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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Grandes
oreilles En attendant le "grand soir"... Parité
bien ordonnée ! Caca o Petite leçon
d'eurojargon Partage du territoire Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Ebauche
d'une concertation durable à Gaillac Dissimulation de
déchets Un train d'avance Mais que cache
l'AOC "OGM destroy"
L'Europe
vue d'Aquitaine Vos
papiers !!! Arrêtons le massacre Moquette mouillée
chez EDF
"Taxe
Tobin" du nom d’un économiste américain
promoteur de l’idée d’une taxation, même
très faible, sur les flux de capitaux, afin de juguler
la spéculation et de constituer une réserve
financière pour l’aide au développement,
réserve estimée à 5 fois l’aide
actuelle au
développement.
Enfouir
les déchets dangereux est la plus mauvaise des
solutions
Revitaliser
le rail dans le Massif
central
La
France : un des mauvais élèves de la classe.
L’Espagne, la Grèce, le Portugal et
l’Italie ont déjà régularisé
tous les sans papiers qui en ont fait la
demande
|
Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°2 – Printemps 2000
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Grandes
oreilles
Les services secrets américains
ont développé un fantastique système
d’espionnage, appelé Echelon. Les "grandes
oreilles" de ce Big Brother se sont perfectionnées
au fur et à mesure des progrès technologiques, et
s’intéressent à nos conversations
téléphoniques, mais aussi à nos fax et
messages électroniques. Au départ principalement
destiné à contrer le communisme, Echelon s’est
reconverti depuis dix ans dans l’espionnage industriel.
Alerté par le Parlement européen en 1998 sur
l’existence de ce réseau d’espionnage, le
Commissaire Bangemann avait déclaré que "si
ce système existait réellement, il s’agirait
d’une violation des droits individuels et du citoyen, et
d’une atteinte à la sécurité des
Etats membres". Depuis quelques mois, le déclassement
partiel de certains documents auparavant classés top
secret a confirmé l’existence d’Echelon,
dont les radars sont situés en plusieurs endroits de la
planète (Etats-Unis, Canada, Australie,
Nouvelle-Zélande), et qui trouve en Europe une tête
de pont particulièrement accueillante : le Royaume-Uni,
traditionnel allié de l’oncle Sam. Paul
Lannoye, député européen d’Ecolo
(Belgique) dénonce ce scandale depuis plusieurs années,
aidé par les révélations du journaliste
anglais Duncan Campbell. Les médias européens ont
enfin commencé à dévoiler l’affaire
cet hiver, et le groupe des Verts/ALE a demandé que se
constitue une commission d’enquête parlementaire
pour examiner les "allégations d’infraction
au droit communautaire due à l’existence et aux
utilisations présumées du système
Echelon". Pour cela, il faut réunir les signatures
de 160 députés européens sur les 626 qui
siègent à Strasbourg. Le soutien des socialistes
français et des communistes et apparentés semble
acquis. Affaire à suivre…

En
attendant le "grand soir"...
Peut-on
et devrait-on taxer les flux financiers ? À 5 voix près,
le Parlement européen a failli demander à la
Commission et au Conseil d’étudier la possibilité
d’instaurer une taxation du capital (style "taxe
Tobin"). Même si cette demande n'était
qu'une première - petite - étape, elle aurait eu
le grand mérite d’obliger tous les gouvernements
de l’Union européenne à prendre
officiellement position sur cette idée de taxation du
capital. Outre la gauche, les Verts/ALE, les régionalistes
et les libéraux (qui prouvent ainsi qu’ils ne sont
pas ultralibéraux…), signalons que 4 députés
PPE (droite) sur 232 ont voté pour cette résolution,
dont les centristes (et Béarnais) Bayrou et Lamassoure.
Quelques députés pasquaïens les ont suivis,
suivant en cela leur discours antilibéral. Cette
résolution aurait été adoptée assez
facilement si les travaillistes britanniques, émules du
néolibéral Tony Blair, ne s’étaient
abstenus, sur ordre du gouvernement britannique. Est-ce au
contraire parce qu’elle était trop réformiste
qu’Arlette et ses colistiers ont carrément voté
contre (Krivine s’abstenant) ? Ceux qui n’ont pas
de mots assez durs contre les profiteurs ont expliqué
qu’ils ne voulaient pas améliorer le capitalisme,
mais le détruire. Raisonnement somme toute logique,
illustration de la politique du pire prônée depuis
toujours par les trotskistes : si on adoucit un tant soit peu
le capitalisme, on n’arrivera pas à dresser les
opprimés contre l’ordre établi. En
attendant le "Grand soir", les spéculateurs
ont de beaux jours devant eux ! Et les nombreux militants
d’extrême gauche qui se battent pour la taxe Tobin
au sein du réseau ATTAC peuvent se sentir trahis, comme
l’a fort justement rappelé Alain Lipietz,
économiste et député Vert européen.

Parité
bien ordonnée !
Fin 1999, le
Parlement européen a adopté le budget de l’Union
européenne pour l’année 2000 (93,2
milliards d’euros). Le Parlement a réussi à
arracher des améliorations au projet présenté
par la Commission, comme une aide accrue pour la reconstruction
du Kosovo et du Timor oriental. Gérard Onesta, membre de
la commission Budget, a plaidé auprès de Michaele
Schreyer, Commissaire au Budget, pour que le Parlement soit
associé à la définition des recettes de
l’Union, au lieu d’être cantonné au
vote des dépenses. Sur la photo officielle
immortalisant la signature du budget 2000, on voit que la
parité a pris de l’avance au niveau européen,
puisque les trois institutions étaient présidées
par des femmes (de droite à gauche sur la photo) Nicole
Fontaine (élue de droite) pour le Parlement européen,
Tarja Halonen (élue de gauche) qui dirigeait alors le
Conseil en tant que ministre finlandaise des Affaires
étrangères, avant de devenir chef d’Etat,
et Michaele Schreyer, Verte, pour la Commission.

Caca
o
La
directive "chocolat" a été adoptée
par le Parlement en deuxième lecture, en procédure
de codécision. Le
groupe des Verts/ALE, Marie Anne Isler Béguin en tête,
aura pourtant bataillé longuement, en collaboration avec
les artisans chocolatiers, pour éviter que ne soit
commercialisé dans l’Union un produit qui n’aura
désormais de chocolat que le nom. Nous voilà donc
à nouveau, comme avec les OGM, face à une vaste
offensive de multinationales qui ont réussi, grâce
à un relais complaisant d’une large majorité
des députés (sauf le groupe des Verts et le
groupe Gauche unitaire européenne, ainsi que l’ensemble
des députés français, tous groupes
confondus), à faire adopter des mesures qui affameront
davantage encore les pays en voie de développement
(cette mesure pourrait faire chuter de 20 % le cours mondial du
cacao) et tromperont les consommateurs, qui mangeront un
succédané de chocolat fait de matières
végétales non issues du cacao, y compris
d’origine chimique ou par génie génétique
(l’étiquetage sera très discret !). Quant
aux 5 % maximum de composants non issus du cacao autorisés
dans les futurs "faux chocolats", comme l’a
rappelé le président du groupe des Verts, Paul
Lannoye, nous n’avons aujourd’hui aucune technique
fiable pour vérifier ce pourcentage. Pourra-t-on faire
confiance à ce qu’affirmeront les grands groupes
agro-alimentaires ? Très franchement, on en doute. La
partie est-elle perdue ? Pas sûr car, avec tous ceux qui
aiment le chocolat 100 % cacao, nous pouvons mener des
campagnes d’information, comme nous le faisons pour les
aliments transgéniques, pour en appeler à la
conscience des consommateurs.

Petite
leçon d'eurojargon
Les
procédures législatives : la règle des 5
"CO"
Depuis
qu’il est élu au suffrage universel (1979), et
surtout depuis les récentes réformes (Acte
unique, traités de Maastricht et d’Amsterdam), le
Parlement européen acquiert de plus en plus de poids,
mais il continue à partager le pouvoir législatif
avec le Conseil européen, formé des 15
gouvernements nationaux. Le pouvoir exécutif étant
dévolu à la Commission, composée de 20
membres. Le renforcement du rôle du Parlement se lit
dans les procédures législatives qui régissent
ses travaux, l'application de l'une ou l'autre procédure
dépend du domaine concerné.
La
COnsultation : l’avis du Parlement peut seulement
influencer le Conseil (une seule lecture parlementaire). Née
du traité de Rome en 1957, cette procédure a
pratiquement disparu depuis les récentes réformes.
La
COopération : le Conseil ne peut passer outre l’avis
du Parlement qu’à l’unanimité des 15
Etats. Là encore, cette procédure (2 lectures
maximum), née en 1987, est en perte de vitesse, et ne
s’applique plus guère qu’à certains
aspects de la politique économique et monétaire.
La
COdécision : Conseil et Parlement sont à
égalité, le second a les moyens de bloquer une
décision du Conseil qu’il désapprouve.
Cette procédure (3 lectures maximum) est née en
1993 du traité de Maastricht et s’est renforcée
depuis le traité d’Amsterdam. Les Verts et tous
les partisans d’une Europe plus démocratique
prônent une extension de cette procédure à
toutes les décisions de l’Union européenne.
Cette réforme est l'un des enjeux clés de la
Conférence intergouvernementale en cours.
La
Conciliation : dans la procédure de codécision,
lorsque le Conseil n’approuve pas la totalité des
amendements proposés par le Parlement sur un texte en
deuxième lecture, un comité de conciliation (15
parlementaires et 15 représentants du Conseil) se réunit
et examine la position commune, sur la base des amendements
parlementaires. Le comité de conciliation propose un
projet définitif, qui doit alors obtenir la majorité
des voix au Parlement et la majorité qualifiée au
Conseil.
L’avis
Conforme : le Parlement doit donner son accord pour la
conclusion des traités internationaux et l’adhésion
de nouveaux pays à l’Union (une seule lecture).

Partage
du territoire
Les
9 députés Verts français au Parlement
européen se sont répartis dans les différentes
commissions parlementaires, en fonction de leurs compétences,
et couvrent à eux neuf à peu près tous les
thèmes abordés au Parlement (cf. Carré
d'Europe n°1,).
À part le citoyen européen Dany Cohn-Bendit,
ils se sont aussi répartis les régions
françaises, afin que les militants associatifs et
politiques de tout l'Hexagone aient un relais privilégié
à l’Europe. Gérard Onesta, seul élu
du Sud-Ouest, s’est naturellement vu attribuer les deux
régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Les
adhérents Verts et sympathisants de ces deux régions
reçoivent donc Carré d’Europe, qui consacre
la moitié de sa surface à des dossiers locaux vus
sous l'angle européen, les autres destinataires du
journal étant les responsables nationaux des Verts
(secrétariats régionaux, conseillers régionaux,
Cnir…).
Voici
les autres correspondants et "fiefs":
Danièle
Auroi : Centre-Est (Rhône-Alpes, Auvergne, Limousin)
Alima Boumediene-Thiery : Bretagne et Centre Hélène
Flautre : Grand Nord (Nord, Picardie, Champagne-Ardenne,
Haute-Normandie) Marie Anne Isler Béguin : Grand Est
(Lorraine,Alsace, Bourgogne, Franche-Comté) Alain
Lipietz : PACA et Corse Yves Pietrasanta : Basse-Normandie
et Languedoc-Roussillon Didier-Claude Rod :
Poitou-Charentes et Pays de la Loire. L’Ile-de-France
échoit aux trois députés issus de cette
région : Alain, Didier-Claude et Alima. Les Dom-Tom
n’ont pas été oubliés : Kanaky,
Wallis & Futuna pour Alima, La Réunion et
Mayotte pour Didier-Claude, Guyane pour Marie Anne, Polynésie
pour Gérard, Antilles et St-Pierre-et Miquelon pour
Yves.

Vrac
d'Europe
Prix
Sakharov Le Parlement européen décerne
chaque année le prix Sakharov à une personnalité
pour son action en faveur des droits de l'homme. Cette année,
il a été décerné à Xanana
Gusmao, leader des indépendantistes timorais. Parmi les
lauréats des années précédentes,
signalons Aung San Suu Kyi, qui lutte contre la junte birmane,
Ibrahim Rugova, le leader non-violent du Kosovo, ou encore
Alexander Dubcek ou Nelson Mandela. Pour certains militants des
droits de l'homme, le simple fait d'être nominé
pour le prix Sakharov suffit parfois à être libéré
de prison, comme ce fut le cas cette année pour MM.
Ksila et Birdal, en Tunisie et en Turquie.
Pino...
chez lui... Malgré plusieurs demandes,
venant en particulier des groupes Vert/ALE et gauche unitaire
européenne, les deux grands groupes (socialistes et
droite) n'ont pas jugé utile de mettre à l'ordre
du jour une résolution d'urgence sur le cas Pinochet. De
l'art de ne pas incommoder les dictateurs soi-disant impotents
et gâteux.
...
et Poutine sévit toujours Le groupe des
Verts au Parlement européen avait invité Ilias
Akhmadov, ministre tchétchène, à sa
réunion de Mèze (Hérault), en novembre
dernier. En décembre, Ilias Akhmadov assistait à
Strasbourg au débat sur la situation en Tchétchénie.
Dany Cohn-Bendit est intervenu avec la fougue qu'on lui
connaît pour dénoncer les agissements de M.
Poutine, ancien du KGB et triste adepte des méthodes
brejneviennes. La meilleure façon d'aider la Russie à
devenir un pays démocratique, c'est de ne pas fermer les
yeux sur les exactions de l'armée en Tchétchénie.
Couloirs
de la mort Le Parlement européen s'est
plusieurs fois prononcé, à une très large
majorité, pour un moratoire universel sur la peine de
mort. Lors d'un meeting de soutien à Mumia Abu-Jamal,
condamné à mort aux Etats-Unis, Didier-Claude Rod
a aussi dénoncé, au nom des Verts, la forme
d'esclavage que constitue l'utilisation à grande échelle
des prisonniers pour le travail forcé, y compris par de
grandes entreprises comme Microsoft, Boeing ou l'industrie
d'armement.
Droits
fondamentaux Le projet de Charte des droits
fondamentaux, sur lequel travaillent en particulier Alima
Boumediene-Thiery et Gérard Onesta, est en bonne voie.
Les Verts agissent pour que cette charte soit juridiquement
contraignante et incorporée dans les traités de
l'Union, qu'elle reconnaisse l'indivisibilité de ces
droits au sens large (non-discrimination, égalité
femmes-hommes...) et la prise en compte de droits nouveaux
(droits des générations futures, protection face
aux biotechnologies...). Le rapport du Vert autrichien
Voggenhuber a été adopté. À suivre.
CIG
(suite) Alors qu'il avait la possibilité
de pousser le Conseil à élargir l'ordre du jour
de la Conférence Inter Gouvernementale (CIG) en faisant
la grève de l'avis, le Parlement, sous la pression des
deux incontournables et dominants groupes socialiste et PPE
(droite), a une nouvelle fois manqué d'audace, et la CIG
s'est ouverte à la mi-février comme prévu,
avec un menu pour l'instant bien maigre : les trois reliquats
d'Amsterdam (cf. Carré
d'Europe n°1).
Double langage mis en évidence par Gérard Onesta
en séance : les mêmes qui veulent plus d'Europe
ont renoncé à utiliser le seul levier à
leur disposition.
Energie-Cités Danielle
Auroi, eurodéputée Verte, est présidente
de l'Aduhme Clermont-Ferrand (association pour le développement
urbain harmonieux par la maîtrise de l'énergie),
et vice-présidente d'Energie-Cités, association
de 90 municipalités de toute l'Europe (y compris
centrale et orientale), mais aussi de pays du sud de la
Méditerranée. Objectifs d'Energie-Cités :
renforcer le rôle, le pouvoir et les compétences
des municipalités dans le domaine de l'efficacité
énergétique, la promotion des énergies
renouvelables et la protection de l'environnement. Champ
d'activité : l'ensemble des questions urbaines ayant une
relation avec une politique énergétique durable.
Danielle Auroi a récemment rencontré Loyola de
Palacio, Commissaire européenne, et François
Lamoureux, directeur de la Direction générale
Transports et Energie. Contact Energie-Cités,
2 chemin de Palente, F-25000 Besançon, Tél.
: 03 81 65 36 80, Fax : 03 81 50 73 51.
Sombre
marée 22 ans après l'Amoco Cadiz,
l'Erika est venu souiller la côte atlantique. Il semble
que les leçons du passé n'aient servi à
rien, ou presque. Si les bénévoles étaient
incités dès le départ à prendre des
précautions (gants...), la communication des pouvoirs
publics n'a pas toujours été à la hauteur,
comme le rappelle Dominique Bernard, notre correspondant en
Bretagne, qui avait déjà participé au
nettoyage des côtes de Bretagne en 1978. Le caractère
cancérigène du fioul n'est pas une nouveauté,
et aurait pu être dévoilé plus tôt,
même si, en l'occurrence, les risques étaient
négligeables. Les Verts au Parlement européen ont
redemandé l'application stricte du principe
pollueur-payeur, des navires plus sûrs (double coque...),
une répression plus efficace des dégazages, une
réforme de l'Organisation maritime internationale et un
contrôle de la flotte au niveau européen.
Chiche
! Les jeunes écolos et alternatifs de
toute l'Europe lancent un pari avec les gouvernements européens
afin de lutter contre les changements climatiques. L'idée
est de réduire les émissions de CO2 de 8 % en 8
mois plutôt qu'en 8 ans, comme prévu dans les
accords de Kyoto. Chiche ! et la Fédération des
jeunes écologisteseuropéens (FJEE) vont également
organiser un séminaire international à
Tchernobyl, (du 21 au 26 avril) à l'occasion du 14e
anniversaire de l'explosion du réacteur. Au programme :
trouver des alternatives au nucléaire. Les jeunes
écologistes européens participent également
au collectif pour fermer Eurosatory, le salon de l’armement
du Bourget (19 au 23 juin 2000). Contact : Tél.
01 45 55 92 36, e-mail :
fermons-eurosatory@cot81.com Méditerranean
Platform Project, du 23 août au 3 septembre, en Grèce.
Contact : medsos@ath.forthnet.gr Contact
Chiche! : Olivier Richard, tél. 06 84 12 11 06,
e-mail :
chiche@innocent.com
Saumon
fou ? Presque tout le saumon consommé en
Europe provient d'élevages intensifs. Depuis une dizaine
d'années, ces élevages sont décimés
par l'anémie infectieuse du saumon (AIS), causée
par un orthomyxovirus. Une directive européenne de 1993
impliquait l'élimination des cheptels atteints mais,
sous la pression des lobbies écossais, nordiques et
espagnols, par les socialistes et par toute la droite, un
projet d'assouplissement de cette directive a été
adopté, le Parlement ayant rejeté les amendements
déposés par les Verts (Yves Pietrasanta et
Patricia Mac Kenna), dictés par le principe de
précaution. Désormais, on n'abattra pas tout
l'élevage touché, mais seulement les poissons
déclarés malades. Si par malheur éclate
un jour le scandale du saumon fou, les consommateurs sauront
vers qui se retourner pour demander des comptes.
Un
cheval d'économie, une alouette de social Après
le marché unique et l'euro, au sommet de Lisbonne,
l'Europe affiche sa volonté de se doter d'un projet
social : "la société de la connaissance, du
plein emploi et de la cohésionsociale". Mais les
deux grands groupes du Parlement (droite et socialistes) + les
libéraux ont fortement dévitalisé ce
projet : ni lutte contre les exclusions, ni législation
sur les licenciements collectifs, ni harmonisation des droits
des salariés. Reste le développement du
cybercommerce, dans un cadre où s'accélèrent
déréglementations et privatisations, a déploré
en plénière Hélène Flautre, membre
de la commission Emploi, affaires sociales.
Du
brelan au poker... Dans
Carré
d'Europe n°1,
nous avions omis une institution européenne dans
laquelle siègent aussi des Verts : le Comité des
régions, organe consultatif qui regroupe des élus
locaux des 15. Marie-Christine Blandin, élue du
Nord-Pas-de-Calais, en est membre titulaire, et Bernard
Devoucoux, élu d'Auvergne, membre suppléant. Ils
s'emploient (entre autres) à contrer un certain Jörg
Haider, gouverneur de Carinthie, qui siège aussi dans ce
comité. Le brelan d'atout est donc en fait un carré.
Lorsqu'il y aura des écologistes au Conseil économique
et social européen, on parlera d'un poker gagnant...

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Ebauche
d'une concertation durable à Gaillac
C'est
le principe de précaution, cher au groupeVert/ALE au
Parlement européen, qui guide les décisions
européennes dans le domaine de l'environnement. Ce
principe n'interdit pas une prise en compte des aspects
économiques, sociaux et culturels…Dans le Tarn
comme ailleurs, les écologistes ne sont pas des
irresponsables. Ils connaissent le poids d’une entreprise
qui emploie plus de 200 personnes dans une petite ville. Mais
ils prennent aussi en considération les nuisances que
peut générer cette entreprise, en particulier
pour les riverains. À Gaillac, odeurs et nuages
colorés, irritation des yeux et de la gorge, bruit…
sont apparus aux alentours de l’usine "Plante et
Industrie", appartenant au groupe Pierre Fabre, et qui
produit et stocke des médicaments.
À
l’occasion d’une enquête publique visant à
autoriser l’extension de la production de l’entreprise,
l’accroissement des rejets gazeux d’environ 50 %
depuis 1997 a d’ailleurs été révélé. Une
démarche de dialogue s’estalors instaurée
entre les Verts, les associations de défense de
l’environnement et les riverains d’un côté,
et la direction de l’entreprise de l’autre, sans
esprit polémique et dans une écoute mutuelle.
L’objectif est de créer une structure de
concertation réunissant les riverains, la direction de
l’entreprise et les autorités de l’Etat,
afin de limiter voire de supprimer les nuisances. Il paraît
évident que, sans mobilisation, l’entreprise
n’aurait rien fait. Cette démarche de dialogue est
pourtant toujours privilégiée par les Verts, afin
de ne pas laisser grossir les rumeurs, les inquiétudes
ou les craintes de délocalisation. Et cela en dépit
du malaise que peut provoquer l’action citoyenne chez
certains élus… Si les écologistes ne
sont pas irresponsables, ils sont parfois obstinés. Ils
œuvreront toujours, à Gaillac et ailleurs, pour
que la discussion ait lieu, dans le respect de tous. À
condition, bien sûr, que cette démarche soit
suivie de faits concrets. À Gaillac, la vigilance sera
de mise quant aux résultats de cette ébauche de
"concertation durable" et à la prise en compte
des doléances - fondées - des riverains.
Contact
Association 3E 1, rue Portanelle, 81600 GAILLAC Tél.
et Fax 05 63 57 38 85

Dissimulation
de déchets
Fin
janvier 2000, le réseau "Sortir du nucléaire"
révélait les 15 sites répertoriés
pour l’implantation d’un "laboratoire
souterrain d’études" sur le stockage des
déchets radioactifs. En Midi-Pyrénées,
deux sites géologiquement favorables ont été
proposés par l’ANDRA (Agence nationale pour la
gestion des déchets radioactifs) : un dans le massif du
Glénat, à cheval sur le Cantal et le Lot (canton
de Latronquière), l’autre dans l’Aveyron, à
Savensa, dans le canton de Najac. Mais leurs détracteurs
l’affirment : l’appellation "laboratoire de
recherche" est mensongère. C’est en fait la
première étape vers un stockage pur et simple des
déchets. L’enfouissement des déchets
nucléaires hautement radioactifs dans des couches
géologiques profondes est une aberration contestée
par de nombreux scientifiques, du fait des risques de lessivage
et de contamination des nappes d'eau souterraines. Ainsi Claude
Allègre, lorsqu’il était à la tête
du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières),
déclarait : "cette solution n’est pas
satisfaisante, et l’on a raison de se mobiliser contre
cette forme de stockage. Géologiquement parlant, le
sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker des déchets
à long terme, [car] il contient de l’eau qui
circule et pénètre tout". La mobilisation
est forte sur ces différents sites. Dans le Lot par
exemple, elle dépasse les "simples riverains".
Certains élus aussi prennent position contre toute forme
d’enfouissement. Pourtant, les promoteurs de ce type de
stockage ont des arguments de choc : ils arrosent allègrement
les collectivités et les associations locales pour faire
accepter leur projet, comme cela c’est passé à
Bure, dans la Meuse, où les travaux d’aménagement
ont commencé. "Ces déchets sont de
véritables bombes à retardement , déclare
Antoine Soto, adjoint au maire de Figeac et porte-parole des
Verts du Lot, d’autant que les déchets seraient
stockés sur un réservoir hydrographique majeur"
. L’irréversibilité du stockage ne permet
pas de reprendre ces déchets en cas de découvertes
futures en matière de techniques de traitement des
déchets radioactifs (transmutation…). Seul
l’entreposage des déchets et leur traitement sur
le site même où ils sont produits est
envisageable. C'est l'application du principe de précaution,
mis en avant par le Parlement européen, qui doit
prévaloir. De toute façon, la solution à
long terme au problème du stockage des déchets
passe par l’arrêt de leur production… et
donc par la sortie progressive du nucléaire.
Contact
Collectif pour la modernisation de la voie ferrée
Toulouse-Séverac le Château, c/o Jacques
VAISSON 4, Place Sainte Claire, 81000 ALBI Tél.
et Fax 05 63 60 53 47

Un
train d'avance
Les
directives européennes et la Loi d’Orientation
pour l’aménagement et le développement
durable du territoire de juin 1999 mettent l’accent sur
la nécessité d’un rééquilibrage
entre les divers modes de transports. S’inspirant des
batailles gagnées (mais pas encore la guerre…)
par le collectif pour la ligne Béziers - Neussargues -
Clermont, un collectif pour la modernisation de la ligne
Toulouse - Albi - Séverac-le-Château (Aveyron),
s’est constitué, à l’initiative du
groupe d’action municipale "Albi Autrement" et
des Verts. Ce collectif, large et pluraliste, avec la
présence de syndicalistes, d’associations, de
professionnels et de partis politiques, veut réorienter
la politique régionale des transports vers le
ferroviaire et le combiné rail-route. Certains pays
européens comme la Suisse ont su opérer ce
nécessaire rééquilibrage. Ces
différentes initiatives sont complémentaires,
puisque Séverac est situé sur la ligne Béziers
- Neussargues. Les Directives européennes, la loi
Voynet, le contrat de plan Etat-Région - dans lequel les
élus Verts au Conseil régional de Midi-Pyrénées
ont agi pour une augmentation de l'enveloppe destiné au
rail - tout concourt au rééquilibrage entre la
route et le rail dans les meilleurs délais. N'en
déplaise au lobby routier.
Contact
Verts du Lot c/o Antoine SOTO BP80, 46102 FIGEAC Cedex,
Tél. et Fax 05 65 34 51 25

Mais
que cache l'AOC ?
Depuis quelque
temps, dans le Tarn, des porcheries poussent,s'agrandissent…
À croire qu'il y a une pénurie de cochonnailles.
C'est l'Appellation d'origine contrôlée (AOC) des
Monts de Lacaune qui est avancée comme explication à
cette multiplication subite de cochons dans le département.
Des chiffres circulent : 200 000 têtes, 2 porcheries par
canton… Le Tarn serait-il en train de devenir la
Bretagne du Sud-Ouest ? Les salaisonniers de Lacaune affirment,
de leur côté, que potentiellement le nombre de
porcs est suffisant, puisque la zone de production de l'AOC de
Lacaune s'étend sur 3 départements. Seuls
quelques aménagements dans les porcheries déjà
anciennes et la création de petites unités non
industriellespourraient être envisagés. On peut
donc se demander si les vendeurs de porcheries clés-en-main
n'instrumentalisent pas des salaisonniers de Lacaune pour
installer des porcheries industrielles leur permettant
d'écouler leurs marchandises. Pour Lacaune,faisons le
pari d'une AOC de qualité : nourriture sans OGM,
élevages sur paille et de dimensions réduites,
élimination non polluante des déchets, et
pourquoi pas un agrément bio… Alors qu'il faut
favoriser une AOC de qualité, les milliers de porcs
supplémentaires sont une nuisance importante pour les
riverains, et préfigurent la surproduction et les
faillites. L'effondrement des cours de ces dernières
années a eu des conséquences dramatiques pour
certains producteurs. La viande de porc étant exclue de
la politique agricole commune (PAC), l'Europe sera impuissante
et ne pourra pas venir au secours des paysans endettés.
Les vendeurs de farine animale et les marchands de porcheries
seront, à ce moment-là, aux abonnés
absents.

"OGM
destroy"
Partout en Europe, la
lutte contre les OGM (organismes génétiquement
modifiés) s’organise. Ainsi, alors que certains
saccagent le bureau d’une ministre, d’autres
préfèrent des actions, tout aussi illégales,
mais qui mettent en évidence les dangers de la
manipulation des espèces et de la mondialisation
débridée. Avant même le démontage
du Mac-Do de Millau, qui a rendu célèbre José
Bové, des militants de la Confédération
paysanne et des Verts étaient déjà en
lutte contre cette "mal-bouffe" et contre une
certaine vision de l’agriculture et de la mondialisation
économique. Nous avons rencontré Françoise
Matricon, militante de la Confédération paysanne
et porte-parole des Verts de l’Ariège, et Raymond
Fabrègues, porte-parole de la Confédération
paysanne en Aveyron.
Quelles
sont les dernières actions que vous avez menées ?
Françoise
Matricon : Nous avons détruit en juillet 1999 un
champ expérimental de colza transgénique. Sans
longue préparation, nous nous sommes retrouvés à
250. Preuve que la question des OGM intéresse beaucoup
et que des gens sont prêts à prendre des risques
pour les combattre.
Raymond
Fabrègues : Je voudrais revenir sur trois actions.
La première a été menée aux douanes
de Toulouse. Nous avons découvert que des entreprises
importaient des farines animales malgré l’interdiction.
Nous avons porté plainte contre les entreprises, mais
l’instruction traîne. La deuxième, plus
récente, c’est l’action au Centre de
coopération internationale, de recherche agronomique et
de développement (CIRAD) à Montpellier, avec des
paysans indiens venus en France pour dénoncer les
dangers de l’emploi d’OGM dans leur agriculture
traditionnelle. Notre objectif n’était pas
spécialement de détruire des plants, mais lorsque
les Indiens se sont rendus compte qu’ils étaient
en présence de plants de riz génétiquement
modifié, ils ont suivi leur mot d’ordre : "OGM
destroy". La dernière, c’est l’action à
la RAGT (entreprise de semences) de Rodez, en juin 1999, où
nous avons détruit des plants de maïs transgénique.
Quelles
ont été les suites ?
F.M.
: Cinq personnes, militant Verts et/ou de la Confédé,
ont été inculpées. L'organisme qui
expérimente les plants transgéniques nous réclame
250 000 F de dommages et intérêts. Nous attendons
les convocations au tribunal.
R.F.
: Pour l’action à la RAGT, 71 personnes ont
déclaré et signé qu’elles étaient
présentes. Difficile donc de poursuivre tout ce monde.
Par contre, la justice veut montrer que c’est la
Confédération paysanne qui a tout organisé.
La police a perquisitionné le siège de la
Confédé. L’objectif est d’interdire
le syndicat (mais ils auront du travail…) ou de lui
empêcher toute représentation professionnelle en
interdisant les droits civiques à ses représentants.
Mais nous ne sommes pas qu’une vingtaine, et s’ils
arrivent à nous condamner (et ce n’est pas encore
fait), d’autres prendront la relève… Pour
l’action au CIRAD, plusieurs porte-parole départementaux
sont mis en examen.
Quel
impact ont eu ces différentes actions ?
F.M.
: Notre objectif principal était de faire du bruit
autour de l’opacité qui entoure les OGM. Nous y
sommes parvenus. Car si certains prennent des risques
personnels pour lutter contre les OGM, c’est que le
danger peut être important pour la santé. De plus
notre action a déclenché un débat de
scientifiques sur les OGM, lancé par le quotidien
Libération. Quant aux professionnels agricoles, ils
voient ces actions d’un mauvais œil. Pour eux, il
faut laisser faire les scientifiques… Ils ne se
rendent pas compte que c’est la confiscation absolue de
la souveraineté alimentaire qui se joue. C’est
aussi dramatique pour le tiers monde. On leur fait miroiter
qu’avec les cultures d’OGM, ils ne mourront plus de
faim. Mais quand les grandes firmes auront l’exclusivité,
elles feront payer leurs semences au prix fort. C’est
inadmissible.
R.F.
: Une prise de conscience que la nourriture ne doit pas être
considérée seulement comme une simple
marchandise, que les intérêts économiques
et la rentabilité à tout prix peuvent avoir de
graves répercussions sur la santé et sur
l’agriculture en général. Nous voulons
aussi montrer qu’il n’y a pas qu’aux
Etats-Unis que des techniciens et des chercheurs font des
études sur les gènes. Plus largement, c’est
un droit millénaire des paysans qui est remis en cause.
Si une ou deux multinationales possèdent la génétique
des semences, elles auront entre les mains le brevet du droit
du vivant. C’est philosophiquement inacceptable. De plus,
on va vers une industrialisation caricaturale de l’agriculture.
C’est la robotisation de l’agriculture qui
s’annonce, et à travers elle la déshumanisation
de la société. Un Indien me disait : "nos
semences sont plus vieilles que nos temples". Leurs
semences sont en effet un véritable patrimoine culturel.
Contact
Confédération Paysanne de l’Aveyron
30, Avenue de Montpellier 12000 RODEZ, Tél.
05 65 67 44 98
Confédération
Paysanne de l’Ariège, c/o Marc Bosson :
Laborie, 09420 CASTELNAU DURBAN, Tél. 05 61 96 30 43
Plus
de cent villes en France ont déjà interdit les
OGM dans les cantines municipales. Des actions pour convaincre
les municipalités sont en cours dans notre région.
Ainsi, les Verts de Tarbes, la Confédération
paysanne et l'UMINATE 65 ont lancé une grande campagne
de sensibilisation dans toutesles Hautes-Pyrénées.
Des actions bientôt relayées par d'autres
départements, dont le Tarn…

Vos
papiers !!!
Le Parlement européen,
dans sa résolution du 17 février 1998, engage
"tous les Etats membres [...] à procéder à
la régularisation des sans-papiers dans le respect des
droits de l'homme et des conventions internationales".
Certains pays n'ont pas suivi, favorisant en cela le maintien
d'une main-d'œuvre surexploitée et non
déclarée. La défense des droits des
migrants est partie intégrante d'une Europe sociale
respectueuse des hommes et des femmes qui la font. La France
est bien un des mauvais élèves de la classe.
L’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie
ont déjà régularisé tous les
sans-papiers qui en ont fait la demande, et la Belgique
s’apprête à le faire. Les lois Pasqua ne
sont toujours pas abrogées, malgré les promesses,
et la circulaire Chevènement est restée dans la
logique de méfiance envers l'autre. Mais des actions
ont lieu dans toute la France. Un des moyens de lutte est le
parrainage. Le principe est simple : une "cérémonie"
le met en place. Le parrain est responsable de son filleul. Il
suit son dossier et l’assiste dans toutes ses
démarches. Un exemple en Gironde où des Verts
et des militants d’autres organisations se sont mobilisés
pour parrainer une trentaine de sans-papiers. "Le premier
parrainage a eu lieu à Bègles en juin 1998. Noël
Mamère était le maître de cérémonie",
déclare Michel Etienne, militant Vert et un des
créateurs de GASPESI (groupe d’action et de
solidarité aux personnes étrangères en
situation irrégulière). L’objectif de
GASPESI est de rassembler les énergies pour agir plus
efficacement. "Le parrainage n’est pas notre seul
moyen d’action. Nous avons bien sûr soutenu les
grévistes de la faim à l’église
Saint-Paul à Bordeaux, mais nous essayons d’agir
aussi en direction des élus nationaux et européens.
Certains agissent, mais d'autres, les plus nombreux, restent
sourds…". Depuis les premiers parrainages,
d’autres cérémonies ont eu lieu. De
fréquentes manifestations dans les rues de Bordeaux ont
permis de maintenir la pression sur la préfecture. Une
stratégie qui porte ses fruits, puisqu’une
vingtaine de sans-papiers ont été régularisés
: 10 grévistes de la faim et une dizaine de
filleuls. Michel Etienne conclut : "depuis mars 1999,
les grévistes de la faim ne sont pas inquiétés.
On peut s’en étonner mais on s’en réjouit
aussi. À notre connaissance, un seul sans-papiers a reçu
une invitation à quitter le territoire, mais la police
n’a pas pu le retrouver…".
Verts
Gironde, c/o Michel ETIENNE 32 rue Porte-Dijeaux,
33000 Bordeaux Tél.
05 56 81 82 47

Arrêtons
le massacre
Tous les ans, en
février, des dauphins viennent s'échouer sur les
plages d’Aquitaine. Suicide collectif ? Parasites
cérébraux qui détruisent leur sonar ? La
vérité est ailleurs. En effet, dans le golfe de
Gascogne, il n'y a pas que des petits bateaux de pêche
artisanale, il y en a aussi de gros : les bateaux
pélagiques. En tirant un même filet à
deux bateaux, ces industriels pratiquent la pêche la
moins sélective et la plus dévastatrice qui soit.
Et ils savent très bien qu'ils vont ramasser dans leurs
filets beaucoup de dauphins. La mort des dauphins n’est
que la partie émergée d'un iceberg qui se nomme
rentabilité à tout prix. Depuis plusieurs
années, les écologistes et l'association de
pêcheurs basques ITSAS GEROA demandent l'adoption d'un
moratoire pour l'utilisation de chaluts pélagiques dans
les eaux communautaires de Gascogne au sud du 46e parallèle
nord, jusqu'à ce que des études indépendantes
démontrent que le renouvellement des stocks de poissons
permet une exploitation durable. L'association ITSAS GEROA
veut mobiliser tous les pêcheurs du golfe de Gascogne
pour réclamer ce moratoire et défendre une pêche
respectueuse des espèces. Ils se battent aussi pour
préserver leur métier mis en danger par ces
grandes embarcations. Début mars, une réunion
a regroupé des pêcheurs du pays basque français
et espagnol, des Asturies, de la Galice et du Portugal. Ils ont
dénoncé la pêche industrielle et la
situation catastrophique des stocks de poisson dans cette
région. Ils veulent aussi s'organiser pour porter leurs
revendications au niveau européen. "C'est une union
historique" a confirmé Robert Alvarez, président
de l'association ITSAS GEROA. Yves Pietrasanta, eurodéputé
Vert, membre de la commission Pêche au Parlement européen
a relayé les revendications des pécheurs devant
le Parlement pour l’obtention d’un moratoire, afin
que les dauphins ne soient plus les victimes de la
mondialisation et de la concurrence sauvage.
Association
ITSAS GEROA Robert ALVAREZ 40 rue François
Bibal, 64500 St-Jean-de-Luz Tél. et Fax 05 59 26 29
06

Moquette
mouillée chez EDF
Fin 1999
: la tempête fait rage sur toute la France. Les arbres
tombent, les eaux montent… la lumière n'arrive
plus. Ce scénario débouche sur une catastrophe
nucléaire d'une importance majeure. Pas de
catastrophisme, mais quand même. En effet, dans la
nuit du 27 au 28 décembre, deux réacteurs de la
centrale atomique du Blayais, construite sur l'estuaire de la
Gironde, ont dû être arrêtés pour
cause… d'inondation. EDF savait que la digue qui sépare
la centrale de la rivière n'était pas assez haute
dans des conditions exceptionnelles. Résultat :
inondation des sous-sols de la centrale ainsi que de tous ses
accès. Derrière cet "incident"
ressurgit le débat sur la sécurité et sur
l’opacité des installations nucléaires.
Alors que l'on ne peut que saluer le travail qu'ont pu
effectuer tousles agents d'EDF - service public - l'entreprise,
restée fidèle à sa stratégie de
désinformation sur cet événement, doit
effectivement aux Français "plus que la
lumière". La tempête a aussi montré
que le choix énergétique des années 70,
qui donne la priorité au nucléaire et donc à
une production d'électricité centralisée,
était risqué. La même tempête en
Allemagne a eu des conséquences beaucoup plus limitées
sur les installations électriques. En cette nuit de
décembre, "l'indépendance" énergétique
de la France est devenue une vulnérabilité. La
majorité des pays européens l'ont bien compris.
Certains n'ont jamais fait ce choix, d'autres l'abandonnent
progressivement. La seule centrale construite en Autriche n'a
jamais fonctionné puisqu’un référendum
rejetant le nucléaire est intervenu avant sa mise en
route ! Les Italiens et les Suisses ont eux aussi exprimé
leur désaccord lors d'un référendum. Quant
à la Grande-Bretagne, quand Thatcher a voulu privatiser
l'industrie nucléaire anglaise, elle n'a trouvé
aucun repreneur car le nucléaire est trop peu rentable.
L'Europe montre que la sortie du nucléaire est possible.
N'en déplaise au lobby atomique
TCHERNOBLAYE Cinéma
Utopia, 5 Place Camille Jullian, 33000 Bordeaux Tél.
05 56 92 19 95

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