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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle De
Copenhague à Copenhague Cap à l'Est, au Nord,
au Sud ! Au seuil des OGM Quand les cigarettiers
toussent Le naufrage de l'irresponsabilité Petite
leçon d'eurojargon Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Molécules
sous contrôle ? Fromage ou désert ? Touche
pas aux Intouchables ! Toulouse contre la "Françafrique"
L'Europe
vue d'Aquitaine De
Bruxelles au Blayais, réaction en chaîne Le
jour où la PAC s'est figée L'A380 dans un trou
d'air Natura, 10 ans déjà
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°13 – Hiver 2002/2003
L'Europe
vue de l'Hémicycle
De
Copenhague à Copenhague
La
boucle est bouclée. Et dans la même ville. Car
c'est en 1993, déjà dans la capitale danoise,
qu'avaient été définis les critères
qui allaient orienter tous les processus de réforme des
futurs pays candidats. On imagine mal chez nous à quel
point le respect de ces fameux "critères de
Copenhague" - conditions d'entrée dans l'Union -
devinrent une terrible exigence d'adaptation de la part de
toute la société de ces pays. Ces critères
sont politiques (démocratie stable, respect les droits
de l'Être Humain, notamment la protection des minorités),
économiques (économie de marché viable,
capable de faire face à la concurrence dans le marché
intérieur de l¹Union) et juridiques (obligations de
reprendre et d¹appliquer l¹ensemble de l¹acquis
communautaire, euro inclus). C'est lors d'un nouveau sommet
de Copenhague, les 12 et 13 décembre 2002 que l'Union a
"relevé les copies". Au prix de mille
marchandages de dernière minute (un délai
supplémentaire pour un tel, une exemption de taux de TVA
pour un autre, une rallonge de quelques millions pour un
troisièmeŠ) dix pays ont été
formellement autorisés à rejoindre l¹Union
le 1er mai 2004. Il s'agit de cinq pays d'Europe centrale :
Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie,
Slovénie, de trois pays baltes : Lituanie, Estonie
Lettonie, et deux Îles méditerranéennes :
Chypre et Malte. Deux pays d'Europe orientale, la Bulgarie et
la Roumanie - qui n'ont pu boucler à temps les dizaines
de chapitres des réformes demandées - devront
attendre au moins jusqu'en 2007. Quant à la Turquie,
d'abord furieuse, puis résignée, elle devra
attendre 2005 pour savoir si elle peut simplement commencer à
"plancher" à son tour. Il est vrai que le
soutien appuyé des USA à la candidature d'Ankara
a plutôt braqué les quinze. Gérard Onesta,
amusé, a souligné "qu'on a tort de s'alarmer
en imaginant la Turquie comme le Cheval de Troie américain,
alors que l'Union tolère déjà dans ses
eaux un porte avion US... la Grande Bretagne !". Mais
Gérard est bien sûr conscient que la date de 2005
ajoute, sur le parcours turc, le veto possible de deux futurs
membres de l'Union d'alors : la très catholique Pologne,
inquiète de partager son toit avec l'Islam, mais aussi
Chypre, qui digère mal l'occupation turque de sa partie
nord. Contact Gérard : gonesta@europarl.eu.int

Cap
à l'Est, au Nord, au Sud !
Si
la réunion était symbolique, la réalité
n¹est pas bien loin. En accueillant pour un long débat
dans son hémicycle, le 19 novembre dernier, 214 députés
nationaux venus de 12 pays candidats, le Parlement Européen
a voulu montrer qu¹il était prêt à
s'ouvrir à eux, dès les prochaines élections
européennes. Car dans 18 mois à peine, l'Europe
va s'étendre vers trois points cardinaux. Invitée,
mais absente de cette réunion pour protester de ne pas
être autorisée à ouvrir les négociations
d¹adhésion, la Turquie fut néanmoins au
centre des débats. Le triomphe électoral de
l'islamiste modéré, M. Erdogan, à Ankara,
inquiète. Si la Turquie - loin s'en faut - n'est pas
encore une démocratie (la question du Kurdistan, du
génocide arménien, ou des droits des prisonniers
politiques sont encore autant de tabous..) elle n'est plus cet
empire ottoman décadent que l'on appelait, il y a un
siècle, "l'homme malade de l'Europe". Valéry
Giscard d'Estaing n'a pourtant pas hésité à
dire que l'adhésion de ce pays serait la fin du projet
européen. La Turquie, membre du Conseil de l'Europe
comme de l'Eurovision, et qui participe à tous les
championnats sportifs européens, redécouvre que
la part de son territoire au nord du Bosphore ne la qualifie
pas "géographiquement". À moins que
ce ne soit parce qu'elle dénoterait dans un "club
chrétien", décidé au choc frontal
avec un bloc islamisé ? Giscard n'aurait-il pas
simplement oublié que les turcs siègent déjà
de plein droit dans la Convention sur l'avenir de l'Union qu'il
préside ? Phrase vacharde entendue dans les travées
de Strasbourg : "l'homme malade de l'Europe n'est pas
celui qu'on croit..." Le sujet des frontières
physiques de l'Union a donc marginalisé les questions
pourtant essentielles de son approfondissement, sa
démocratisation et ses compétences. Seul Daniel
Cohn-Bendit a osé demander si les Quinze étaient
vraiment à la hauteur de l¹enjeu, au vu des
négociations de boutiquiers en cours, tout appelant les
nouveaux entrants à "dépasser la
souveraineté nationale qu¹ils viennent d¹acquérir,
pour construire progressivement une souveraineté
européenne". Il faut dire que de tous les groupes
politiques siégeant à Strasbourg, le groupe
Vert/ALE, est le plus ouvertement pro européen, ce qui
explique qu'il trouve "mesquin" le budget prévu
pour cet élargissement. Quarante milliards d'euros
sur 3 ans, desquels il faut soustraire les 15 milliards que les
nouveaux pays apporteront eux-mêmes. Ce n'est donc que
0,35% de son PNB que l'Union va consacrer pour tenter d'écrire
une page essentielle de son histoire. Il faut rappeler que ce
furent 3,5 % de leur PNB (10 fois plus !) que les
Américains avaient su investir dans le relèvement
de l'Europe à travers le plan Marshall. Pourtant avec
quelques fractions de PNB de plus, on pourrait faire tellement
dans ces pays aujourd'hui encore pauvres (la somme du PNB des
10 états entrants est inférieure à celui
des seuls Pays-Bas). Soulignons, pour donner la mesure de notre
pingrerie, que l'effort consenti par l'Union pour tourner la
page de deux guerres mondiales et d'un demi-siècle de
guerre froide, ne représente que 2 euros par mois et par
européen... Reste à voir quels seront les
nouveaux équilibres au sein de la famille européenne
réunifiée. Les Œnouveaux¹ seront-ils
une force d¹appoint des tenants de l¹Europe-marché,
participeront-ils au concert des égoïsmes
ataviques, ou apporteront-ils fraîcheur et ambition à
l¹Union ? De la réforme de la PAC, qui toucherait
particulièrement la Pologne, à la mise en place
d¹une nouvelle politique maritime pour laquelle Malte et
Chypre sont particulièrement concernés, les tests
en grandeur réelle ne tarderont pas à venir
! Contact Dany : dcohnbendit@europarl.eu.int Tél.
: + 32 2 284 74 98

Au
seuil des OGM
Un
piètre compromis". C¹est ainsi que
l'eurodéputée Verte Danielle Auroi a défini
l¹accord sur les Organismes Génétiquement
Modifié trouvé par les ministres de l¹agriculture
des Quinze. Selon le texte adopté, les quelques produits
qui ne sont pas concernés par le moratoire européen
sur les OGM (colza, maïs, soja, tabac) devront spécifier
l¹origine OGM sur leurs étiquettes dès que
la teneur de ceux-ci est supérieure à 0,9%. Cela
vaut tant pour les aliments humains qu¹animaliers, mais la
transparence n'ira pas jusqu'à révéler, au
final, au citoyen responsable, si les animaux destinés à
sa consommation ont été nourris avec des OGM ou
non... Pour les autres denrées qui restent soumises au
moratoire, un "seuil de tolérance" de 0,5% a
été retenu pour la présence "accidentelle"
d¹OGM. S¹il comble un vide juridique dangereux et
ne remet pas encore en cause le moratoire, cet accord ne règle
rien sur le fond, à une époque où les
"bricoleurs du vivant" répandent leurs
semences lucratives à plein champs. Danielle souligne
qu'on organise de fait la dissémination des OGM dans la
nature : pourquoi sinon avoir adopté des seuils si
élevés, alors que les techniques actuelles
permettent de détecter la présence d¹OGM dès
0,01% ? Quant à José Bové, payant pour
son courage, le seul seuil qu'il connaisse hélas, c'est
celui de la prison. Contact Danielle :
dauroi@europarl.eu.int Tél
: + 32 2 284 57 54

Quand
les cigarettiers toussent
C'est
l¹histoire d¹une aberration. Pierre Jonckheer,
eurodéputé Vert belge, s'insurge : "alors
que l¹Union Européenne a pleine compétence
pour tout ce qui a trait à la santé animale, elle
n¹a qu¹un pouvoir minimal en matière de santé
humaine". C¹est en s¹appuyant sur cette
faiblesse que l¹industrie du tabac avait obtenu, en 2000,
l¹annulation d¹une directive qui interdisait toute
publicité en faveur du tabac, arguant que la santé
publique n¹est pas de compétence communautaire.
C¹était faire bien peu de cas du demi million de
victimes annuelles qu¹engendre la cigarette dans l'UnionŠ
En novembre, le Parlement Européen a donc replanché
sur la question et a adopté un nouveau texte concernant
la publicité des produits du tabac, et le sponsoring que
les cigarettiers dispensent "généreusement".
Cette nouvelle directive cherche à éviter
l¹écueil d¹une nouvelle annulation juridique,
en n¹interdisant la publicité que sur certains
supports. Seront concernés, à compter du 1er août
2005, la presse, la radio, la télévision,
internet, et toutes les formes de pub déguisées
en opérations de parrainage. L'eurodéputée
Verte finlandaise Heidi Hautala a su créer une coalition
dans l¹hémicycle qui a permis de contrer, un à
un, les amendements favorables aux lobbies industriels
qu¹avaient déposés les conservateurs
britanniques, épaulés par la majeure partie des
députés allemands. Reste la publicité par
affichage ou au cinéma, qui est encore du seul ressort
des ÉtatsŠ Contact Heidi :
hhautala@europarl.eu.int Contact
Pierre : pjonckheer@europarl.eu.int

Le
naufrage de l'irresponsabilité
Le
naufrage du Prestige est un triste cas d¹école :
affréteur helvético-russe cherchant le moindre
coût ; armateur des Bahamas sans scrupule ; compagnie
privée de certification hollandaise peu regardante ;
port estonien laissant partir le cargo ; absence de port-refuge
; manque de solidarité entre pays européens,
Espagne et Portugal en particulierŠ et de nouveau marée
noire, désarroi des pêcheurs et "bombe à
fragmentation" posée par 3500 mètres de
fond, contenant un véritable poison. Après le
naufrage de l¹Erika, les États avaient enfin
accepté que l¹Union Européenne édicte,
en décembre 2000 puis en 2001, un certain nombre de
mesures (dites "paquets Erika I et II"), dont la
suppression des simples coques à l¹horizon 2015, la
mise en place d¹une Agence de la Sécurité
Maritime continentale (opérationnelle depuis décembre
2002) et la création d¹un fond d¹indemnisation
des victimes. Suite à la catastrophe du Prestige,
l¹Union, désormais reconnue comme l¹échelle
d¹action pertinente, a annoncé des mesures
d¹urgence : interdiction immédiate des bateaux à
simple coque pour le transport des fiouls lourds, des goudrons
et bitumes, et suppression définitive des simples coques
dès 2010. Camilo Nogueira, député galicien
du groupe Vert/ALE, pointe pourtant les double langages : alors
que Messieurs Chirac et Aznar larmoient devant les caméras
sur le thème "il faut chercher et punir les
coupables", leurs troupes, à Strasbourg rejettent
l'amendement (228 Contre, 222 Pour, et 6 Abstentions) demandant
la création d'une commission d'enquête
parlementaire ! Alors à quand la co-responsabilité
des affréteurs et des armateurs pour les chargements
qu¹ils trimbalent autour de la terre ? Quid d¹un
corps de garde-côtes européen pour arraisonner les
bateaux-poubelle ? Quid d¹une certification des navires,
devoir régalien, effectuée par un organe public
paneuropéen ? Qu¹attend-on pour que l¹Office
Maritime International (OMI) réforme son fonctionnement
afin d¹éviter que ce soient les pays battant
pavillons de complaisance, possédant les plus gros
tonnages, qui décident des normes affectant l¹ensemble
de la planète ? Le drame de l¹Erika a ouvert
une brèche dans le mur lisse du libéralisme
autorégulateur. Espérons que celui du Prestige
concrétise la notion de responsabilité et
instaure une désormais indispensable puissance publique
européenneŠ Contact : Camilo :
cnogueira@europarl.eu.int Tél.
: + 32 2 284 52 99

Petite
leçon d'eurojargon
Les
groupes politiques Dès leur élection,
les députés sont invités à siéger
dans l'Hémicycle, non pas par nationalité mais
par affinité politique. Ceux qui ne le font pas sont
"non inscrits". Un groupe politique doit être
plurinational et comprendre un nombre minimum de membres : au
moins 23 députés de 2 nationalités, ou 18
députés de 3 nationalités, ou 14 députés
de 4 ou plus de nationalités. Après
l'élargissement de 2004 (+ 10 États), cette règle
changera, et un groupe politique devra être composé
d'un minimum de 16 députés issus d'au moins 1/5°
des États membres. Chaque groupe politique est doté
d'un ou plusieurs présidents, d'un bureau et d'un
secrétariat. Avant le vote en séance plénière,
ces groupes examinent les rapports issus des commissions
parlementaires, et déposent des amendements. Ils ont un
rôle majeur dans la fixation de l'ordre du jour des
plénières ainsi que dans le choix des débats
dits d'actualité. Actuellement le Parlement Européen
compte 7 groupes politiques, ainsi que des députés
"non inscrits". Les groupes sont issus de plus de
cent partis politiques nationaux.
Il y a trois
avantages à siéger dans un groupe : - Le
droit de parole et d'initiative politique, qui est
proportionnel à la taille du groupe. - L'accession
aux postes à responsabilités (vice-présidences
du Parlement européen et questure de l'Assemblée,
présidences et vice-présidences des commissions
et délégations). Cette répartition se fait
selon une règle proportionnelle dite "d'Hondt
continue". - La mise à disposition de moyens
techniques : collaborateurs, secrétariat, salle de
réunion, budget pour publications, traductions,
etc... Le groupe des Verts/ALE est composé de
45 députés (sur un total de 626 euro-députés),
dont 9 régionalistes (ALE) et 36 Verts : 7 belges
(dont 1 ALE), 4 allemands, 4 espagnols (tous ALE), 9
français, 2 irlandaises, 2 italiens, 1
luxembourgeois, 4 hollandais, 2 autrichiens, 2
suédois, 2 finlandais, 6 britaniques (dont 4 ALE
).
Le
groupe dispose d'une équipe de 56 collaborateurs (suivi
des commissions thématiques, secrétariat,
attachés de presse).
Les groupes
politiques au Parlement européen PPE -
Parti Populaire Européen - 233 députés -
Composante Française : UMP + UDF Président
: Hans-Gert POETTERING (Al) PSE - Parti Socialiste
Européen - 175 députés - Composante
Française : PS Président : Enrique
BARÓN CRESPO (Es) ELDR - Libéraux,
Démocrates,et Réformateurs Européens - 53
députés - Aucun français Président
: GrahamWATSON (Brit) GUE - Gauche Unitaire
Européenne - 50 députés - Composante
Française : PC + LO + LCR Président :
Francis WURTZ (Fr) V/ALE - Verts/Alliance Libre
Européenne - 45 députés - Composante
Française : Les Verts Présidents :
Daniel COHN-BENDIT (Fr) et Monica FRASSONI (Be) UEN
- Union pour l'Europe des Nations - 22 députés -
Composante Française : une partie du RPF
Président : Charles PASQUA (Fr) EDD -
Europe des Démocraties et des Différences - 16
députés - Composante Française : CPNT +
une autre partie du RPF Présidents : Jens-Peter
BONDE (Da), Johannes BLOKLAND (Hol) et Yves BUTEL (Fr) NI
- Non Inscrits - 2 députés - Composante Française
: FN + MPF

VRAC
D'EUROPE
Europe,
continent "Enron-proof" ? En confiant le
rapport sur la surveillance des conglomérats financiers
à Alain Lipietz, eurodéputé Vert et
altermondialiste bien connu, le Parlement allait-il s¹embourber
dans une bataille idéologique ? Que nenni ! Alain,
s¹appuyant sur les récents scandales financiers
d¹Enron et de WorldCom aux USA, a réussi à
faire passer son rapport (en co-décision) qui prône,
la surveillance rapprochée des conglomérats
financiers, ces holdings qui possèdent banques, sociétés
d¹investissement et compagnies d¹assurance. Le marché
financier intégré qui verra le jour en 2005 fera
ainsi de l¹Europe la zone financière la plus
contrôlée et la moins risquée au monde.
Plus âpre fut la bataille sur l¹autre rapport
d¹Alain, consacré à la politique de la
concurrence. Néanmoins, suite à une belle passe
d¹armes parlementaire, les Verts ont pu voter en faveur de
ce rapport qui appelle notamment à la définition
de normes précises pour les services d¹intérêt
général. Contact : Alain LIPIETZ :
alipietz@europarl.eu.int
Ça
bouge à l'Est Alors que le débat
sur l¹élargissement commence à peine à
agiter le microcosme politico-médiatique hexagonal, les
gouvernements des 10 pays qui vont entrer dans l¹Union en
2004 préparent déjà leurs opinions
publiques àratifier cette intégration. La grande
majorité des pays candidats prévoit des
référendums dès le premier semestre 2003
(République Tchèque, Malte, Pologne, Slovénie,
Slovaquie), et nos voisins de l¹Est répondront
sûrement "Oui" à la question posée,
même si c'est avec un enthousiasme refroidi par une
décennie de marchandages douloureux aux portes de
l'Europe. Pour les Verts européens, cet élargissement
pose bien des questions : comment faire en sorte que les
problématiques portées par l¹écologie
politique soient prises en compte dans les débats à
l¹Est ? Comment faire émerger là-bas des
partisécologistes capables d¹une implantation
durable dans les espaces politiques nationaux et européen
? Le récent succès des Verts Lettons, qui
viennent d'obtenir 3 députés sur les cent que
compte leur assemblée nationale, est-il un signe
annonciateur ? Fédération Européenne
des Partis Verts : www.europeangreens.org
C'est
du vice... Siéger à la vice présidence
du Parlement Européen peut se résumer à
conduire les débats en plénière, gérer
la lourde administration de l'assemblée, ou aligner des
rendez-vous protocolaires avec chefs d'Etat ou diplomates. Mais
avec un peu d'imagination et d'obstination politique, ce poste
peut permettre de faire bien plus... Exemples : le 28 novembre
dernier, Gérard Onesta gagnait l'ouverture
exceptionnelle des portes bruxelloises du Parlement à la
Conférence mondiale des associations luttant pour les
droits des enfants des rues. Le 9 décembre, à
Venise, il portait la parole de l'assemblée en
prononçant le discours inaugural du Congrès
européen pour la Charte des Droits de l'Homme dans la
ville. Entre temps, le 4 décembre, il obtenait du Bureau
du Parlement la convocation, pour 2003, du "Parlement des
personnes handicapées" ... avec une dotation de 300
000 euros (!). Pour recevoir des infos sur ces initiatives :
ywehring@europarl.eu.int
Un
"budget nombril" Le Parlement a adopté
le 19 décembre dernier, sans grande passion, un budget
pour 2003 placé sous le signe de l¹austérité,
mais qui permet toutefois un financement suffisant des
priorités internes de l'Union. Ce budget s¹élève
à 100 milliards d¹euros, soit à peine un
tiers du budget français. Les grands chapitres restent
inchangés : 40 milliards d¹euros pour
l'agriculture, 34 milliards pour la politique dite "régionale"
(fonds FEDER, URBAN, INTERREGŠ) et 7 milliards d¹euros
pour diverses actions internes. L'eurodéputée
Verte hollandaise Kathalijne Buitenweg, comme la plupart des
députés, a souligné le peu de moyens
accordés aux actions extérieures de l'Union,
alors que, cette année, la reconstruction de
lŒAfghanistan, la lutte contre le sida, etc., devraient,
au contraire, mobiliser beaucoup de ressources. Contact :
Kathalijne Buitenweg : kbuitenweg@europarl.eu.int
Florence,
si loin de Gênes 60 000 participants aux 20
grandes conférences, 140 séminaires et des
centaines d¹ateliers ; plus d'un demi million de
participants à la manifestation finale "Pour une
autre Europe, contre la guerre en Irak" : le premier Forum
Social Européen (FSE) qui s¹est tenu du 6 au 11
novembre 2002 à Florence a tenu toutes ses promesses,
tout en évitant les débordements que M.
Berlusconi attendait (espérait ?) pour le discréditer.
Pour Hélène Flautre, eurodéputée
Verte présente sur place, ces forums continentaux
décidés à Porto Alegre en février
dernier, témoignent de la vigueur de la contestation
face à la globalisation libérale. Défense
des services publics, demande d¹un revenu minimum
européen, réorientation de la fiscalité
sur les fruits du capital, démocratisation de l¹Union,
sont autant de revendications qui mobilisent une nouvelle
génération militante, au moment clef où le
débat sur l¹avenir de l¹Europe prend une autre
dimension. Le prochain FSE, à Paris-Saint-Denis en
septembre prochain, doit être une nouvelle étape
dans ce processus. Comme le souligne Michel Bourgain, Maire
Vert de l'Île Saint Denis, porteur d'un projet
d'université citoyenne au sein du FSE, il faudra
insistersur la dimension environnementale, trop absente des
débats. Contact : Hélène FLAUTRE :
hflautre@europarl.eu.int Contact
: Michel Bourgain : Hôtel de Ville, 1 rue Méchin
93450 L'Île Saint Denis
L'autre
marée noire En Autriche, les batailles au sein du
FPÖ de Jorg Haider, avait entraîné la rupture
de la coalition gouvernementale et la tenue d¹élections
anticipées. Belle gifle pour cette extrême droite
qui chute de 27% à 10% des voix !. Mais pour Mercedes
Echerer et Johannes Voggenhuber, les eurodéputés
Verts autrichiens, le soulagement n'est pas au rendez-vous. Les
électeurs se sont en effet largement reportés sur
l¹ÖVP du chancelier sortant Wolfgang Schussel (42%
des suffrages). Aucune sanction donc pour le premier parti
Chrétien Démocrate d'Europe à avoir
pactisé avec le diableŠ Le drapeau noir - la
couleur de l¹ÖVP - flotte désormais sur la
présidence de la République, la chancellerie, six
des neuf provinces et deux tiers des mairies, mais aussi sur la
Banque nationale, la radio-télévision publique,
la Cour des comptes et la Cour de cassation, le secteur
industriel nationalisé, la Sécurité
sociale et la présidence du ParlementŠ Dans cet
océan sombre, on trouve encore des îlots
progressistes, comme la région viennoise où la
majorité socialiste/Verts vient d'accorder aux étrangers
le droit de vote au niveau local. Autre raison d'espérer
: la percée nationale des Verts, emmenés par
l¹économiste Alexander Van der Bellen qui, avec 10%
des voix et 17 députés, enregistrent le meilleur
score de leur histoire. Contact : Mercedes ECHERER :
mecherer@europarl.eu.int Contact
: Johannes Voggenhuber : jvoggenhuber@europarl.eu.int
...et
quand les mers seront vides ? Le groupe autoproclamé
des "Amis de la pêche" (Espagne, France, Grèce,
Irlande,Italie et Portugal) n'est à l'évidence
pas celui des amis de la préservation des ressources
halieutiques. Alors que le 5 décembre, le Parlement
Européen - face à la diminution alarmante des
stocks de poissons suite au ratissage industriel de nos océans
- soutenait la demande de la Commission de réduire la
flotte de pêche européenne, mais en maintenant le
montant des aides à ce secteur en difficulté, le
21 du même mois, le Conseil a décidé de
continuer à affréter de nouveaux navires jusqu'en
2004. Les pêcheries françaises qui avaient bloqué
les ports pour protester contre la diminution des quotas sur
certaines espèces (cabillaud, sole...), se disent
soulagées de voir que cette réduction ne
s'appliquera pas à leurs zones de pêche. Encore un
lobby qui ne voit guère plus loin que le bout de son
chalut, contrairement à Yves Pierasanta eurodéputé
Vert qui s'est livré à un plaidoyer pour la pêche
artisanale, faisant des propositions concrètes pour un
autre mode de pêche peu prédateur de ressources et
pourvoyeur d'emplois. Contact : Yves Pierasanta :
tpietrasanta@europarl.eu.int
Castro
plutôt que Poutine "Vous avez accordé
le Prix Sakharov au peuple cubain" a affirmé, en
décembre, à Strasbourg, José Payá
Sardiñas, en recevant cette récompense en faveur
de la défense des droits humains, décernée
cette année pour la 15ème fois par le Parlement
Européen. Payá Sardiñas est l'instigateur
du Mouvement Chrétien Cubain de Libération pour
la Paix, et à l'initiative du "Projet Varela"
pour un référendum sur des élections
libres, et les libertés d'expression et d'entreprise à
Cuba. Les Verts avaient, par la voix de Dany Cohn-Bendit, leur
président de groupe, soutenus pour ce prix un militant
écologiste, Grigory Pasko, qui purge une peine
d'emprisonnement de quatre ans dans l'oubli d'un camp de
travail à Vladivostok. Il s¹agit de la seconde
condamnation de Grigory, pour avoir alerté le monde sur
la situation désastreuse de la flotte russe du
Pacifique, notamment sur l'enfouissement en mer de déchets
radioactifs. L'hémicycle a donc trouvé plus de
courage dans ses rangs pour dénoncer Castro plutôt
que PoutineŠ Contact : Dany Cohn-Bendit :
dcohnbendit@europarl.eu.int
Dans
le paté (de chevreuil) Les uniformes étaient
lustrés, les tapis rouges déroulés, les
limousines attendaient patiemment les nouveaux arrivantsŠ
Mais ce sont deux chevreuils qui, le 19 novembre, profitant du
brouillard, ont pénétré sur la piste de
l¹aéroport de Strasbourg-Entzheim, et empêché
les cérémonies d¹accueil des 214
parlementaires venus des pays candidats ! Vols déroutés,
retards, bref, euro-pagaille monstre qui a fait les choux gras
(de Bruxelles ?) de ceux qui militent pour que le Parlement ne
siège plus en Alsace. Quant aux écologistes, ils
n¹ont pas manqué de railler l¹inefficacité
patente des députés chasseurs...
Asile
commun L¹actualité française le
montre encore : la question de l¹harmonisation des
procédures d¹asile à l¹échelle
européenne est d'une nécessité flagrante.
Alors que le centre de Sangatte vient d¹être fermé,
le Parlement Européen vient d¹adopter le rapport de
Jean Lambert, eurodéputée Verte britannique,
épaulée par Alima Boumédiene-Thiery. Ce
texte appuie la proposition de la Commission qui vise à
définir le statut de réfugié selon les
pleins critères de la Convention de Genève de
1951, ainsi que le régime de la protection subsidiaire
pour ceux qui ne peuvent prétendre au statut de réfugié.
Nos eurodéputées proposent que le statut de
réfugié puisse être également
demandé par des citoyens européens : l¹exemple
récent des Roms de Zamoly (Hongrie, pays candidat à
l'adhésion en 2004) venus à Strasbourg demander
asile pour persécution, montre que cette préoccupation
n¹est superflue... Contact : Alima Boumédiene-Thiery
: aboumediene@europarl.eu.int Contact
: Jean LAMBERT : jlambert@europarl.eu.int
Silence,
on tue Cherchez l'absent. Le sommet Europe-Russie se
concluait, à la date symbole du 11 novembre, par des
accords commerciaux (Bruxelles accorde à Moscou le
statut "d'économie de marché"
confortant sa candidature à l¹OMC), par un deal
énergétique (l¹Union importe 45% de son gaz,
20% de son pétrole, et beaucoup d'uranium de Russie),
par une déclaration sur la lutte contre le terrorisme et
sur le statut de l¹enclave russe de KaliningradŠ
Mais rien sur la question tchétchène, considérée
par Poutine - avec le cynisme féroce que l'on sait -
comme une "question intérieure"Š ce
n'est qu'en conférence de presse finale que le président
en exercice de l'Union, Anders Fogh Rasmussen, à osé
l'évoquer (le Danemark refusant aussi d¹extrader
vers Moscou Akhmed Zakaïev, émissaire du président
tchétchène Aslan Maskhadov). Bart Staes,
eurodéputé Vert flamand et président de la
délégation interparlementaire Union/Russie, a
souligné ce "non-dit" de triste augure. Il a
critiqué la répression russe en Tchétchènie,
qui fabrique du terrorisme par sa violence, au lieu d¹engager
un dialogue politique sur la base d'une nouvelle
constitution. Contact : Bart STAES : bstaes@europarl.eu.int

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Molécules
sous contrôle ?
Votre santé
a été doublement évoquée par le
Parlement Européen en sa session d'octobre 2002. La
directive relative à la mise sur le marché des
médicaments humains et vétérinaires, et le
règlement régissant l¹Agence Européenne
d¹Évaluation des Médicaments (AEEM) ont été
votés en première lecture. Ces débats
sont très suivis dans nos régions par ces acteurs
de terrain que sont les médecins. Ainsi Jean
Doubovetzky, médecin à Albi, se félicite
que l¹enregistrement des nouveaux médicaments par
l¹Agence européenne plutôt que par les
autorités nationales ait été accepté
: "C¹est le meilleur moyen pour permettre à
tous les citoyens européens d¹avoir accès à
des médicaments soumis aux mêmes standards".
Didier Claude Rod, eurodéputé Vert, va dans ce
sens : "Par ce vote, le Parlement Européen s'oppose
à la logique mercantile de la Commission Européenne,
dont l'objectif premier est de promouvoir la compétitivité
des firmes pharmaceutiques". On peut en effet espérer
que cette agence européenne soit moins sous la pression
des firmes nationales, et surtout mette fin à la
pratique qui consiste à faire enregistrer un médicament
dans le pays où l'évaluation est la plus
laxistesŠ ce qui lui vaut ensuite homologation
systématique ailleurs. Une précaution
indispensable en vue du futur élargissement de
l'Union. Carré d¹Europe, s'est déjà
inquiété des projets de la Commission sur la
publicité des médicaments. Les eurodéputés
n¹ont heureusement pas repris cette proposition dictée
par les seuls profits du lobby pharmaceutique, mais ont prévu
par contre un accès facilité aux données
de l¹AEEM : évaluation scientifique d¹un
médicament, rapport coût/bénéfices,
raisons de son autorisation ou de son rejetŠ"En
revanche, la majorité des députés n'ont
pas soutenu nos amendements visant à assurer une plus
grande indépendance de l'Agence européenne,
notamment par la participation des groupes de patients à
ses décisions" s'inquiète Didier-Claude. De
plus, la Commission veut toujours supprimer la réévaluation,
tous les 5 ans, des médicaments mis sur le marché,
évoquant des "lourdeurs administratives"...
Cette réévaluation permet pourtant de d'évaluer,
avec du recul, le rapport bénéfice/risque des
médicaments. ³Ce devrait être aussi
l¹occasion de comparer ces médicaments avec les
nouvelles molécules afin de déterminer si leur
valeur thérapeutique justifie leur maintien sur le
marché² précise Jean Doubovetzky. Cette
tentative de suppression ne serait-elle pas due au fait que la
politique du médicament reste, au niveau de la
Commission Européenne, sous l¹égide de la
Direction Générale "Entreprise", et non
celle de la "Santé et Protection des Consommateurs"
? Les patients et les médecins, à Albi comme
ailleurs, attendent maintenant la deuxième lecture de
ces textes, qui risquent fort d'être édulcorés
par le Conseil, traditionnellement plus soucieux des intérêts
industriels de chacun, que de la santé de tous... Didier
Claude Rod : drod@europarl.eu.int

Fromage
ou désert ?
Ayant obtenu des
instances européennes une Appellation d'Origine Protégée
(AOP) pour sa "feta", la Grèce va désormais
pouvoir interdire aux autres États membres d'en
fabriquer, ou du moins sous cette appellation commerciale
renommée. Pourtant, la Grèce n¹est que le
troisième producteur de ce fameux fromage, derrière
le Danemark (loin devant) et la France. Est-on face à
une dénomination abusive de la part de nos amis grecs,
surtout quand on sait qu'ils importent - notamment d¹Aveyron
et du Tarn - une bonne part du lait de brebis dont ils ont
besoin pour leur production (dite) locale ? D'un autre
coté, que diraient les producteurs de Roquefort si des
Grecs se mettaient à produire, à leur tour, notre
célèbre fromage ? "Rien à voir
!" disent les occitans : le savoir-faire de nos
producteurs en matière de feta est ancien (plus d'un
demi-siècle), et le roquefort est l'archétype du
fromage relevant d'une technologie et d'une biologie très
localisée, impossible à transférer
ailleurs. Ce n'est pas le cas de la feta qui n'est qu'un
fromage générique - ce qui n¹enlève
rien à sa qualité gustative - produit sur toutes
les rives de la Méditerranée, les Turcs et les
Libanais, notamment, en font aussi. L¹Allemagne et le
Danemark ont déposé un recours auprès des
instances européennes. En France, c¹est
l¹interprofession de Roquefort, qui va porter l¹affaire
devant le Tribunal de Première Instance européen.
Selon la nouvelle réglementation, les producteurs des
États membres qui fabriquent de la feta en dehors de la
Grèce ont maintenant 5 ans pour modifier leur
dénominationŠ ou pour arrêter leur
production. Le coup est rude pour une région à
l'économie rurale fragile, marquée par la
multiplicité de petits éleveurs souvent modestes.
Dans nos causses, la rudesse de la terre ne permet pas de
cultiver n'importe quoi, et la brebis est bien souvent la seule
richesse possible. Notre feta régionale représente
bien plus qu'une production de complément : c'est un
débouché indispensable à la filière
ovine locale, alors que la seule fabrication de fromage de
roquefort n'a pas les moyens d'absorber un surcroît de
lait. Seul vrai espoir, celui que le mot "feta"
puisse être utilisé librement, mais que les Grecs
aient la possibilité de préciser "Véritable
feta grecque" ou "du Péloponnèse",
par exemple. À quand une "Feta du Larzac" sur
les étals des fromagers ?

Touche
pas aux Intouchables !
L'apartheid
existe toujours, et à grande échelle. En Inde,
dans le système des castes, les Dalits sont les
personnes "hors castes". Autant dire "rien".
Quiconque a fait un voyage dans ce pays, n¹a pu être
indifférent au sort de ces populations maintenues dans
une misère atroce qui défie
l'imagination. Représentant près de 170
millions d¹habitants - l'équivalent de la moitié
des habitants de l'Union Européenne ! - ils ont
choisi de porter le nom de Dalit ("opprimé" en
langue marathi). On les dit "intouchables", au motif
qu¹ils seraient nés "impurs". En fait, on
peut les toucher pour les frapper, les violer, les tuer en
quasi impunité... Ce sujet est soigneusement gommé
lors des échanges bilatéraux entre l'Union et
L'Inde, et le Commissaire en charge des droits de l'Homme reste
étonnamment apathique face à la discrimination
socioéconomique et culturelle, l'esclavagisme, et les
interdits ou violences de toutes sortes qui frappent les
Dalits. Il faut dire qu'officiellement la constitution indienne
a aboli les castesŠ Depuis des années, Frères
des Hommes, France Libertés et l¹Association pour
le Développement Économique Régional
(ADER) soutiennent des actions en Inde afin de lutter contre
ces discriminations. Rejointes par le Comité Catholique
Contre la Faim, Amnesty International, Peuples Solidaires,
Justice et Paix, ainsi que Solidarité, elles ont formé
le "Collectif Dalit" qui relaie, en France, le
travail des organisations Dalits de par le monde. À
l¹invitation de Jean-Louis Batto, Président de
l¹association tarnaise Solidarité, Gérard
Onesta a rencontré les animateurs de ce collectif lors
de leur réunion nationale à Gaillac, réunion
prolongée d¹une exposition photographique consacrée
aux Dalits. Le collectif a ainsi pu présenter ces
recommandations à L¹Union Européenne afin
qu¹elle mette enfin en place une véritable
politique de lutte contre les discriminations de caste. Un
document en ce sens a été envoyé à
tous les députés européens. Pour
populariser cette lutte, Gérard a suggéré
que le collectif soit candidat au prestigieux prix Sakharov,
par lequel le Parlement Européen récompense
annuellement un individu ou une association défendant
les droits humains. "Le collectif a le profil parfait
pour l¹obtention de ce prix. Et il peut compter sur moi
pour lui trouver des soutiens dans l'hémicycle"
s¹est engagé Gérard. Association
Solidarité Jean-Louis Batto, Sébastien
Saugues 52, rue du Château du roi - BP 52, 81602
Gaillac Cedex Tél : 05 63 41 01 14 - Fax : 05 63 57
60 05 contact@solidarite.asso.fr
Pour
toutes informations sur l¹exposition "Être
Dalit, souffrance et lutte des parias en Inde",
accompagnée d¹une vidéo et d¹un dossier
pédagogique : Thomas COLMANT, Tél : 02 47 20 94
88 ed@France.fdh.org Gérard Onesta :
gonesta@europarl.eu.int

Toulouse
contre la "Françafrique"
Quoiqu'il
en dise, chaque pays européen considère ses
anciennes colonies comme une chasse gardée, où
personne n'est autorisé à mettre son nez
politique. Les relations franco-africaines restent donc
troubles, car la "coopération au développement"
agit encore commeun instrument de domination. Ce
néo-colonialisme, générateur de
corruption, contribue à accroître l¹endettement,
et maintient commodément - sous couvert de bons
sentiments - une Afrique sous-développée en
situation de vassal. Consciente de ces dérives,
l¹association Fraternité Franco-Africaine a vu le
jour à Toulouse, et suscite le débat sur d'autres
formes de coopération et de développement, et
d'autres rapports à l'immigration. Martine Boudet-Ekue,
sa présidente, précise que "l¹association
s¹est donnée trois objectifs : cultiver le devoir
de mémoire, promouvoir le dialogue des cultures du Nord
et du Sud, militer pour la réforme de la coopération
franco africaine". L¹association organise tous les
ans des assises qui réunissent citoyens, partis de
gauche et associations européennes et africaines, pour
analyser et modifier nos relations envers le continent noir.
Les dernières assises, en mai dernier, avaient pour
thème "L¹esclavage, crime contre l¹Humanité
: quelles réparations ?". La motion de clôture
demandait que "les relations franco-africaines soient
soumises au contrôle du Parlement et accessibles aux
médias de manière à ce que soit mis un
terme aux agissements de la mafia militaro-financière
françafricaine qui mine les pays du Sud et corrompt la
République". Elle demandait aussi "la
négociation auprès de l¹Union Européenne
et de la communauté internationale d¹un fonds
d¹aide à la reconstruction et au développement
en Afrique et aux Antilles. Ce fonds pourra être issu,
par exemple, de la taxation des transactions financières
internationales". Faut-il rappeler que l'actuel Fonds
Européen pour le Développement est curieusement
maintenu en dehors de la procédure budgétaire de
l'Union, et que le Parlement Européen n'est pas associé
à la définition de ces recettes ? Pour en
savoir plus, ne manquez pas la 7ème édition de
ces assises, au printemps 2003. Martine Boudet-Ekue, Tél
-Fax : 05 62 14 45 29 billard.jean-ba@wanadoo.fr Fraternité
franco-africaine, c/o CIDES, 1, rue Joutx Aigues,
31000 Toulouse

De
Bruxelles au Blayais, réaction en chaîne
Une
fois de plus, une fois de trop. La centrale nucléaire du
Blayais est encore montrée du doigt, parmi onze autres
centrales françaises, pour les problèmes de
sécurité qui s¹y posent. C¹est en
visitant le site internet de l¹Autorité de Sûreté
Nucléaire, que des responsables du réseau "Sortir
du Nucléaire" ont trouvé des informations
concernant la déficience des systèmes de
sécurité. Infos très inquiétantes,
mais noyées parmi une foule de données anodines.
Ainsi, par exemple, en cas de séisme, une erreur de
conception pourrait rendre inopérants les systèmes
de sécurité de cette centrale, et affecter alors
les systèmes de refroidissement des réacteurs
(!) Déjà, l¹ouragan de décembre
1999 a partiellement inondé la centrale et coupé
momentanément ses moyens de communications. L¹enquête
parlementaire, demandée par les députés
Verts d¹alors, a mis en exergue de nombreux
dysfonctionnements. Dernièrement, le rapport de la
CRIIRAD a révélé de grosses lacunes sur
les mesures des rejets dans la nature de deux polluants
radioactifs majeurs (le Carbone 14 et le Tritium). Les Verts
aquitains considèrent que le seuil d'alerte est plus que
dépassé, et demandent que "dans les plus
brefs délais soit lancée une étude
indépendante impartiale et graduée sur les
conséquences d¹un incident, notamment sismique, à
la centrale du Blayais, en terme d¹impact sur les
populations environnantes". Les nouvelles venant de
Bruxelles ne sont guère plus réjouissantes.
Loyola de Palacio, Commissaire européenne en charge de
l¹énergie, a présenté en octobre au
Parlement Européen son "Paquet nucléaire",
largement dicté par le lobby de l¹atome, qui
perpétue le silence, le déni de démocratie
et les périlleuses impasses qui caractérisent
cette filière. L¹élargissement, en 2004, va
pourtant faire entrer dans l¹Union huit réacteurs
de l¹ex-URSS, dont certains particulièrement
dangereux et vétustes. Alors même qu'après
la Suède, l'Autriche, l'Italie et l¹Allemagne, la
Belgique a décidé, début décembre,
à son tour d¹abandonner progressivement ce mode de
production d'énergie, la Commissaire en reste à
une politique de replâtrage du parc nucléaire
existant. Cette remise aux normes des centrales de l'Est, n'est
pas dictée que par le seul souci de sécurité,
elle passera aussi par le développement de nouveaux
procédés nucléaires, engloutissant de
copieux budgets (90 millions d'euros annoncés pour une
première enveloppe), alors que les sommes allouées
pour le développement des énergies renouvelables
sont toujours aussi dérisoire. Sur la question du
retraitement, la Commission considère comme acquis le
principe de l¹enfouissement des déchets. Paul
Lannoye, eurodéputé Vert belge s'est insurgé
dans l'hémicycle : "la Commission fait croire qu'il
est possible de gérer les déchets, alors qu'il
n'y a actuellement aucune vraie solution". Face à
une telle prévisible impasse technique, et rejetée
par la population de l'Union, Paul soupçonne la
Commission d'envisager un jour l¹exportation de tels
déchets vers la Russie... Quant à la
démocratie et l'atome, ils semblent toujours aussi peu
compatibles. Le cadre de cette nouvelle politique nucléaire
de l¹Union restera celui, particulièrement opaque,
du traité Euratom. Ainsi, précise Marie-Anne
Isler, eurodéputée Verte, "sur cette
question du nucléaire, si alarmante pour les citoyens de
l'Union, leurs représentants élus au Parlement
Européen ne seront toujours consultés que pour
simple avis..." À l'opacité européenne,
répond l¹aveuglement français.
Contact Réseau
Sortir du Nucléaire Tél : 04 78 28 29 22 - Fax
: 04 72 07 70 04 www.sortirdunucleaire.org Paul
Lannoye : plannoye@europarl.eu.int

Le
jour où la PAC s'est figée
L'été
dernier, Franz Fischler, Commissaire européen chargé
de l¹Agriculture, faisait des propositions pour une
révision de la Politique Agricole Commune (PAC). Elles
comportent des aspects positifs indéniables, surtout en
liant les aides directes à des critères de
qualité, à l'emploi, au respect de
l'environnement, à la traçabilité des
produits... Mais ce projet n'est pas abouti en termes
économiques. Danielle Auroi, eurodéputée
Verte française, spécialiste des questions
rurales, craint les concurrences déloyales : "on ne
peut pas d'un côté demander aux agriculteurs
d'avoir des produits de meilleure qualité, donc plus
chers, et ne pas exiger les mêmes garanties de la part
des denrées importées à vil prix, car
produites parfois de façons sociale et écologique
indécentes ". La réforme proposée
par la Commission, pourtant largement validée cet
automne par le Parlement Européen, a fait long feu en
passant devant le Conseil Européen. Jacques Chirac -
éternel gardien des intérêts de
l'agriculture intensive, aussi polluante que subventionnée
- a tout bloqué. Alors que la Ministre Verte de
l'agriculture allemande, Renate Kuenast, plaidait pour une
remise à plat du système dès 2003, les
règles du jeu de la PAC se retrouvent figées
jusqu'en 2006, et les budgets bouclés jusqu¹en
2013. Il aurait pourtant été judicieux de
réformer en profondeur avant l¹élargissement
de l'Union, car comment dégager ensuite un consensus
avec 25 pays autour de la table ? Le débat sur la PAC,
(plus de 40 % du budget communautaire !), n'est-il pas tout
simplement pris en otage par les nouvelles négociations
en vue à l¹OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce
? Carré d¹Europe a rencontré
Jean-Pierre Leroy, porte-parole de la Confédération
Paysanne d¹Aquitaine et ancien secrétaire national.
Il nous a donné son sentiment. Quels reproches
faites-vous aux propositions de la Commission ? Nous
leur reprochons de n¹être qu¹une mise en
conformité avec la volonté mercantile de l¹OMC.
C¹est donc une PAC libérale qui nous est proposée,
"compétitiviste" dans le sens de la recherche
de marchés internationaux, sans s¹occuper des
dynamiques territoriales et de la vie sociale des paysans. Pour
les faire accepter par les citoyens, le Commissaire les a
habillées de quelques "guirlandes vertes". En
quoi est-ce une PAC libérale ? Il s¹agit de
découpler les aides de la production. Cela va démanteler
les organisations communes de marché qui, même si
elle ne sont pas parfaites, permettent une régulation
minimale. Les agriculteurs iront donc vers des productions de
manière spéculatives et rentables à un
moment donné. Il y aura des coups de balancier dans tous
les sens : des pics de production qui entraîneront une
baisse des cours, puis le repli sur une autre production, et
ainsi de suite. Et à chaque crise, ce seront des pans
entiers de la paysannerie qui disparaîtront. Comment
faire une bonne réforme de la PAC ? Il faudrait
remettre en phase la production avec les coûts de
revient, en instaurant des prix différenciés en
fonction des volumes produits par exploitation, pour favoriser
les petits producteurs. Il faut également remettre en
cause la monoculture pour passer à une agriculture
d¹assolement, en réutilisant des céréales
à paille par exemple, pour réduire la
consommation d¹eau. Il faut aussi penser au renouvellement
des paysans, terriblement déficitaire en ce moment.
Moins il y de paysans, plus les exploitations grossissent, et
l¹on se dirige alors inexorablement vers une agriculture
européenne hyper-industrialisée. Un territoire
productif mais désertifié n¹est pas un signe
d¹équilibre social dans une région. Enfin,
l¹élargissement de l'Union à l¹Est ne
doit pas tuer la petite agriculture très présente
dans les pays entrants. C¹est un enjeu important pour la
PAC dans les années à venir, car à 25
pays, le risque de la victoire d¹une agriculture
"capitalistique" est toujours plus grand. J¹étais
en Pologne, il y a quelques temps. L¹agriculture vit
encore sur des marchés locaux, et est la trame du tissu
social. Elle risque, dans le cadre de la future PAC, d'être
broyée par le marché et la finance...
Contact Jean-Pierre
Leroy Tèl : 05 57 58 22 17 Fax : 05 57 58 21
74 Jp.leroy.paysan@wanadoo.fr Danielle
Auroi : dauroi@europarl.eu.int

L'A380
dans un trou d'air
L¹A380 doit
prendre son envol en 2006. Du moins en principe, car pour
l'instant, seule l¹immense structure métallique du
hangar de montage est vraiment sortie de terre... Petit
retour en arrière. L¹A380 est un avion gros-porteur
dont les pièces seront fabriquées aux quatre
coins d¹Europe. Elles arriveront en bateau à
Bordeaux et seront ensuite chargées sur d¹immenses
camions qui emprunteront la "Route Airbus"
spécialement construite à cet effet (et payée,
en bonne part, par le contribuable). Une loi d¹urgence a
même été votée à l¹Assemblée
Nationale par une dizaine de députés, un petit
matin, pour valider cette infrastructure routière, et
"l'urgence" a fort à propos empêché
la tenue de l'indispensable débat sur son utilité
publique. De nombreux nuages s'amoncellent pourtant
au-dessus de l¹A380Š Ainsi, une clause permettrait
aux compagnies qui ont fait des commandes dites "fermes"
de se désister jusqu¹à un an avant la date
de livraison. De plus, pour obtenir ces clients, EADS brade ses
avions, ce qui étrangle ses fournisseurs à qui
sont imposés des rabais du même ordre,
compromettant, par là même, les emplois induits
annoncés. Autre élément inquiétant
: la crise aéronautique internationale bloquerait toute
nouvelle commande pendant encore au moins 18 mois. Par ailleurs
la concurrence de l¹A340-600, moins gros mais aussi moins
cher - et déjà, lui, en fonctionnement - risque
même de cannibaliser le marché de son grand frère
A380 ! Quant à la version militaire de l¹A380,
l¹A400M, elle a du plomb dans l¹aile avec le
désengagement de l¹Italie et de l¹AllemagneŠ
Airbus, nous dit-on, a les reins solides. Oui, mais jusqu'où
? la faillite de United Airlines, une des principales
compagnies mondiale, vient de rayer de son carnet de commandes
42 moyens porteurs A320 pour un montant de 2 milliards
d'euros. Reste l'Europe, qui n'est guère plus tendre
avec son consortium aéronautique chéri : Carré
d¹Europe avait déjà annoncé que les
nouvelles directives européennes sur le bruit, pouvait
aussi contrarier les plans du gros-porteur. Plus "piquant"
encore, c'est aussi l'Union, en protégeant le biotope
d'un minuscule insecte rare et biologiquement précieux,
le "pique-prune", qui bloque le tracé de la
route du géant ailé...
Contact Les
Verts Aquitaine 13 rue du Chai-des-Farines, 33000
Bordeaux Tél : 05 56 22 54 80

NATURA,
10 ans déjà !
La
directive européenne "Habitat" a permis le
lancement du programme Natura 2000 qui vise à la
préservation concrète des espaces naturels. La
lâche réticence de certains États, face aux
pressions des lobbies des chasseurs et autres promoteurs, rend
pourtant difficile la mise en place de ce programme, notamment
en Aquitaine
(Lire
Carré d'Europe 10)où
sont détaillées vérités et
contre-vérités sur Natura 2000). À
l¹occasion du dixième anniversaire de Natura 2000,
un colloque a été organisé par le groupe
des Verts au Parlement Européen, le 12 décembre
dernier, à Bruxelles. Pour Marie-Anne Isler et de
nombreux eurodéputés en charge, comme elle, des
questions d'environnement au Parlement, ce fut l¹occasion,
à partir d¹exemples précis, d¹un
échange entre des acteurs de terrains venus de plus de
20 pays de l¹Europe élargie, et des décideurs
de la Commission Européenne. Tous ont mis en avant
l¹importance environnementale de la directive, mais aussi
sa plus-value en termes de politique économique, de
développement régional et d¹aménagement
du territoire. Le succès de ce colloque a ainsi
permis de relancer un débat sur l'importance de la
politique de protection de la nature menée au niveau
européen, son financement, et son intégration
dans les politiques structurelles de l'Union, telles que le
transport, l¹agriculture, l¹énergie...
Pour
se procurer le compte-rendu du colloque contactez :
Marie-Anne Isler-Begin maislerbegin@europarl.eu.int

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