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Sommaire

L'Europe vue de l'Hémicycle
Tu ne pollueras point (... ou tu paieras un max)
Avoir pognon sur rue
Ce jour-là...
Un débat essentiel parti en fumée
Vrac d'Europe

L'Europe vue de Midi Pyrénées
Il y a liquide et liquide ...
Eau secours !
Ontre le marché de l'eau, marchez pour l'eau !
Autant n’en emportera pas le vent (d’Autan)
Semer le doute
Libérez José !

L'Europe vue d'Aquitaine
Question de prestige
Avoir bon fonds
Le pire est né ?
La ruée vers l'eau

L'Europe vue du Languedoc-Roussillon
Ne pas sonner la retraite
Le "Dali Express" déjà sur les rails
À coup de langues












Aïe

Dernière minute.
Les ministres de l'environnement des Quinze - Mme Bachelot en tête - ont massacré le texte du Parlement. Exit les références aux pétroliers, au nucléaire, à l'obligation d'assurance, ou à la garantie des états… Immense et légitime colère des associatifs. Face à ce scandale, la 2ème lecture au Parlement s'annonce houleuse…


































































Pour la petite histoire
Lors de ce vote historique, ce sont la Lettonie, la Hongrie et la Slovénie qui, avec 522 voix en leur faveur, ont été les mieux accueillies. La République Tchèque, avec seulement 489 votes favorables, était, elle, sanctionnée par de nombreux députés allemands pour ne pas avoir abrogé les décrets Benes qui, il y a un demi-siècle, expulsaient les Tchèques germanophones de la région des Sudètes, en représailles contre les exactions hitlériennes quelques années plus tôt.

Cherchez l'erreur
Pour aligner leurs seules normes environnementales sur quelques 200 directives européennes, il en coûtera 120 milliards d'euros aux pays candidats. L' effort budgétaire prévu par l'Union - à travers l'instrument structurel ISPA - pour les aider à atteindre cet objectif, est de l'ordre de 1 milliard d'euros par an, pendant 7 ans…
















































Incohérence ridicule
Le cannabis, qui contient 3 % de THC (tétrahydrocannabinol), figure au tableau IV de la convention de 1961 parmi les substances les plus dangereuses comme l'héroïne… alors que le THC pur à 100 % ne se trouve, lui, classé qu'avec les substances psychotropes !





















































































































































































































































































Eau secours !
Moins de 1% de l'eau de notre planète est destinée à la consommation humaine, pourtant plus de 1,2 milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui engendre chaque année 15 millions de morts.
Dans l'Union européenne, 20% des eaux de surface sont gravement menacées par la pollution.
Près des 2/3 de l'eau potable en Europe est fournie par les eaux souterraines, mais 60 % des villes européennes surexploitent les réserves aquatiques de leur sous-sol.La gabegie agricole s'accélère : la superficie des terres irriguées dans le sud de l'Europe a augmenté de 20% depuis 1985.
La moitié des zones humides de l'Union, aux biotopes très riches, sont en danger en raison de l'assèchement des nappes souterraines.
Le corps humain est composé à 65 % d'eau.






































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Et l'occitan dans tout ce "mesclum" ?
Comment construire l'unité dans la diversité ? Voilà une question qui sera sûrement au cœur des travaux de l’Université Occitane d’Été qui se tiendra du 25 au 29 août à Nîmes. Cette année, le thème principal de ce rendez-vous unique de réflexion et d’échanges sur tout le territoire de langue d’oc sera la place de l’occitan dans la politique linguistique aux niveaux national et européen. Gérard Onesta animera le colloque de clôture le vendredi 29.

Contact
MARPOC
4, rue Fernand Pelloutier, 30900 NÎMES
Tél : 04 66 76 19 09 - Fax : 04 66 36 71 01
marpoc2@wanadoo.fr




















































Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen



Carré d'Europe N°15 – Eté 2003



L'Europe vue de l'Hémicycle

Tu ne pollueras point
(... ou tu paieras un max)

C'est encore une poignée de votes sur chaque amendement qui a fait la différence. Les eurodéputés écologistes ont pu ensuite savourer l'adoption, en première lecture, le 14 mai 2003, de la directive sur la "Responsabilité environnementale". Dépassant enfin le cadre de simples coopérations renforcées pour la prévention et la réparation des dommages environnementaux, ce vote est historique. Ainsi, cinq ans après son entrée en vigueur - s'il n'est pas dénaturé en deuxième lecture - ce texte couvrirait, dans toute l'Union, toute activité et toute substance dangereuses.
Le Vert belge Paul Lannoye a bataillé ferme pour que le Parlement rejette l'exemption générale de responsabilité qui aurait été accordée sur simple autorisation de produire, même si cette production n'est pas considérée scientifiquement, a priori, comme dangereuse. Les exemptions de faute ont été drastiquement réduites aux guerres, au terrorisme, et aux phénomènes naturels exceptionnels et inévitables. Paul s'est aussi réjoui de voir que les sites où la biodiversité est à sauvegarder ont été élargis, incluant ceux protégés par des lois nationales, car la proposition initiale - indigente - ne couvrait que 20 % des espèces vivantes et 13 % du territoire de l'Union !
Le français Alain Lipietz, qui avait vu, lui, son rapport pour avis rejeté par la commission économique, ne boude pas son plaisir de voir la plénière en reprendre des pans entiers. Ainsi l'obligation d'assurance serait appliquée à tout secteur polluant. Les Verts/ALE ont même obtenu d'y inclure les pesticides, la navigation pétrolière et… le nucléaire (!) qui vont peut-être devoir moduler leur arrogance en provisionnant de possibles dégâts colossaux.
La Commission devra aussi compléter sa copie sur la dissémination des OGM.
Par ailleurs, les États membres auront obligation de promouvoir des systèmes de sécurité financière rapides et efficaces en cas de défaillance des responsables d’une pollution. Les États verront leur responsabilité engagée non seulement pour restaurer les sites en leur qualité initiale, mais seront aussi tenus de tout mettre en œuvre pour supprimer, préventivement, toute menace imminente.
Oui, décidément, un vote historique.
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Paul Lannoye :
plannoye@europarl.eu.int


Paul

Alain Lipietz :
alipietz@europarl.eu.int


Alain
Retrouvez les analyses politiques d'Alain Lipietz dans son dernier livre : "REFONDER L’ESPÉRANCE" (Éditions La Découverte)




Avoir pognon sur rue

Les partis européens vont enfin sortir du texte des traités pour entrer dans la réalité politique continentale. Et c'est tant mieux. On ne peut espérer structurer le complexe débat européen sans eux. En juin, l'europarlement a arrêté leurs modalités d'existence : une famille politique devra avoir des élus européens, nationaux ou régionaux, ou avoir obtenu 3 % des suffrages aux élections européennes, dans un quart des pays de l'Union, pour constituer un parti continental. Si le programme ou l'action d'un tel parti ne respectait pas les Droits fondamentaux, il serait dissous. La répartition des subsides publics sera surtout indexée sur le nombre d'élus au Parlement Européen, seuls 15 % des 8,4 millions d'euros prévus pour 2004 seront basés sur les suffrages obtenus lors du renouvellement de cette assemblée. Le financement privé sera possible. Si on peut admettre qu'un tel soutien est une liberté pour un individu, pourquoi, en revanche, une entreprise financerait-elle des élus, si ce n'est en échange de bons et loyaux services pour ses actionnaires ?. Gérard Onesta a eu beau dénoncer en plénière cette évidente dérive, rien n'y fit. S'ils sont déclarés, ces dons seront légaux. La "corruption dans la transparence" va donc devenir la règle… Certes, ces dons seront plafonnés à 12 000 euros par an et par entreprise, mais en dessous de 500 euros aucune trace ne sera exigée. Il restera donc à certains à multiplier les petites enveloppes...
Contact
Gérard Onesta :
gonesta@europarl.eu.int


Gérard

Ce jour-là...

Il est des jours chargés d'Histoire.
Le mercredi 9 avril 2003, à Strasbourg, en milieu de journée, le Parlement européen tirait un trait sur bien des guerres. Conformément au Traité, 626 citoyens européens, en leur qualité d'eurodéputés, avaient le redoutable honneur de décider, au final, quels pays pourraient rentrer dans l'Union au 1er mai 2004. Par vote électronique, ils ont accordé, pays après pays, "l'Avis conforme" pour dix nouveaux États. Ainsi se concluait, avec une pointe d'émotion, le long processus qui vit notre continent s'unifier comme jamais.
Pourtant, on pouvait sentir une part de désillusion, et même d'amertume, dans l'hémicycle. Dany Cohn-Bendit, co-président du Groupe Vert/ALE, soulignait à quel point cette étape avait été franchie de piètre façon. Pendant des années, le Parlement européen avait en effet insisté pour qu'on n'élargisse pas l'Union sans l'approfondir au préalable. Cela aurait impliqué de conclure d'abord les travaux de la Convention pour modifier les rouages décisionnels, afin d'éviter notamment de paralyser l'Europe quand elle parlera demain à 25 voix à la table du Conseil. Cela aurait dû aussi imposer une redéfinition des missions et des moyens de l'Union. Il n'en fut rien. Bien qu'ayant dénoncé cet absurde mécanisme porteur de graves déceptions à venir, les écologistes ont été obligés de reconnaître qu'il était devenu impossible de demander à nos voisins européens d'attendre encore et encore à la porte de l'Union. Cela aurait, à coup sûr, déstabilisé ces fragiles démocraties en les précipitant dans les bras des premiers populistes venus. Les eurodéputés Verts/ALE ont pourtant remis, une fois encore, chacun en face de ses responsabilités : sans saut institutionnel à la mesure de la nouvelle donne continentale, ni efforts budgétaires pour accompagner les mutations drastiques en cours, on irait, à marche forcée, vers des lendemains qui ne chanteraient guère…
Près d’un demi milliard d'êtres humains ont donc, ce jour-là, de façon confuse, uni leurs destins. A-t-on vraiment pris la mesure de cet instant ? Il faut dire que les feux de l'actualité étaient alors braqués ailleurs. Mercredi 9 avril - exactement à la même heure - les troupes américaines prenaient Bagdad. Il y aurait beaucoup à méditer sur cet étrange télescopage d'instants, où l'Europe, timidement, accouchait d'elle-même, et où l'Amérique plantait son arrogant drapeau sur les richesses du monde…
Mercredi 9 avril 2003, Strasbourg, Bagdad.
Oui, il est des jours chargés d'Histoire.

Un débat essentiel parti en fumée

Si les tenants de la prohibition sont si sûrs de la pertinence de leur politique, pourquoi craignent-ils à ce point que l'on procède sereinement à l'évaluation de celle-ci ?
D'une voix. Il s'en sera fallu d'une seule petite voix pour que le Parlement européen ne vote en plénière, le 10 avril dernier, une résolution qui aurait fait date dans l'histoire du débat sur les drogues. Le rapport de l'eurodéputée verte néerlandaise Kathalijne Buitenweg devait être la position du Parlement européen pour la conférence onusienne qui se tenait, sur le même sujet, la semaine suivante à Vienne. C'est par le plus petit écart que la droite a imposé ses amendements, apportant un soutien aveugle aux conventions actuelles des Nations Unies, alors que le "tout-répressif" qu'elles incarnent a prouvé depuis 40 ans son inefficacité patente… Kathalijne, à regret, a été obligée de demander à la plénière de rejeter le texte final ainsi amendé.
Pour mémoire, la politique mondiale en matière de toxicomanie est régie par trois conventions de l'ONU. Celle de 1961 sur les stupéfiants et celle de 1971 sur les produits psychotropes, alertent sur les dangers, classifient les produits, et proposent des moyens de lutte contre les trafics. Celle de 1988 exclut toute autre action que la répression policière et pénale qu'elle renforce, y compris pour la détention de stupéfiants pour usage personnel.
Cette prohibition, comme son avatar américain des années 30 sur les alcools, a largement démontré qu’elle était inopérante. Elle n'a fait qu’accroître les trafics et les violences qu'ils génèrent, ainsi que la dangerosité des produits et des méthodes de consommation. Selon l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies - agence officielle de l'Union basée à Lisbonne - l'efficacité de stratégies alternatives est pourtant prouvée : limitation des trafics et des risques par délivrance de produits de substitution, médicalisation et non-criminalisation des drogués… La tendance des polices à ne plus accorder de priorité aux poursuites pour usage personnel est d'ailleurs confirmée par la dépénalisation d'un tel usage dans certains États membres.
Kathalijne insistait pour qu'une modification des conventions de 1961 et 1971, ainsi que l'abrogation de celle de 1988 puissent être envisagées après une évaluation détaillée de leur efficacité. Le rapport proposait d'observer leurs effets en termes de réduction de l'offre et de la demande, de limitation des dommages sur les plans social et sanitaire, et de réduction des délinquances liées à la drogue. Il faut savoir que cette criminalité, petite ou grande, constitue la source majeure des crimes et délits commis dans l'Union européenne. Au soir du vote du Parlement, les mafias pouvaient donc jubiler : la prohibition n'est pas seulement inefficace et meurtrière, elle est aussi très lucrative…
Le texte demandait aussi que soit revue la classification des produits en fonction des preuves scientifiques de l'existence d'un risque pour la santé humaine. Occulter cet élément du débat sert aussi à masquer les dégâts des drogues légales, tabac, alcool, médicaments, pour lesquelles - n'en déplaise à leurs lobbies - on compte les victimes par centaines de milliers chaque année dans l'Union. Les drogues, toutes les drogues, sont un fléau, les députés Verts sont les premiers à le proclamer, mais la gestion politique actuelle de celles-ci en est un autre.
Cette initiative parlementaire se voulait ambitieuse. Elle a donc échoué, mais de peu. Le débat, présidé par Gérard Onesta, fut vif au point que les spectateurs massés dans les travées en haut de l'hémicycle soutenaient bruyamment - ce qui est interdit - les orateurs des deux camps. Mais si l'on en croit les réactions unanimes de la "génération européenne montante", présente ce jour-là dans les tribunes, l'autisme du "tout prohibition" est, à terme, condamné…
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Kathalijne Buitenweg :
KBuitenweg@europarl.eu.int


Kathalijne

Vrac d'Europe

Survoltée ?
Plein d'énergie - renouvelable bien sûr - dans l'agenda de Marie Anne Isler Béguin, membre Verte de la Commission environnement du Parlement européen. Début mai, elle animait une conférence publique à Bruxelles consacrée au marché européen de l'énergie. Menu copieux : Des monopoles aux oligopoles ? - Nucléaire, renaissance ou déclin ? - Libre marché, pour les énergies renouvelables aussi ? - Ouverture du marché : avantage pour les industriels, inconvénients pour les particuliers ?. Au cours du même mois, Marie Anne planchait sur le marché intérieur de l'électricité - texte sur lequel Carré d'Europe reviendra en détail à la rentrée - et fin mai (le temps de recharger ses batteries ?) elle participait, à Metz, à la Convention eurorégionale dédiée aux énergies renouvelables.
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Marie Anne Isler Béguin :
maisler@europarl.eu.int

Quand les cartels se sucrent
Dans votre café du matin, il y a peut-être la misère du Burundi, de l'Éthiopie, de l'Ouganda ou du Rwanda. Très dépendants de la culture caféière, ces pays subissent l'effondrement des cours alors que s'envolent les marges bénéficiaires de Nestlé, Kraft, Sara Lee et Procter & Gamble, les quatre cartels dominant ce marché. Colère de Didier-Claude Rod, dans l'hémicycle, le 10 avril dernier. L'eurodéputé Vert a profité du débat sur le sujet pour rappeler que, principal importateur de café, l'Europe a une responsabilité première dans cette crise : Il faut d'urgence re-stabiliser les prix, et affecter les budgets FED inutilisés pour compléter les revenus. L'Union doit aussi appuyer la diversification des productions du Sud pour briser le chantage des multinationales. Arrêter le saccage environnemental et social passe, pour Didier-Claude, par l'imposition de codes de conduite éthiques sous l'égide de l'OIT et de l'ONU. Cela sous-entend le choix d'une agriculture de qualité, et la prise de conscience des consommateurs. Le Parlement a largement adopté une résolution reprenant les positions des Verts, mais quant à savoir si l'Union osera lancer, à la Conférence de l'OMC de Cancun, les bases d'un véritable commerce solidaire, c'est une autre histoire...
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Didier-Claude Rod :
drod@europarl.eu.int

Mauvaise histoire belge
Pas de langue de bois vert. Après une bonne série, l'écologie politique européenne a subi un sacré revers en Belgique lors des législatives du 18 mai 2003. Passant de 20 à 4 députés - Agalev, les Verts flamands, avec 3,5 % quittant le Parlement - les écologistes du plat pays payent les mesures (trop ?) ambitieuses - annoncées et mal déclinées sur le terrain - qu'ils avaient opposées aux lobbies productivistes. Même si les écolos francophones, avec 8 %, limitent mieux les dégâts, la fermeté des Verts sur des dossiers comme le bruit des avions ou le Grand Prix de Spa a été vécue comme trop idéologique. Les ministres Verts Belges étaient pourtant en pointe au Conseil de l'Union, et leur voix va manquer à ceux qui voulaient une Europe solidaire. Annoncée par tous les sondages, prime a donc été (re)donnée à la gestion centroïde, ou pire, à l'extrême droite ...de quoi désespérer du genre humain. Nos amis belges sont donc condamnés à rebondir aux élections de 2004, qui, comme en France, se joueront au niveau régional et européen.
Contact
Site d'Ecolo :
www.ecolo.be
Site d’Agalev :
www.agalev.be

Pour oublier d'oublier
Le 9 mai dernier, Alima Boumediene-Thiery a voulu dédier la "Journée de l'Europe" aux victimes du conflit israélo-palestinien. En organisant une conférence et - non sans mal - une exposition de photographies de Joss Dray, la députée verte a rappelé le Parlement européen à ses responsabilités politiques, lui qui votait le 10 avril 2002 une résolution évoquant la suspension des accords d'association entre L'Union et Israël. "Cette résolution, estime Alima, montre que le Parlement reconnaît la violation des droits humains dans les territoires occupés". L'inaction des institutions européennes n'en est que plus mal acceptée. L'ambassadeur de la délégation palestinienne en Belgique, de même que Michel Warschawski (Agence d'Information Alternative - Israël) ont aussi rappelé les responsabilités historiques des pays européens dans ce conflit. Le 9 mai dernier, on a probablement peu fêté l'Europe en Palestine.
Contact
Alima Boumediene-Thiery :
aboumediene@europarl.eu.int

Protégez-moi de mes alliés...
Boris Krajnovsky, président de Macédoine, l'a évoqué à Strasbourg le 8 avril dernier : c'est dans son pays que l'Union européenne a, pour la première fois de son histoire, déployé des troupes militaires sous ses propres couleurs. Cette passation de pouvoir entre l'OTAN et l'Union, le 31 mars 2003, a été peu remarquée. Il faut dire que cette mission, baptisée "Concordia", est modeste et n'engage que 350 militaires de l'Union pour stabiliser cette région des Balkans. Ce petit bataillon illustre pourtant un débat autrement colossal. Celui-ci a rebondi à Bruxelles le 29 avril dernier, quand les pays du "Camp de la paix" lors de la guerre en Irak - France, Allemagne, Belgique et Luxembourg - ont invité leurs homologues européens à créer l'UESD, l'Union européenne de sécurité et de défense, et à orienter les travaux de la Convention en ce sens. Le schéma proposé comprendrait 3 volets : une clause générale de solidarité, la création d'une agence européenne de développement de capacités militaires, et la possibilité de mener des opérations autonomes de maintien de la paix.Malgré toutes les précautions oratoires de Schröder ou de Chirac, l'ire des Etats-Unis, dont la doctrine est de s'opposer à tout pôle d'indépendance, fut manifeste. Même chose de la part des pays européens atlantistes - britanniques en tête - vassalisés et fiers de l'être.Pour les écologistes - défenseurs d'un monde basé sur le respect des différences - tenter de se dégager de l'unilatéralisme omnipotent de l'administration Bush peut être positif. Les Verts européens ne seraient pas non plus insensibles aux économies d'échelle dans les programmes de recherche ou d'achat de matériel de défense, comme dans la rationalisation des tâches : certains experts estiment qu'à budget égal, les pays de l'Union ont une capacité militaire trois fois moindre que celle des Etats-Unis. Pour autant, selon les eurodéputés Verts, il ne saurait être question de faire l'impasse sur la mise en place d'une politique des affaires étrangères commune, basée sur la prévention des conflits, et encore moins d'ériger l'Europe en un bloc militaire agressif ou dominant, hors de contrôle d'une légalité onusienne à démocratiser et renforcer…

Que ce soit durable...
Faut-il y voir un hommage déguisé ? C'est vrai qu'avec son tournesol et ses étoiles sur fond bleu, le logo de la "Green Week" (Semaine Verte) rappelle étonnamment celui du groupe Vert. La 3e édition de cette manifestation — par laquelle la Commission européenne décline la journée de l'ONU en faveur de l'environnement — commence à faire école. Voilà pourquoi, début juin, pour la première fois en France aussi, on a essayé d'illustrer, pour le grand public, le concept - usuellement bien flou dans les discours - de "développement durable". Bien des gens ont pu ainsi s'interroger enfin sur leurs choix de vie au quotidien. À prolonger…
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www.europa.eu.int/comm/environment/greenweek/index_fr.htm

Y a l'feu au lac
L'état d'exception militaire ayant été décrété pour rendre leur bulle étanche, à Évian, fin mai, les puissants du monde ont pu à loisir décliner leur catéchisme libéral, émaillé comme il se doit de creuses déclarations compassionnelles. À quelques lieues de là, les débats du contre-G8 ont été certes moins ouatés, mais plus denses et plus en phase avec les besoins urgents d'une planète qui souffre. Accès à l'eau potable, lutte contre les pandémies, la pauvreté ou l'injustice sociale, édification d'une agriculture mondiale sans OGM, etc. De plénière ("avec José"), en atelier de la Souris Verte, jusqu'à la manif du 1er juin, Hélène Flautre a porté les propositions des eurodéputés Verts. Elle a pu mesurer la nécessité de décliner - dans le milieu altermondialiste où la méfiance institutionnelle est parfois bien ancrée - les avancées concrètes que pourrait représenter la mise en place d'une Europe des services publics, des droits fondamentaux, ou encore du principe de précaution environnementale...
Contact
Hélène Flautre :
hflautre@europarl.eu.int

Devoir de vacances
Si, dans la torpeur estivale, l'envie vous prend de secouer vos méninges, lisez la belle publication "Marche où rêve" réalisée par la Souris Verte / Forum des Jeunes Verts, dans le cadre du Contre Sommet G8. Pour un prix de 2 euros, voilà une façon intelligente de préparer une rentrée, qui avec le Forum Social Européen de cet automne à Saint-Denis, s'annonce dense pour les jeunes écolos…
Contact
Alexis Deck, Tél : 01 42 03 64 47 –
www.sourisverte.org

Des étoiles pas que sur le drapeau
Il était temps. Menacés de perdre dès cet été leurs fréquences inutilisées, les Quinze ont fini par lancer, fin mai, le programme Galileo qui devrait révolutionner notre quotidien dès 2008. Ce bouquet de 30 satellites - lancés par paquets par Ariane V - va en effet offrir une multitude de nouveaux services "radio-assistés" aux performances inégalées (navigation automobile, secteur bancaire, travaux publics...). Dans un débat présidé par Gérard Onesta, le Parlement européen unanime a suivi les deux rapporteurs Verts, Yves Pietrasanta et Jan Dhaene, pour que l'Union se dote d'un tel outil civil, et ne soit donc plus à la merci du seul système militaire GPS américain, géré au bon vouloir du Pentagone. Galileo ne manquait pas d'argent mais souffrait de surabondance de propositions d'investissement, chaque pays voulant une plus grosse part du futur gâteau. Il faut dire que pour un coût de 3,4 milliards d'euros, Galileo va rapporter, chaque année, 3 fois plus, en créant près de 150 000 emplois hautement qualifiés ! Cette synergie explique pourquoi le spatial devrait vite devenir une compétence partagée entre l'Union et les États membres.
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Yves Pietrasanta :
ypietrasanta@europarl.eu.int
Jan Dhaene :
jdhaene@europarl.eu.int
Programme Galileo :
http://europa.eu.int/comm/dgs/energy_transport/galileo/index_fr.htm

Pointeuse
En jargon journalistique on appelle ça un "marronnier", c'est-à-dire un sujet qui "pousse" chaque année à date fixe. Ainsi juin, date anniversaire de l'élection du Parlement européen, voit la presse faire le point des présences, à Bruxelles et à Strasbourg, pour chaque eurodéputé. Mandature après mandature, l'assiduité a fait des progrès parallèlement au rôle grandissant de cette assemblée dans le processus législatif. Il faut dire que le vote par procuration est interdit, et qu'un député absent, ce sont des centaines de milliers de citoyens qui ne sont plus représentés lors de décisions capitales. Par son autolimitation du cumul des mandats, le groupe des Verts est toujours bien placé dans le classement. Seuls 4 des 626 eurodéputés n'ont raté aucun jour de présence depuis le début du mandat, et dans ce "carré", on retrouve un seul écologiste, Gérard Onesta, dont les médias ont salué, une fois encore, les 100 % d'assiduité dans ces plénières qu'il préside si souvent…
Contact
Gérard Onesta :
gonesta@europarl.eu.int



L'Europe vue de Midi Pyrénées

Il y a liquide et liquide ...

C'est sur la terre aride de Johannesburg, l'an dernier, lors du Sommet de la Terre, que 2003 a été proclamée "Année internationale de l'eau douce", pour "réfléchir" sur cette ressource vitale pour le genre humain. Réfléchir ? D'accord. Mais aussi agir !
Difficile, vu de notre Europe, de concevoir l'urgence mondiale, tant notre continent semble à l'abri de la pénurie grâce à un volume de ressource correct, même si celle-ci n'est pas toujours de bonne qualité. C’est une directive-cadre d’octobre 2000 qui établit la politique communautaire dans le domaine de l’eau. Son objectif est ambitieux : "Protection des eaux intérieures de surface, de transition, côtières et souterraines, en vue de prévenir et de réduire leur pollution, promouvoir leur utilisation durable, protéger leur environnement, améliorer l'état des écosystèmes aquatiques et atténuer les effets des inondations et des sécheresses". Toutes les eaux européennes devront afficher un "bon état" d'ici 2015. Malgré des avancées importantes - dont la participation citoyenne dans la reconquête de la qualité de l’eau - la directive est "polluée" par une approche mercantile. Même s'il y est écrit que "l’eau n’est pas un bien marchand comme les autres", la loi européenne laisse la gestion de ce vital "bien marchand" dans les mains de firmes surtout assoiffées …de profits.
Au Forum Social du Grand Sud, en avril dernierà Toulouse, Gérard Onesta a co-animé un débat avec des acteurs clés de la lutte contre lamarchandisation de l’eau. Carré d'Europe leur donne la parole :Jean-Luc Touly, Président de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau (ACME) : "L'ACME a 5 objectifs : Reconnaissance de l'eau comme bien commun patrimoine de l'humanité et inscription de ce fait dans les constitutions de chaque pays - Garantie du droit universel d'accès à l'eau (octroi gratuit de 40 litres d'eau par jour et par habitant, suivi d'une tarification progressive suivant la consommation, l'usage et le revenu) - Financement et maintenance, collectifs et solidaires, des infrastructures et réseaux (voir les propositions faites à Florence au 1er Forum Alternatif Mondial de l'Eau) - Création d'un service public mondial de l'eau et de l'assainissement, propriétaire et gestionnaire de la ressource qui - n'étant pas une marchandise - doit être sortie de l'AGCS (accord général sur le commerce des services) - Création d'un Parlement mondial de l'eau où les usagers et leurs collectivités seraient décisionnaires, et d'un tribunal mondial de l'eau afin d'éviter que celle-ci ne devienne l'enjeu de conflits comme c'est le cas pour le pétrole".
Marc Laimé, journaliste, auteur du récent livre de référence : "Le dossier de l'eau. Pénurie, pollution, corruption" (Éditions du Seuil) : "Le mécanisme de la marchandisation de l'eau dans nos villes est simple et redoutable : les multinationales proposent un gros chèque de "droits d’entrée" aux municipalités qui acceptent de privatiser leur régie municipale.
Grâce à cet argent, les élus locaux peuvent alors réaliser quelques équipements sans avoir à augmenter les impôts, ce qui leur donne une image de bon gestionnaire. Mais le contribuable est aussi un buveur d'eau ! Ce qu'il économise sur sa feuille d'impôt se retrouve largement sur sa facture d'eau, car non seulement les sociétés privées ont tôt fait de répercuter le montant des droits d'entrée, mais elles font, de plus, de substantiels profits sur le dos des usagers otages. Par ailleurs les multinationales n'entendent pas investir dans le maintien des réseaux. Elles laissent ce lourd investissement au secteur public. Seul les intéresse le fait de poser un compteur de royalties dans chaque foyer…"
Anne Bouzinac, Présidente de l'Association "Eau Secours 31" : "Eau secours" est née il y a trois ans. Nous faisons partie de la Coordination des Associations des Consommateurs d’Eau (CACE) qui regroupe 180 associations dans toute la France. Nous sommes très liés aux associations de Grenoble, Saint-Étienne ou Castres qui ont mené avec succès de grands procès pour défendre les consommateurs d’eau. Nous avons relayé en ce sens l’appel de l’ACME aux maires de France pour qu'ils reprennent aux 3 multinationales (Veolia Environnement-CGE, Suez-Lyonnaise des Eaux et Saur-Bouygues) leur contrat d'eau et d'assainissement, et remettent cette richesse commune en régie. Nous faisons aussi, avec ATTAC, Formation Citoyenne et la CACE, un travail de formation auprès des élus. Au mois d’avril dernier, des maires sont venus de toute la France, en particulier ceux qui ont fait des actions contre les "grands" de l’eau....

Contacts
Jean-Luc Touly - ACME, 22 rue de Milan,
75009 Paris –
www.acme-eau.com
Marc Laimé :
marc@reso.net
Anne Bouzinac - "Eau secours 31",
10 bis rue du colonel Driant, 31400 Toulouse.
Tél : 05 61 87 55 41 (Claude Marc)

Contre le marché de l’eau, marchez pour l’eau !

Les grandes marches européennes pour respecter l'eau ne sont plus l'apanage de nos voisins espagnols. Les collectifs Adour Eau Transparente, S.Eau.S, Garonne et Eaux Vivantes du Gers, soutenus, entre autres, par France Nature Environnement, ATTAC, le WWF-France, les Amis de la Terre, et les Verts, organisent au mois de juillet une marche pour l’eau vivante dans notre Sud-Ouest.
L'année internationale de l’eau sera déclinée sous tous ces aspects : Arrêt de la politique du tout-barrage (notamment ceux d’Eslourenties et de Charlas) - Préservation de la qualité des cours d’eau, des nappes souterraines, des zones humides et de la faune piscicole - Arrêt des rejets polluants, application du principe "pollueur-payeur" et du principe de précaution - Refus de la marchandisation de l'eau et retour de la gestion de cette ressource au service public - Contrôle de la politique et des institutions de l'eau par le citoyen - Développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement…
Cette marche pour l’eau vivante partira le 5 juillet de Bayonne, après avoir formé - en collaboration avec les collectifs "Marée noire" - une chaîne humaine sur les plages. Elle comptera 9 étapes, dont celle de Montesquiou dans le Gers, le 12 juillet, à laquelle participera Gérard Onesta. Chacune des étapes, ponctuée de manifestations, sera l’occasion de conférences de presse, de débats publics, d’expositions et projections, de soirées culturelles et festives. La marche se terminera le 14 juillet à Saint-Gaudens, où elle sera rejointe par une autre marche qui sera partie de Foix la veille.

Pour obtenir le programme détaillé de la marche :
Centre d'écologie "La Bertrande", 32400 FUSTEROUAU - Tél : 05 62 09 08 25
Les Verts du Gers : Evelyne Nibelen :
evelyne.nybelen@wanadoo.fr
ou Danielle Arrieu :
danielle.arrieu.alma@free.fr

Autant n’en emportera pas le vent (d’Autan)

N'en déplaise aux esprits simplistes, le vent d'autan ne fait pas fuir les gaz toxiques de Toulouse. Au mieux les disperse-t-il pour répartir les doses de poison dans davantage de poumons.
Saviez-vous d'ailleurs que l'air de la ville rose est sous double observation ? D'abord grâce au programme national "PSAS 9" qui ausculte la qualité de l'air dans 9 agglomérations françaises, mais aussi au travers du programme européen "APHEIS" qui fait de même dans 25 métropoles de l'Union.
Alain Rivière, élu Vert du Sud-Est Toulousain qui a disséqué toutes ces données, est formel : une corrélation incontestable est maintenant établie entre pollution et mortalité. En clair, plus de 700 000 citoyens sont, en continu, étouffés par l'air qu'ils ont la "faiblesse" de respirer.

Quelques chiffres : en 2002, le
seuil de qualité a été régulièrement dépassé pour le dioxyde d’azote, pour l’ozone et plus rarement pour le dioxyde de soufre. Les courbes statistiques sont claires : on peut ainsi estimer pour Toulouse que, tous les ans, à cause de cela, une centaine de personnes fragiles voient leur décès survenir prématurément (de quelques semaines à quelques mois), et qu’en plus, environ 140 personnes meurent à cause de la pollution chronique due aux poussières. Pour les scientifiques, ces chiffres, qui ne prennent pas en compte l'apparition des tumeurs futures, ne constitueraient pourtant que la partie émergée de l’iceberg. À titre de comparaison, les accidents de la circulation, en 2001, ont fait 291 tués dans l’agglomération toulousaine.

Pour l’essentiel (74 % pour le dioxyde d’azote), cette pollution est liée au trafic automobile, lui-même provoqué par un grand étalement urbain couplé à un réseau de transport en commun très insuffisant. Et on laisse le citoyen dans l’ignorance : quel automobiliste bloqué sur tel axe - le dioxyde d’azote, c’est inodore - sait qu’il est le plus exposé ? Quel "rurbain" qui se croit à l’abri à 20 km de Toulouse sait que la pollution à l’ozone peut être bien plus élevée, l’été, autour de son habitation qu’en plein centre ville ?…
Alain, impressionnants plans urbains en main, expose qu'une étude récente a mis en évidence que seule une réduction de trafic de 25 % par rapport à celui constaté en 1999 dans l’agglomération toulousaine permettrait de faire passer de 529 à 51 le nombre de kilomètres de voirie dont les abords immédiats sont pollués au-delà de la
valeur limite.

Il est à craindre que le Plan de Développement Urbain révisé - malgré l’affichage de porter la part de transport en commun à un quart des déplacements motorisés - n’aura pas un impact suffisant. Des mesures drastiques s’imposent : réduction des parkings en ville et en entreprises, réduction de la vitesse y compris sur les rocades, coup d’arrêt à l’étalement urbain, changements d’habitude en besoin de transports… Une véritable révolution écologique que l'Europe - qui édicte désormais les normes applicables - pourrait accompagner, si les décideurs toulousains insufflaient enfin une "bouffée d'air frais" dans leur volonté politique…

Contact


Alain Rivière, Élu Vert au SICOVAL (Sud-est toulousain)
Tél : 05 61 81 39 00 -
alain.riviere7@wanadoo.fr

Des "renifleurs" très spéciaux

Une dizaine de petites stations automatiques bardées d'appareils de mesures enregistrent en permanence la concentration de polluants dans l’agglomération toulousaine : oxyde de carbone (CO), ozone (O3), dioxyde d’azote (NO2), dioxydede soufre (SO2), poussières (PM10 - particules de moins de 10 µ), hydrogène sulfuré (H2S), plomb (Pb). La situation est particulièrement inquiétante pour deux polluants d’origine automobile : NO2, O3 (ce dernier est un polluant secondaire apparaissant à la belle saison, quand la température est au-dessus de 25°C).
Ces stations sont, soit à l’écart des voies passantes pour capter la pollution de fond), soit en proximité automobile.
Seuil de qualité
: seuil qu’il est recommandé de ne pas dépasser.
Valeur limite
: seuil qu’il ne faut JAMAIS dépasser, car l’exposition à une telle concentration de polluants est dangereuse pour la santé, même pour une durée de quelques heures par an.

Semer le doute

Les organismes génétiquement modifiés ont bien des façons de nous envahir. D'abord dans les aliments, notamment importés, pour lesquels nous n'avons que peu d'informations, ensuite par les essais de cultures autorisés en plein champ qui, par pollinisation croisée, peuvent engendrer des mutations végétales incontrôlées. Mais il y a aussi plus simple et plus sournois : en mélangeant "négligemment" des OGM aux semences traditionnelles.
Les agriculteurs de Midi-Pyrénées, qui est déjà, en 2003, la 2ème région la plus polluée de France par les essais transgéniques, peuvent-ils être certains de la qualité des graines enfouies dans leur sol ? Rien n'est moins sûr. La députée Verte Danielle Auroi qui était, en avril dernier, rapporteur d'un texte devant "toiletter" pas moins de 10 directives sur la qualité des semences dans l'Union, n'a pu obtenir aucune garantie quant au seuil de présence ou non d'OGM dans celles-ci. Certes, Danielle a gagné une meilleure prise en compte de semences "locales", élargissant ainsi la préservation du "capital biodiversité", mais seules les graines purement OGM seront signalées par étiquetage. Rien pour les "mélanges accidentels"…
Pour Bernard Forey, responsable de la Commission OGM à la Confédération Paysanne, le taux de présence d'organismes transgéniques devrait impérativement être garanti à zéro, puisque toute semence implique la reproduction potentielle de la plante. L'"ennemi" s'insinuant partout de façon incontrôlable deviendrait alors invisible, ruinant au passage les efforts des filières bio…

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Danielle Auroi :
dauroi@europarl.eu.int
Confédération Paysanne en Midi Pyrénées :
Place du premier mai, 81100 Castres - Tél : 05 63 51 08 47

Libérez José !
À l'heure où nous mettons sous presse, José Bové vient d'être incarcéré. À travers lui, ce sont tous les défenseurs de la vie que l'on opprime. La disproportion de sa condamnation, comme la violence de son arrestation, prouvent qu'il dérange des intérêts cyniques et colossaux. Ce harcèlement, contre un leader syndical altruiste et non violent, est une honte que seule la libération de José permettrait d'effacer. Dès lendemain de l'arrestation, Gérard Onesta a donné une conférence de presse devant la prison de José, prolongée par un meeting à Montpellier contre la marchandisation du vivant.
Le combat continue…

L'Europe vue d'Aquitaine

Question de prestige

Un fonds de garantie n'est pas un permis de polluer.ans surprise, les caisses son vides. Le FIPOL, fonds d'indemnisation qui sert à rembourser les dégâts des marées noires, ne pourra honorer qu'à hauteur de 15 % le montant des dégâts causés par le naufrage du pétrolier "Prestige". Et ce sont les États, qui avaient jusque-là refusé d'imposer aux compagnies pétrolières d'abonder ce fonds à la hauteur des risques encourus, qui - avec un cynisme au-delà de la mesure - pleurent aujourd'hui sur le sort des régions sinistrées.
Les autorités SAVAIENT que le plafond de remboursement - fixé par elles-mêmes - était modeste, et, largement relayées par des cabinets d'avocats charognards, elles ont MENTI aux populations en leur faisant croire qu'il suffisait de multiplier les coûteuses procédures ou les constats d'huissiers pour être remboursé.
Cette distorsion manifeste entre immensité du risque et faiblesse de l'assurance a bien été notée dans les conclusions de la Conférence européenne sur la sécurité maritime que le Groupe Vert/ALE a organisé le 11 avril dernier à Bayonne. Les eurodéputés Verts et régionalistes demandent à ce titre que le principe pollueur/payeur ne soit plus dévoyé, car, mal défini, il peut être la pire des choses. Il faut en effet éviter que la création d'une cagnotte n'en revienne à dédouaner les coupables des catastrophes à venir, sur le mode : "j'ai cotisé, donc je suis tranquille". Un fonds de garantie n'est pas un permis de polluer. Certains milieux ont même plaidé pour qu'on responsabilise vraiment les pollueurs en supprimant ce "filet financier de bonne conscience".
En arriver là serait une grave erreur car, en l'absence de fonds de garantie, les victimes sont confrontées à un triple écueil : la difficile recherche des fautifs dans une chaîne de co-responsabilités complexe, la solvabilité des coupables quand on a réussi à les identifier, et la durée des procédures avec des recours pouvant s'étaler sur des dizaines d'années. Au final, la réparation des dommages intervient si tardivement que tout ce que l'on pouvait sauver est irrémédiablement perdu, alors que pour aider un milieu naturel endommagé ou un secteur économique fragilisé, il faut agir vite. Le fonds doit donc être conçu comme une "enveloppe financière tampon", gérée par les pouvoirs publics et immédiatement disponible pour parer aux conséquences des pollutions, à charge pour la justice de se retourner ensuite contre les fautifs pour les faire payer à l'aune de leurs responsabilités.
Ce mécanisme ne peut cependant fonctionner que si le fonds de garantie est alimenté de façon conséquente par l'ensemble de la chaîne des utilisateurs des hydrocarbures : les propriétaires des navires et de la cargaison, les affréteurs… mais peut-être aussi les consommateurs finaux pour le confort desquels nos mers sont sillonnées par des tankers.
Reste que, vu du côté des victimes du Prestige, la potion est amère. Pour Jacques Papon, membre des Verts des Landes, la cargaison de ce bateau poubelle, qui n'en finit pas de remonter à la surface, va longtemps empoisonner la vie des Aquitains. Elle va marquer de façon diffuse mais profonde tant les milieux naturels que le tissu économique local. Pour Jacques, "il ne faut pas oublier que les "ingrédients" qui ont provoqué cette marée noire sont en grande partie toujours présents. La baisse de la fréquentation des touristes sur le littoral landais va surtout pénaliser les emplois saisonniers. Car le FIPOL, quel que soit le montant des indemnités, ne tient jamais compte du manque à gagner des familles dont un parent ou les enfants ne trouveront pas ce type d'emploi cet été. On constate encore une fois qu'une catastrophe environnementale aura aussi des conséquences sociales".
L'Union européenne a pourtant enfin pris conscience de l'incurie de sa législation en la matière, et de l'indigence des montants du FIPOL. Le dépôt par la Commission, en mars dernier, d'un projet de texte définissant enfin un délit de pollution maritime est une première victoire. Le vote par le Parlement européen, début mai, de l'amendement des Verts/ALE étendant la "responsabilité environnementale" au secteur maritime en est une autre…

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Jacques Papon



Quatier Guillon, 40800 Aire sur l'Adour
Tél : 05 58 71 76 81

Avoir bon fonds

Le FIPOL est le fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. Il a été mis en place en 1969, et renforcé en 1992. Ce sont aujourd'hui les compagnies pétrolières des 85 États membres de la Convention FIPOL qui mutualisent ainsi une réserve d'argent, sans que cela signifie pour autant la reconnaissance de leurs éventuelles responsabilités. Chaque compagnie ayant été destinataire, par voie maritime, dans un État membre de la convention FIPOL, d’au moins 150 000 tonnes de pétrole dans l’année écoulée, doit alimenter le Fonds au prorata de ses importations. L’industrie pétrolière française est au 4ème rang mondial des contributeurs.
Lors du naufrage du Prestige, le plafond d’indemnisation par sinistre était encore fixé à 175 millions d’euros. Suite au naufrage de l'Erika, et à l’initiative de la France sous l'impulsion du ministère Voynet, le FIPOL a accepté d’augmenter le plafond à 260 millions d’euros par sinistre, mais seulement à partir du 1er novembre 2003. Trop tard pour les victimes du Prestige...
À noter que les affréteurs, armateurs et les États accordant des pavillons ne contribuent aucunement au FIPOL. Soulignons aussi que ce fonds ne couvre que les pollutions par hydrocarbures, à l'exclusion de toute autre forme de saccage chimique des mers…
Après l’accident de l’Exxon Valdez, les États-Unis sont sortis du FIPOL pour créer leur propre Fonds, mieux doté. Mais au travers de cet "Oil Pollution Act", ils en ont profité pour définir unilatéralement des règles régissant le transport de produits dangereux par voie maritime, en évitant d'inquiéter les grands trusts pétroliers.
Le 16 mai dernier, à Londres, L'Organisation Maritime Internationale (OMI) a finalement porté à un milliard d'euros le plafond du FIPOL. C'est l'Union européenne - parce que ses membres ont su se montrer solidaires - qui a arraché cette multiplication par cinq (!) de ce montant, en menaçant de créer sinon, elle aussi, son propre fonds d'indemnisation. Cette réévaluation, qui ne touchera pour l'instant qu'une trentaine de pays riches capables de s'offrir une meilleure assurance, n'entrera en vigueur qu'au début 2004. Ainsi, si les scandales de l'Erika et du Prestige ont permis cette revalorisation, leurs victimes n'en bénéficieront pas hélas eux-mêmes.

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Pour plus de renseignements :
Coordonnées des sites internet de l'OMI et du FIPOL :
http://www.iopcfund.org/

Le pire est né ?

La politique européenne du transport est déchirée entre deux discours. D'un côté, il est affirmé qu'il faut rompre d'urgence avec le "tout bitume", dont l'évolution exponentielle annonce une dévastation territoriale, environnementale, sociale et sanitaire sans précédent. D'un autre côté, l'Europe est balafrée, au quotidien, de projets routiers incohérents, imposés par des élus ne voyant pas plus loin que leur ego de prétendus "grands aménageurs".
C'est ainsi que le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques a lancé une étude de deux millions d’euros pour la création d’une "deux fois deux voies" qui devrait perforer les Pyrénées, entre Pays basque Nord et Navarre espagnole. L’instance départementale cherche à faire croire à une voie dédiée à l’économie régionale et au bien-être des populations locales. Le gouvernement navarrais, lui, annonce avec beaucoup plus de franchise son désir de voir se réaliser un axe transeuropéen - à caractère autoroutier - passant par Roncevaux et Arnegi, axe qui serait voué au trafic international des camions.
Au-delà de son incompatibilité évidente avec les engagements européens de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, il s’agit, en fait, du projet le plus destructeur qui menace le nord de l'Euskadi depuis des décennies. Pollution de l’air et de l’eau, bruit, mise à sac des paysages et du patrimoine naturel, mais aussi casse de l’économie locale, basée sur une agriculture AOC de qualité transformant ses produits sur place, ainsi que sur un tourisme vert diffus.
Pour écarter ce risque majeur, une grande manifestation organisée par l’association LEIA (Lekuko Ekonomia eta Ingurumenaren Alde - Pour l'environnement et l'économie du pays), et soutenue par les Verts béarnais et basques, aura lieu le samedi 13 septembre 2003 à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Contact
Association LEIA : BP 3, 64 430 Baigorri
Euskal Herriko Berdeak
Les Verts du Pays Basque
"Uhaldia", 64220 UHART-CICE
Tél : 05 59 37 03 62 - Fax : 05 59 37 21 52
verts.paysbasque@free.fr

La ruée vers l'eau

Tous les observateurs des évolutions géopolitiques s'accordent sur un point : l'eau, sous toutes ses formes, va devenir la matière première stratégique du siècle en cours. Le Salon Horizon Vert, qui s'est imposé, au fil des ans, comme un rendez-vous incontournable de débat et de présentation des alternatives écologistes, a choisi ce thème clef pour sa quinzième édition. Il se déroulera les 4 et 5 octobre prochains, au Parc des Expositions de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
"Nous souhaitons à travers le thème "la ruée vers l’eau, ressource naturelle, milieu de vie et bien commun" réfléchir aux questions des réserves planétaires, de la pollution de l'eau, de l'inégalité d'accès à cette ressource commune et à sa marchandisation" déclare Annie Messina, co-présidente du salon. Pendant tout le week-end, 25 conférences et ateliers se succèderont avec, en avant-première, dès le vendredi 3 au soir, une conférence au théâtre de Villeneuve, avec Edward Goldsmith, directeur de publication de la revue européenne de référence "The ecologist", et Larbi Bouguerra, ancien directeur de recherche associé au CNRS, consultant auprès de l’OMS et de l’UNESCO et grand spécialiste de l’eau. Ils feront le point sur les crises écologiques que subit notre planète, notamment à cause des problèmes liés à l’eau.
Plus de 150 exposants illustrant tous les domaines de l’écologie (technique, alimentaire, philosophique, artistique…) ainsi qu’un forum regroupant 50 associations, feront de ce week-end un temps fort de la rentrée.
Gérard ONESTA, en sa qualité de Vice-président du Parlement européen, inaugurera le Salon, puis animera l'atelier "Sécurité Maritime, de l'incantatoire à l'opérationnel", où il exposera les conclusions de la Conférence européenne sur la sécurité maritime organisée par le groupe Vert/ALE. Les grandes lignes de ces conclusions sont aussi disponibles sur le site Web de Gérard, à la page :
www.onesta.net/tex36.html

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Association Horizon Vert



BP 208 - 10, cours Victor Hugo, 47 305 Villeneuve-sur-Lot
Tél : 05 53 40 10 10 / Fax : 05 53 40 24 31
e-mail :
horizonvert@wanadoo.fr

L'Europe vue du Languedoc-Roussillon

Ne pas sonner la retraite

Le 13 mai dernier, la rue le disait pour la première fois à pleins poumons : la copie du gouvernement français sur le financement des retraites est mauvaise. Il est vrai qu'assurer la pérennité des pensions par l'allongement abrupt des durées de cotisation est insupportable. Les Verts Languedoc insistent sur d'autres variables : augmenter le nombre de cotisants en luttant contre le chômage, faire participer l'ensemble des revenus, y compris patronaux et boursiers, au financement des pensions, adapter la durée des années de travail à la pénibilité de celui-ci… À Montpellier, la défense des retraites a mobilisé. Pour Jean-Louis Roumégas, adjoint Vert et conseiller d’agglomération, "des manifestations si massives, inconnues depuis bien longtemps, montrent bien l'ampleur de l'inquiétude".

Mais le même jour, l'Europe, plus discrètement, se penchait aussi sur l’avenir de nos retraites… et ce n’est pas d'elle que viendra le salut des systèmes par répartition. Ce 13 mai, les ministres des finances des Quinze ouvraient en effet définitivement le marché des fonds de pension privés.

Les gestionnaires de ces fonds, après une accréditation européenne imposant quelques règles prudentielles, pourront vendre leurs produits aux entreprises - mais pas encore aux particuliers - dans toute l’Union. C'est peu dire que le marché est juteux, le secteur des retraites privées gérant 2 500 milliards d’euros, soit 30 % du PIB de l’Union ! Et le très libéral Frits Bolkestein, Commissaire chargé du marché intérieur, de saluer "une avancée majeure", en ajoutant : "les retraites par répartition vont représenter un poids intolérable sur les finances publiques dans les pays où elles sont la règle". Dans les couloirs de la Banque européenne on craint aussi, à travers la dette, pour la santé de l'euro : la part du PIB européen consacrée aux retraites, de 10,4 % en 2000, devrait progresser avec l'allongement de l'espérance de vie, couplé à un bas taux de natalité. Mais ces données devraient être revues si l’Europe changeait de vision sur l’immigration et réfléchissait à ses retraites de façon plus solidaire et globale.

Depuis 3 ans, l'écroulement des places boursières - et des pensions qui leur étaient indexées - aurait pourtant dû doucher l'enthousiasme de ceux qui enviaient la Grande-Bretagne. Celle-ci, par le système de capitalisation, a réduit le montant de ses retraites publiques à 5 % de son PIB.

Matignon, planqué derrière le tabou des fonds de pensions, ne veut voir dans cette directive qu'une forme d'épargne salariale. Quant à la Commission, qui rappelle que les retraites sont du ressort des seuls États, elle dit benoîtement n'être intervenue qu'au nom de la "défense des libertés de prestation de services" inscrite dans le Traité…

Que l'on sache donc, en Languedoc comme ailleurs, que, pour Bruxelles, "désamorcer la bombe démographique" se résume à faciliter aux seuls riches la création de réserves en capitaux. Quant aux autres…

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Jean-Louis Roumégas,



Mairie de Montpellier, 1, place Francis-Ponge, 34064 Montpellier Cedex 2
Tél : 04 67 34 72 51
Fax : 04 67 34 71 09

Petit tour d'Europe
La première attaque européenne en règle contre les retraites était venue de Barcelone en mars 2002, où les chefs d’État et de gouvernement - dont un certain Jospin - avaient proposé de repousser l’âge réel de départ à la retraite, actuellement de 59 ans en moyenne en Europe, de 5 années supplémentaires.
La plupart des pays de l'Union ont opté, totalement ou partiellement, pour un système par capitalisation. En Allemagne, l'âge de départ à la retraite de la plupart des fonctionnaires a été porté, en 1997, de 62 à 63 ans. Pour les autres salariés, cet âge est fixé à 65 ans. Au Royaume-Uni, l'âge de départ des femmes, actuellement de 60 ans, rejoindra celui des hommes : 65 ans.
En Suède, le départ à la retraite est prévu entre 61 et 70 ans, les salariés étant incités à prolonger leur activité.
En Italie, l'âge légal d'accès aux pensions est de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Dans les pays scandinaves, un relèvement progressif d'un demi-point des cotisations a permis de constituer des réserves équivalentes à deux fois les dépenses annuelles du régime, mais ce fonds devrait être épuisé en 2040. Récemment des fonds similaires ont été créés en Irlande, en Espagne, au Portugal et en France.

Le "Dali Express" déjà sur les rails

On l'ignore parfois, mais quand se redessinent nos paysages, c'est souvent l'Europe qui tient le crayon. Ainsi la PAC (politique agricole commune) décide de l'aspect de nos campagnes, les fonds structurels de celui de nos banlieues ou de nos usines, tandis que la politique énergétique décrète nos barrages, nos éoliennes ou centrales nucléaires. Quant à la politique européenne des transports, elle inscrit dans notre quotidien des ports, des routes ou des avions. Même chose pour le rail.

Depuis le 15 mars dernier, le réseau ferroviaire trans-européen est ouvert à la libre concurrence, autant dire… à la privatisation (voir Carré d'Europe N°14). C'est même par notre Catalogne que devrait commencer le dépeçage de ce service public. La première concession ferroviaire privée internationale devrait se concrétiser par la construction et l'exploitation d'une section TGV de 21 km entre Perpignan et Figueras. Prévue pour 2005, cette ligne est encore bloquée par les négociations difficiles entre la commission intergouvernementale franco-espagnole et le consortium Euroferro, composé principalement des entreprises espagnole Dragados et française Bouygues.

Prétextant que l'audit du gouvernement français sur les infrastructures n'avait pas tranché sur la priorité à accorder aux liaisons à travers les Pyrénées, Euroferro fait sa coquette. Il aurait exigé une garantie minimale de trafic, qui correspondrait en fait à une garantie de recettes retirées du péage de franchissement du futur tunnel du Perthus. Ne reculant devant rien, Euroferro aurait aussi demandé une limitation de responsabilité en cas de dommage dans ce tunnel. Ou comment avoir les avantages d'une concession, tout en fuyant par avance tous les inconvénients possibles…

Malgré cela, le Secrétaire d'Etat aux infrastructures espagnol a confirmé que les travaux du tunnel devraient commencer début 2004. Sans attendre le premier coup de pioche, coté social, la casse est déjà en cours. Le 22 avril dernier, au Corum de Montpellier, les syndicats de cheminots ont interpellé Louis Gallois, président de la SNCF, en révélant qu'en deux exercices, la direction régionale compte supprimer 223 emplois et ramener le niveau d'effectifs en dessous de celui de décembre 1999. Monsieur Gallois a dû reconnaître que la baisse des emplois SNCF dans la région Languedoc-Roussillon était effectivement supérieure au reste de la France.

Le peintre Salvador Dali, qui voyait dans la Gare de Perpignan le centre du monde et qui a installé son Musée Théâtre à Figueras, aurait peut-être apprécié de voir ainsi reliés les deux pôles de son œuvre fantasmagorique. Il est beaucoup moins sûr que l'usager des chemins de fer européens sera aussi réjoui quand il constatera que pour contrer, sur les tronçons très rentables, l'appétit de profit de quelques multinationales, les opérateurs ferroviaires publics, obligés de faire des économies, sacrifieront tout leur réseau secondaire…

Sauf si d'ici-là l'Union Européenne décide de promouvoir enfin de vrais services publics à l'échelle de ses ambitions continentales… A suivre.

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Les Verts des Pyrénées Orientales
Katia Mengo : 06 22 43 40 60

À coup de langues

Si tout était à refaire, je commencerais par la culture". Ces mots sont attribués à un des pères fondateurs de l'Europe, Jean Monnet. Même s’il ne l’a jamais prononcée, cette phrase reste belle et d'une étonnante actualité.

Alors que l'Union européenne a su accoucher d'une zone économique et monétaire, elle peine encore à définir ce "supplément d'âme" qui fonde les grands projets de civilisation. Confusément, l'Europe fait peur quand on sent qu'elle pourrait devenir abstraite et centralisatrice, nivelant par le bas la pluralité des entités qui l'ont rejointe. Voilà pourquoi, à l'heure où notre continent se cherche, il est indispensable de répandre le ferment de la diversité. Et ce ne sont pas les occasions qui manquent pour qui veut bien y être attentif.

La 2ème "Festa des Langues", en avril dernier à Perpignan, a ainsi relayé une initiative qui a pris le contre-pied stratégique de la CONSEU (Conseil des Nations Sans État) qui, en 1984, proposait la défense des langues dites "minorisées" de l'Europe, chaque aire linguistique devant fêter la sienne. S'appuyant sur les travaux théoriques de Félix Castan qui considérait qu'on ne peut efficacement défendre sa propre langue qu'en défendant toutes les langues menacées du monde, l'idée du "Forum des langues" était née.

Lancé depuis Toulouse par les "agitateurs culturels" du quartier Arnaud Bernard - dont le plus connu, Claude Sicre, est (entre autres) membre du groupe les "Fabulous Troubadoors" - ces forums sont des "anti-tour de Babel", puisqu'on y vient pour comprendre la saveur de la différence de l'autre et offrir, en retour, sa propre unicité. Il faut donc imaginer une sorte de village planétaire éphémère où, à travers expos et conférences, des dizaines de cultures cohabitent, s'interpellent, se fécondent. Le 25 mai dernier, Gérard Onesta a participé à la plupart des échanges de la 10ére édition installée sur la Place du Capitole, marquée, en cette année européenne des personnes handicapées, par une langue ô combien essentielle, celle des signes. L'idée a fait tache d'huile.
En plus de Perpignan et Toulouse, on a vu fleurir des forums des langues de Brest à Nice en passant par Strasbourg, Lyon, Nantes… et même en Frise néerlandaise !…
L'an prochain à Barcelone, les langues et cultures du monde entier seront invitées à venir parapher un document déclarant leurs droits. L'idée est séduisante, mais la capitale catalane n'a semble-t-il pas choisi le moyen opportun pour donner corps à cette idée essentielle.
Le texte à ratifier a, en effet, été écrit… par les Catalans. Pour Claude Sicre, un tel projet ne vaut que si on donne à toutes les cultures, non pas un crayon pour y apposer une simple signature, mais un crayon pour le rédiger à mille mains… Le centre de la culture vivante est partout, à Barcelone, à Bruxelles, ailleurs, et chez vous…

Contact
Festa des langues de Perpignan :
http://perso.wanadoo.fr/gfen66/festa_des_langues.htm
Carrefour Culturel Arnaud Bernard :
www.arnaud-bernard.net