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Sommaire

L'Europe vue de l'Hémicycle
La liberté dans les décombres
Coup de cornes dans le vide
Erika ? Eurêka !
Terre (trop) promise
N’en jetez plus !
Port Joyeux
Hémicycle sous tension
Petite leçon d’eurojargon
Vrac d’Europe

L'Europe vue de Midi Pyrénées
Un silence explosif
Des sous !
Et que chantent les CIGALES
La croix du Languedoc dans le ciel bruxellois

L'Europe vue d'Aquitaine
En zone libre
Touche pas à mon caviar !
Ondes troubles
Brêve de comptoir















Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen



Carré d'Europe N°10 – Printemps 2002



L'Europe vue de l'Hémicycle

La liberté dans les décombres

Il suffit parfois d'un grain de sable. Et quand il est de nature juridique et de la taille d'un roc écossais, il peut bloquer les machines sécuritaires les plus emballées. C'est ainsi que le très "scottish" professeur Neil Mac Cormick, eurodéputé régionaliste Vert/ALE, a fait capoter le passage en force du texte sur le terrorisme. Le Conseil, s'appuyant sur les grands groupes parlementaires, entendait surfer sur le drame du 11 septembre pour faire acter des mesures aux accents liberticides, sans réel débat, ni même possibilité d'amendements. Neil a su trouver les failles de procédure qui ont stoppé net le vote en bloc d'un texte distribué 50 minutes avant le début d'une session plénière extraordinaire ! Aucun chantage n'aura été épargné au groupe Vert/ALE : ne risquait-on pas, en attendant janvier pour étudier et améliorer le texte, de permettre à M. Berlusconi de changer d'avis sur le mandat d'arrêt européen - qu'il craint pour lui-même - et qu'il n'avait donc accepté que du bout des lèvres ? Ce délai salutaire a pourtant permis que le texte - finalement adopté début 2002, et définissant 32 délits graves - soit moins susceptible de dérives d'interprétation qui auraient fait de chaque opposant à la pensée dominante, un terroriste en puissance. Au final, le groupe Vert/ALE a pourtant dû marquer son désaccord, car ses amendements qui demandait qu'en parallèle au renforcement des moyens de police et de justice, soit rédigé un texte garantissant la protection des libertés individuelles (présomption d'innocence, droits de la défense,…) ont été rejetés par les socialistes et la droite.

Neil : 00 32 2 284 54 80
nmaccornick@europarl.eu.int

Coup de cornes dans le vide

La rotation semestrielle instaurée au sein du Conseil a mis l'Union à l'heure ibérique. Nous voici en effet, jusqu'à début juillet, sous "présidence espagnole", et José Maria Aznar, premier ministre est venu à Strasbourg présenter ses priorités pour l'Europe. Le titre de son programme, "Plus d'Europe" (comprendre : "d'avantage d'Europe") frise la publicité mensongère, quand on découvre un catalogue disparate, essentiellement marqué par les priorités de Madrid pour… l'Espagne. Cap donc sur le tout-sécurité et sur le libéralisme bon teint, dont on se demande en quoi ils répondent aux aspirations de l'Union. Camilo Nogueira, député galicien Vert/ALE, a été si acerbe contre la pensée européenne de M. Aznar basée sur le centralisme étatique, que toute la presse ibérique en a fait écho. Monica Frassoni, co-présidente du groupe Vert/ALE a elle aussi sévèrement épinglé ledit programme dans l'hémicycle, soulignant qu’un patchwork thématique n’a jamais constitué une vision politique. Elle a, au passage, déploré le peu de place laissé au développement durable, alors que le sommet mondial de Johannesbourg se profile déjà, et que même l'Espagne a de sacrés défis à relever en la matière, notamment en changeant son absurde politique de l'eau. La vision Aznar, obsolète, transpire plus le conservatisme auto-satisfait qu'une vision européenne, la Convention clef sur l'avenir de l'Union Européenne (voir édito) ne se retrouve ainsi qu'au sixième rang de ses priorités…

Camilo : 00 32 2 284 52 99
cnogueira@europarl.eu.int
Monica : 00 32 2 284 59 32
mfrassoni@europarl.eu.int

Erika ? Eurêka !

Etrange clin d'œil du calendrier. C'est en effet le 12 décembre dernier, deuxième anniversaire du triste jour où l’Erika se brisait au large des côtes françaises, que le Parlement Européen a adopté une première série de mesures pour briser l'inéluctabilité du saccage de nos mers. Loin d’être un simple naufrage de plus, l'Erika fut celui de trop, et, pour l'Union, la goutte de mazout qui fit déborder le vase législatif ! Dans une inédite course contre la montre, la Commission Européenne produisait, en l’espace d’un trimestre, trois textes destinés à renforcer la sécurité maritime. Yves Pietrasanta, eurodéputé Vert et rapporteur sur ce dossier, a souligné la grande qualité de ce paquet de mesures, baptisé "Erika I". Après deux ans de tangage dans les eaux agitées des lobbies, les bases d’une véritable réforme du transport maritime dans nos eaux semblent donc jetées. Ainsi, les sociétés de classification verront leurs "relations clientèle" surveillées de près, et devront répondre à un cahier des charges plus strict. Les contrôles effectués dans les ports communautaires seront renforcés et plus fréquents. Yves a pourtant regretté l'absence d'un corps unifié de garde-côtes européens, et qu'il faille attendre 2015 pour que les derniers pétroliers à simple coque soient retirés du marché.
Dans le sillage d'Erika I, la Commission a présenté un nouveau convoi de mesures : le "Paquet Erika II". En cours d’examen au Parlement et au Conseil, Erika II compte trois textes prometteurs : création d’une agence de la sécurité maritime (dont le siège pourrait être en France) - mise en place d’un fonds d'un milliard d’euros pour une indemnisation rapide et efficace des victimes de marées noires - instauration d’un système de suivi du trafic maritime le long de nos côtes. Yves a défendu l’installation de telles "boîtes noires" et de "transpondeurs", afin de déceler rapidement, et à distance, les navires dangereux.

Des boîtes noires pour que nos marées ne le soient plus ?

Yves : 00 32 2 284 54 75
ypietrasanta@europarl.eu.int

Terre (trop) promise

C'est, dit-on, une terre promise. Promise surtout, aujourd'hui, au sang et aux larmes, si perdurent les errances politiques et les provocations grossières de Monsieur Sharon. C'est le constat amer que le Parlement Européen a fait au cours du long débat sur la situation en Israël/Palestine, à Strasbourg, le 6 février dernier, en présence du Conseil et de la Commission.
Par une résolution adoptée à la quasi-unanimité, le Parlement condamne, une fois encore, toute violence, des "attaques terroristes perpétrées sur des civils israéliens, aux exécutions extrajudiciaires pratiquées par les forces israéliennes". C'est aussi une claire dénonciation de l'impasse politique gouvernementale israélienne, qui après avoir détruit les infrastructures de l'Autorité Palestinienne, et l'avoir ainsi privé de tout moyen d'action, pousse le cynisme jusqu'à accuser cette dernière d'être impuissante face au terrorisme… Le Parlement soutient d'ailleurs les demandes de compensation financière pour les dégâts causés par Tsahal aux infrastructures palestiniennes financées par l'Union.
Gérard Onesta, recevant l'Ambassadeur d'Israël, lui a rappelé que le bouclage des territoires palestiniens qui alimente la misère, comme les implantations de colonies, attisent la haine et ouvrent la voie aux extrémistes des deux camps. Chaque meurtre porte en germe le meurtre de représailles suivant, alors qu'il est désormais prouvé - n'en déplaise à la droite israélienne - qu'aucune solution militaire ne peut briser ce cycle sanglant.
Au nom du groupe Vert/ALE qu'il co-préside, Dany Cohn Bendit, membre de la Commission des affaires étrangères, a obtenu que le Parlement Européen organise au plus vite une rencontre des prix Nobel de la Paix, Pérès et Arafat, afin de briser l’isolement politique de ce dernier. Dans sa résolution, le Parlement se dit d'ailleurs choqué par l'entretien donné au quotidien Maariv par le Premier Ministre israélien, dans lequel il regrette ouvertement de "ne pas avoir tué Yasser Arafat, il y a vingt ans, au Liban". Il est vrai qu'il y a tant de cadavres le long du parcours de Monsieur Sharon…
Dany n'a pu malheureusement avoir gain de cause sur un amendement soutenant les soldats israéliens qui refusent de cautionner des méthodes de guerre indignes d'une vraie démocratie. Le rejet de cet amendement - du fait de l'opposition de la droite et de l’abstention socialiste - n'a pas empêché des députés de gauche et des Verts d'inviter au Parlement, en mars, les représentants de ces objecteurs.
L'espoir viendra-t-il d'où on n'osait plus l'espérer ? Le récent du Prince héritier saoudien - grand financeur du monde arabe - sur le plan "Les territoires contre la paix" est encourageant, car il met dans l'embarras son allié américain, soutien affiché au gouvernement Sharon. Pour le Parlement Européen - et depuis peu pour l'ONU - la seule solution passe bien par la reconnaissance de deux états, israélien et palestinien, entretenant une collaboration économique, sociale et démocratique apaisée. Selon les Verts, cette coexistence, impliquant les ONG israéliennes et palestiniennes prêtes au dialogue, pourrait être au besoin imposée, dans un premier temps, par une force d'interposition onusienne.
Car si cette terre a été "trop promise", il n'y a pas d'autre solution que de la partager entre tous.
Dany : 00 32 2 284 54 98
dcohnbendit@europarl.eu.int
Site des objecteurs de conscience de l'armée israélienne :
seruv.nethost.co.il/defaulteng.asp
Texte de la résolution du Parlement européen sur la situation au Proche-Orient

N’en jetez plus !

Sacrée promotion pour le Vice Président Vert du Parlement Européen lors de la nouvelle répartition des compétences au sein du Bureau de l'Assemblée continentale. Gérard Onesta, confortablement réélu à ce poste durant la session constitutive , le 15 janvier dernier, passe d'un portefeuille à … cinq ! Au complexe dossier du statut des assistants parlementaires qu'il pilotait déjà, s'ajoutent, en effet, le futur statut des députés européens, ainsi que la communication du Parlement au travers de l'ouverture de ses bâtiments à des opérations politiques. Gérard est également chargé de l'arbitrage en cas de conflit de compétences entre commissions parlementaires, et du suivi des travaux de la Convention sur l'Avenir de l'Union Européenne.

Gérard : 00 32 2 284 75 05
gonesta@europarl.eu.int -

Port Joyeux

Sur les murs de Porto Alegre, une main a recopié des mots lus en 1968 sur d’autres murs : "soyons réalistes, demandons l’impossible".
La bataille des images a eu son vainqueur. Il est vrai que les quelques centaines de "Grands de ce monde" barricadés dans un palace-bunker new-yorkais pour y tenir le World Economic Forum (WEF) ont fait triste figure face à l'exubérance ouverte du Forum Social Mondial (FSM) de Porto Alegre, et ses plus de 50 000 participants. Conférences réunissant des milliers d'orateurs venant de 131 pays, théâtre de rue, manifs monstres, concerts, et plus de 700 ateliers thématiques animés par 4 000 ONG, le FMS, c'est une sorte de Woodstock politique généreux, la pluie en moins.
"Un autre monde est possible" résume le slogan de Porto Alegre, et le Parlement européen, durant sa session de mars, l'a bien ressenti en analysant les deux sommets sur un pied d'égalité, alors que le WEF a 31 ans d'âge, et que le FSM n'en est qu'à sa deuxième édition ! Danielle Auroi était une des 8 parlementaires que le groupe Vert/ALE a envoyé au Brésil pour l'occasion. Là-bas, Danielle, cheville ouvrière d'un intergroupe anti-mondialisation au Parlement, a été ravie de "constater en grand" que les préoccupations sociales et environnementales du mouvement citoyen naissant sont vivaces et bien dressées face au libéralisme. Pour Hélène Flautre, autre eurodéputée verte française à avoir fait le voyage brésilien, une des différences fondamentales entre le WEF et le FSM est que le premier est allergique au moindre contrôle démocratique, alors qu'à Porto Alegre se réunissait, en parallèle, le Forum Parlementaire Mondial. Dans cette enceinte, plus d'un millier d'élu(e)s ont choisi de s'organiser en "Réseau Parlementaire International" pour relayer, dans leurs assemblées, les propositions de solidarité concrète issues du laboratoire de "Port Joyeux".

Danielle : 00 32 2 284 57 54 et Hélène : 00 32 2 284 73 64
Site du Forum Social Mondial :
www.forumsocialmundial.org
Site du Réseau Parlementaire International :
www.forumparlamentarmundial.rs.gov.br

Hémicycle sous tension

Pour le service public, contre le monopole
Savoureux. C'est à un Vert féru d'énergies alternatives que revenait la charge de rapporteur de la - très libérale - directive européenne sur l'ouverture du marché de l'électricité. Mission difficile pour le Luxembourgeois, Claude Turmes, qui, dans un cadre opposé aux thèses vertes, devait promouvoir les intérêts des citoyens. Le vote du Parlement Européen, en première lecture, en mars, a pourtant permis de belles victoires : l'information sera renforcée, et le consommateur connaissant l'origine de son électricité pourra choisir le producteur le plus éco-responsable. Autre avancée, les distorsions de concurrence en faveur de l'atome seront abolies. Ainsi la séparation des activités "réseau" et "production" met fin aux abus des grandes unités de production (charbon, nucléaire) face aux petites unités modestes et décentralisées (énergies renouvelables, cogénération). Ces dernières, par la simplification des procédures pour toute production inférieure à 15 MW, voient leur avenir dégagé. Claude a aussi permis que soit mis fin à l'usage douteux des fonds de démantèlement des sites nucléaires : EDF ne pourra ainsi plus dépenser cet argent, destiné à la gestion future des déchets radioactifs, pour des raids boursiers sur des opérateurs privés européens (…tout en s'opposant à la réciproque sur son monopole !). Sans aller aussi loin que le voulaient les eurodéputés Verts français, le Parlement a aussi renforcé la proposition de la Commission sur le service public. Ainsi rien n'interdira aux États de fournir en énergie les populations précaires, de garantir un service universel et des péréquations pour assurer un prix unique au niveau d'un pays. Quelques jours plus tard, le Sommet européen de Barcelone, annonçait d'ailleurs une directive cadre en faveur des services publics, et, dans cette attente, le renvoi de l'ouverture des marchés gaz et électricité à 2004 pour les industriels… et à encore plus tard pour les particuliers.

Claude : Tél : 00 32 2 284 52 46
cturmes@europarl.eu.int

Petite leçon d’eurojargon

La "Constitutive"
Le mandat de cinq ans d'un député européen est, en fait, la juxtaposition de deux demi mandats de 30 mois. En effet, au milieu de la mandature, comme lors de la première session de celle-ci, les députés européens refondent entièrement leur assemblée. Ils s'interrogent ainsi sur le nombre et la nature des commissions et délégations parlementaires, et se répartissent l’ensemble des postes à responsabilités dans l'hémicycle, en commençant par le Bureau (la présidence et les 14 vice-présidences du Parlement Européen, et les 5 postes de questeurs). C'est à l'occasion de cette session appelée "Constitutive" que de nombreux députés choisissent de changer de commissions ou de délégations parlementaires (…et parfois même de groupe politique !) C'est pendant la "Constitutive" que sont aussi officialisées les nouvelles responsabilités dans les bureaux des groupes politiques, et arrêtées les présidences et vice-présidences des commissions (17 thématiques actuellement). Idem pour les délégations interparlementaires (35 à ce jour) qui établissent les relations avec les parlements des pays non-membres de l’Union. La "Constitutive" est enfin le jour "J" où est arrêté le nombre de députés par groupe politique, nombre qui - après un savant calcul proportionnel dit "règle d'Hondt" - fixera, pour la durée d'un demi mandat, le poids politique de chaque composante (temps de parole en plénière, nombre de collaborateurs, moyens techniques et financiers, nombre de places et nature des responsabilités dans les organes du Parlement ou dans les commissions ou délégations temporaires…). On comprend donc que, par son rôle clef, la "Constitutive" est, pendant les semaines qui la précèdent, à l'origine de bien des tractations - officielles ou officieuses - entre les groupes politiques et à l'intérieur de ceux-ci…
Le moment le plus attendu de la Constitutive est bien sûr l'élection du nouveau Président du Parlement. Celui-ci est élu au scrutin secret uninominal et majoritaire par l’ensemble des 626 députés. Les vice-présidents et questeurs sont élus de la même manière. Le Bureau issu de la Constitutive de janvier 2002 se compose d’un Président libéral, de 7 vice-présidents PPE (droite), de 5 vice-présidents socialistes, d'un vice-président Vert, et d'un vice-président communiste. Le PPE truste 3 des 5 sièges de questeurs, les deux autres revenant à un socialiste et à un "non inscrit" (…qui était socialiste jusqu'à la veille de la Constitutive !).

Après le décompte de la Constitutive de janvier 2002, le Parlement Européen est désormais composé de :

233 députés PPE (Parti Populaire Européen - droite et centre droit),
179 députés PSE (Parti Socialiste Européen),
52 députés ELDR (Libéraux),
45 députés VERTS/ALE (écologistes et régionalistes),
44 GUE (communistes et extrême gauche),
22 UEN (nationalistes de droite - dont Pasqua),
18 EDD (Europe Démocratie et Différences - groupe composite d'anti-européens dont les chasseurs français),
33 NI (Non-inscrits - dont Le Pen).

Les nouveaux postes "à responsabilité" au sein du groupe VERT/ALE sont les suivants :

Présidents du groupe : Monica FRASSONI (Belgique et Italie) et Dany COHN BENDIT (France et Allemagne)
Vice-Présidents du groupe : Nelly MAES (Belgique - Flandres), Heide RUHLE (Allemagne), Claude TURMES (Luxembourg), et Pierre JONKHEER (Belgique – Wallonie)
Vice-Président du Parlement Européen : Gérard ONESTA (France)
Président de la Commission des Affaires Sociales : Theo BOUWMANN (Pays-Bas)
Vice-Président de la Commission Agriculture : Friwi GRAEFE ZU BARINGDORF (Allemagne)
Vice-Président de la Commission Industrie, Recherche et Énergie : Yves PIETRASANTA (France)
Vice-Président de la Commission Environnement : Alex DE ROO (Pays-Bas)
Vice-Présidente de la Commission des Droits de la Femme : Jill EVANS (Royaume Uni - Pays de Galles)
Vice-Présidente de la Commission temporaire sur la Fièvre aphteuse : Caroline LUCAS (Royaume Uni)
Président de la Délégation "Russie" : Bart STAES (Belgique - Flandres)
Président de la Délégation "Turquie" : Joost LAGENDIJK (Pays-Bas)
Présidente de la Délégation "Suisse, Islande, Norvège" : Heidi HAUTALA (Finlande)
Vice-Président de la Délégation "Chine" : Pehr GAHRTON (Suède)
Vice-Président de la Délégation "Israël" : Lukas VANDER TAELEN (Belgique - Flandres)
Vice-Présidente de la Délégation "Ukraine, Moldavie, Biélorussie" : Elisabeth SCHROEDTER (Allemagne)
Vice-Présidente de la Délégation "Autorité Palestinienne" : Danielle AUROI (France)
Vice-Présidente de l'Assemblée Parlementaire "Afrique / Caraïbes / Pacifique" : Caroline LUCAS (Royaume Uni)
Vice-Présidente de la Délégation "ASEAN, sud-est asiatique et Corée" : Patricia Mc KENNA (Irlande)
Délégués à la Convention sur l'avenir de l'Union Européenne : Johannes VOGGENHUBER (Autriche) et Neil Mac CORMICK (Royaume Uni - Écosse)

Pour avoir les coordonnées de ces députés
Tél : 00 32 22 84 66 99
gonesta@europarl.eu.int

Vrac d’Europe

Cent !
Et oui, 100 tout rond ! C'est le nombre de médailles olympiques ramenées des jeux de Salt Lake City par les athlètes de l'Union Européenne. Un tel décompte, inhabituel, prouve qu’une puissance économique se donne toujours les moyens d’accoucher d’une grande "nation sportive". Les USA, eux, se gardent bien de saucissonner leur moisson de performances entre leurs 50 états, ce qui plongerait chacun d'eux dans les profondeurs du classement. Les accros de la logique de compétition médiatico-médicalisée se réjouiront donc de retrouver l’Union largement en tête du palmarès, loin devant les autres fédérations de taille continentale, dont les USA (34 médailles), le Canada (17), la Russie (16) et la Chine (8). Et les fanas de podiums télévisés de constater que l'Union garde encore une belle marge de progression car bientôt viendront s'ajouter les breloques des pays candidats à l'adhésion. Comment dit-on "Cocorico" en européen ?

Placard ?
À la fin de sa Présidence du Parlement Européen, Nicole Fontaine a croulé sous les hommages, fusant de tous les bords de l'hémicycle. C'est vrai qu'elle avait montré une vraie impartialité dans la conduite de l'assemblée, et s'était illustrée là où on n'attendait pas "spontanément" quelqu'un issu, comme elle, du plus grand groupe de droite. Condamnation de la droite extrême autrichienne, plaidoyer contre la peine de mort, dénonciation des méfaits du "capitalisme dominant" au sommet social de Lisbonne… elle a su faire entendre sa différence. Derrière les louanges, les membres les plus conservateurs de son groupe - dont leur président, le très cassant M. Poettering - attendaient patiemment leur heure pour régler quelques comptes, envers celle qu'ils n'avaient pu "contrôler". Ainsi, alors que leur "chère Nicole" laissait entendre qu'elle souhaitait terminer son mandat à la coprésidence de l'Assemblée interparlementaire Afrique/Caraïbes/Pacifique, où ses contacts internationaux auraient pu être forts utiles, son groupe - par un subtil jeu de tractations - a offert cette coprésidence aux… socialistes ! La lecture du livre que vient de publier Nicole Fontaine ("Mes Combats" - Édition Plon) permet de mieux décoder les mœurs politiques européennes…

Irresponsable
Le jour de fête attendu par les défenseurs de l’environnement a tourné au cauchemar. Le 23 janvier dernier, après plus de dix ans de débats internes, ponctués par la publication d'un Livre Vert en 1993, puis d’un Livre Blanc en 2000, la Commission Européenne a finalement présenté sa proposition de directive sur la "responsabilité environnementale". Ce texte ruine les espérances nées du Livre Blanc. En effet, comme l'a dénoncé l'eurodéputée Verte suédoise Inger Schörling, la proposition de la Commission, non contente de renverser la charge de la preuve de la pollution pour la mettre sur les épaules du demandeur - un simple citoyen dans 99 % des cas - exclut aussi de son champ d’application les dommages causés à la santé ou à la propriété. Le texte se limite dorénavant aux atteintes à la biodiversité… et seulement dans les zones classées "Natura 2000" ou protégées par des lois nationales.
Contact Inger : Tél : 00 32 2 284 57 79
email :
ischorling@europarl.eu.int

Un piètre accord sinon rien
Amertume palpable chez les eurodéputés - rapporteur en tête - lors des débats sur les "Accords de Cotonou" régissant le partenariat entre l’Union et les pays ACP (Afrique / Caraïbes/ Pacifique). Il est vrai que ce texte est très en deçà des précédentes Conventions de Lomé, notamment en matière environnementale. Le Parlement Européen, en adoptant, en janvier dernier, en plénière, le rapport de l’eurodéputé Vert Didier Claude Rod, a cependant décidé de poursuivre sa coopération avec ces pays. Pouvait-il en être autrement, quand on connaît la dette morale que l'Europe a envers ces terres, saignées par le colonialisme ? Souhaitons pourtant, comme Didier, que la reconnaissance nouvelle de la société civile parmi les intervenants de la coopération donne, dans les faits, un vrai souffle à ce partenariat. Espérons aussi que la ratification par l'Union de ce texte qui date déjà de juin 2000, entraînera vite celle des États membres, partenaires essentiels dans l'avenir de ces régions pauvres…
Contact Didier-Claude : Tél : 00 32 2 284 74 37
drod@europarl.eu.int

L'autre présidentielle…
Pour la première fois de son histoire, le Parlement Européen a vécu de longues semaines de vraie campagne électorale interne. Les 5 candidats à sa présidence - dont Gérard ONESTA pour les Verts/ALE - ont ainsi multiplié les débats face aux médias européens, et sont allés devant tous les organes de l'assemblée, pour y défendre leurs propositions sur le fonctionnement et le rôle de celle ci. Et l'hémicycle a pris goût à ce jeu démocratique inconnu jusqu'ici ! Il est vrai que l'accord tacite entre les "mammouths" - qui faisait que le mandat suprême était toujours partagé entre les 2 grands groupes "ennemis" PPE et PSE - avait volé en éclats quand, en 1999, la droite avait décidé un partenariat avec les libéraux. Les socialistes, peu enclins à partager, refusaient une alliance symétrique qui les aurait unis aux écologistes et aux communistes. À la fin de la présidence de Nicole Fontaine (PPE) le "renvoi d'ascenseur" vers les libéraux allait-il être validé dans le secret de l'urne ? L'issue du scrutin était incertaine, et il fallut d'ailleurs près d'une journée de vote - et 3 tours - pour que le libéral Pat Cox soit proclamé Président. Accède donc au "perchoir", un député issu d'un petit groupe - autre première - ce qui peut laisser espérer une meilleure écoute de ces derniers. Pat Cox, irlandais de 49 ans, ancien journaliste télé, a annoncé une présidence "dynamique et réformatrice" pour relever les défis de l'élargissement et de la démocratisation de l'Union. À suivre…

Alima is watching you !
Big Brother doit se méfier, car Alima veille aussi ! En effet, Alima Boumediene-Thiery et le Syndicat de la Magistrature ont reçu conjointement le Prix Voltaire de la "Vigilance citoyenne". Décerné lors de la cérémonie annuelle des Big Brother Awards, par le jury de Privacy international - organisation luttant contre la surveillance de la vie quotidienne et la criminalisation des déplacements - ce prix a ainsi récompensé l’eurodéputée verte pour sa mobilisation militante en faveur de la protection des droits humains et des libertés démocratiques, notamment devant le Parlement Européen.
Contact Alima : Tél. 00 32 2 284 75 74
aboumedienne@europarl.eu.int

Lu et approuvé
Joli coup de pouce pour le protocole de Kyoto. Par 540 "Pour" et 4 "Contre", le Parlement Européen, le 6 février 2002, a donné son accord pour la ratification de ce texte portant sur la réduction des gaz à effet de serre. Car ce traité international doit être validé à un double niveau, par l’Union et par les états qui en sont membres. Les eurodéputés écologistes ont appelé au renforcement du rôle de leur Parlement dans les négociations prévues en 2008 pour de nouvelles réductions - souhaitons le, plus drastiques - des gaz polluants. Le Vert Alex de Roo, Vice-président de la Commission Environnement espère, lui, que ce "plébiscite" européen sera entendu au Japon, en Russie, au Canada et en Australie afin que ce protocole entre en vigueur dès le sommet de Johannesburg en août prochain. Car Monsieur Bush ne désespère toujours pas de trouver des alliés pour son "plan alternatif", présenté récemment, par et pour les lobbies de l'énergie, et qui a été hué par toutes les ONG écologistes…
Contact Alex : Tél : 00 32 2 284 26 80
aderoo@europarl.eu.int

On the road
Si l'écologie politique avait vocation de former des "compagnons", il en est un qui aurait bientôt achevé son tour de France ! Olivier Richard, chargé de mission des jeunes écologistes européens, est - encore - sur les routes. Le 8 mars, il était à Pessac, à la rencontre des organisatrices de "Champ Espace", sur les thèmes de l’alimentation responsable et de l’eugénisme et, le soir, en meeting avec Stéphane Pocrain, porte parole des Verts. Du 17 au 27 mars, c’est à la foire biologique et écologique suisse Agrorama que vous pourrez débattre avec lui de l ‘écologie politique. Du 06 au 07 avril, le prosélytisme écolo aura pour décor la 4ème foire écobiologique de Cusset-Violette. En mai, du 9 au 13, la joute d’idées sera portée à Rouffach lors de la 21ème foire européenne du pain, vin et fromage écobiologique. Autres dates pour rencontrer Olivier : 19 mai, à Signes (Var), foire biologique de Nature et Progrès ; 25 et 26 mai à Durtal (Maine et Loire) pour les journées de la bio et de la vie Naturelle ; du 31 mai au 2 juin à Honfleur ; 9 juin à Arcabio en Ardèche.
Contact Olivier : Tél : 06 84 12 11 06
email :
richardolivier@yahoo.com

Biodiversité
Grand thème voilà dix ans à Rio lors du premier Sommet de la Terre, la Biodiversité fait son "come back" sur l’agenda du Parlement européen. En effet, en mars, l’hémicycle continental a adopté le rapport rédigé sur ce thème par l’eurodéputée Verte Marie Anne Isler Béguin. Ce texte ambitieux propose, dans le cadre des plans d'action européens environnementaux, la mise en place d'un indicateur sur la biodiversité afin de mesurer avec efficacité le respect des objectifs annoncés par l’Union. Pour Marie Anne, cet indicateur n’est qu’un premier pas. Il devra, dans un futur proche, être complété par la mise en place d’un fonds structurel d’aide à la préservation de cette biodiversité. Sans ce fonds destiné à des partenaires (agriculteurs, collectivités, ONG...) à qui l’on demande des engagements de préservation particuliers, et sans efforts de pédagogie pour accompagner le tout, le dispositif serait inopérant.
Contact Marie Anne : Tél : 00 32 2 284 55 72
email :
maisler@europarl.eu.int

Prudence
Le Parlement Européen a adopté en mars un "paquet économique" pour tenter de réguler le secteur financier dans l'Union. C'est à l'eurodéputé Vert Alain Lipietz que revenait la charge de rapporteur pour la surveillance des établissements de crédits, d’assurances ou d’investissements appartenant à un conglomérat financier. Points clef de son texte : introduire des exigences prudentielles limitant par exemple l’emploi d'un même capital à des secteurs différents du conglomérat. Avec de telles règles, l’Union Européenne se protégerait d’une déconfiture semblable à celle d’Enron aux États-Unis. Ce "principe de précaution" d'un nouveau type, fait tousser plus d'un banquier, peu soucieux de transparence ou d'investir ainsi ses deniers dans des mécanismes d'évaluation et de contrôle. Si, grâce à Alain, le monde de la finance n'est plus tout à fait une jungle, ce n'est pas encore un jardin paisible…
Contact Alain : Tél : 00 32 2 284 52 07
email :
alipietz@europarl.eu.int

Ouf !
On l'a échappé belle ! La Grande-Bretagne a formellement démenti "avoir tenté d'envahir l'Espagne" (sic) après le débarquement - par erreur - le 17 février dernier, d'un commando de 20 fusiliers marins armés, sur la plage espagnole de La Linea, voisine du rocher de Gibraltar. Le dialogue apaisé au sein de l'Union a du bon : il y a quelques siècles le continent serait déjà en guerre pour laver l'outrage…

Contact Tony : 10 Downing Street, London



L'Europe vue de Midi Pyrénées

Un silence explosif

Le Centre d’Étude de Gramat (CEG) dans le Lot teste depuis une quinzaine d’années des obus à uranium appauvri. Ces armes, qui se sont illustrées lors des derniers conflits militaires, ont alimenté bien des craintes suite aux mystérieux "syndromes" dont sont atteints tant d'anciens combattants. Ce centre est sous la tutelle de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et ses activités sont évidemment classées "Secret Défense". Carré d’Europe a rencontré Laurent Cougnoux, secrétaire de l’association ANAHITA qui s’est constituée pour briser l’omerta qui règne sur le CEG, malgré nombre "d'incidents" dans son enceinte.

Pourquoi avoir créé cette association, et que veut dire ANAHITA ?
La création de notre association remonte à la révélation, l’an dernier, d’un incident de tir dans l’enceinte du CEG, il y a 10 ans. C’est le directeur du centre en personne qui, du bout des lèvres, a fait cet aveu dans le journal "Dire Lot". Il précise même que la terre ramassée sur les lieux après l’incident a été stockée pendant deux ans en plein air sur le site. Quelles ont été alors les pollutions et leurs conséquences sur la santé ? L'impact sur l'eau nous inquiète particulièrement, d'où le choix du nom Anahita, qui est celui de la déesse mésopotamienne des eaux de rivière.

Quel type de pollution craigniez-vous ?
Le sous-sol, ici, est un véritable gruyère et une rivière souterraine passe sous le site de tir. Quelles garanties peut apporter le CEG que l’eau n’a pas été contaminée, et quelles études crédibles peuvent le confirmer ? Mais le CEG ne veut pas communiquer avec nous, et ne dit rien sur les dispersions possibles des matières radioactives et des substances chimiques dangereuses contenues dans ses munitions. Les précédents européens alimentent notre envie de vérité, surtout après la confirmation par la CRII-Rad que les autorités françaises ont sciemment menti aux populations après le passage du nuage de Tchernobyl. Pressions du lobby nucléaire ? Culture du silence de l’armée ? Impossible de savoir. Nos inquiétudes sont d’autant plus fortes que le maire d’un village accueillant une annexe du CEG s’interroge sur le taux anormalement élevé de cancers sur sa commune. Pour qu’un maire ayant fait beaucoup d’efforts pour faire venir des habitants sur son territoire s’exprime ainsi publiquement, c’est que ses craintes doivent être immenses. Nous avons aussi eu des informations sur un incident de tir équivalent en Écosse. Là bas aussi, les autorités se sont voulu rassurantes. Pourtant, des études ont mis en évidence le taux de leucémies infantiles le plus élevé d’Europe !

Quelles actions avez-vous menées ?
Nous essayons de relayer nos craintes, c'est le seul moyen de briser le silence. Nous avons rencontré d'abord nos concitoyens pour les rendre conscients, puis des élus, comme par exemple Gérard Onesta, à qui nous avons montré des photos alarmantes de tas d'obus rouillés, abandonnés en pleine nature. Nous avons aussi alerté la presse, tout en étant conscients qu'une médiatisation mal maîtrisée risque d'avoir des répercussions sur l'activité économique du secteur, notamment le tourisme. Je suis moi-même agent immobilier et les conséquences sur mon entreprise peuvent être importantes. Mais comment faire pour obtenir des réponses simples à des questions graves ? Nous ne sommes ni des antimilitaristes ni des marginaux, et ne remettons pas en cause l’existence même du centre d’étude qui fait vivre tant de monde ici. Notre démarche est celle, légitime, de citoyens responsables. Si l'on peut comprendre le "Secret Défense", il ne peut être opposé à des mesures de protection réelle des populations.

Que demandez-vous ?
Nous voulons des réponses claires au travers d'un dialogue permanent. Cela peut passer par la création d’une commission paritaire réunissant le CEG, la DGA, la préfecture, les élus locaux, des médecins, les associations environnementales… qui soit un garde-fou sans ingérence dans les affaires du CEG. En fait, une sorte de "CLI", ces Comités de Liaison et d’Information qui existent pour les centrales nucléaires.

Attendez vous une réponse de l’Europe ?
Nous sommes conscients que l'Union Européenne n'a pas encore de vraies compétences en matière de défense, mais le dialogue instauré avec Gérard Onesta nous a montré qu'il est bon d'avoir des relais européens pour tenter d'élargir l'application du principe de précaution jusqu'à ce genre d'activités. Après tout l'Europe ne s'est elle pas engagée à protéger ses populations des radiations ? À moyen terme, l’Union représente pour nous une instance supranationale qui aura donc peut-être la possibilité d’intervenir en étant moins soumise aux différents lobbies.
Nous avons aussi quelques contacts associatifs au niveau européen, avec qui nous échangeons des informations, mais nous tenons à notre indépendance et à notre démarche constructive.

Quelle peut-être l’issue ?
Le CEG et la DGA doivent comprendre que si nos appels à la raison sont entendus, la déferlante médiatique cessera et le climat s’apaisera. Ce sera mieux pour leur activité comme pour la santé des populations riveraines. Le dialogue est une question de volonté. Nous l’avons.

ANAHITA
17, rue de la Balme,
46500 Gramat
Tél : 05 65 21 17 05
Fax : 05 65 33 71 13
anahita.46@laposte.net

Des sous !

Combien peut donner l'Europe ?
La question revient en permanence.Souvent décriée en temps d'opulence, et toujours sollicitée dans la disette, l'Union Européenne gagnerait à mieux faire connaître ses mécanismes de financement. Pour preuve, la visite à Toulouse, le 8 mars dernier, de Michel Barnier, Commissaire européen chargé de la politique régionale. Le préfet de région avait réuni pour l'occasion les principaux décideurs de la zone touchée par l'explosion de l'usine AZF, afin de faire le point sur ce dossier.
Ce fut une utile séance pédagogique pour les élus locaux qui ne maîtrisent pas toujours les rouages européens. Non, l'Europe n'a pas de ligne budgétaire pour faire face à des catastrophes, naturelles ou industrielles, survenant sur son territoire. Il en est ainsi depuis le sommet de Berlin en 1999, où les États ont supprimé du budget communautaire les quelques dizaines de millions d'euros jusqu'alors consacrés à cela. Il est vrai que ces montants étaient notoirement insuffisants pour faire face à un état de catastrophe, où les dégâts se comptent facilement en milliards…
Alors, impuissante l'Europe ? Pas tout à fait. Il faut savoir que le budget de l'Union est voté annuellement, mais est encadré par des perspectives budgétaires qui couvrent plusieurs années. L'an prochain, à mi-parcours de la période comptable 2000-2006, la Commission débloquera une réserve de 4 % que les États pourront redéployer sur leur territoire. La France aura ainsi une rallonge de plusieurs centaines de millions d'euros, qu'elle pourra employer, par exemple, pour effacer les traces de la tempête qui a frappé l'ouest du pays, où pour aider Toulouse à se reconstruire. Autre piste possible et complémentaire actuellement à l'étude : modifier le zonage européen afin que les quartiers toulousains sinistrés soient classés en "Objectif 2" c'est-à-dire, en jargon européen, qu'ils soient éligibles à des subventions habituellement réservées, loin des grandes métropoles, à des zones "en retard de développement".
Autre suggestion faite par Gérard Onesta lors de cette rencontre : que l'on commence au moins à ne pas perdre les subventions déjà budgétisées. Gérard demande pour cela que les "Maisons de l'Europe", qui fleurissent ça et là, ne soient pas des vitrines vides, mais de vrais organismes européens pilotés par la Commission, en partenariat avec les pouvoirs publics, consulaires, et les réseaux associatifs, où chacun pourrait trouver des interlocuteurs pour guider ses projets dans la "jungle communautaire". Il faut en effet savoir que, lors de la phase de programmation précédente, Midi-Pyrénées n'a pas su trouver preneur de près d'un tiers des sommes qui lui étaient pourtant allouées par l'Europe…

Et que chantent les CIGALES

C’est en 2000, avec la création du tout nouveau portefeuille ministériel de Guy Hascoët, que la plupart des Français découvrent, perplexes, la notion d'économie sociale et solidaire, tant il est vrai que les mots "économie" et "solidarité" semblent antinomiques.
Dépasser ce paradoxe sous-entend, en effet, s'interroger sur la vocation sociale et environnementale des entreprises. Quelle est l'utilité sociétale réelle du produit que je fabrique ? Quel est son impact sur le milieu naturel, ici et ailleurs ? Quelles conditions de confort de travail, de respect, d'écoute et d'implication ai-je créées au sein de ma boîte ?… Au travers des réponses apportées, on découvre une foule de besoins insatisfaits, et autant de viviers de création d'emplois, souvent de proximité.
La France est en retard dans cette démarche, mais, en s'appuyant sur son histoire mutualiste, pourrait s'inspirer de projets nouveaux, coopératifs et même "non-marchands", qui ont surgi dans la culture alternative du nord de l'Europe.
Celles et ceux qui, depuis des années, se battent pour le développement de ce champ novateur, où l’économie est au service de l'humain, et non l'inverse, attendaient en France une loi pour développer leurs moyens d'action. Malheureusement ce texte, pourtant promis par le premier Ministre, a été, en décembre, renvoyé - sans garantie aucune - à la future mandature…
Heureusement, des outils existent déjà, parmi lesquels, les CIGALES (Clubs d’Investissement pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire). Elles sont nées en 1983 à l’initiative d’une poignée de militants alternatifs et écologistes, afin de soutenir, grâce à la collecte d’épargne locale, la création de ces entreprises socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Elles souhaitent déclencher une vaste ré-appropriation des circuits financiers, enfin remis à leur véritable place : avec tous, au service de tous.
Le principe des CIGALES est simple : la structure juridique est celle d’un club d’investissement. Les participants décident d’épargner régulièrement une somme d’argent pour une durée de 5 ans. Tous disposent d’un droit de vote identique lors des choix d'investissements. Pour qu'un porteur du projet en reste maître, la part des CIGALES n’excède pas 25 % du capital des sociétés aidées. Lorsqu’une initiative est soutenue par des CIGALES - donc expertisée par des citoyens responsables - elle est davantage crédible auprès des banques, alors moins réticentes à participer à son financement.
En 2000, en France, 120 CIGALES ont collecté et investi 1,4 million d'euros dans de petites entreprises de leur entourage.
Dans le Tarn, après celle d’Albi, la CIGALES "Grain de pays" vient de naître à Gaillac, à l’initiative de militants associatifs impliqués dans le développement solidaire, la culture ou la démocratie participative. Prochaine étape, la constitution d’une plate-forme départementale de cette économie avec tous les acteurs locaux concernés : associatifs, mutuelles, coopératives d’insertion, SCOP... Objectif : organiser un cycle de rencontres, pour échanger des infos sur les activités de chacun, mais aussi obtenir une reconnaissance, tant auprès du public que des institutionnels, qui ignorent la crédibilité de cette économie responsable…et parfois même son existence.
Au niveau communautaire, hélas, le modèle dominant a réussi à se débarrasser, provisoirement, de cette nouvelle pousse. Ainsi la direction chargée au sein de la Commission Européenne de développer ces nouvelles formes d’économie a disparu après quelques années d'existence. Actuellement, certains appels d’offres lancés par la direction générale "Emploi" peuvent pourtant soutenir des projets de l’économie sociale. "On est loin du compte !" s'insurge l'eurodéputé Vert Alain Lipietz, économiste et théoricien de ce nouveau modèle solidaire, pour qui il est urgent de favoriser le réel développement de cette économie, qui est moins virtuelle que bien d'autres…

CIGALES "Grain de pays"
c/o Christian Denis,
40, rue de Boutge
81600 Gaillac
Tel / Fax : 05 63 57 92 46

La croix du Languedoc dans le ciel bruxellois

Si l'Occitanie était, en tant que telle, membre de l'Union Européenne, ce serait peut-être son ambassade.
Mais la décentralisation hexagonale n'en est, hélas, pas encore là.
La croix du Languedoc flotte pourtant dans le ciel bruxellois depuis que la région Midi-Pyrénées a inauguré en grande pompe, dans le quartier européen de la capitale belge, les bureaux de sa représentation. C'est en effet le 21 février dernier, à Bruxelles, que Martin Malvy, après avoir rappelé qu'il présidait une région plus vaste que la Belgique (!) et vanté les atouts traditionnels et futuristes de son territoire, a rappelé les synergies Région/Europe.
La forte délégation d'élus et de chefs d'entreprises qui l'accompagnait a, par ailleurs, fait le tour des lieux du pouvoir continental, où se décident aujourd'hui des pans entiers de notre vie quotidienne. C'est Gérard Onesta qui a eu l'honneur de servir de guide dans l'immensité des bâtiments du Parlement Européen. Gérard en a profité pour attirer l'attention de ses invités sur l'émergence du pouvoir régional en Europe, même si la France reste encore déconnectée de cette lame de fond. Deux rapports parlementaires (dont parlera bientôt Carré d'Europe), sur la répartition des compétences dans l'Union et sur le rôle des nombreuses régions à pouvoir constitutionnel, devraient obliger notre pays à ouvrir les yeux, ne serait-ce que parce que la Convention qui planche sur l'avenir de l'Union a déjà inscrit ce thème à son ordre du jour…
Il est vrai que les différences entre les diverses régions d'Europe sont criantes. En France, ce ne sont encore que des regroupements administratifs parfois aberrants, alors qu'ailleurs des régions ont un vrai poids politique, basé sur la cohérence culturelle et un pouvoir réglementaire, économique, environnemental et social. Ces "régions qui comptent" ont bien sûr compris que le centre de gravité du processus décisionnel, notamment pour les grandes infrastructures, s’est déplacé depuis longtemps vers Bruxelles, et elle nelésinent pas sur les moyens pour y être écouté. La Bavière vient ainsi de s'acheter un château dans le parc qui jouxte le Parlement Européen, et elle y installera bientôt pas moins de 40 permanents…
Notre région, avec des moyens certes plus modestes mais avec beaucoup de détermination, ouvre ainsi, sous couvert d'une association intitulée "Midi-Pyrénées Europe", le vingtième bureau régional français à Bruxelles. Plus que six (en comptant l'outremer), et les "régions françaises" y seront au complet.
La mission de notre représentation régionale tournera autour de trois axes :Récolter des informations sur les activités européennes, les diffuser auprès des collectivités et entreprises de notre région, et donner une assistance technique à celles-ci pour qu'elles prennent part aux appels d'offres européens ; Peser sur les choix communautaires en faisant entendre la voix de Midi-Pyrénées quand elle est concernée. Dernier exemple en date : la concertation avec les députés européens de notre Sud-Ouest pour mieux définir, au travers d'amendements, la traversée ferroviaire des Pyrénées, en précisant son rôle (le transport de fret) et son emplacement (au centre de la chaîne montagneuse).
Créer un lien direct et concret entre l'institution la plus proche des citoyens, la région, et celle qui leur paraît la plus lointaine : l’Europe.

L'association "Midi-Pyrénées Europe", qui édite une lettre d'information mensuelle regroupe le Conseil régional Midi-Pyrénées et 7 des 8 Conseils généraux : Ariège, Aveyron, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn et Tarn-et-Garonne.
Il est facile de repérer le seul absent, car il est de taille : la Haute-Garonne, très (trop ?) sûre de son propre poids, n'a pas daigné s'associer à l'effort commun…

Élie Spiroux
Association Midi-Pyrénées Europe,
55, rue d’Arlon B-1040 Bruxelles
Tél : 00 32 22 80 09 19
Fax : 00 32 22 30 67 83

L'Europe vue d'Aquitaine

En zone libre

Qui veut salir l'idéal européen ne recule devant aucun délire.
Le programme de zonage communautaire "Natura 2000" - qui excite l'imagination des europhobes de notre Sud Ouest - s’appuie sur la directive "Habitats" voté en 1992. Celle-ci vise à maintenir, et même rétablir, des habitats d’espèces sauvages (flore et faune) représentatifs et garants de la diversité des milieux et patrimoines naturels.
En Aquitaine, les zones Natura 2000 ont pourtant bien du mal à se mettre en place. À tel point que Michel Barnier, Commissaire Européen chargé de l'aménagement régional, a déclaré que si la région ne remplissait pas ses engagements, c’est une bonne part des 533 millions d’euros de fonds structurels européens destinés à ce secteur pour 2000/2006, qui risquait de lui passer sous le nez.
Mais pourquoi tant de résistance à la protection de notre patrimoine naturel ?
Et c'est là qu'on découvre qu'une mystérieuse "Coordination Natura 2000" a fait parvenir à de nombreux maires d'Aquitaine, une lettre qui met en cause cette directive en s’appuyant sur cinq arguments incroyablement fallacieux. Cette missive dénonce en effet - excusez du peu - le caractère anti-démocratique de Natura 2000, son imprécision scientifique, le non-respect du droit de propriété, la suppression de la chasse, ainsi que l’impossibilité de développement économique sur les zones concernées (!)
Mais qu'en est-il réellement ? Il suffit en fait d'aller lire les textes officiels, disponibles d'un simple clic à l'adresse internet suivante :
www.europa.eu.int/comm/environment/nature/home_fr.htm

Carence démocratique ? C'est oublier qu'une directive est longuement et publiquement débattue, amendée et adoptée par les représentants élus des citoyens, les députés européens. Elle doit en outre faire l'objet de l'accord des gouvernements légitimement désignés dans l'ensemble des États membres (en l'occurrence il fut… unanime !), puis être étudiée pour être déclinée en texte législatif national, ce que fit la France en 2001. Dans tout ce processus, c'est la concertation qui est le maître mot.
Imprécision scientifique ? Les sites retenus pour être protégés, ont été choisis par les scientifiques du Muséum d’Histoire Naturelle, que l’on ne peut difficilement suspecter d’être farfelus ou incompétents. Le droit à la propriété ? Les zones en question sont souvent déjà concernées par des arrêtés dits "de biotope", et les éventuelles restrictions à l'aménagement déjà inscrites dans des documents réglementaires, bien avant l'arrivée de Natura 2000. Faut-il d'ailleurs rappeler que le droit privé est toujours ainsi bordé par l'intérêt collectif (loi de protection "Littoral", loi de protection "Montagne", restriction d'aménagement en zones dangereuses industrielles ou inondables, etc.) et que personne ne peut s'arroger le droit d'aménager ce qu'il veut où il veut ?
L’interdiction de la chasse ? Les chasseurs responsables, qui voient plus loin que le bout de leur fusil, savent que sans territoires protégés préservant la capacité de la faune à se reproduire dans une flore préservée, la chasse s'éteindrait faute de gibier.
L’activité économique ? Elle est tout à fait possible sur un site Natura 2000, il suffit qu'elle soit compatible avec la préservation du site, ce qui implique une bonne évaluation de l’incidence de l’activité sur les espèces protégées. D’ailleurs, au titre de la directive "Habitats", l’Espagne aurait-elle proposé de classer 18 % de son territoire, l’Italie 16 %, le Portugal 19 % et le Danemark 23 %, si l’économie risquait d’être handicapée sur les zones concernées ?
Natura 2000 ne transforme donc pas nos terres en musée. Bien au contraire, par la valorisation des espaces, elle permet une gestion dynamique et concertée des activités économiques. L’agriculture, la sylviculture, la chasse, la pêche, les loisirs de plein air, et toute forme d'activité humaine, sont soutenus dans la mesure où la biodiversité est préservée et l’espace rural entretenu.
Alors pourquoi tant de désinformation ? La réponse tient sans doute dans la signature de cette fameuse lettre. Son auteur, qui se présente comme le président du syndicat mixte de pays du Médoc, oublie de préciser qu'il est surtout président de la fédération de chasse de Gironde, ainsi que conseiller régional du parti de l'extrême chasse, représentant autoproclamé du monde rural…
Certes l'Europe n'est pas toujours exempte de reproches, et "Carré d'Europe" n'a jamais manqué d'en souligner les carences ou les dérives. Mais au nom des générations futures qui apprécieront sûrement que l'on ait pensé à préserver leur planète, il faut aussi saluer - n'en déplaise aux irresponsables - les réussites de la construction européenne. Natura 2000 est de celles-là.
Le groupe Vert/ALE, pour faire le point des avancées et des blocages du programme Natura 2000 dix ans après la directive Habitats, organisera, cet automne, un colloque sur ce thème, en présence des principaux experts européens.

Groupe des Elus Verts
Conseil Général d’Aquitaine
14, rue François de Sourdis, 33077 Bordeaux
Tél : 05 57 57 80 95
Fax : 05 57 57 84 18

Touche pas à mon caviar !

Les grands projets routiers régionaux, parmi lesquels le - très contesté - itinéraire à grand gabarit pour le transport des pièces de l’Airbus A380, pourraient causer de gros "dégâts collatéraux" dans l’estuaire de la Gironde. Il faut en effet savoir que le lit mineur de celle-ci intéresse beaucoup les extracteurs de granulats, qui fourniront, entre autres, les grands travaux routiers pour les cinquante années à venir !
La commune de Saint-Ciers-sur-Gironde doit ainsi modifier son plan d'occupation des sols afin de permettre l’implantation des entreprises d'extraction… et de leurs juteuses taxes professionnelles.
Le commissaire enquêteur a, malgré d’importantes protestations, donné un avis favorable. Pourtant, l’estuaire est le dernier refuge mondial du fameux sturio acipenser, l’esturgeon européen, protégé par le programme communautaire LIFE. Au-delà de ce seul animal, les conséquences sur l’environnement (incidences sur les zones humides et inondables, accroissement de la salinité des nappes souterraines, érosion des berges…) peuvent être catastrophiques.
Saluons les présidents des Conseils généraux de Gironde et de Charente-Maritime qui se sont clairement prononcés contre ce projet, aux côtés de plus d’une vingtaine d’associations de protection de l’environnement, d'élus, de scientifiques, d'agriculteurs riverains, de pêcheurs professionnels et amateurs, et… de chasseurs. Un collectif est né. Il demande la mise en place d’un SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau) pour une gestion concertée et respectueuse de la ressource. Autre projet du collectif : l'inscription, par l’Unesco, de ce bel estuaire au patrimoine mondial de l’humanité, afin de sauvegarder, aussi, tout l'intérêt touristique du secteur.
La balle est maintenant dans le camp du Préfet, qui - comme le souligne le collectif - devrait, en sa qualité de représentant des pouvoirs publics, imposer le respect immédiat de la loi "Littoral" et de la directive "Habitats". Mais une fois encore le profit d’une entreprise, d'un lobby ou d’une seule commune tente de passer outre l’intérêt général… au risque de faire perdre les financements - nationaux et communautaires - inscrits pour favoriser un développement durable de l’estuaire.
Collectif Estuaire
Citadelle de Blaye 33390 Blaye
Tél/Fax : 05 57 32 60 96
collectif.estuaire@free.fr
http://collectif.estuaire.ctw.net

Ondes troubles

On se souvient que la Commission européenne avait, pendant des années, nié le danger de l'amiante, avant de déménager en urgence de ses propres locaux bruxellois quand elle découvrit qu'ils en étaient mortellement saturés. "Va-t-on, de la même manière, faire les autruches avec les ondes électromagnétiques ?". C’est la question que pose Véronique Castaignède, membre des Verts des Landes et responsable de l'association des parents d’élèves à Sanguinet.
Avec l’accroissement du nombre de téléphones portables, les antennes-relais ont envahi les hauteurs de nos paysages : toits d’immeuble, châteaux d’eau, cime de pylônes. Ce fut même une véritable chasse aux "meilleurs emplacements", c'est-à-dire proches des populations que l'on veut "arroser"…
Véronique et son association se sont illustrées dans le combat contre deux de ces antennes-relais de téléphonie mobile, installées juste au-dessus de l’école. Des pourparlers sont en cours, mais les antennes sont toujours là… "Le principe de précaution doit s'imposer, déclare-t-elle, des pays du nord de l’Europe l’appliquent déjà !"
Il n’existe, hélas, aucune législation en France dans ce domaine… et l'Europe tarde à "émettre un signal législatif" cohérent. Les antennes peuvent donc être installées n’importe où, surtout dans les lieux où les populations sont sous-informées. Les HLM, par exemple, en accueillent un nombre certain, pour quelques centaines d’euros par an l'emplacement. Un maire peut éventuellement s’opposer à l’implantation dans certaines zones sensibles : à proximité des écoles, des maisons de retraite, des hôpitaux. Encore faut-il qu’il soit sensibilisé au problème, qu’il y ait eu une forte mobilisation citoyenne, et que le projet soit sur le domaine public. En fait, seuls les "Bâtiments de France" peuvent refuser une implantation dans le domaine privé, pour des raisons… esthétiques !
Alors pourquoi ne pas légiférer ? André Aschiéri, député apparenté Vert à l'Assemblée nationale, a organisé, avec le groupe d’études "Santé Environnement", une conférence de concertation sur le sujet. Les enjeux économiques pour les opérateurs de téléphonie mobile sont bien évidemment de taille. Les recommandations issues de cette conférence doivent permettre d’élaborer une loi nationale et de remplir ainsi le vide juridique. Mais les lobbies freinant, ce ne sera pas pour cette législature...
Des recommandations européennes existent pourtant, mais s’appuient sur des études qui n’ont pas été actualisées depuis 20 ans. Les champs électriques pour les fréquences d’Orange et de SFR sont fixés à 41 V/m (Volts par mètre) et 58 V/m pour Bouygues, alors que la Suisse ou l’Italie, par exemple, ont des limites bien plus basses : 5 et 6 V/m. Même certains pays est-européens, ou encore la Chine - souvent peu regardants en norme sanitaire - ont des normes équivalentes à nos voisins. En Autriche, des villes veulent même imposer seulement 0,1 V/m.
Le rapport de l'eurodéputé Vert (et biologiste) Gianni Tamino, adopté par le Parlement européen en mars 1999, préconisait, lui, 1 V/m. Depuis, pas de directive européenne en vue. Lourd "silence radio", comme dans l'attente d’un nouveau scandale...

L’eurodéputé Vert Paul Lannoye a édité une remarquable brochure sur les dangers des antennes-relais.
Contact : 00 32 2 284 56 95 –
plannoye@europarl.eu.int

Véronique Castaignède
379, chemin de l’Estey, 40460 Sanguinet
Tél : 05 58 78 68 59
André Aschiéri
Casier de la Poste, Palais Bourbon,
75355 Paris 07 SP
www.aschieri.net

Brêve de comptoir
Entendu dans un bar bordelais, à la fin de l'année 2001 :
"…Moi, l'euro, j'y crois pas. D'ailleurs, je vais le boycotter !".
Nous ne savons pas ce qu'est devenu, depuis, ce fin analyste politique…