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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Tu
ne pollueras point (... ou tu paieras un max) Avoir pognon
sur rue Ce jour-là... Un débat essentiel
parti en fumée Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Il
y a liquide et liquide ... Eau secours ! Ontre le marché
de l'eau, marchez pour l'eau ! Autant n’en emportera
pas le vent (d’Autan) Semer le doute Libérez
José !
L'Europe
vue d'Aquitaine Question
de prestige Avoir bon fonds Le pire est né ? La
ruée vers l'eau
L'Europe
vue du Languedoc-Roussillon Ne
pas sonner la retraite Le "Dali Express" déjà
sur les rails À coup de langues
Aïe Dernière
minute. Les ministres de l'environnement des Quinze - Mme
Bachelot en tête - ont massacré le texte du
Parlement. Exit les références aux pétroliers,
au nucléaire, à l'obligation d'assurance, ou à
la garantie des états… Immense et légitime
colère des associatifs. Face à ce scandale, la
2ème lecture au Parlement s'annonce
houleuse…
Pour
la petite histoire Lors de ce vote historique, ce
sont la Lettonie, la Hongrie et la Slovénie qui, avec
522 voix en leur faveur, ont été les mieux
accueillies. La République Tchèque, avec
seulement 489 votes favorables, était, elle, sanctionnée
par de nombreux députés allemands pour ne pas
avoir abrogé les décrets Benes qui, il y a un
demi-siècle, expulsaient les Tchèques
germanophones de la région des Sudètes, en
représailles contre les exactions hitlériennes
quelques années plus tôt.
Cherchez
l'erreur Pour aligner leurs seules normes
environnementales sur quelques 200 directives européennes,
il en coûtera 120 milliards d'euros aux pays candidats.
L' effort budgétaire prévu par l'Union - à
travers l'instrument structurel ISPA - pour les aider à
atteindre cet objectif, est de l'ordre de 1 milliard d'euros
par an, pendant 7
ans…
Incohérence
ridicule Le cannabis, qui contient 3 % de THC
(tétrahydrocannabinol), figure au tableau IV de la
convention de 1961 parmi les substances les plus dangereuses
comme l'héroïne… alors que le THC pur à
100 % ne se trouve, lui, classé qu'avec les substances
psychotropes
!
Eau
secours ! Moins de 1%
de l'eau de notre planète est destinée à
la consommation humaine, pourtant plus de 1,2 milliard d'êtres
humains n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui
engendre chaque année 15 millions de morts. Dans
l'Union européenne, 20% des eaux de surface sont
gravement menacées par la pollution. Près des
2/3 de l'eau potable en Europe est fournie par les eaux
souterraines, mais 60 % des villes européennes
surexploitent les réserves aquatiques de leur
sous-sol.La gabegie agricole s'accélère : la
superficie des terres irriguées dans le sud de l'Europe
a augmenté de 20% depuis 1985. La moitié des
zones humides de l'Union, aux biotopes très riches, sont
en danger en raison de l'assèchement des nappes
souterraines. Le corps humain est composé à 65
%
d'eau.
Et
l'occitan dans tout ce "mesclum" ? Comment
construire l'unité dans la diversité ? Voilà
une question qui sera sûrement au cœur des travaux
de l’Université Occitane d’Été
qui se tiendra du 25 au 29 août à Nîmes.
Cette année, le thème principal de ce rendez-vous
unique de réflexion et d’échanges sur tout
le territoire de langue d’oc sera la place de l’occitan
dans la politique linguistique aux niveaux national et
européen. Gérard Onesta animera le colloque de
clôture le vendredi 29.
Contact MARPOC 4,
rue Fernand Pelloutier, 30900 NÎMES Tél : 04 66
76 19 09 - Fax : 04 66 36 71
01 marpoc2@wanadoo.fr
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°15 – Eté 2003
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Tu
ne pollueras point (...
ou tu paieras un max)
C'est encore une
poignée de votes sur chaque amendement qui a fait la
différence. Les eurodéputés écologistes
ont pu ensuite savourer l'adoption, en première lecture,
le 14 mai 2003, de la directive sur la "Responsabilité
environnementale". Dépassant enfin le cadre de
simples coopérations renforcées pour la
prévention et la réparation des dommages
environnementaux, ce vote est historique. Ainsi, cinq ans après
son entrée en vigueur - s'il n'est pas dénaturé
en deuxième lecture - ce texte couvrirait, dans toute
l'Union, toute activité et toute substance dangereuses.
Le Vert belge Paul Lannoye a bataillé ferme pour que
le Parlement rejette l'exemption générale de
responsabilité qui aurait été accordée
sur simple autorisation de produire, même si cette
production n'est pas considérée scientifiquement,
a priori, comme dangereuse. Les exemptions de faute ont été
drastiquement réduites aux guerres, au terrorisme, et
aux phénomènes naturels exceptionnels et
inévitables. Paul s'est aussi réjoui de voir que
les sites où la biodiversité est à
sauvegarder ont été élargis, incluant ceux
protégés par des lois nationales, car la
proposition initiale - indigente - ne couvrait que 20 % des
espèces vivantes et 13 % du territoire de l'Union ! Le
français Alain Lipietz, qui avait vu, lui, son rapport
pour avis rejeté par la commission économique, ne
boude pas son plaisir de voir la plénière en
reprendre des pans entiers. Ainsi l'obligation d'assurance
serait appliquée à tout secteur polluant. Les
Verts/ALE ont même obtenu d'y inclure les pesticides, la
navigation pétrolière et… le nucléaire
(!) qui vont peut-être devoir moduler leur arrogance en
provisionnant de possibles dégâts colossaux. La
Commission devra aussi compléter sa copie sur la
dissémination des OGM. Par ailleurs, les États
membres auront obligation de promouvoir des systèmes de
sécurité financière rapides et efficaces
en cas de défaillance des responsables d’une
pollution. Les États verront leur responsabilité
engagée non seulement pour restaurer les sites en leur
qualité initiale, mais seront aussi tenus de tout mettre
en œuvre pour supprimer, préventivement, toute
menace imminente. Oui, décidément, un vote
historique. Contacts Paul Lannoye :
plannoye@europarl.eu.int
 Paul
Alain
Lipietz : alipietz@europarl.eu.int
 Alain Retrouvez
les analyses politiques d'Alain Lipietz dans son dernier livre
: "REFONDER L’ESPÉRANCE" (Éditions
La Découverte)


Avoir
pognon sur rue
Les partis européens
vont enfin sortir du texte des traités pour entrer dans
la réalité politique continentale. Et c'est tant
mieux. On ne peut espérer structurer le complexe débat
européen sans eux. En juin, l'europarlement a arrêté
leurs modalités d'existence : une famille politique
devra avoir des élus européens, nationaux ou
régionaux, ou avoir obtenu 3 % des suffrages aux
élections européennes, dans un quart des pays de
l'Union, pour constituer un parti continental. Si le programme
ou l'action d'un tel parti ne respectait pas les Droits
fondamentaux, il serait dissous. La répartition des
subsides publics sera surtout indexée sur le nombre
d'élus au Parlement Européen, seuls 15 % des 8,4
millions d'euros prévus pour 2004 seront basés
sur les suffrages obtenus lors du renouvellement de cette
assemblée. Le financement privé sera possible. Si
on peut admettre qu'un tel soutien est une liberté pour
un individu, pourquoi, en revanche, une entreprise
financerait-elle des élus, si ce n'est en échange
de bons et loyaux services pour ses actionnaires ?. Gérard
Onesta a eu beau dénoncer en plénière
cette évidente dérive, rien n'y fit. S'ils sont
déclarés, ces dons seront légaux. La
"corruption dans la transparence" va donc devenir la
règle… Certes, ces dons seront plafonnés à
12 000 euros par an et par entreprise, mais en dessous de 500
euros aucune trace ne sera exigée. Il restera donc à
certains à multiplier les petites
enveloppes... Contact Gérard Onesta
: gonesta@europarl.eu.int
 Gérard

Ce
jour-là...
Il est des jours chargés
d'Histoire. Le mercredi 9 avril 2003, à Strasbourg,
en milieu de journée, le Parlement européen
tirait un trait sur bien des guerres. Conformément au
Traité, 626 citoyens européens, en leur qualité
d'eurodéputés, avaient le redoutable honneur de
décider, au final, quels pays pourraient rentrer dans
l'Union au 1er mai 2004. Par vote électronique, ils ont
accordé, pays après pays, "l'Avis conforme"
pour dix nouveaux États. Ainsi se concluait, avec une
pointe d'émotion, le long processus qui vit notre
continent s'unifier comme jamais. Pourtant, on pouvait
sentir une part de désillusion, et même
d'amertume, dans l'hémicycle. Dany Cohn-Bendit,
co-président du Groupe Vert/ALE, soulignait à
quel point cette étape avait été franchie
de piètre façon. Pendant des années, le
Parlement européen avait en effet insisté pour
qu'on n'élargisse pas l'Union sans l'approfondir au
préalable. Cela aurait impliqué de conclure
d'abord les travaux de la Convention pour modifier les rouages
décisionnels, afin d'éviter notamment de
paralyser l'Europe quand elle parlera demain à 25 voix à
la table du Conseil. Cela aurait dû aussi imposer une
redéfinition des missions et des moyens de l'Union. Il
n'en fut rien. Bien qu'ayant dénoncé cet absurde
mécanisme porteur de graves déceptions à
venir, les écologistes ont été obligés
de reconnaître qu'il était devenu impossible de
demander à nos voisins européens d'attendre
encore et encore à la porte de l'Union. Cela aurait, à
coup sûr, déstabilisé ces fragiles
démocraties en les précipitant dans les bras des
premiers populistes venus. Les eurodéputés
Verts/ALE ont pourtant remis, une fois encore, chacun en face
de ses responsabilités : sans saut institutionnel à
la mesure de la nouvelle donne continentale, ni efforts
budgétaires pour accompagner les mutations drastiques en
cours, on irait, à marche forcée, vers des
lendemains qui ne chanteraient guère… Près
d’un demi milliard d'êtres humains ont donc, ce
jour-là, de façon confuse, uni leurs destins.
A-t-on vraiment pris la mesure de cet instant ? Il faut dire
que les feux de l'actualité étaient alors braqués
ailleurs. Mercredi 9 avril - exactement à la même
heure - les troupes américaines prenaient Bagdad. Il y
aurait beaucoup à méditer sur cet étrange
télescopage d'instants, où l'Europe, timidement,
accouchait d'elle-même, et où l'Amérique
plantait son arrogant drapeau sur les richesses du
monde… Mercredi 9 avril 2003, Strasbourg, Bagdad.
Oui, il est des jours chargés d'Histoire.

Un
débat essentiel parti en fumée
Si
les tenants de la prohibition sont si sûrs de la
pertinence de leur politique, pourquoi craignent-ils à
ce point que l'on procède sereinement à
l'évaluation de celle-ci ? D'une voix. Il s'en
sera fallu d'une seule petite voix pour que le Parlement
européen ne vote en plénière, le 10 avril
dernier, une résolution qui aurait fait date dans
l'histoire du débat sur les drogues. Le rapport de
l'eurodéputée verte néerlandaise
Kathalijne Buitenweg devait être la position du Parlement
européen pour la conférence onusienne qui se
tenait, sur le même sujet, la semaine suivante à
Vienne. C'est par le plus petit écart que la droite a
imposé ses amendements, apportant un soutien aveugle aux
conventions actuelles des Nations Unies, alors que le
"tout-répressif" qu'elles incarnent a prouvé
depuis 40 ans son inefficacité patente…
Kathalijne, à regret, a été obligée
de demander à la plénière de rejeter le
texte final ainsi amendé. Pour mémoire, la
politique mondiale en matière de toxicomanie est régie
par trois conventions de l'ONU. Celle de 1961 sur les
stupéfiants et celle de 1971 sur les produits
psychotropes, alertent sur les dangers, classifient les
produits, et proposent des moyens de lutte contre les trafics.
Celle de 1988 exclut toute autre action que la répression
policière et pénale qu'elle renforce, y compris
pour la détention de stupéfiants pour usage
personnel. Cette prohibition, comme son avatar américain
des années 30 sur les alcools, a largement démontré
qu’elle était inopérante. Elle n'a fait
qu’accroître les trafics et les violences qu'ils
génèrent, ainsi que la dangerosité des
produits et des méthodes de consommation. Selon
l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies
- agence officielle de l'Union basée à Lisbonne -
l'efficacité de stratégies alternatives est
pourtant prouvée : limitation des trafics et des risques
par délivrance de produits de substitution,
médicalisation et non-criminalisation des drogués…
La tendance des polices à ne plus accorder de priorité
aux poursuites pour usage personnel est d'ailleurs confirmée
par la dépénalisation d'un tel usage dans
certains États membres. Kathalijne insistait pour
qu'une modification des conventions de 1961 et 1971, ainsi que
l'abrogation de celle de 1988 puissent être envisagées
après une évaluation détaillée de
leur efficacité. Le rapport proposait d'observer leurs
effets en termes de réduction de l'offre et de la
demande, de limitation des dommages sur les plans social et
sanitaire, et de réduction des délinquances liées
à la drogue. Il faut savoir que cette criminalité,
petite ou grande, constitue la source majeure des crimes et
délits commis dans l'Union européenne. Au soir du
vote du Parlement, les mafias pouvaient donc jubiler : la
prohibition n'est pas seulement inefficace et meurtrière,
elle est aussi très lucrative… Le texte
demandait aussi que soit revue la classification des produits
en fonction des preuves scientifiques de l'existence d'un
risque pour la santé humaine. Occulter cet élément
du débat sert aussi à masquer les dégâts
des drogues légales, tabac, alcool, médicaments,
pour lesquelles - n'en déplaise à leurs lobbies -
on compte les victimes par centaines de milliers chaque année
dans l'Union. Les drogues, toutes les drogues, sont un fléau,
les députés Verts sont les premiers à le
proclamer, mais la gestion politique actuelle de celles-ci en
est un autre. Cette initiative parlementaire se voulait
ambitieuse. Elle a donc échoué, mais de peu. Le
débat, présidé par Gérard Onesta,
fut vif au point que les spectateurs massés dans les
travées en haut de l'hémicycle soutenaient
bruyamment - ce qui est interdit - les orateurs des deux camps.
Mais si l'on en croit les réactions unanimes de la
"génération européenne montante",
présente ce jour-là dans les tribunes, l'autisme
du "tout prohibition" est, à terme,
condamné… Contact Kathalijne
Buitenweg : KBuitenweg@europarl.eu.int
 Kathalijne

Vrac
d'Europe
Survoltée
? Plein d'énergie - renouvelable bien sûr -
dans l'agenda de Marie Anne Isler Béguin, membre Verte
de la Commission environnement du Parlement européen.
Début mai, elle animait une conférence publique à
Bruxelles consacrée au marché européen de
l'énergie. Menu copieux : Des monopoles aux oligopoles ?
- Nucléaire, renaissance ou déclin ? - Libre
marché, pour les énergies renouvelables aussi ? -
Ouverture du marché : avantage pour les industriels,
inconvénients pour les particuliers ?. Au cours du même
mois, Marie Anne planchait sur le marché intérieur
de l'électricité - texte sur lequel Carré
d'Europe reviendra en détail à la rentrée
- et fin mai (le temps de recharger ses batteries ?) elle
participait, à Metz, à la Convention
eurorégionale dédiée aux énergies
renouvelables. Contact Marie Anne Isler
Béguin : maisler@europarl.eu.int
Quand
les cartels se sucrent Dans votre café du matin,
il y a peut-être la misère du Burundi, de
l'Éthiopie, de l'Ouganda ou du Rwanda. Très
dépendants de la culture caféière, ces
pays subissent l'effondrement des cours alors que s'envolent
les marges bénéficiaires de Nestlé, Kraft,
Sara Lee et Procter & Gamble, les quatre cartels dominant
ce marché. Colère de Didier-Claude Rod, dans
l'hémicycle, le 10 avril dernier. L'eurodéputé
Vert a profité du débat sur le sujet pour
rappeler que, principal importateur de café, l'Europe a
une responsabilité première dans cette crise : Il
faut d'urgence re-stabiliser les prix, et affecter les budgets
FED inutilisés pour compléter les revenus.
L'Union doit aussi appuyer la diversification des productions
du Sud pour briser le chantage des multinationales. Arrêter
le saccage environnemental et social passe, pour Didier-Claude,
par l'imposition de codes de conduite éthiques sous
l'égide de l'OIT et de l'ONU. Cela sous-entend le choix
d'une agriculture de qualité, et la prise de conscience
des consommateurs. Le Parlement a largement adopté une
résolution reprenant les positions des Verts, mais quant
à savoir si l'Union osera lancer, à la Conférence
de l'OMC de Cancun, les bases d'un véritable commerce
solidaire, c'est une autre histoire... Contact
Didier-Claude Rod : drod@europarl.eu.int
Mauvaise
histoire belge Pas de langue de bois vert. Après
une bonne série, l'écologie politique européenne
a subi un sacré revers en Belgique lors des législatives
du 18 mai 2003. Passant de 20 à 4 députés
- Agalev, les Verts flamands, avec 3,5 % quittant le Parlement
- les écologistes du plat pays payent les mesures (trop
?) ambitieuses - annoncées et mal déclinées
sur le terrain - qu'ils avaient opposées aux lobbies
productivistes. Même si les écolos francophones,
avec 8 %, limitent mieux les dégâts, la fermeté
des Verts sur des dossiers comme le bruit des avions ou le
Grand Prix de Spa a été vécue comme trop
idéologique. Les ministres Verts Belges étaient
pourtant en pointe au Conseil de l'Union, et leur voix va
manquer à ceux qui voulaient une Europe solidaire.
Annoncée par tous les sondages, prime a donc été
(re)donnée à la gestion centroïde, ou pire,
à l'extrême droite ...de quoi désespérer
du genre humain. Nos amis belges sont donc condamnés à
rebondir aux élections de 2004, qui, comme en France, se
joueront au niveau régional et européen. Contact
Site d'Ecolo : www.ecolo.be
Site
d’Agalev : www.agalev.be
Pour
oublier d'oublier Le 9 mai dernier, Alima
Boumediene-Thiery a voulu dédier la "Journée
de l'Europe" aux victimes du conflit israélo-palestinien.
En organisant une conférence et - non sans mal - une
exposition de photographies de Joss Dray, la députée
verte a rappelé le Parlement européen à
ses responsabilités politiques, lui qui votait le 10
avril 2002 une résolution évoquant la suspension
des accords d'association entre L'Union et Israël. "Cette
résolution, estime Alima, montre que le Parlement
reconnaît la violation des droits humains dans les
territoires occupés". L'inaction des institutions
européennes n'en est que plus mal acceptée.
L'ambassadeur de la délégation palestinienne en
Belgique, de même que Michel Warschawski (Agence
d'Information Alternative - Israël) ont aussi rappelé
les responsabilités historiques des pays européens
dans ce conflit. Le 9 mai dernier, on a probablement peu fêté
l'Europe en Palestine. Contact Alima
Boumediene-Thiery : aboumediene@europarl.eu.int
Protégez-moi
de mes alliés... Boris Krajnovsky, président
de Macédoine, l'a évoqué à
Strasbourg le 8 avril dernier : c'est dans son pays que l'Union
européenne a, pour la première fois de son
histoire, déployé des troupes militaires sous ses
propres couleurs. Cette passation de pouvoir entre l'OTAN et
l'Union, le 31 mars 2003, a été peu remarquée.
Il faut dire que cette mission, baptisée "Concordia",
est modeste et n'engage que 350 militaires de l'Union pour
stabiliser cette région des Balkans. Ce petit bataillon
illustre pourtant un débat autrement colossal. Celui-ci
a rebondi à Bruxelles le 29 avril dernier, quand les
pays du "Camp de la paix" lors de la guerre en Irak -
France, Allemagne, Belgique et Luxembourg - ont invité
leurs homologues européens à créer l'UESD,
l'Union européenne de sécurité et de
défense, et à orienter les travaux de la
Convention en ce sens. Le schéma proposé
comprendrait 3 volets : une clause générale de
solidarité, la création d'une agence européenne
de développement de capacités militaires, et la
possibilité de mener des opérations autonomes de
maintien de la paix.Malgré toutes les précautions
oratoires de Schröder ou de Chirac, l'ire des Etats-Unis,
dont la doctrine est de s'opposer à tout pôle
d'indépendance, fut manifeste. Même chose de la
part des pays européens atlantistes - britanniques en
tête - vassalisés et fiers de l'être.Pour
les écologistes - défenseurs d'un monde basé
sur le respect des différences - tenter de se dégager
de l'unilatéralisme omnipotent de l'administration Bush
peut être positif. Les Verts européens ne seraient
pas non plus insensibles aux économies d'échelle
dans les programmes de recherche ou d'achat de matériel
de défense, comme dans la rationalisation des tâches
: certains experts estiment qu'à budget égal, les
pays de l'Union ont une capacité militaire trois fois
moindre que celle des Etats-Unis. Pour autant, selon les
eurodéputés Verts, il ne saurait être
question de faire l'impasse sur la mise en place d'une
politique des affaires étrangères commune, basée
sur la prévention des conflits, et encore moins d'ériger
l'Europe en un bloc militaire agressif ou dominant, hors de
contrôle d'une légalité onusienne à
démocratiser et renforcer…
Que
ce soit durable... Faut-il y voir un hommage déguisé
? C'est vrai qu'avec son tournesol et ses étoiles sur
fond bleu, le logo de la "Green Week" (Semaine Verte)
rappelle étonnamment celui du groupe Vert. La 3e édition
de cette manifestation — par laquelle la Commission
européenne décline la journée de l'ONU en
faveur de l'environnement — commence à faire
école. Voilà pourquoi, début juin, pour la
première fois en France aussi, on a essayé
d'illustrer, pour le grand public, le concept - usuellement
bien flou dans les discours - de "développement
durable". Bien des gens ont pu ainsi s'interroger enfin
sur leurs choix de vie au quotidien. À
prolonger… Contact
www.europa.eu.int/comm/environment/greenweek/index_fr.htm
Y
a l'feu au lac L'état d'exception militaire ayant
été décrété pour rendre leur
bulle étanche, à Évian, fin mai, les
puissants du monde ont pu à loisir décliner leur
catéchisme libéral, émaillé comme
il se doit de creuses déclarations compassionnelles. À
quelques lieues de là, les débats du contre-G8
ont été certes moins ouatés, mais plus
denses et plus en phase avec les besoins urgents d'une planète
qui souffre. Accès à l'eau potable, lutte contre
les pandémies, la pauvreté ou l'injustice
sociale, édification d'une agriculture mondiale sans
OGM, etc. De plénière ("avec José"),
en atelier de la Souris Verte, jusqu'à la manif du 1er
juin, Hélène Flautre a porté les
propositions des eurodéputés Verts. Elle a pu
mesurer la nécessité de décliner - dans le
milieu altermondialiste où la méfiance
institutionnelle est parfois bien ancrée - les avancées
concrètes que pourrait représenter la mise en
place d'une Europe des services publics, des droits
fondamentaux, ou encore du principe de précaution
environnementale... Contact Hélène
Flautre : hflautre@europarl.eu.int
Devoir
de vacances Si, dans la torpeur estivale, l'envie vous
prend de secouer vos méninges, lisez la belle
publication "Marche où rêve" réalisée
par la Souris Verte / Forum des Jeunes Verts, dans le cadre du
Contre Sommet G8. Pour un prix de 2 euros, voilà une
façon intelligente de préparer une rentrée,
qui avec le Forum Social Européen de cet automne à
Saint-Denis, s'annonce dense pour les jeunes écolos… Contact
Alexis Deck, Tél : 01 42 03 64 47 –
www.sourisverte.org
Des
étoiles pas que sur le drapeau Il était
temps. Menacés de perdre dès cet été
leurs fréquences inutilisées, les Quinze ont fini
par lancer, fin mai, le programme Galileo qui devrait
révolutionner notre quotidien dès 2008. Ce
bouquet de 30 satellites - lancés par paquets par Ariane
V - va en effet offrir une multitude de nouveaux services
"radio-assistés" aux performances inégalées
(navigation automobile, secteur bancaire, travaux publics...).
Dans un débat présidé par Gérard
Onesta, le Parlement européen unanime a suivi les deux
rapporteurs Verts, Yves Pietrasanta et Jan Dhaene, pour que
l'Union se dote d'un tel outil civil, et ne soit donc plus à
la merci du seul système militaire GPS américain,
géré au bon vouloir du Pentagone. Galileo ne
manquait pas d'argent mais souffrait de surabondance de
propositions d'investissement, chaque pays voulant une plus
grosse part du futur gâteau. Il faut dire que pour un
coût de 3,4 milliards d'euros, Galileo va rapporter,
chaque année, 3 fois plus, en créant près
de 150 000 emplois hautement qualifiés ! Cette synergie
explique pourquoi le spatial devrait vite devenir une
compétence partagée entre l'Union et les États
membres. Contact Yves Pietrasanta :
ypietrasanta@europarl.eu.int Jan
Dhaene : jdhaene@europarl.eu.int Programme
Galileo :
http://europa.eu.int/comm/dgs/energy_transport/galileo/index_fr.htm
Pointeuse En
jargon journalistique on appelle ça un "marronnier",
c'est-à-dire un sujet qui "pousse" chaque
année à date fixe. Ainsi juin, date anniversaire
de l'élection du Parlement européen, voit la
presse faire le point des présences, à Bruxelles
et à Strasbourg, pour chaque eurodéputé.
Mandature après mandature, l'assiduité a fait des
progrès parallèlement au rôle grandissant
de cette assemblée dans le processus législatif.
Il faut dire que le vote par procuration est interdit, et qu'un
député absent, ce sont des centaines de milliers
de citoyens qui ne sont plus représentés lors de
décisions capitales. Par son autolimitation du cumul des
mandats, le groupe des Verts est toujours bien placé
dans le classement. Seuls 4 des 626 eurodéputés
n'ont raté aucun jour de présence depuis le début
du mandat, et dans ce "carré", on retrouve un
seul écologiste, Gérard Onesta, dont les médias
ont salué, une fois encore, les 100 % d'assiduité
dans ces plénières qu'il préside si
souvent… Contact Gérard
Onesta : gonesta@europarl.eu.int

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Il
y a liquide et liquide ...
C'est
sur la terre aride de Johannesburg, l'an dernier, lors du
Sommet de la Terre, que 2003 a été proclamée
"Année internationale de l'eau douce", pour
"réfléchir" sur cette ressource vitale
pour le genre humain. Réfléchir ? D'accord. Mais
aussi agir ! Difficile, vu de notre Europe, de concevoir
l'urgence mondiale, tant notre continent semble à l'abri
de la pénurie grâce à un volume de
ressource correct, même si celle-ci n'est pas toujours de
bonne qualité. C’est une directive-cadre d’octobre
2000 qui établit la politique communautaire dans le
domaine de l’eau. Son objectif est ambitieux :
"Protection des eaux intérieures de surface, de
transition, côtières et souterraines, en vue de
prévenir et de réduire leur pollution, promouvoir
leur utilisation durable, protéger leur environnement,
améliorer l'état des écosystèmes
aquatiques et atténuer les effets des inondations et des
sécheresses". Toutes les eaux européennes
devront afficher un "bon état" d'ici 2015.
Malgré des avancées importantes - dont la
participation citoyenne dans la reconquête de la qualité
de l’eau - la directive est "polluée"
par une approche mercantile. Même s'il y est écrit
que "l’eau n’est pas un bien marchand comme
les autres", la loi européenne laisse la gestion de
ce vital "bien marchand" dans les mains de firmes
surtout assoiffées …de profits. Au Forum
Social du Grand Sud, en avril dernierà Toulouse, Gérard
Onesta a co-animé un débat avec des acteurs clés
de la lutte contre lamarchandisation de l’eau. Carré
d'Europe leur donne la parole :Jean-Luc Touly, Président
de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau
(ACME) : "L'ACME a 5 objectifs : Reconnaissance de l'eau
comme bien commun patrimoine de l'humanité et
inscription de ce fait dans les constitutions de chaque pays -
Garantie du droit universel d'accès à l'eau
(octroi gratuit de 40 litres d'eau par jour et par habitant,
suivi d'une tarification progressive suivant la consommation,
l'usage et le revenu) - Financement et maintenance, collectifs
et solidaires, des infrastructures et réseaux (voir les
propositions faites à Florence au 1er Forum Alternatif
Mondial de l'Eau) - Création d'un service public mondial
de l'eau et de l'assainissement, propriétaire et
gestionnaire de la ressource qui - n'étant pas une
marchandise - doit être sortie de l'AGCS (accord général
sur le commerce des services) - Création d'un Parlement
mondial de l'eau où les usagers et leurs collectivités
seraient décisionnaires, et d'un tribunal mondial de
l'eau afin d'éviter que celle-ci ne devienne l'enjeu de
conflits comme c'est le cas pour le pétrole". Marc
Laimé, journaliste, auteur du récent livre de
référence : "Le dossier de l'eau. Pénurie,
pollution, corruption" (Éditions du Seuil) : "Le
mécanisme de la marchandisation de l'eau dans nos villes
est simple et redoutable : les multinationales proposent un
gros chèque de "droits d’entrée"
aux municipalités qui acceptent de privatiser leur régie
municipale. Grâce à cet argent, les élus
locaux peuvent alors réaliser quelques équipements
sans avoir à augmenter les impôts, ce qui leur
donne une image de bon gestionnaire. Mais le contribuable est
aussi un buveur d'eau ! Ce qu'il économise sur sa
feuille d'impôt se retrouve largement sur sa facture
d'eau, car non seulement les sociétés privées
ont tôt fait de répercuter le montant des droits
d'entrée, mais elles font, de plus, de substantiels
profits sur le dos des usagers otages. Par ailleurs les
multinationales n'entendent pas investir dans le maintien des
réseaux. Elles laissent ce lourd investissement au
secteur public. Seul les intéresse le fait de poser un
compteur de royalties dans chaque foyer…" Anne
Bouzinac, Présidente de l'Association "Eau Secours
31" : "Eau secours" est née il y a trois
ans. Nous faisons partie de la Coordination des Associations
des Consommateurs d’Eau (CACE) qui regroupe 180
associations dans toute la France. Nous sommes très liés
aux associations de Grenoble, Saint-Étienne ou Castres
qui ont mené avec succès de grands procès
pour défendre les consommateurs d’eau. Nous avons
relayé en ce sens l’appel de l’ACME aux
maires de France pour qu'ils reprennent aux 3 multinationales
(Veolia Environnement-CGE, Suez-Lyonnaise des Eaux et
Saur-Bouygues) leur contrat d'eau et d'assainissement, et
remettent cette richesse commune en régie. Nous faisons
aussi, avec ATTAC, Formation Citoyenne et la CACE, un travail
de formation auprès des élus. Au mois d’avril
dernier, des maires sont venus de toute la France, en
particulier ceux qui ont fait des actions contre les "grands"
de l’eau....
Contacts Jean-Luc
Touly - ACME, 22 rue de Milan, 75009 Paris –
www.acme-eau.com Marc
Laimé : marc@reso.net Anne
Bouzinac - "Eau secours 31", 10 bis rue du
colonel Driant, 31400 Toulouse. Tél : 05 61 87 55 41
(Claude Marc)

Contre
le marché de l’eau, marchez pour l’eau
!
Les grandes marches européennes
pour respecter l'eau ne sont plus l'apanage de nos voisins
espagnols. Les collectifs Adour Eau Transparente, S.Eau.S,
Garonne et Eaux Vivantes du Gers, soutenus, entre autres, par
France Nature Environnement, ATTAC, le WWF-France, les Amis de
la Terre, et les Verts, organisent au mois de juillet une
marche pour l’eau vivante dans notre Sud-Ouest. L'année
internationale de l’eau sera déclinée sous
tous ces aspects : Arrêt de la politique du tout-barrage
(notamment ceux d’Eslourenties et de Charlas) -
Préservation de la qualité des cours d’eau,
des nappes souterraines, des zones humides et de la faune
piscicole - Arrêt des rejets polluants, application du
principe "pollueur-payeur" et du principe de
précaution - Refus de la marchandisation de l'eau et
retour de la gestion de cette ressource au service public -
Contrôle de la politique et des institutions de l'eau par
le citoyen - Développement d’une agriculture
respectueuse de l’environnement… Cette marche
pour l’eau vivante partira le 5 juillet de Bayonne, après
avoir formé - en collaboration avec les collectifs
"Marée noire" - une chaîne humaine sur
les plages. Elle comptera 9 étapes, dont celle de
Montesquiou dans le Gers, le 12 juillet, à laquelle
participera Gérard Onesta. Chacune des étapes,
ponctuée de manifestations, sera l’occasion de
conférences de presse, de débats publics,
d’expositions et projections, de soirées
culturelles et festives. La marche se terminera le 14 juillet à
Saint-Gaudens, où elle sera rejointe par une autre
marche qui sera partie de Foix la veille.
Pour
obtenir le programme détaillé de la marche :
Centre d'écologie "La Bertrande", 32400
FUSTEROUAU - Tél : 05 62 09 08 25 Les Verts du Gers :
Evelyne Nibelen : evelyne.nybelen@wanadoo.fr
ou
Danielle Arrieu : danielle.arrieu.alma@free.fr

Autant
n’en emportera pas le vent (d’Autan)
N'en
déplaise aux esprits simplistes, le vent d'autan ne fait
pas fuir les gaz toxiques de Toulouse. Au mieux les
disperse-t-il pour répartir les doses de poison dans
davantage de poumons. Saviez-vous d'ailleurs que l'air de la
ville rose est sous double observation ? D'abord grâce au
programme national "PSAS 9" qui ausculte la qualité
de l'air dans 9 agglomérations françaises, mais
aussi au travers du programme européen "APHEIS"
qui fait de même dans 25 métropoles de
l'Union. Alain Rivière, élu Vert du Sud-Est
Toulousain qui a disséqué toutes ces données,
est formel : une corrélation incontestable est
maintenant établie entre pollution et mortalité.
En clair, plus de 700 000 citoyens sont, en continu, étouffés
par l'air qu'ils ont la "faiblesse" de
respirer.
Quelques chiffres : en 2002, le seuil
de qualité
a
été régulièrement dépassé
pour le dioxyde d’azote, pour l’ozone et plus
rarement pour le dioxyde de soufre. Les courbes statistiques
sont claires : on peut ainsi estimer pour Toulouse que, tous
les ans, à cause de cela, une centaine de personnes
fragiles voient leur décès survenir prématurément
(de quelques semaines à quelques mois), et qu’en
plus, environ 140 personnes meurent à cause de la
pollution chronique due aux poussières. Pour les
scientifiques, ces chiffres, qui ne prennent pas en compte
l'apparition des tumeurs futures, ne constitueraient pourtant
que la partie émergée de l’iceberg. À
titre de comparaison, les accidents de la circulation, en 2001,
ont fait 291 tués dans l’agglomération
toulousaine.
Pour l’essentiel (74 % pour le
dioxyde d’azote), cette pollution est liée au
trafic automobile, lui-même provoqué par un grand
étalement urbain couplé à un réseau
de transport en commun très insuffisant. Et on laisse le
citoyen dans l’ignorance : quel automobiliste bloqué
sur tel axe - le dioxyde d’azote, c’est inodore -
sait qu’il est le plus exposé ? Quel "rurbain"
qui se croit à l’abri à 20 km de Toulouse
sait que la pollution à l’ozone peut être
bien plus élevée, l’été,
autour de son habitation qu’en plein centre ville
?… Alain, impressionnants plans urbains en main,
expose qu'une étude récente a mis en évidence
que seule une réduction de trafic de 25 % par rapport à
celui constaté en 1999 dans l’agglomération
toulousaine permettrait de faire passer de 529 à 51 le
nombre de kilomètres de voirie dont les abords immédiats
sont pollués au-delà de la valeur
limite.
Il est à craindre que le Plan de Développement
Urbain révisé - malgré l’affichage
de porter la part de transport en commun à un quart des
déplacements motorisés - n’aura pas un
impact suffisant. Des mesures drastiques s’imposent :
réduction des parkings en ville et en entreprises,
réduction de la vitesse y compris sur les rocades, coup
d’arrêt à l’étalement urbain,
changements d’habitude en besoin de transports…
Une véritable révolution écologique que
l'Europe - qui édicte désormais les normes
applicables - pourrait accompagner, si les décideurs
toulousains insufflaient enfin une "bouffée d'air
frais" dans leur volonté politique…
Contact
 Alain
Rivière, Élu Vert au SICOVAL (Sud-est toulousain)
Tél : 05 61 81 39 00 - alain.riviere7@wanadoo.fr

Des
"renifleurs" très spéciaux
Une
dizaine de petites stations automatiques bardées
d'appareils de mesures enregistrent en permanence la
concentration de polluants dans l’agglomération
toulousaine : oxyde de carbone (CO), ozone (O3), dioxyde
d’azote (NO2), dioxydede soufre (SO2), poussières
(PM10 - particules de moins de 10 µ), hydrogène
sulfuré (H2S), plomb (Pb). La situation est
particulièrement inquiétante pour deux polluants
d’origine automobile : NO2, O3 (ce dernier est un
polluant secondaire apparaissant à la belle saison,
quand la température est au-dessus de 25°C). Ces
stations sont, soit à l’écart des voies
passantes pour capter la pollution de fond), soit en proximité
automobile. Seuil de qualité : seuil qu’il
est recommandé de ne pas dépasser. Valeur
limite : seuil qu’il ne faut JAMAIS dépasser,
car l’exposition à une telle concentration de
polluants est dangereuse pour la santé, même pour
une durée de quelques heures par an.

Semer
le doute
Les organismes génétiquement
modifiés ont bien des façons de nous envahir.
D'abord dans les aliments, notamment importés, pour
lesquels nous n'avons que peu d'informations, ensuite par les
essais de cultures autorisés en plein champ qui, par
pollinisation croisée, peuvent engendrer des mutations
végétales incontrôlées. Mais il y a
aussi plus simple et plus sournois : en mélangeant
"négligemment" des OGM aux semences
traditionnelles. Les agriculteurs de Midi-Pyrénées,
qui est déjà, en 2003, la 2ème région
la plus polluée de France par les essais transgéniques,
peuvent-ils être certains de la qualité des
graines enfouies dans leur sol ? Rien n'est moins sûr. La
députée Verte Danielle Auroi qui était, en
avril dernier, rapporteur d'un texte devant "toiletter"
pas moins de 10 directives sur la qualité des semences
dans l'Union, n'a pu obtenir aucune garantie quant au seuil de
présence ou non d'OGM dans celles-ci. Certes, Danielle a
gagné une meilleure prise en compte de semences
"locales", élargissant ainsi la préservation
du "capital biodiversité", mais seules les
graines purement OGM seront signalées par étiquetage.
Rien pour les "mélanges accidentels"… Pour
Bernard Forey, responsable de la Commission OGM à la
Confédération Paysanne, le taux de présence
d'organismes transgéniques devrait impérativement
être garanti à zéro, puisque toute semence
implique la reproduction potentielle de la plante. L'"ennemi"
s'insinuant partout de façon incontrôlable
deviendrait alors invisible, ruinant au passage les efforts des
filières bio…
Contact

Danielle
Auroi : dauroi@europarl.eu.int Confédération
Paysanne en Midi Pyrénées : Place du premier
mai, 81100 Castres - Tél : 05 63 51 08 47

Libérez
José ! À l'heure où nous
mettons sous presse, José Bové vient d'être
incarcéré. À travers lui, ce sont tous les
défenseurs de la vie que l'on opprime. La disproportion
de sa condamnation, comme la violence de son arrestation,
prouvent qu'il dérange des intérêts
cyniques et colossaux. Ce harcèlement, contre un leader
syndical altruiste et non violent, est une honte que seule la
libération de José permettrait d'effacer. Dès
lendemain de l'arrestation, Gérard Onesta a donné
une conférence de presse devant la prison de José,
prolongée par un meeting à Montpellier contre la
marchandisation du vivant. Le combat continue…

Question
de prestige
Un fonds de garantie n'est pas
un permis de polluer.ans surprise, les caisses son vides. Le
FIPOL, fonds d'indemnisation qui sert à rembourser les
dégâts des marées noires, ne pourra honorer
qu'à hauteur de 15 % le montant des dégâts
causés par le naufrage du pétrolier "Prestige".
Et ce sont les États, qui avaient jusque-là
refusé d'imposer aux compagnies pétrolières
d'abonder ce fonds à la hauteur des risques encourus,
qui - avec un cynisme au-delà de la mesure - pleurent
aujourd'hui sur le sort des régions sinistrées.
Les autorités SAVAIENT que le plafond de
remboursement - fixé par elles-mêmes - était
modeste, et, largement relayées par des cabinets
d'avocats charognards, elles ont MENTI aux populations en leur
faisant croire qu'il suffisait de multiplier les coûteuses
procédures ou les constats d'huissiers pour être
remboursé. Cette distorsion manifeste entre immensité
du risque et faiblesse de l'assurance a bien été
notée dans les conclusions de la Conférence
européenne sur la sécurité maritime que le
Groupe Vert/ALE a organisé le 11 avril dernier à
Bayonne. Les eurodéputés Verts et régionalistes
demandent à ce titre que le principe pollueur/payeur ne
soit plus dévoyé, car, mal défini, il peut
être la pire des choses. Il faut en effet éviter
que la création d'une cagnotte n'en revienne à
dédouaner les coupables des catastrophes à venir,
sur le mode : "j'ai cotisé, donc je suis
tranquille". Un fonds de garantie n'est pas un permis de
polluer. Certains milieux ont même plaidé pour
qu'on responsabilise vraiment les pollueurs en supprimant ce
"filet financier de bonne conscience". En arriver
là serait une grave erreur car, en l'absence de fonds de
garantie, les victimes sont confrontées à un
triple écueil : la difficile recherche des fautifs dans
une chaîne de co-responsabilités complexe, la
solvabilité des coupables quand on a réussi à
les identifier, et la durée des procédures avec
des recours pouvant s'étaler sur des dizaines d'années.
Au final, la réparation des dommages intervient si
tardivement que tout ce que l'on pouvait sauver est
irrémédiablement perdu, alors que pour aider un
milieu naturel endommagé ou un secteur économique
fragilisé, il faut agir vite. Le fonds doit donc être
conçu comme une "enveloppe financière
tampon", gérée par les pouvoirs publics et
immédiatement disponible pour parer aux conséquences
des pollutions, à charge pour la justice de se retourner
ensuite contre les fautifs pour les faire payer à l'aune
de leurs responsabilités. Ce mécanisme ne peut
cependant fonctionner que si le fonds de garantie est alimenté
de façon conséquente par l'ensemble de la chaîne
des utilisateurs des hydrocarbures : les propriétaires
des navires et de la cargaison, les affréteurs…
mais peut-être aussi les consommateurs finaux pour le
confort desquels nos mers sont sillonnées par des
tankers. Reste que, vu du côté des victimes du
Prestige, la potion est amère. Pour Jacques Papon,
membre des Verts des Landes, la cargaison de ce bateau
poubelle, qui n'en finit pas de remonter à la surface,
va longtemps empoisonner la vie des Aquitains. Elle va marquer
de façon diffuse mais profonde tant les milieux naturels
que le tissu économique local. Pour Jacques, "il ne
faut pas oublier que les "ingrédients" qui ont
provoqué cette marée noire sont en grande partie
toujours présents. La baisse de la fréquentation
des touristes sur le littoral landais va surtout pénaliser
les emplois saisonniers. Car le FIPOL, quel que soit le montant
des indemnités, ne tient jamais compte du manque à
gagner des familles dont un parent ou les enfants ne trouveront
pas ce type d'emploi cet été. On constate encore
une fois qu'une catastrophe environnementale aura aussi des
conséquences sociales". L'Union européenne
a pourtant enfin pris conscience de l'incurie de sa législation
en la matière, et de l'indigence des montants du FIPOL.
Le dépôt par la Commission, en mars dernier, d'un
projet de texte définissant enfin un délit de
pollution maritime est une première victoire. Le vote
par le Parlement européen, début mai, de
l'amendement des Verts/ALE étendant la "responsabilité
environnementale" au secteur maritime en est une autre…
Contact Jacques
Papon

Quatier
Guillon, 40800 Aire sur l'Adour Tél : 05 58 71 76 81

Avoir
bon fonds
Le FIPOL est le fonds
international d'indemnisation pour les dommages dus à la
pollution par les hydrocarbures. Il a été mis en
place en 1969, et renforcé en 1992. Ce sont aujourd'hui
les compagnies pétrolières des 85 États
membres de la Convention FIPOL qui mutualisent ainsi une
réserve d'argent, sans que cela signifie pour autant la
reconnaissance de leurs éventuelles responsabilités.
Chaque compagnie ayant été destinataire, par voie
maritime, dans un État membre de la convention FIPOL,
d’au moins 150 000 tonnes de pétrole dans l’année
écoulée, doit alimenter le Fonds au prorata de
ses importations. L’industrie pétrolière
française est au 4ème rang mondial des
contributeurs. Lors du naufrage du Prestige, le plafond
d’indemnisation par sinistre était encore fixé
à 175 millions d’euros. Suite au naufrage de
l'Erika, et à l’initiative de la France sous
l'impulsion du ministère Voynet, le FIPOL a accepté
d’augmenter le plafond à 260 millions d’euros
par sinistre, mais seulement à partir du 1er novembre
2003. Trop tard pour les victimes du Prestige... À
noter que les affréteurs, armateurs et les États
accordant des pavillons ne contribuent aucunement au FIPOL.
Soulignons aussi que ce fonds ne couvre que les pollutions par
hydrocarbures, à l'exclusion de toute autre forme de
saccage chimique des mers… Après l’accident
de l’Exxon Valdez, les États-Unis sont sortis du
FIPOL pour créer leur propre Fonds, mieux doté.
Mais au travers de cet "Oil Pollution Act", ils en
ont profité pour définir unilatéralement
des règles régissant le transport de produits
dangereux par voie maritime, en évitant d'inquiéter
les grands trusts pétroliers. Le 16 mai dernier, à
Londres, L'Organisation Maritime Internationale (OMI) a
finalement porté à un milliard d'euros le plafond
du FIPOL. C'est l'Union européenne - parce que ses
membres ont su se montrer solidaires - qui a arraché
cette multiplication par cinq (!) de ce montant, en menaçant
de créer sinon, elle aussi, son propre fonds
d'indemnisation. Cette réévaluation, qui ne
touchera pour l'instant qu'une trentaine de pays riches
capables de s'offrir une meilleure assurance, n'entrera en
vigueur qu'au début 2004. Ainsi, si les scandales de
l'Erika et du Prestige ont permis cette revalorisation, leurs
victimes n'en bénéficieront pas hélas
eux-mêmes.
Contact Pour
plus de renseignements : Coordonnées des sites
internet de l'OMI et du FIPOL : http://www.iopcfund.org/

Le
pire est né ?
La politique
européenne du transport est déchirée entre
deux discours. D'un côté, il est affirmé
qu'il faut rompre d'urgence avec le "tout bitume",
dont l'évolution exponentielle annonce une dévastation
territoriale, environnementale, sociale et sanitaire sans
précédent. D'un autre côté, l'Europe
est balafrée, au quotidien, de projets routiers
incohérents, imposés par des élus ne
voyant pas plus loin que leur ego de prétendus "grands
aménageurs". C'est ainsi que le Conseil Général
des Pyrénées-Atlantiques a lancé une étude
de deux millions d’euros pour la création d’une
"deux fois deux voies" qui devrait perforer les
Pyrénées, entre Pays basque Nord et Navarre
espagnole. L’instance départementale cherche à
faire croire à une voie dédiée à
l’économie régionale et au bien-être
des populations locales. Le gouvernement navarrais, lui,
annonce avec beaucoup plus de franchise son désir de
voir se réaliser un axe transeuropéen - à
caractère autoroutier - passant par Roncevaux et Arnegi,
axe qui serait voué au trafic international des
camions. Au-delà de son incompatibilité
évidente avec les engagements européens de Kyoto
sur la réduction des gaz à effet de serre, il
s’agit, en fait, du projet le plus destructeur qui menace
le nord de l'Euskadi depuis des décennies. Pollution de
l’air et de l’eau, bruit, mise à sac des
paysages et du patrimoine naturel, mais aussi casse de
l’économie locale, basée sur une
agriculture AOC de qualité transformant ses produits sur
place, ainsi que sur un tourisme vert diffus. Pour écarter
ce risque majeur, une grande manifestation organisée par
l’association LEIA (Lekuko Ekonomia eta Ingurumenaren
Alde - Pour l'environnement et l'économie du pays), et
soutenue par les Verts béarnais et basques, aura lieu le
samedi 13 septembre 2003 à Saint-Jean-Pied-de-Port.
Contact Association
LEIA : BP 3, 64 430 Baigorri Euskal Herriko Berdeak Les
Verts du Pays Basque "Uhaldia", 64220
UHART-CICE Tél : 05 59 37 03 62 - Fax : 05 59 37 21
52 verts.paysbasque@free.fr

La
ruée vers l'eau
Tous
les observateurs des évolutions géopolitiques
s'accordent sur un point : l'eau, sous toutes ses formes, va
devenir la matière première stratégique du
siècle en cours. Le Salon Horizon Vert, qui s'est
imposé, au fil des ans, comme un rendez-vous
incontournable de débat et de présentation des
alternatives écologistes, a choisi ce thème clef
pour sa quinzième édition. Il se déroulera
les 4 et 5 octobre prochains, au Parc des Expositions de
Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). "Nous souhaitons à
travers le thème "la ruée vers l’eau,
ressource naturelle, milieu de vie et bien commun"
réfléchir aux questions des réserves
planétaires, de la pollution de l'eau, de l'inégalité
d'accès à cette ressource commune et à sa
marchandisation" déclare Annie Messina,
co-présidente du salon. Pendant tout le week-end, 25
conférences et ateliers se succèderont avec, en
avant-première, dès le vendredi 3 au soir, une
conférence au théâtre de Villeneuve, avec
Edward Goldsmith, directeur de publication de la revue
européenne de référence "The
ecologist", et Larbi Bouguerra, ancien directeur de
recherche associé au CNRS, consultant auprès de
l’OMS et de l’UNESCO et grand spécialiste de
l’eau. Ils feront le point sur les crises écologiques
que subit notre planète, notamment à cause des
problèmes liés à l’eau. Plus de
150 exposants illustrant tous les domaines de l’écologie
(technique, alimentaire, philosophique, artistique…)
ainsi qu’un forum regroupant 50 associations, feront de
ce week-end un temps fort de la rentrée. Gérard
ONESTA, en sa qualité de Vice-président du
Parlement européen, inaugurera le Salon, puis animera
l'atelier "Sécurité Maritime, de
l'incantatoire à l'opérationnel", où
il exposera les conclusions de la Conférence européenne
sur la sécurité maritime organisée par le
groupe Vert/ALE. Les grandes lignes de ces conclusions sont
aussi disponibles sur le site Web de Gérard, à la
page : www.onesta.net/tex36.html
Contact Association
Horizon Vert

BP
208 - 10, cours Victor Hugo, 47 305 Villeneuve-sur-Lot Tél
: 05 53 40 10 10 / Fax : 05 53 40 24 31 e-mail :
horizonvert@wanadoo.fr

L'Europe
vue du Languedoc-Roussillon
Ne
pas sonner la retraite
Le 13 mai dernier,
la rue le disait pour la première fois à pleins
poumons : la copie du gouvernement français sur le
financement des retraites est mauvaise. Il est vrai qu'assurer
la pérennité des pensions par l'allongement
abrupt des durées de cotisation est insupportable. Les
Verts Languedoc insistent sur d'autres variables : augmenter le
nombre de cotisants en luttant contre le chômage, faire
participer l'ensemble des revenus, y compris patronaux et
boursiers, au financement des pensions, adapter la durée
des années de travail à la pénibilité
de celui-ci… À Montpellier, la défense des
retraites a mobilisé. Pour Jean-Louis Roumégas,
adjoint Vert et conseiller d’agglomération, "des
manifestations si massives, inconnues depuis bien longtemps,
montrent bien l'ampleur de l'inquiétude".
Mais
le même jour, l'Europe, plus discrètement, se
penchait aussi sur l’avenir de nos retraites… et
ce n’est pas d'elle que viendra le salut des systèmes
par répartition. Ce 13 mai, les ministres des finances
des Quinze ouvraient en effet définitivement le marché
des fonds de pension privés.
Les
gestionnaires de ces fonds, après une accréditation
européenne imposant quelques règles
prudentielles, pourront vendre leurs produits aux entreprises -
mais pas encore aux particuliers - dans toute l’Union.
C'est peu dire que le marché est juteux, le secteur des
retraites privées gérant 2 500 milliards d’euros,
soit 30 % du PIB de l’Union ! Et le très libéral
Frits Bolkestein, Commissaire chargé du marché
intérieur, de saluer "une avancée majeure",
en ajoutant : "les retraites par répartition vont
représenter un poids intolérable sur les finances
publiques dans les pays où elles sont la règle".
Dans les couloirs de la Banque européenne on craint
aussi, à travers la dette, pour la santé de
l'euro : la part du PIB européen consacrée aux
retraites, de 10,4 % en 2000, devrait progresser avec
l'allongement de l'espérance de vie, couplé à
un bas taux de natalité. Mais ces données
devraient être revues si l’Europe changeait de
vision sur l’immigration et réfléchissait à
ses retraites de façon plus solidaire et globale.
Depuis
3 ans, l'écroulement des places boursières - et
des pensions qui leur étaient indexées - aurait
pourtant dû doucher l'enthousiasme de ceux qui enviaient
la Grande-Bretagne. Celle-ci, par le système de
capitalisation, a réduit le montant de ses retraites
publiques à 5 % de son PIB.
Matignon,
planqué derrière le tabou des fonds de pensions,
ne veut voir dans cette directive qu'une forme d'épargne
salariale. Quant à la Commission, qui rappelle que les
retraites sont du ressort des seuls États, elle dit
benoîtement n'être intervenue qu'au nom de la
"défense des libertés de prestation de
services" inscrite dans le Traité…
Que
l'on sache donc, en Languedoc comme ailleurs, que, pour
Bruxelles, "désamorcer la bombe démographique"
se résume à faciliter aux seuls riches la
création de réserves en capitaux. Quant aux
autres…
Contact Jean-Louis
Roumégas,

Mairie
de Montpellier, 1, place Francis-Ponge, 34064 Montpellier Cedex
2 Tél : 04 67 34 72 51 Fax : 04 67 34 71 09
Petit
tour d'Europe La première attaque européenne
en règle contre les retraites était venue de
Barcelone en mars 2002, où les chefs d’État
et de gouvernement - dont un certain Jospin - avaient proposé
de repousser l’âge réel de départ à
la retraite, actuellement de 59 ans en moyenne en Europe, de 5
années supplémentaires. La plupart des pays de
l'Union ont opté, totalement ou partiellement, pour un
système par capitalisation. En Allemagne, l'âge de
départ à la retraite de la plupart des
fonctionnaires a été porté, en 1997, de 62
à 63 ans. Pour les autres salariés, cet âge
est fixé à 65 ans. Au Royaume-Uni, l'âge de
départ des femmes, actuellement de 60 ans, rejoindra
celui des hommes : 65 ans. En Suède, le départ
à la retraite est prévu entre 61 et 70 ans, les
salariés étant incités à prolonger
leur activité. En Italie, l'âge légal
d'accès aux pensions est de 60 ans pour les femmes et 65
ans pour les hommes. Dans les pays scandinaves, un relèvement
progressif d'un demi-point des cotisations a permis de
constituer des réserves équivalentes à
deux fois les dépenses annuelles du régime, mais
ce fonds devrait être épuisé en 2040.
Récemment des fonds similaires ont été
créés en Irlande, en Espagne, au Portugal et en
France.

Le
"Dali Express" déjà sur les rails
On
l'ignore parfois, mais quand se redessinent nos paysages, c'est
souvent l'Europe qui tient le crayon. Ainsi la PAC (politique
agricole commune) décide de l'aspect de nos campagnes,
les fonds structurels de celui de nos banlieues ou de nos
usines, tandis que la politique énergétique
décrète nos barrages, nos éoliennes ou
centrales nucléaires. Quant à la politique
européenne des transports, elle inscrit dans notre
quotidien des ports, des routes ou des avions. Même chose
pour le rail.
Depuis
le 15 mars dernier, le réseau ferroviaire trans-européen
est ouvert à la libre concurrence, autant dire… à
la privatisation (voir
Carré d'Europe N°14).
C'est même par notre Catalogne que devrait commencer le
dépeçage de ce service public. La première
concession ferroviaire privée internationale devrait se
concrétiser par la construction et l'exploitation d'une
section TGV de 21 km entre Perpignan et Figueras. Prévue
pour 2005, cette ligne est encore bloquée par les
négociations difficiles entre la commission
intergouvernementale franco-espagnole et le consortium
Euroferro, composé principalement des entreprises
espagnole Dragados et française Bouygues.
Prétextant
que l'audit du gouvernement français sur les
infrastructures n'avait pas tranché sur la priorité
à accorder aux liaisons à travers les Pyrénées,
Euroferro fait sa coquette. Il aurait exigé une garantie
minimale de trafic, qui correspondrait en fait à une
garantie de recettes retirées du péage de
franchissement du futur tunnel du Perthus. Ne reculant devant
rien, Euroferro aurait aussi demandé une limitation de
responsabilité en cas de dommage dans ce tunnel. Ou
comment avoir les avantages d'une concession, tout en fuyant
par avance tous les inconvénients possibles…
Malgré
cela, le Secrétaire d'Etat aux infrastructures espagnol
a confirmé que les travaux du tunnel devraient commencer
début 2004. Sans attendre le premier coup de pioche,
coté social, la casse est déjà en cours.
Le 22 avril dernier, au Corum de Montpellier, les syndicats de
cheminots ont interpellé Louis Gallois, président
de la SNCF, en révélant qu'en deux exercices, la
direction régionale compte supprimer 223 emplois et
ramener le niveau d'effectifs en dessous de celui de décembre
1999. Monsieur Gallois a dû reconnaître que la
baisse des emplois SNCF dans la région
Languedoc-Roussillon était effectivement supérieure
au reste de la France.
Le
peintre Salvador Dali, qui voyait dans la Gare de Perpignan le
centre du monde et qui a installé son Musée
Théâtre à Figueras, aurait peut-être
apprécié de voir ainsi reliés les deux
pôles de son œuvre fantasmagorique. Il est beaucoup
moins sûr que l'usager des chemins de fer européens
sera aussi réjoui quand il constatera que pour contrer,
sur les tronçons très rentables, l'appétit
de profit de quelques multinationales, les opérateurs
ferroviaires publics, obligés de faire des économies,
sacrifieront tout leur réseau secondaire…
Sauf
si d'ici-là l'Union Européenne décide de
promouvoir enfin de vrais services publics à l'échelle
de ses ambitions continentales… A suivre.
Contact Les
Verts des Pyrénées Orientales Katia Mengo : 06
22 43 40 60

À
coup de langues
Si
tout était à refaire, je commencerais par la
culture". Ces mots sont attribués à un des
pères fondateurs de l'Europe, Jean Monnet. Même
s’il ne l’a jamais prononcée, cette phrase
reste belle et d'une étonnante actualité.
Alors
que l'Union européenne a su accoucher d'une zone
économique et monétaire, elle peine encore à
définir ce "supplément d'âme" qui
fonde les grands projets de civilisation. Confusément,
l'Europe fait peur quand on sent qu'elle pourrait devenir
abstraite et centralisatrice, nivelant par le bas la pluralité
des entités qui l'ont rejointe. Voilà pourquoi, à
l'heure où notre continent se cherche, il est
indispensable de répandre le ferment de la diversité.
Et ce ne sont pas les occasions qui manquent pour qui veut bien
y être attentif.
La
2ème "Festa des Langues", en avril dernier à
Perpignan, a ainsi relayé une initiative qui a pris le
contre-pied stratégique de la CONSEU (Conseil des
Nations Sans État) qui, en 1984, proposait la défense
des langues dites "minorisées" de l'Europe,
chaque aire linguistique devant fêter la sienne.
S'appuyant sur les travaux théoriques de Félix
Castan qui considérait qu'on ne peut efficacement
défendre sa propre langue qu'en défendant toutes
les langues menacées du monde, l'idée du "Forum
des langues" était née.
Lancé
depuis Toulouse par les "agitateurs culturels" du
quartier Arnaud Bernard - dont le plus connu, Claude Sicre, est
(entre autres) membre du groupe les "Fabulous Troubadoors"
- ces forums sont des "anti-tour de Babel", puisqu'on
y vient pour comprendre la saveur de la différence de
l'autre et offrir, en retour, sa propre unicité. Il faut
donc imaginer une sorte de village planétaire éphémère
où, à travers expos et conférences, des
dizaines de cultures cohabitent, s'interpellent, se fécondent.
Le 25 mai dernier, Gérard Onesta a participé à
la plupart des échanges de la 10ére édition
installée sur la Place du Capitole, marquée, en
cette année européenne des personnes handicapées,
par une langue ô combien essentielle, celle des signes.
L'idée a fait tache d'huile. En plus de Perpignan et
Toulouse, on a vu fleurir des forums des langues de Brest à
Nice en passant par Strasbourg, Lyon, Nantes… et même
en Frise néerlandaise !… L'an prochain à
Barcelone, les langues et cultures du monde entier seront
invitées à venir parapher un document déclarant
leurs droits. L'idée est séduisante, mais la
capitale catalane n'a semble-t-il pas choisi le moyen opportun
pour donner corps à cette idée essentielle. Le
texte à ratifier a, en effet, été écrit…
par les Catalans. Pour Claude Sicre, un tel projet ne vaut que
si on donne à toutes les cultures, non pas un crayon
pour y apposer une simple signature, mais un crayon pour le
rédiger à mille mains… Le centre de la
culture vivante est partout, à Barcelone, à
Bruxelles, ailleurs, et chez vous…
Contact
Festa des langues de Perpignan
: http://perso.wanadoo.fr/gfen66/festa_des_langues.htm Carrefour
Culturel Arnaud Bernard : www.arnaud-bernard.net

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