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Sommaire

L'Europe vue de l'Hémicycle
Grandes oreilles
En attendant le "grand soir"...
Parité bien ordonnée !
Caca o
Petite leçon d'eurojargon
Partage du territoire
Vrac d'Europe

L'Europe vue de Midi Pyrénées
Ebauche d'une concertation durable à Gaillac
Dissimulation de déchets
Un train d'avance
Mais que cache l'AOC
"OGM destroy"

L'Europe vue d'Aquitaine
Vos papiers !!!
Arrêtons le massacre
Moquette mouillée chez EDF







"Taxe Tobin" du nom d’un économiste américain promoteur de l’idée d’une taxation, même très faible, sur les flux de capitaux, afin de juguler la spéculation et de constituer une réserve financière pour l’aide au développement, réserve estimée à 5 fois l’aide actuelle au développement.


























































































































































































































































































Enfouir les déchets dangereux est la plus mauvaise des solutions






































Revitaliser le rail dans le Massif central








































































































































La France : un des mauvais élèves de la classe. L’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie ont déjà régularisé tous les sans papiers qui en ont fait la demande



























































Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen



Carré d'Europe N°2 – Printemps 2000



L'Europe vue de l'Hémicycle

Grandes oreilles

Les services secrets américains ont développé un fantastique système d’espionnage, appelé Echelon. Les "grandes oreilles" de ce Big Brother se sont perfectionnées au fur et à mesure des progrès technologiques, et s’intéressent à nos conversations téléphoniques, mais aussi à nos fax et messages électroniques. Au départ principalement destiné à contrer le communisme, Echelon s’est reconverti depuis dix ans dans l’espionnage industriel. Alerté par le Parlement européen en 1998 sur l’existence de ce réseau d’espionnage, le Commissaire Bangemann avait déclaré que "si ce système existait réellement, il s’agirait d’une violation des droits individuels et du citoyen, et d’une atteinte à la sécurité des Etats membres". Depuis quelques mois, le déclassement partiel de certains documents auparavant classés top secret a confirmé l’existence d’Echelon, dont les radars sont situés en plusieurs endroits de la planète (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), et qui trouve en Europe une tête de pont particulièrement accueillante : le Royaume-Uni, traditionnel allié de l’oncle Sam.
Paul Lannoye, député européen d’Ecolo (Belgique) dénonce ce scandale depuis plusieurs années, aidé par les révélations du journaliste anglais Duncan Campbell. Les médias européens ont enfin commencé à dévoiler l’affaire cet hiver, et le groupe des Verts/ALE a demandé que se constitue une commission d’enquête parlementaire pour examiner les "allégations d’infraction au droit communautaire due à l’existence et aux utilisations présumées du système Echelon". Pour cela, il faut réunir les signatures de 160 députés européens sur les 626 qui siègent à Strasbourg. Le soutien des socialistes français et des communistes et apparentés semble acquis. Affaire à suivre…

En attendant le "grand soir"...

Peut-on et devrait-on taxer les flux financiers ? À 5 voix près, le Parlement européen a failli demander à la Commission et au Conseil d’étudier la possibilité d’instaurer une taxation du capital (style "taxe Tobin").
Même si cette demande n'était qu'une première - petite - étape, elle aurait eu le grand mérite d’obliger tous les gouvernements de l’Union européenne à prendre officiellement position sur cette idée de taxation du capital.
Outre la gauche, les Verts/ALE, les régionalistes et les libéraux (qui prouvent ainsi qu’ils ne sont pas ultralibéraux…), signalons que 4 députés PPE (droite) sur 232 ont voté pour cette résolution, dont les centristes (et Béarnais) Bayrou et Lamassoure. Quelques députés pasquaïens les ont suivis, suivant en cela leur discours antilibéral.
Cette résolution aurait été adoptée assez facilement si les travaillistes britanniques, émules du néolibéral Tony Blair, ne s’étaient abstenus, sur ordre du gouvernement britannique.
Est-ce au contraire parce qu’elle était trop réformiste qu’Arlette et ses colistiers ont carrément voté contre (Krivine s’abstenant) ? Ceux qui n’ont pas de mots assez durs contre les profiteurs ont expliqué qu’ils ne voulaient pas améliorer le capitalisme, mais le détruire. Raisonnement somme toute logique, illustration de la politique du pire prônée depuis toujours par les trotskistes : si on adoucit un tant soit peu le capitalisme, on n’arrivera pas à dresser les opprimés contre l’ordre établi. En attendant le "Grand soir", les spéculateurs ont de beaux jours devant eux ! Et les nombreux militants d’extrême gauche qui se battent pour la taxe Tobin au sein du réseau ATTAC peuvent se sentir trahis, comme l’a fort justement rappelé Alain Lipietz, économiste et député Vert européen.

Parité bien ordonnée !

Fin 1999, le Parlement européen a adopté le budget de l’Union européenne pour l’année 2000 (93,2 milliards d’euros). Le Parlement a réussi à arracher des améliorations au projet présenté par la Commission, comme une aide accrue pour la reconstruction du Kosovo et du Timor oriental. Gérard Onesta, membre de la commission Budget, a plaidé auprès de Michaele Schreyer, Commissaire au Budget, pour que le Parlement soit associé à la définition des recettes de l’Union, au lieu d’être cantonné au vote des dépenses.
Sur la photo officielle immortalisant la signature du budget 2000, on voit que la parité a pris de l’avance au niveau européen, puisque les trois institutions étaient présidées par des femmes (de droite à gauche sur la photo) Nicole Fontaine (élue de droite) pour le Parlement européen, Tarja Halonen (élue de gauche) qui dirigeait alors le Conseil en tant que ministre finlandaise des Affaires étrangères, avant de devenir chef d’Etat, et Michaele Schreyer, Verte, pour la Commission.

Caca o

La directive "chocolat" a été adoptée par le Parlement en deuxième lecture, en
procédure de codécision.
Le groupe des Verts/ALE, Marie Anne Isler Béguin en tête, aura pourtant bataillé longuement, en collaboration avec les artisans chocolatiers, pour éviter que ne soit commercialisé dans l’Union un produit qui n’aura désormais de chocolat que le nom. Nous voilà donc à nouveau, comme avec les OGM, face à une vaste offensive de multinationales qui ont réussi, grâce à un relais complaisant d’une large majorité des députés (sauf le groupe des Verts et le groupe Gauche unitaire européenne, ainsi que l’ensemble des députés français, tous groupes confondus), à faire adopter des mesures qui affameront davantage encore les pays en voie de développement (cette mesure pourrait faire chuter de 20 % le cours mondial du cacao) et tromperont les consommateurs, qui mangeront un succédané de chocolat fait de matières végétales non issues du cacao, y compris d’origine chimique ou par génie génétique (l’étiquetage sera très discret !).
Quant aux 5 % maximum de composants non issus du cacao autorisés dans les futurs "faux chocolats", comme l’a rappelé le président du groupe des Verts, Paul Lannoye, nous n’avons aujourd’hui aucune technique fiable pour vérifier ce pourcentage. Pourra-t-on faire confiance à ce qu’affirmeront les grands groupes agro-alimentaires ? Très franchement, on en doute.
La partie est-elle perdue ? Pas sûr car, avec tous ceux qui aiment le chocolat 100 % cacao, nous pouvons mener des campagnes d’information, comme nous le faisons pour les aliments transgéniques, pour en appeler à la conscience des consommateurs.

Petite leçon d'eurojargon

Les procédures législatives : la règle des 5 "CO"

Depuis qu’il est élu au suffrage universel (1979), et surtout depuis les récentes réformes (Acte unique, traités de Maastricht et d’Amsterdam), le Parlement européen acquiert de plus en plus de poids, mais il continue à partager le pouvoir législatif avec le Conseil européen, formé des 15 gouvernements nationaux.
Le pouvoir exécutif étant dévolu à la Commission, composée de 20 membres.
Le renforcement du rôle du Parlement se lit dans les procédures législatives qui régissent ses travaux, l'application de l'une ou l'autre procédure dépend du domaine concerné.

La COnsultation : l’avis du Parlement peut seulement influencer le Conseil (une seule lecture parlementaire). Née du traité de Rome en 1957, cette procédure a pratiquement disparu depuis les récentes réformes.

La COopération : le Conseil ne peut passer outre l’avis du Parlement qu’à l’unanimité des 15 Etats. Là encore, cette procédure (2 lectures maximum), née en 1987, est en perte de vitesse, et ne s’applique plus guère qu’à certains aspects de la politique économique et monétaire.

La COdécision : Conseil et Parlement sont à égalité, le second a les moyens de bloquer une décision du Conseil qu’il désapprouve. Cette procédure (3 lectures maximum) est née en 1993 du traité de Maastricht et s’est renforcée depuis le traité d’Amsterdam. Les Verts et tous les partisans d’une Europe plus démocratique prônent une extension de cette procédure à toutes les décisions de l’Union européenne. Cette réforme est l'un des enjeux clés de la Conférence intergouvernementale en cours.

La Conciliation : dans la procédure de codécision, lorsque le Conseil n’approuve pas la totalité des amendements proposés par le Parlement sur un texte en deuxième lecture, un comité de conciliation (15 parlementaires et 15 représentants du Conseil) se réunit et examine la position commune, sur la base des amendements parlementaires. Le comité de conciliation propose un projet définitif, qui doit alors obtenir la majorité des voix au Parlement et la majorité qualifiée au Conseil.

L’avis Conforme : le Parlement doit donner son accord pour la conclusion des traités internationaux et l’adhésion de nouveaux pays à l’Union (une seule lecture).

Partage du territoire

Les 9 députés Verts français au Parlement européen se sont répartis dans les différentes commissions parlementaires, en fonction de leurs compétences, et couvrent à eux neuf à peu près tous les thèmes abordés au Parlement (cf.
Carré d'Europe n°1,).
À part le citoyen européen Dany Cohn-Bendit, ils se sont aussi répartis les régions françaises, afin que les militants associatifs et politiques de tout l'Hexagone aient un relais privilégié à l’Europe. Gérard Onesta, seul élu du Sud-Ouest, s’est naturellement vu attribuer les deux régions Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Les adhérents Verts et sympathisants de ces deux régions reçoivent donc Carré d’Europe, qui consacre la moitié de sa surface à des dossiers locaux vus sous l'angle européen, les autres destinataires du journal étant les responsables nationaux des Verts (secrétariats régionaux, conseillers régionaux, Cnir…).

Voici les autres correspondants et "fiefs":

Danièle Auroi : Centre-Est (Rhône-Alpes, Auvergne, Limousin)
Alima Boumediene-Thiery : Bretagne et Centre
Hélène Flautre : Grand Nord (Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie)
Marie Anne Isler Béguin : Grand Est (Lorraine,Alsace, Bourgogne, Franche-Comté)
Alain Lipietz : PACA et Corse
Yves Pietrasanta : Basse-Normandie et Languedoc-Roussillon
Didier-Claude Rod : Poitou-Charentes et Pays de la Loire.
L’Ile-de-France échoit aux trois députés issus de cette région : Alain, Didier-Claude et Alima.
Les Dom-Tom n’ont pas été oubliés : Kanaky, Wallis & Futuna pour Alima,
La Réunion et Mayotte pour Didier-Claude, Guyane pour Marie Anne, Polynésie pour Gérard, Antilles et St-Pierre-et Miquelon pour Yves.

Vrac d'Europe

Prix Sakharov
Le Parlement européen décerne chaque année le prix Sakharov à une personnalité pour son action en faveur des droits de l'homme. Cette année, il a été décerné à Xanana Gusmao, leader des indépendantistes timorais. Parmi les lauréats des années précédentes, signalons Aung San Suu Kyi, qui lutte contre la junte birmane, Ibrahim Rugova, le leader non-violent du Kosovo, ou encore Alexander Dubcek ou Nelson Mandela. Pour certains militants des droits de l'homme, le simple fait d'être nominé pour le prix Sakharov suffit parfois à être libéré de prison, comme ce fut le cas cette année pour MM. Ksila et Birdal, en Tunisie et en Turquie.

Pino... chez lui...
Malgré plusieurs demandes, venant en particulier des groupes Vert/ALE et gauche unitaire européenne, les deux grands groupes (socialistes et droite) n'ont pas jugé utile de mettre à l'ordre du jour une résolution d'urgence sur le cas Pinochet. De l'art de ne pas incommoder les dictateurs soi-disant impotents et gâteux.

... et Poutine sévit toujours
Le groupe des Verts au Parlement européen avait invité Ilias Akhmadov, ministre tchétchène, à sa réunion de Mèze (Hérault), en novembre dernier. En décembre, Ilias Akhmadov assistait à Strasbourg au débat sur la situation en Tchétchénie.
Dany Cohn-Bendit est intervenu avec la fougue qu'on lui connaît pour dénoncer les agissements de M. Poutine, ancien du KGB et triste adepte des méthodes brejneviennes. La meilleure façon d'aider la Russie à devenir un pays démocratique, c'est de ne pas fermer les yeux sur les exactions de l'armée en Tchétchénie.

Couloirs de la mort
Le Parlement européen s'est plusieurs fois prononcé, à une très large majorité, pour un moratoire universel sur la peine de mort. Lors d'un meeting de soutien à Mumia Abu-Jamal, condamné à mort aux Etats-Unis, Didier-Claude Rod a aussi dénoncé, au nom des Verts, la forme d'esclavage que constitue l'utilisation à grande échelle des prisonniers pour le travail forcé, y compris par de grandes entreprises comme Microsoft, Boeing ou l'industrie d'armement.

Droits fondamentaux
Le projet de Charte des droits fondamentaux, sur lequel travaillent en particulier Alima Boumediene-Thiery et Gérard Onesta, est en bonne voie. Les Verts agissent pour que cette charte soit juridiquement contraignante et incorporée dans les traités de l'Union, qu'elle reconnaisse l'indivisibilité de ces droits au sens large (non-discrimination, égalité femmes-hommes...) et la prise en compte de droits nouveaux (droits des générations futures, protection face aux biotechnologies...). Le rapport du Vert autrichien Voggenhuber a été adopté. À suivre.

CIG (suite)
Alors qu'il avait la possibilité de pousser le Conseil à élargir l'ordre du jour de la Conférence Inter Gouvernementale (CIG) en faisant la grève de l'avis, le Parlement, sous la pression des deux incontournables et dominants groupes socialiste et PPE (droite), a une nouvelle fois manqué d'audace, et la CIG s'est ouverte à la mi-février comme prévu, avec un menu pour l'instant bien maigre : les trois reliquats d'Amsterdam (cf.
Carré d'Europe n°1). Double langage mis en évidence par Gérard Onesta en séance : les mêmes qui veulent plus d'Europe ont renoncé à utiliser le seul levier à leur disposition.

Energie-Cités
Danielle Auroi, eurodéputée Verte, est présidente de l'Aduhme Clermont-Ferrand (association pour le développement urbain harmonieux par la maîtrise de l'énergie), et vice-présidente d'Energie-Cités, association de 90 municipalités de toute l'Europe (y compris centrale et orientale), mais aussi de pays du sud de la Méditerranée. Objectifs d'Energie-Cités : renforcer le rôle, le pouvoir et les compétences des municipalités dans le domaine de l'efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables et la protection de l'environnement. Champ d'activité : l'ensemble des questions urbaines ayant une relation avec une politique énergétique durable. Danielle Auroi a récemment rencontré Loyola de Palacio, Commissaire européenne, et François Lamoureux, directeur de la Direction générale Transports et Energie.
Contact Energie-Cités, 2 chemin de Palente, F-25000 Besançon,
Tél. : 03 81 65 36 80, Fax : 03 81 50 73 51.

Sombre marée
22 ans après l'Amoco Cadiz, l'Erika est venu souiller la côte atlantique. Il semble que les leçons du passé n'aient servi à rien, ou presque. Si les bénévoles étaient incités dès le départ à prendre des précautions (gants...), la communication des pouvoirs publics n'a pas toujours été à la hauteur, comme le rappelle Dominique Bernard, notre correspondant en Bretagne, qui avait déjà participé au nettoyage des côtes de Bretagne en 1978. Le caractère cancérigène du fioul n'est pas une nouveauté, et aurait pu être dévoilé plus tôt, même si, en l'occurrence, les risques étaient négligeables. Les Verts au Parlement européen ont redemandé l'application stricte du principe pollueur-payeur, des navires plus sûrs (double coque...), une répression plus efficace des dégazages, une réforme de l'Organisation maritime internationale et un contrôle de la flotte au niveau européen.

Chiche !
Les jeunes écolos et alternatifs de toute l'Europe lancent un pari avec les gouvernements européens afin de lutter contre les changements climatiques. L'idée est de réduire les émissions de CO2 de 8 % en 8 mois plutôt qu'en 8 ans, comme prévu dans les accords de Kyoto. Chiche ! et la Fédération des jeunes écologisteseuropéens (FJEE) vont également organiser un séminaire international à Tchernobyl, (du 21 au 26 avril) à l'occasion du 14e anniversaire de l'explosion du réacteur. Au programme : trouver des alternatives au nucléaire.
Les jeunes écologistes européens participent également au collectif pour fermer Eurosatory, le salon de l’armement du Bourget (19 au 23 juin 2000).
Contact : Tél. 01 45 55 92 36, e-mail :
fermons-eurosatory@cot81.com
Méditerranean Platform Project, du 23 août au 3 septembre, en Grèce.
Contact :
medsos@ath.forthnet.gr
Contact Chiche! : Olivier Richard, tél. 06 84 12 11 06,
e-mail :
chiche@innocent.com

Saumon fou ?
Presque tout le saumon consommé en Europe provient d'élevages intensifs. Depuis une dizaine d'années, ces élevages sont décimés par l'anémie infectieuse du saumon (AIS), causée par un orthomyxovirus. Une directive européenne de 1993 impliquait l'élimination des cheptels atteints mais, sous la pression des lobbies écossais, nordiques et espagnols, par les socialistes et par toute la droite, un projet d'assouplissement de cette directive a été adopté, le Parlement ayant rejeté les amendements déposés par les Verts (Yves Pietrasanta et Patricia Mac Kenna), dictés par le principe de précaution. Désormais, on n'abattra pas tout l'élevage touché, mais seulement les poissons déclarés malades.
Si par malheur éclate un jour le scandale du saumon fou, les consommateurs sauront vers qui se retourner pour demander des comptes.

Un cheval d'économie, une alouette de social
Après le marché unique et l'euro, au sommet de Lisbonne, l'Europe affiche sa volonté de se doter d'un projet social : "la société de la connaissance, du plein emploi et de la cohésionsociale". Mais les deux grands groupes du Parlement (droite et socialistes) + les libéraux ont fortement dévitalisé ce projet : ni lutte contre les exclusions, ni législation sur les licenciements collectifs, ni harmonisation des droits des salariés. Reste le développement du cybercommerce, dans un cadre où s'accélèrent déréglementations et privatisations, a déploré en plénière Hélène Flautre, membre de la commission Emploi, affaires sociales.

Du brelan au poker...
Dans
Carré d'Europe n°1, nous avions omis une institution européenne dans laquelle siègent aussi des Verts : le Comité des régions, organe consultatif qui regroupe des élus locaux des 15. Marie-Christine Blandin, élue du Nord-Pas-de-Calais, en est membre titulaire, et Bernard Devoucoux, élu d'Auvergne, membre suppléant. Ils s'emploient (entre autres) à contrer un certain Jörg Haider, gouverneur de Carinthie, qui siège aussi dans ce comité. Le brelan d'atout est donc en fait un carré. Lorsqu'il y aura des écologistes au Conseil économique et social européen, on parlera d'un poker gagnant...



L'Europe vue de Midi Pyrénées

Ebauche d'une concertation durable à Gaillac

C'est le principe de précaution, cher au groupeVert/ALE au Parlement européen, qui guide les décisions européennes dans le domaine de l'environnement. Ce principe n'interdit pas une prise en compte des aspects économiques, sociaux et culturels…Dans le Tarn comme ailleurs, les écologistes ne sont pas des irresponsables. Ils connaissent le poids d’une entreprise qui emploie plus de 200 personnes dans une petite ville. Mais ils prennent aussi en considération les nuisances que peut générer cette entreprise, en particulier pour les riverains.
À Gaillac, odeurs et nuages colorés, irritation des yeux et de la gorge, bruit… sont apparus aux alentours de l’usine "Plante et Industrie", appartenant au groupe Pierre Fabre, et qui produit et stocke des médicaments.

À l’occasion d’une enquête publique visant à autoriser l’extension de la production de l’entreprise, l’accroissement des rejets gazeux d’environ 50 % depuis 1997 a d’ailleurs été révélé.
Une démarche de dialogue s’estalors instaurée entre les Verts, les associations de défense de l’environnement et les riverains d’un côté, et la direction de l’entreprise de l’autre, sans esprit polémique et dans une écoute mutuelle. L’objectif est de créer une structure de concertation réunissant les riverains, la direction de l’entreprise et les autorités de l’Etat, afin de limiter voire de supprimer les nuisances. Il paraît évident que, sans mobilisation, l’entreprise n’aurait rien fait. Cette démarche de dialogue est pourtant toujours privilégiée par les Verts, afin de ne pas laisser grossir les rumeurs, les inquiétudes ou les craintes de délocalisation. Et cela en dépit du malaise que peut provoquer l’action citoyenne chez certains élus…
Si les écologistes ne sont pas irresponsables, ils sont parfois obstinés. Ils œuvreront toujours, à Gaillac et ailleurs, pour que la discussion ait lieu, dans le respect de tous. À condition, bien sûr, que cette démarche soit suivie de faits concrets. À Gaillac, la vigilance sera de mise quant aux résultats de cette ébauche de "concertation durable" et à la prise en compte des doléances - fondées - des riverains.

Contact
Association 3E
1, rue Portanelle, 81600 GAILLAC
Tél. et Fax 05 63 57 38 85

Dissimulation de déchets

Fin janvier 2000, le réseau "Sortir du nucléaire" révélait les 15 sites répertoriés pour l’implantation d’un "laboratoire souterrain d’études" sur le stockage des déchets radioactifs. En Midi-Pyrénées, deux sites géologiquement favorables ont été proposés par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) : un dans le massif du Glénat, à cheval sur le Cantal et le Lot (canton de Latronquière), l’autre dans l’Aveyron, à Savensa, dans le canton de Najac.
Mais leurs détracteurs l’affirment : l’appellation "laboratoire de recherche" est mensongère. C’est en fait la première étape vers un stockage pur et simple des déchets.
L’enfouissement des déchets nucléaires hautement radioactifs dans des couches géologiques profondes est une aberration contestée par de nombreux scientifiques, du fait des risques de lessivage et de contamination des nappes d'eau souterraines. Ainsi Claude Allègre, lorsqu’il était à la tête du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), déclarait : "cette solution n’est pas satisfaisante, et l’on a raison de se mobiliser contre cette forme de stockage. Géologiquement parlant, le sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker des déchets à long terme, [car] il contient de l’eau qui circule et pénètre tout".
La mobilisation est forte sur ces différents sites. Dans le Lot par exemple, elle dépasse les "simples riverains". Certains élus aussi prennent position contre toute forme d’enfouissement. Pourtant, les promoteurs de ce type de stockage ont des arguments de choc : ils arrosent allègrement les collectivités et les associations locales pour faire accepter leur projet, comme cela c’est passé à Bure, dans la Meuse, où les travaux d’aménagement ont commencé.
"Ces déchets sont de véritables bombes à retardement , déclare Antoine Soto, adjoint au maire de Figeac et porte-parole des Verts du Lot, d’autant que les déchets seraient stockés sur un réservoir hydrographique majeur" . L’irréversibilité du stockage ne permet pas de reprendre ces déchets en cas de découvertes futures en matière de techniques de traitement des déchets radioactifs (transmutation…).
Seul l’entreposage des déchets et leur traitement sur le site même où ils sont produits est envisageable. C'est l'application du principe de précaution, mis en avant par le Parlement européen, qui doit prévaloir.
De toute façon, la solution à long terme au problème du stockage des déchets passe par l’arrêt de leur production… et donc par la sortie progressive du nucléaire.

Contact
Collectif pour la modernisation de la voie ferrée Toulouse-Séverac le Château,
c/o Jacques VAISSON
4, Place Sainte Claire, 81000 ALBI
Tél. et Fax 05 63 60 53 47

Un train d'avance

Les directives européennes et la Loi d’Orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire de juin 1999 mettent l’accent sur la nécessité d’un rééquilibrage entre les divers modes de transports.
S’inspirant des batailles gagnées (mais pas encore la guerre…) par le collectif pour la ligne Béziers - Neussargues - Clermont, un collectif pour la modernisation de la ligne Toulouse - Albi - Séverac-le-Château (Aveyron), s’est constitué, à l’initiative du groupe d’action municipale "Albi Autrement" et des Verts.
Ce collectif, large et pluraliste, avec la présence de syndicalistes, d’associations, de professionnels et de partis politiques, veut réorienter la politique régionale des transports vers le ferroviaire et le combiné rail-route.
Certains pays européens comme la Suisse ont su opérer ce nécessaire rééquilibrage.
Ces différentes initiatives sont complémentaires, puisque Séverac est situé sur la ligne Béziers - Neussargues.
Les Directives européennes, la loi Voynet, le contrat de plan Etat-Région - dans lequel les élus Verts au Conseil régional de Midi-Pyrénées ont agi pour une augmentation de l'enveloppe destiné au rail - tout concourt au rééquilibrage entre la route et le rail dans les meilleurs délais. N'en déplaise au lobby routier.

Contact
Verts du Lot c/o Antoine SOTO
BP80, 46102 FIGEAC Cedex,
Tél. et Fax 05 65 34 51 25

Mais que cache l'AOC ?

Depuis quelque temps, dans le Tarn, des porcheries poussent,s'agrandissent… À croire qu'il y a une pénurie de cochonnailles. C'est l'Appellation d'origine contrôlée (AOC) des Monts de Lacaune qui est avancée comme explication à cette multiplication subite de cochons dans le département. Des chiffres circulent : 200 000 têtes, 2 porcheries par canton… Le Tarn serait-il en train de devenir la Bretagne du Sud-Ouest ? Les salaisonniers de Lacaune affirment, de leur côté, que potentiellement le nombre de porcs est suffisant, puisque la zone de production de l'AOC de Lacaune s'étend sur 3 départements. Seuls quelques aménagements dans les porcheries déjà anciennes et la création de petites unités non industriellespourraient être envisagés. On peut donc se demander si les vendeurs de porcheries clés-en-main n'instrumentalisent pas des salaisonniers de Lacaune pour installer des porcheries industrielles leur permettant d'écouler leurs marchandises. Pour Lacaune,faisons le pari d'une AOC de qualité : nourriture sans OGM, élevages sur paille et de dimensions réduites, élimination non polluante des déchets, et pourquoi pas un agrément bio… Alors qu'il faut favoriser une AOC de qualité, les milliers de porcs supplémentaires sont une nuisance importante pour les riverains, et préfigurent la surproduction et les faillites. L'effondrement des cours de ces dernières années a eu des conséquences dramatiques pour certains producteurs. La viande de porc étant exclue de la politique agricole commune (PAC), l'Europe sera impuissante et ne pourra pas venir au secours des paysans endettés. Les vendeurs de farine animale et les marchands de porcheries seront, à ce moment-là, aux abonnés absents.

"OGM destroy"

Partout en Europe, la lutte contre les OGM (organismes génétiquement modifiés) s’organise. Ainsi, alors que certains saccagent le bureau d’une ministre, d’autres préfèrent des actions, tout aussi illégales, mais qui mettent en évidence les dangers de la manipulation des espèces et de la mondialisation débridée.
Avant même le démontage du Mac-Do de Millau, qui a rendu célèbre José Bové, des militants de la Confédération paysanne et des Verts étaient déjà en lutte contre cette "mal-bouffe" et contre une certaine vision de l’agriculture et de la mondialisation économique. Nous avons rencontré Françoise Matricon, militante de la Confédération paysanne et porte-parole des Verts de l’Ariège, et Raymond Fabrègues, porte-parole de la Confédération paysanne en Aveyron.

Quelles sont les dernières actions que vous avez menées ?

Françoise Matricon : Nous avons détruit en juillet 1999 un champ expérimental de colza transgénique. Sans longue préparation, nous nous sommes retrouvés à 250. Preuve que la question des OGM intéresse beaucoup et que des gens sont prêts à prendre des risques pour les combattre.

Raymond Fabrègues : Je voudrais revenir sur trois actions. La première a été menée aux douanes de Toulouse. Nous avons découvert que des entreprises importaient des farines animales malgré l’interdiction. Nous avons porté plainte contre les entreprises, mais l’instruction traîne. La deuxième, plus récente, c’est l’action au Centre de coopération internationale, de recherche agronomique et de développement (CIRAD) à Montpellier, avec des paysans indiens venus en France pour dénoncer les dangers de l’emploi d’OGM dans leur agriculture traditionnelle. Notre objectif n’était pas spécialement de détruire des plants, mais lorsque les Indiens se sont rendus compte qu’ils étaient en présence de plants de riz génétiquement modifié, ils ont suivi leur mot d’ordre : "OGM destroy". La dernière, c’est l’action à la RAGT (entreprise de semences) de Rodez, en juin 1999, où nous avons détruit des plants de maïs transgénique.

Quelles ont été les suites ?

F.M. : Cinq personnes, militant Verts et/ou de la Confédé, ont été inculpées. L'organisme qui expérimente les plants transgéniques nous réclame 250 000 F de dommages et intérêts. Nous attendons les convocations au tribunal.

R.F. : Pour l’action à la RAGT, 71 personnes ont déclaré et signé qu’elles étaient présentes. Difficile donc de poursuivre tout ce monde. Par contre, la justice veut montrer que c’est la Confédération paysanne qui a tout organisé. La police a perquisitionné le siège de la Confédé. L’objectif est d’interdire le syndicat (mais ils auront du travail…) ou de lui empêcher toute représentation professionnelle en interdisant les droits civiques à ses représentants. Mais nous ne sommes pas qu’une vingtaine, et s’ils arrivent à nous condamner (et ce n’est pas encore fait), d’autres prendront la relève… Pour l’action au CIRAD, plusieurs porte-parole départementaux sont mis en examen.

Quel impact ont eu ces différentes actions ?

F.M. : Notre objectif principal était de faire du bruit autour de l’opacité qui entoure les OGM. Nous y sommes parvenus. Car si certains prennent des risques personnels pour lutter contre les OGM, c’est que le danger peut être important pour la santé. De plus notre action a déclenché un débat de scientifiques sur les OGM, lancé par le quotidien Libération.
Quant aux professionnels agricoles, ils voient ces actions d’un mauvais œil. Pour eux, il faut laisser faire les scientifiques…
Ils ne se rendent pas compte que c’est la confiscation absolue de la souveraineté alimentaire qui se joue. C’est aussi dramatique pour le tiers monde. On leur fait miroiter qu’avec les cultures d’OGM, ils ne mourront plus de faim. Mais quand les grandes firmes auront l’exclusivité, elles feront payer leurs semences au prix fort. C’est inadmissible.

R.F. : Une prise de conscience que la nourriture ne doit pas être considérée seulement comme une simple marchandise, que les intérêts économiques et la rentabilité à tout prix peuvent avoir de graves répercussions sur la santé et sur l’agriculture en général.
Nous voulons aussi montrer qu’il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que des techniciens et des chercheurs font des études sur les gènes. Plus largement, c’est un droit millénaire des paysans qui est remis en cause. Si une ou deux multinationales possèdent la génétique des semences, elles auront entre les mains le brevet du droit du vivant. C’est philosophiquement inacceptable. De plus, on va vers une industrialisation caricaturale de l’agriculture. C’est la robotisation de l’agriculture qui s’annonce, et à travers elle la déshumanisation de la société.
Un Indien me disait : "nos semences sont plus vieilles que nos temples". Leurs semences sont en effet un véritable patrimoine culturel.

Contact
Confédération Paysanne de l’Aveyron
30, Avenue de Montpellier
12000 RODEZ,
Tél. 05 65 67 44 98

Confédération Paysanne de l’Ariège,
c/o Marc Bosson : Laborie, 09420 CASTELNAU DURBAN,
Tél. 05 61 96 30 43

Plus de cent villes en France ont déjà interdit les OGM dans les cantines municipales. Des actions pour convaincre les municipalités sont en cours dans notre région. Ainsi, les Verts de Tarbes, la Confédération paysanne et l'UMINATE 65 ont lancé une grande campagne de sensibilisation dans toutesles Hautes-Pyrénées. Des actions bientôt relayées par d'autres départements, dont le Tarn…

L'Europe vue d'Aquitaine

Vos papiers !!!

Le Parlement européen, dans sa résolution du 17 février 1998, engage "tous les Etats membres [...] à procéder à la régularisation des sans-papiers dans le respect des droits de l'homme et des conventions internationales". Certains pays n'ont pas suivi, favorisant en cela le maintien d'une main-d'œuvre surexploitée et non déclarée.
La défense des droits des migrants est partie intégrante d'une Europe sociale respectueuse des hommes et des femmes qui la font.
La France est bien un des mauvais élèves de la classe. L’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie ont déjà régularisé tous les sans-papiers qui en ont fait la demande, et la Belgique s’apprête à le faire.
Les lois Pasqua ne sont toujours pas abrogées, malgré les promesses, et la circulaire Chevènement est restée dans la logique de méfiance envers l'autre.
Mais des actions ont lieu dans toute la France. Un des moyens de lutte est le parrainage. Le principe est simple : une "cérémonie" le met en place. Le parrain est responsable de son filleul. Il suit son dossier et l’assiste dans toutes ses démarches.
Un exemple en Gironde où des Verts et des militants d’autres organisations se sont mobilisés pour parrainer une trentaine de sans-papiers. "Le premier parrainage a eu lieu à Bègles en juin 1998. Noël Mamère était le maître de cérémonie", déclare Michel Etienne, militant Vert et un des créateurs de GASPESI (groupe d’action et de solidarité aux personnes étrangères en situation irrégulière). L’objectif de GASPESI est de rassembler les énergies pour agir plus efficacement. "Le parrainage n’est pas notre seul moyen d’action. Nous avons bien sûr soutenu les grévistes de la faim à l’église Saint-Paul à Bordeaux, mais nous essayons d’agir aussi en direction des élus nationaux et européens. Certains agissent, mais d'autres, les plus nombreux, restent sourds…".
Depuis les premiers parrainages, d’autres cérémonies ont eu lieu. De fréquentes manifestations dans les rues de Bordeaux ont permis de maintenir la pression sur la préfecture. Une stratégie qui porte ses fruits, puisqu’une vingtaine de sans-papiers ont été régularisés : 10 grévistes de la faim et une dizaine de filleuls.
Michel Etienne conclut : "depuis mars 1999, les grévistes de la faim ne sont pas inquiétés. On peut s’en étonner mais on s’en réjouit aussi. À notre connaissance, un seul sans-papiers a reçu une invitation à quitter le territoire, mais la police n’a pas pu le retrouver…".

Verts Gironde,
c/o Michel ETIENNE
32 rue Porte-Dijeaux, 33000 Bordeaux
Tél. 05 56 81 82 47

Arrêtons le massacre

Tous les ans, en février, des dauphins viennent s'échouer sur les plages d’Aquitaine. Suicide collectif ? Parasites cérébraux qui détruisent leur sonar ? La vérité est ailleurs. En effet, dans le golfe de Gascogne, il n'y a pas que des petits bateaux de pêche artisanale, il y en a aussi de gros : les bateaux pélagiques.
En tirant un même filet à deux bateaux, ces industriels pratiquent la pêche la moins sélective et la plus dévastatrice qui soit. Et ils savent très bien qu'ils vont ramasser dans leurs filets beaucoup de dauphins. La mort des dauphins n’est que la partie émergée d'un iceberg qui se nomme rentabilité à tout prix.
Depuis plusieurs années, les écologistes et l'association de pêcheurs basques ITSAS GEROA demandent l'adoption d'un moratoire pour l'utilisation de chaluts pélagiques dans les eaux communautaires de Gascogne au sud du 46e parallèle nord, jusqu'à ce que des études indépendantes démontrent que le renouvellement des stocks de poissons permet une exploitation durable.
L'association ITSAS GEROA veut mobiliser tous les pêcheurs du golfe de Gascogne pour réclamer ce moratoire et défendre une pêche respectueuse des espèces. Ils se battent aussi pour préserver leur métier mis en danger par ces grandes embarcations.
Début mars, une réunion a regroupé des pêcheurs du pays basque français et espagnol, des Asturies, de la Galice et du Portugal. Ils ont dénoncé la pêche industrielle et la situation catastrophique des stocks de poisson dans cette région. Ils veulent aussi s'organiser pour porter leurs revendications au niveau européen. "C'est une union historique" a confirmé Robert Alvarez, président de l'association ITSAS GEROA.
Yves Pietrasanta, eurodéputé Vert, membre de la commission Pêche au Parlement européen a relayé les revendications des pécheurs devant le Parlement pour l’obtention d’un moratoire, afin que les dauphins ne soient plus les victimes de la mondialisation et de la concurrence sauvage.

Association ITSAS GEROA
Robert ALVAREZ
40 rue François Bibal, 64500 St-Jean-de-Luz
Tél. et Fax 05 59 26 29 06

Moquette mouillée chez EDF

Fin 1999 : la tempête fait rage sur toute la France. Les arbres tombent, les eaux montent… la lumière n'arrive plus.
Ce scénario débouche sur une catastrophe nucléaire d'une importance majeure.
Pas de catastrophisme, mais quand même.
En effet, dans la nuit du 27 au 28 décembre, deux réacteurs de la centrale atomique du Blayais, construite sur l'estuaire de la Gironde, ont dû être arrêtés pour cause… d'inondation. EDF savait que la digue qui sépare la centrale de la rivière n'était pas assez haute dans des conditions exceptionnelles. Résultat : inondation des sous-sols de la centrale ainsi que de tous ses accès. Derrière cet "incident" ressurgit le débat sur la sécurité et sur l’opacité des installations nucléaires. Alors que l'on ne peut que saluer le travail qu'ont pu effectuer tousles agents d'EDF - service public - l'entreprise, restée fidèle à sa stratégie de désinformation sur cet événement, doit effectivement aux Français "plus que la lumière".
La tempête a aussi montré que le choix énergétique des années 70, qui donne la priorité au nucléaire et donc à une production d'électricité centralisée, était risqué. La même tempête en Allemagne a eu des conséquences beaucoup plus limitées sur les installations électriques.
En cette nuit de décembre, "l'indépendance" énergétique de la France est devenue une vulnérabilité. La majorité des pays européens l'ont bien compris. Certains n'ont jamais fait ce choix, d'autres l'abandonnent progressivement. La seule centrale construite en Autriche n'a jamais fonctionné puisqu’un référendum rejetant le nucléaire est intervenu avant sa mise en route ! Les Italiens et les Suisses ont eux aussi exprimé leur désaccord lors d'un référendum. Quant à la Grande-Bretagne, quand Thatcher a voulu privatiser l'industrie nucléaire anglaise, elle n'a trouvé aucun repreneur car le nucléaire est trop peu rentable. L'Europe montre que la sortie du nucléaire est possible. N'en déplaise au lobby atomique

TCHERNOBLAYE
Cinéma Utopia,
5 Place Camille Jullian, 33000 Bordeaux
Tél. 05 56 92 19 95