graulhet est en passe de devenir la
capitale régionale de la poubelle. Les opposants à
ces projets demandent avant tout qu'ils s'inscrivent dans un
plan d’ensemble du traitement des déchets, avec le
souci permanent du principe de précaution. À ce
titre l'Europe a dit son mot : Le groupe Vert avait amené
le Parlement Européen a juger qu'un périmètre
de 2 km de sécurité était indispensable
entre un CTSDU et la première habitation. Le Conseil des
Ministres de l'Union est passé outre, au grand dam des
riverains graulhetois. Une possible faille géologique
dans le site, renforcent les craintes exprimées par les
associations, et Gérard Onesta au nom des Verts tarnais
: Une pollution de la nappe phréatique serait
irréversible. On assiste, là comme ailleurs, à
une véritable prise d’otage de la santé des
populations par de grands groupes industriels se partageant des
marchés juteux. Côté incinérateur
aussi, les intérêts privés dictent les
décisions. À Graulhet, on se préoccupe des
"déchets ultimes " avant même une étude
plus poussée sur le tri et le recyclage. Pourtant la
valorisation des déchets crée des emplois, leur
élimination sans tri préalable en détruit.
Les décideurs locaux l'ont-il oublié
? L'incinération présentée comme
inéluctable est une technique quasiment inconnue en
Europe. L'incinération est un mal français.
Association
EEE, 276 ch. de la Planquette, 81370
St-Sulpice-la-Pointe, Tél - Fax : 05 63 41 90 76

L'Europe
ira-t-elle bon train ?
Les
défenseurs de la ligne SNCF "Béziers-Clermont-Paris"
s’étaient déplacés, le 27 octobre, à
Strasbourg au Parlement européen. Cette ligne, vitale
pour des campagnes en voie de dépeuplement, peut aussi
être relancée pour le transport combiné
rail-route, alternatif aux camions longue distance, et
désengorgeant les lignes ferroviaires de la vallée
du Rhône. Yves Pietrasanta, eurodéputé de
Mèze, dans l’Hérault, est venu apporter son
soutien au comité, de même que Gérard
Onesta. Ce dernier a rappelé son intérêt
pour le rail en général, plus sûr et moins
polluant que la route, mais aussi pour cette ligne en
particulier en sa qualité de Tarnais, car la ligne
Toulouse-Albi-Rodez est raccordée à la ligne
Béziers-Clermont à Séverac-le-Château,
et peut être elle aussi modernisée, en alternative
à une autoroute Toulouse-Lyon. Ce genre de projet
s’inscrit par ailleurs tout à fait dans la
politique des transports soutenue par le Parlement européen
…et est à ce titre finançable par la
Commission.
Contact
Comité pluraliste de défense et de promotion
de la ligne SNCF Béziers-Clermont, 4 rue Duguesclin,
34000 Montpellier, Tél. 04 67 92 31 11. Fax 04 67 92
37 07.

A3XX,
ou la démocratie confisquée
L’avion
est à Toulouse ce que la bière est à
Bruxelles ou la choucroute à Strasbourg. Lors, de
simples interrogations sur l’aéronautique
toulousaine déclenchent suspicions et accusations :
"Vous préférez la lampe à pétrole
à l’électricité, le chômage à
l’emploi, c’est l’image de la ville que vous
voulez détruire…". Les écologistes ne
prônent pourtant pas la disparition de l'avion. Ils
veulent juste être la mouche du coche, et rompre avec la
pensée unique d’une aéronautique
"indiscutable" dans la ville rose. Le projet
d’implantation à Blagnac de la chaîne de
montage du futur gros porteur d’Airbus, l’A3XX, est
unanimement salué par les élus de gauche comme de
droite. Pourtant, beaucoup de chemin reste encore à
faire avant son lancement. Boeing, l’éternel
concurrent d’outre-Atlantique, n’envisage pas la
fabrication d’un gros porteur. Pas assez rentable. Leur
étude de marché a montré que seulement 80
avions seraient commandés. Et le gros porteur d’Airbus
ne se fera que si les carnets de commande se remplissent d’au
moins… 200 commandes fermes ! Si cette étape
est franchie, est-il si aberrant d'oser envisager une
implantation des chaînes de montage dans une autre région
française ou européenne ? Affirmer en effet que
le meilleur territoire est celui qui possède déjà
une production similaire ne fait que renforcer les inégalités
et est contraire aux idéaux d’aménagement
équilibré du territoire et de solidarité
entre les régions, contenus dans l’idée
européenne. Les écologistes allemands et français
sont sur la même longueur d’ondes : Les Verts de
Hambourg, ville également candidate, ont proposé
une solution alternative : implanter l’usine de montage à
Rostock, dans une ex-RDA dévastée par le chômage.
Les Verts français avancent quant à eux une
grande ville portuaire, pour palier aux difficultés des
chantiers navals. D’autres sites peuvent aussi être
proposés, par exemple des villes comme Tarbes, touchées
par la nécessaire reconversion de l’industrie
d’armement. L’autre question est celle de
l’emploi. Le risque de transfert d’unités de
fabrication, déjà existantes à Toulouse,
et mobilisant beaucoup plus d’emplois, en échange
de l’assemblage de l’A3XX, n’est pas à
exclure. De plus, l’investissement public, qui devrait
atteindre 1 milliard de francs (dont 400 millions pour les
seules collectivités territoriales), mériterait
une comparaison en termes de création d’emplois
avec d’autres investissements publics… Enfin,
c’est le problème de la démocratie locale
qui est posé. Faire de la politique autrement, c’est
rappeler que les élus, si légitimes soient-ils,
doivent associer leurs concitoyens à des décisions
qui auront des répercussions importantes dans leur vie
quotidienne. En l’occurrence, l’implantation de
l’usine d’assemblage supprimerait une base de
loisirs fréquentée par tout un bassin de vie…

La
bayonnaise a pris !
Ils
étaient 13 000
à
Bayonne, le 9 octobre, élus de tous bords, syndicats,
acteurs sociaux et culturels, pour réclamer la création
d'un département "Pays Basque". On n'avait pas
vu telle foule depuis 50 ans. Gérard Onesta était
en tête du cortège, pour manifester le soutien des
Verts à une vieille revendication qui date de la
Révolution, faisait partie des 110 propositions du
candidat Mitterrand, puis des promesses du candidat Jospin, et
est également partagée par une partie de la
droite. Il peut paraître surprenant de voir les
écologistes réclamer cette nouvelle entité
territoriale alors qu'ils se sont - de tout temps - prononcés
pour la disparition des départements, symboles d'un
jacobinisme néfaste et créés pour "casser"
les provinces rebelles. De plus, la France est déjà
championne d'Europe de l'émiettement territorial (autant
de communes en France que dans tous les autres pays de l'Union
réunis) et d'empilement administratif (4 niveaux de
compétence, État, région, département
et commune, là où nos voisins n'en ont que 3).
Alors pourquoi un département de plus ? Tout
simplement parce que, pour les Verts, il ne doit être
qu'une première étape, éphémère,
vers la constitution d'une grande eurorégion basque
transfrontalière, une Euskadi autonome, pacifique,
démocratique et pleinement intégrée à
la future Europe fédérale. Car les frontières
soi-disant naturelles, ou tracées par les conflits
d'hier, sont dépassées. Des régions
historiques et culturelles sont éclatées sur
plusieurs États : le Pays Basque bien sûr, mais
aussi la Catalogne ou le Tyrol. Ailleurs s'affirment des
solidarités économiques et culturelles, comme
dans l'eurorégion Sarre-Lorraine-Luxembourg, ou celle de
l'Alsace et du Pays de Bade, unis autour d'un Rhin, que des
milliers de travailleurs frontaliers franchissent tous les
jours. Autant de ponts jetés par dessus les cicatrices
des guerres passées, car l'Europe ne peut se construire
que sur l'union, en effaçant d'absurdes frontières,
mais aussi sur le respect, en préservant les identités.

De
la grotte au parc
Les premiers européens
étaient de sacrés "tagueurs". Les
grottes préhistoriques ornées, nichées
dans les flancs de la vallée de la Vézère
sont là pour en témoigner. Elles ne constituent
pas seulement un trésor mondial pour la préhistoire,
mais aussi un patrimoine naturel et culturel remarquable. Or
l'État et les collectivités locales n'ont
toujours pas engagé les discussions nécessaires
pour le classement de cette région en parc naturel
régional. L'association pour la mise à l'étude
de ce parc de Vézère-Lascaux (AMIE) mène
depuis juin 1998 une action de sensibilisation auprès
des élus, des administrations et des associations sur la
nécessité d'une protection et d'une valorisation
de ce territoire. L'association a déjà le soutien
du Ministère de l'Environnement. C'est aux régions
Aquitaine et Limousin de faire le pas à présent
pour mettre en valeur à fois les premières traces
de l'art européen et les paysages d'aujourd'hui.
AMIE
BP 47, 9 rue Montaigne, 24 202 SARLAT LA CANEDA Cedex

Tourisme
"hors-sol", tourisme "ras le bol"
À
Moliets, dans les Landes, La beauté de la côte
atlantique attire le Club Med aussi sûrement que le
touriste attire le moustique. Dix ans après un premier
projet de la même multinationale, un secteur de cette
côte encore protégé du bétonnage est
à nouveau menacé par ce tourisme standardisé
et déconnecté des pays d'accueil. Les Verts
landais et aquitains dénoncent les subventions publiques
à un tel projet, et rappellent leur préférence
pour un tourisme diffus, durable, intégré dans la
vie touristique côtière, visant tous les publics
et s'appuyant sur les entreprises locales. Ils en appellent
ainsi aux députés européens, car les
promoteurs du projet tablent sur les subventions du FEDER
(Fonds européens de développement de l'économie
régionale). Rappelons la contradiction flagrante
entre la législation sur la protection de
lenvironnement (Loi de 1976, Loi littoral, Loi sur l'eau), et
la fiscalité des communes. Celles-ci perçoivent
des impôts locaux sur les surfaces bâties et non
sur les espaces naturels, ce qui incite au bétonnage et
défavorise les communes faisant le choix de la
préservation des espaces naturels. Une logique absurde
dont personne, ni riverains, ni touristes, ni même
aménageur, ne peut sortir gagnant.
Verts
Landes c/o Danielle Patou, 419 rue du Moulin, 40465
Pontonx tél./fax : 05 58 57 99 96 Esther
Berdot-Mair, BP 55, 40001 Mont-de-Marsan Cedex, Tél
et Fax : 05 58 75 34 50

Solidarités
réinventées
Le
"développement durable" n'est pas qu'une
question d'environnement, c'est aussi la lutte contre
l'exclusion et le chômage. Des militants écologistes
aquitains, impliqués dans des projets alternatifs
d'emplois d'utilité sociale et environnementale, ont
créé l'association ISA, Initiative Solidaire en
Aquitaine.
"Il
nous est apparu nécessaire de capitaliser nos
savoir-faire et de mettre en commun nos expériences",
déclare Jean-Louis Walbron, un des fondateurs de
l'association : "L'objectif est de devenir un lieu de
recherche-action et un outil de développement au service
des projets solidaires de développement local. Une sorte
de trait d'union, de cristallisateur d'énergies". Les
petites associations peuvent être porteuses de projets
d'utilité sociale et écologique créant de
nouveaux métiers et de nombreux emplois. Mais, seules
dans leur coin, elles ont du mal à agir concrètement.
De plus, elles dépendent des subventions des
collectivités locales et peuvent donc parfois subir
d'insupportables pressions politiques. Sur le modèle
des Systèmes d'Échanges Locaux (SEL), les membres
d'ISA ont mis en place des SAEL : Systèmes Associatifs
d'Échanges Locaux. L'échange solidaire et non
monétaire entre les associations suscite le
développement de nouvelles activités et la
création d'emplois respectant les êtres et la
nature. Ce peut être des échanges matériels
ou immatériels. Le principe est simple : des
associations se regroupent, mettent en place un système
de pointage des échanges, et possèdent un numéro
de compte. L'unité de compte n'est que symbolique (grain
de raisin, bouchon, grain de sable, pavé). Les relations
sont multipliées d'une association à l'autre,
sans réciprocité obligée. Les SAEL
pourraient ainsi regrouper des associations d'insertion, de
développement local, de chômeurs, de protection de
l'environnement, d'agriculture bio. "Les SAEL sont
embryonnaires dans notre région" précise
Jean-Louis Walbron, "mais déjà des
associations, sous l'impulsion d'ISA, commencent à se
mettre en relation. Nous Suvrons pour que ces réseaux se
développent. Ce n'est pas toujours évident, car
les mentalités évoluent lentement"
ajoute-t-il. Les expériences de ce type illustrent la
vitalité du tiers-secteur dont l'eurodéputé
vert Alain Lipietz est un des meilleurs promoteurs. L'émergence
d'une économie à taille humaine se joue ici. La
naissance d'une Europe de la solidarité aussi. L'OMC n'a
qu'à bien se tenir.
Initiative
Solidaire en Aquitaine, 3 rue de Tonzia, 33800
Bordeaux.

|