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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Droit
devant ! 500 000 morts par an Mare Nostrum Faut pas
décloner ! A l'arraché Petite leçon
d'eurojargon Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Natureland Légitimité
citoyenne contre légalité en panne Donc à
Millau … Droit d'asile, droit ultime
L'Europe
vue d'Aquitaine De
l'eau dans le gaz L'été
indien Château-Hélico Fumée noire sur
Fumel
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°4 – Automne 2000
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Droit
devant !
La Convention de la Charte
est composée de 16 représentants du Parlement
européen, 30 représentants des parlements
nationaux, 15 représentants des chefs d’Etat
et de gouvernement, et d’un représentant de la
Commission européenne. Lancée
par les chefs d’Etat des quinze à Cologne en juin
1999, l’élaboration d’une Charte des droits
fondamentaux (CDF) sera à l’ordre du jour du
sommet de Biarritz, en octobre prochain. La CDF peut constituer
une avancée considérable de l’Union
européenne, en mettant au cœur du processus
européen le citoyen, et plus uniquement le marché.
L’enjeu : placer les droits fondamentaux de la personne
en amont de toutes les politiques européennes. Les
droits de l’être humain ne figurent pour l’instant
dans les traités européens que de manière
parcellaire et confuse. La CDF regroupera et renforcera
l’arsenal juridique existant, et lui apportera une
plus-value symbolique essentielle, à l’heure où
l’Europe s’interroge sur son identité et sur
ses valeurs. Quant aux textes déjà existants au
niveau international (Déclaration universelle des droits
de l'homme ou Charte du Conseil de l'Europe), tout en ayant une
valeur juridique limitée, ils ont déjà un
demi-siècle d'existence et ne prennent donc pas en
compte les évolutions récentes de nos
sociétés. La Convention chargée
d’élaborer une proposition de Charte, et à
laquelle participe Alima Boumédiene-Thiery, suppléante
du député Vert autrichien Johannes Voggen-huber,
distingue trois types de droits : les droits civils et
politiques (intégrité de la personne, droit
d’asile, liberté de pensée…) ; les
droits des citoyens (droits civiques, droit à
l’éducation, à l’accès aux
documents, liberté de circulation…) ; et enfin
les droits économiques et sociaux (droits aux soins,
droit du travail et droit au travail, protection des
consommateurs…). Les discussions achoppent notamment sur
cette troisième catégorie, car le Royaume-Uni,
par exemple, redoute plus que tout la naissance de l’Europe
sociale. Autre clivage : entre les partisans d’une Charte
minimaliste, qui ne recenserait que les droits justiciables -
permettant au citoyen d’ester en justice -, et ceux, dont
les Verts, qui souhaitent l'ajout de droits plus généraux
(à un environnement de qualité, au travail…)
et de nouveaux droits (protection contre les dérives de
la biotechnologie ou de l'informatique…).
Contraignant
ou non ? La CDF doit-elle n’être qu’une
affirmation symbolique des valeurs communes de l’UE, ou
au contraire faire partie des Traités, et devenir ainsi
une source, du droit communautaire ? Cette question détermine
les positions des acteurs en présence. Les Verts et les
autres partisans d’une Charte à la fois
consistante et contraignante dénoncent la méthode
de travail imposée, car l’unanimité étant
requise, aussi bien dans la Convention qui élabore qu’au
Conseil de l’Union européenne qui adopte, les
consensus se font souvent au rabais. Par ailleurs, les Verts
restent très attachés à certains
principes, entre autres que les droits fondamentaux, par
définition universels, doivent être garantis à
tous les résidents de l’Union, et non aux seuls
citoyens européens. En l'état des débats,
on constate, comme les ONG mobilisées sur ce dossier,
que la Charte n'est en définitive ni complète, ni
contraignante, ni universelle. Il faut souhaiter soit un
sursaut à Biarritz, soit un prolongement du mandat à
Nice en décembre.

500
000 morts par an
L’industrie
du tabac s’emploie de plus en plus à empoisonner
le tiers monde
Un
demi-million de victimes chaque année, c’est le
triste bilan du tabagisme dans les 15 pays de l’Union
européenne. En juin dernier, le lobby du tabac a essuyé
un revers au Parlement européen. En première
lecture, les amendements soutenus entre autres par
Didier-Claude Rod, rapporteur du groupe des Verts sur ce
dossier, et contestés par le lobby du tabac représenté
par M. Lechner, député allemand de la CDU, ont
obtenu une nette majorité de l’Assemblée
(plus de 300 voix). Rappelons qu’en seconde lecture, si
un texte n’atteint pas 314 voix au Parlement européen
(la moitié des députés, présents ou
non), c’est le Conseil des ministres de l’Union qui
est en position de force pour arrêter la décision
finale (cf. éditorial de Carré d’Europe
n°3). Si ce vote est confirmé en seconde
lecture, les avertissements sur les paquets de cigarettes
couvriront 35 % de la surface du paquet, afin qu’on ne
puisse plus les ignorer, et les appellations mensongères
de "légères" ou "ultra-légères",
qui s’appliquent en réalité à des
cigarettes tout aussi nocives que les autres, seront
interdites. De plus, les taux maximaux autorisés de
nicotine (qui provoque l’accoutumance), de goudron (qui
encrasse les poumons) et de monoxyde de carbone (gaz toxique)
seront réduits, tandis que l’ammoniac (qui
augmente la dépendance) sera interdit. Les Verts
demandent que ces mesures s’appliquent aussi, le plus
vite possible, pour les exportations, car l’industrie du
tabac s’emploie de plus en plus à empoisonner le
tiers monde et l’Europe de l’est, et à
propager les clichés les plus absurdes du mode de vie
occidental. Reste la question de la publicité.
Théoriquement interdite en France et dans quelques
autres pays de l’Union, elle se déguise en fait
sous des marques de vêtements ou de raids sportifs (un
comble !). Mais elle reste parfaitement autorisée dans
plusieurs pays européens. Une autre directive européenne
se propose d’interdire toute publicité sur le
tabac. L’avocat général de la Cour
européenne de justice, M. Fennelly, demande pourtant son
annulation, se fondant sur les règles habituelles du
libéralisme ("il n’est pas dans l’intérêt
du Marché intérieur d’interdire la
publicité"). Didier-Claude a rappelé que le
principe de démocratie, incluant la protection des
citoyens contre les effets pervers du marché intérieur,
doit prévaloir sur les lois du marché.Mais, de
même que l’Etat fait preuve de schizophrénie
entre son rôle de garant de la santé publique et
les recettes qu’il tire des taxes sur les drogues légales
(tabac et alcool), l’Union européenne dépense
près d’un milliard d’euros par an pour
soutenir les producteurs de tabac, contre une somme dérisoire
consacrée à la prévention des cancers et
des maladies cardio-vasculaires. Les Verts ne prônent pas
l’arrêt brutal de toute subvention, mais d’abord
la reconversion vers d'autres cultures. Ils proposent en outre,
par la voix de Danielle Auroi, d’utiliser le fonds
européen de recherche et d’information sur le
tabac pour améliorer les pratiques culturales, afin de
réduire les taux de nicotine et de goudron.

Mare
Nostrum
MEDA est l’instrument
financier du partenariat euro-méditerranéen,
parfois appelé "processus de Barcelone" (cf.
Carré d’Europe n°3). Plusieurs défauts
ont été repérés dans ce programme,
notamment le manque de transparence et de règles
simples, la trop faible place accordée à
l’environnement, le manque de participation des
populations concernées à l’élaboration
des projets, le manque de relations sud-sud et de coopération
décentralisée, et enfin la mauvaise exécution
du programme : seulement 26 % des sommes prévues ont été
engagées pour l’instant. Le rapport de
l'eurodéputé Vert Yves Piétransanta sur ce
bilan de "MEDA" a été adopté par
le Parlement européen à la quasi-unanimité
en septembre. Il servira de propositions pour la mise en œuvre
de MEDA 2, de 2000 à 2006). En positif : une
augmentation du montant, qui atteint 4 milliards d’euros
; les projets verront le jour avec la participation active des
ONG et de la société civile. Les droits de l'être
humain seront également pris en compte pour le choix des
projets. En négatif : les crédits affectés
à la coopération décentralisée au
niveau des régions (10 %) restent insuffisants par
rapport à ceux consacrés à la coopération
entre Etats (90%). Or les actions régionales
correspondent à un objectif d'efficacité, en
impliquant plus finement les acteurs locaux. Par ailleurs,
Yves demande une relance des programmes sur l'eau, les énergies
renouvelables, l'aide aux PME et les transports. Chris Patten,
commissaire européen, a donné son accord à
ces propositions, de même que la présidence
française de l'Union. Mais les Verts restent inquiets de
la philosophie générale du programme, qui reste
globalement dans la ligne des institutions de Bretton Woods :
FMI et Banque mondiale. À Marseille en novembre prochain
seront réunis les pays concernés par ce
partenariat euro-méditerranéen. Pour l’instant,
ce rendez-vous semble mal engagé, par manque de
motivation des autorités françaises, en charge
pourtant des destinées de l’Union jusqu’à
la fin de l’année. A suivre.

Faut
pas décloner !
Le
Parlement européen a toujours été très
réservé sur l’utilisation des
biotechnologies, et hostile au clonage humain. Or cet été,
le Royaume-Uni a décidé de légiférer
en la matière, sans aucune concertation avec les
instances de l’Union européenne, en ouvrant la
voie à un clonage thérapeutique d’embryons
humains. Rappelons que la distinction entre clonage reproductif
et clonage thérapeutique est une mystification, la
technique étant la même. Lors de la session de
septembre, le groupe Vert/ALE a demandé que soit
organisé un débat avec la Commission européenne
sur le clonage humain. Il a également proposé
contre l’avis du groupe socialiste un texte, voté
de justesse par le Parlement (237 pour, 230 contre et 43
abstentions), et qui réaffirme : "le clonage
thérapeutique, qui implique la création
d’embryons humains à des fins de recherche,
soulève un dilemme moral profond, franchit une limite
irréversible des normes en matière de recherche,
et est en contradiction avec l’ordre public comme adopté
par l’Union européenne". Le Parlement
européen a également décidé de
n’accorder aucune subvention aux laboratoires qui
feraient des recherches sur le clonage des embryons humains.
Texte
complet disponible en nous contactant : gonesta@europarl.eu.int

A
l'arraché
Lors
de la session de septembre, deux rapports présentés
par des Vertes ont été adoptés par le
Parlement après une belle bagarre en plénière,
et alors qu’ils étaient contestés l’un
comme l’autre dans la commission parlementaire
compétente. D’une part le rapport de la Suédoise
Inger Schörling sur l’évaluation des
incidences de certains plans et programmes sur l’environnement
; d’autre part le rapport d’Alima Boumédiene-Thiery
sur la liberté de circulation et d’installation
des personnes. Autre point commun à ces deux rapports,
qui explique en partie leur adoption : ils
étaient soutenus par des intergroupes
:
"Développement soutenable" et "Environnement"
pour le premier, "Antiracisme" pour le second.

Petite
leçon d'eurojargon
Les
Intergroupes Comme son nom l’indique, un
"intergroupe" est constitué de manière
transversale aux groupes politiques du Parlement européen.
Il réunit des députés de tous bords, mais
désireux de travailler ensemble sur un sujet bien
précis. On peut parler d'une sorte de "lobby"
interne. Depuis peu, sur demande des deux principaux groupes,
PPE et PSE - soucieux de limiter les espaces de liberté
parlementaires qu'ils n'arrivent pas à bien contrôler
-, et contre l’avis du groupe Vert-ALE, le nombre des
intergroupes a été limité à 20,
contre près d'une centaine auparavant. Mais chaque
député est (encore ?) libre de participer aux
travaux de plusieurs intergroupes. Ceux-ci ont un
fonctionnement et un financement ne dépendant pas du
Parlement européen. Ce sont les députés
eux-mêmes, les groupes politiques et parfois des ONG qui
prennent directement en charge les frais de fonctionnement des
intergroupes. Ce sont des lieux de formation et d'information,
mais aussi parfois d'élaboration de “ coups ”
politiques ciblés.
Les
Verts français ont investi les intergroupes suivants
: Antiracisme et fascisme (avec Alima
Boumédiene-Thiery, Didier Claude Rod et Danielle
Auroi) ATD Quart Monde (avec Hélène
Flautre) Bien-être animal (avec Marie Anne
Isler Béguin et Danielle) Cinéma,
audiovisuel, et propriété intellectuelle
(avec Dany Cohn-Bendit et Danielle) Constitution
européenne (avec Gérard Onesta, Alima et Dany
) Initiatives pour la paix (avec Alima) Nations
sans Etat (avec Marie Anne, Hélène et
Gérard) Minorités linguistiques (avec
Gérard) OMC (avec Alain Lipietz et
Danielle) Pêche et environnement (avec Yves
Piétrasanta) Santé et médecine
complémentaire, population, développement
soutenable et démographie (avec Marie Anne et
Didier-Claude) Taxation du capital, fiscalité,
mondialisation (avec Alain et Danielle)
Existent
aussi les intergroupes suivants, dans lesquels sont souvent
investis d’autres membres du
groupe Vert/ALE : Ciel et
espace Handicapés Etat
hébreu/Europe Îles Pan-européen SOS
démocratie Tibet Troisième et quatrième
âge

Vrac
d'Europe
Chiche
! Banquet (AG) de Chiche ! du 20 au 24 septembre au
château de Livier, nord de Privas. Ateliers et débats
sur : - précarité de la jeunesse (avec JOC,
MRJC, MNCP, Combat pour l'emploi, Mix-cité, ATTAC), -
les acteurs de l'écologie au quotidien (Robin des Bois,
Amis de la Terre (AT), Artisans du monde, Réseau
Eco-villages (REV), Réseau Action-climat (RAC),
Volubilis), - les nouvelles formes d'action militante (Robin
des Bois, Réseau pour une ville sans voiture,
Car-busters, Reclame the street, EYFA, l'école
Steiner), - non-violence (MAN), - the Bet (le pari contre
l'effet de serre), avec les AT, RAC et Polénergie, -
les OGM (Confédération paysanne, Stop-OGM), -
le revenu d'autonomie pour tous (Combat pour l'emploi, Droits
devant, AC !), - les ruraux, les néo-ruraux, la ville
à la campagne (Verts Ardèche, REV). Marche
européenne des femmes, du 9 au 13 octobre en Wallonie et
le 14 octobre à Bruxelles. Contact : tél : 01
44 62 12 33, e-mail : marchfem@ras.eu.org Conférence
de La Haye (changements climatiques), du 20 au 24 novembre. Un
départ à vélo est organisé de Paris
le 4 novembre. Forum associatif, le 27 novembre au Sénat. Au
programme : rapport nord-sud, SIDA, droits des
femmes Rendez-vous à Nice, du 6 au 7 décembre,
avec la FJEE, Contact : carole.duvale@ernst-young.fr
ou
Marjorie Piras, tél : 01 45 49 81 66. Séminaire
FJEE sur les villes écologiques, du 3 au 10 décembre.
Contact : benjamin.rosoux@caramail.com 3
et 14 décembre, action avec Ecoropa, Droits devant,
la Confédération paysanne et KMP (syndicat
indien). Contact : ecoropa@magic.fr Contact Chiche !
Olivier Richard, 107 av. Parmentier, 75011 Paris, tél.-
fax : 01 43 55 44 05 richardolivier@yahoo.fr
Assiduité
Les élus sont souvent montrés du doigt
pour leur absentéisme dans les hémicycles. En
juillet, le Point a fait le bilan pour les eurodéputés
français, un an après leur élection. Seule
la présence dans les sessions plénières du
Parlement est comptabilisée, et non celle dans les
commissions parlementaires à Bruxelles. Globalement, les
députés européens français sont
plus assidus que lors des précédentes
législatures. Cela reflète l’augmentation
du pouvoir de ce parlement et l’affirmation des
thématiques européennes au sein de la classe
politique française. Il n’y a guère de
différences entre les groupes, la moyenne se situant aux
alentours de 70 à 75 % de présence. Cinq députés
Français (sur 89) sont à 100 % de présence,
dont Nicole Fontaine, la présidente du Parlement, et
Gérard Onesta, vice-président. Deux Vertes
approchent les 100 % : Alima Boumédiene-Thiery et Marie
Anne Isler Béguin. Quant à Robert Hue, dernier de
la classe (7 %), il a enfin eu la décence de
démissionner cet été du Parlement
européen. Pour la petite histoire, en milieu de
classement, le chasseur Jean Saint-Josse partage la même
place que Dany Cohn-Bendit…
À
l’est d’Eden Terrible déconvenue
dans la redoutablement célèbre Commission
économique et monétaire du Parlement européen.
Alain Lipietz y avait présenté un rapport sur ce
que serait une "intégration réussie des pays
candidats", où il détaillait les mesures à
prendre pour faciliter l'adhésion de ces pays d'Europe
centrale et orientale à l'Union européenne, sans
trop de casse sociale chez eux et sans concurrence excessive
chez nous. La majorité de droite a rejeté une à
une toutes ses conclusions. Comme si on voulait accoucher
l'Europe dans la douleur… Le combat reprendra en
plénière. Rapport disponible sur le ouèb
: www.lipietz.net
On
l’appelait Alex Les défenseurs de la
paix dans le monde, ceux qui luttent contre la peine de mort ou
pour la naissance d’un droit pénal international,
se rappellent certainement d'Alexander Langer, député
européen du Trentin Haut-Adige (nord de l’Italie),
et ancien président du groupe Vert. Créateur
entre autres du Forum de Vérone, qui a tenté
d’éviter la guerre en ex-Yougoslavie par le
dialogue, Alex fut une grande figure du mouvement pacifiste et
écologiste. Pour le cinquième anniversaire de sa
disparition, les Verts ont inauguré une salle à
son nom au Parlement européen à Strasbourg. Pour
prolonger l'œuvre d'Alex, contactez la fondation tél
: (00 39)-0471-977691, langer.foundation@tin.it
Règlement
à la noix Le Canarium indicum pousse dans le
Pacifique occidental et produit la noix de Nangaille. C’est
la plante la plus anciennement cultivée au monde. La
commercialisation de cette noix en Europe permettrait à
des paysans du Vanuatu de vivre décemment, d’un
produit sain, savoureux et nourrissant. Hélas !
l’interprétation abusive du principe de précaution
par la Commission européenne et la stratégie
habituelle dite du "parapluie" ont fait classer la
noix de Nangaille dans les "nouveaux aliments", comme
un vulgaire OGM, alors qu’elle est consommée
depuis au moins 14 000 ans sur place, et depuis quelques années
en France. Pour dénoncer cette incohérence et
réclamer d’urgence le déblocage du dossier,
Gérard Onesta a distribué à tous les
députés européens, en juillet, un sachet
contenant des noix, une explication et une lettre à
faire parvenir à David Byrne, commissaire européen
chargé de la santé et de la protection des
consommateurs. Si la récolte, dont le produit annuel
équivaut à celui de l’abattage, ne peut
être écoulée, la déforestation se
poursuivra. Contact : Anne Maistre, Tiergues,
12400 St-Affrique, tél : 05 65 99 09 47.
www.pacificnuts.com
Taoufik
Faire reculer la peur de tout un peuple. C’était
le but du retour du journaliste Taoufik Ben Brik en Tunisie.
Réfugié politique pendant 5 mois en France, il
était venu à Strasbourg en mai dernier à
l’invitation de plusieurs députés européens
(cf. Carré d’Europe n°3). Escorté
de personnalités dont les eurodéputés
Verts Hélène Flautre et Dany Cohn-Bendit, Taoufik
est rentré triomphalement à Tunis le 7 septembre
2000, pour défier la dictature insidieuse de Ben Ali.
La
vie duraille La hausse des prix du pétrole
agit comme un révélateur des contradictions où
s’enferre parfois l’Europe. Ainsi, Loyola de
Palacio, la très libérale commissaire européenne
aux transports et à l’environnement,
réclamait-elle jusqu’à tout récemment
des autoroutes pour désenclaver la péninsule
ibérique. De la même manière, la
libéralisation des chemins de fer (le fret tout de
suite, et les voyageurs en 2010), discutée en ce moment
au Parlement européen, risque de compromettre la
nécessaire relance du ferroviaire face à la
route, comme l’a montré l’échec de la
privatisation du rail au Royaume-Uni. Dossiers suivis par Marie
Anne Isler Béguin, Contact : Marie-Anne,
tél : (00 32) 22 84 75 72, maisler@europarl.eu.int
Pompes
funestes Flambée du baril, chute de l’euro
: et c’est toute l’Europe qui subit un troisième
choc pétrolier. Comme d’habitude, le pays des
râleurs gaulois est le premier à connaître
des barrages routiers et autres manifestations de ras-le-bol.
Les mesures prises dans l’urgence par MM. Gayssot et
Glavany ont donné aux Verts la nette impression que le
gouvernement mettait par terre les débuts timides de la
fiscalité écologique. Le 7 septembre, les 9
eurodéputés Verts ontinterpellé la
commission, devant la presse, rappelé ce que devait être
une politique "durable" des transports et de
l’énergie, et quelles mesures immédiates
pourraient s’inscrire dans cette vision à long
terme. Texte de la conférence de presse disponible
auprès d’Annie Lahmer. Contact :
Annie, tél : 01 47 53 76 76,
francais.lesverts@worldonline.fr
Echelon
Suite et fin (provisoire ?) du feuilleton (cf. Carré
d'Europe n°2) sur le système d'espionnage
Echelon : les socialistes ont joint comme prévu (cf.
Carré d'Europe n°3) leurs voix aux
démocrates-chrétiens pour repousser une
commission d'enquête parlementaire et lui préférer
une simple "commission temporaire", sans pouvoir
d'investigation. Argument avancé par ces deux groupes :
"on n'aurait pas reçu de réponse à
nos questions". Paul Lannoye, président du groupe
Vert/ALE, leur a répondu en plénière que
la plus sûre façon de ne pas recevoir de réponse,
c'est de s'interdire soi-même de poser des questions. Il
semble hélas ! qu'il fallait à tout prix protéger
les gouvernements britanniques, conservateurs et travaillistes
confondus. Côté PS les socialistes Français
ont sauvé l'honneur en votant avec les Verts, les
communistes et une petite partie de la droite.
Qui
rit vendredi Il a dû faire une drôle de
tête, l'énarque qui a cru installer définitivement
le Parlement Européen à Strasbourg en gravant
dans le marbre des traités que cette ville accueillerait
12 sessions plénières par an. Le benêt
avait oublié de préciser la durée des
sessions… Le lobby bruxellois vient d'obtenir que la
semaine alsacienne soit amputée du vendredi. "Strasbourg
l'européenne" est depuis lors en état de
choc. Et si le Parlement partait ? Il est vrai que la
dispersion sur trois lieux (secrétariat à
Luxembourg, commissions à Bruxelles, plénières
à Strasbourg) coûte cher à l'assemblée
: 13 % de son budget. Comment sortir de cette guerre de
clochers en permettant que les députés contrôlent
mieux Conseil et Commission, basés à Bruxelles,
tout en affirmant une Europe multipolaire, décentralisée
- entre autres - à Strasbourg, ville symbole de la paix
retrouvée ? Un vrai bicamérisme ne serait-il pas
la meilleure façon d'utiliser les 2 hémicycles ?
Les eurodéputés Verts français ont
engagé une réflexion de fond dont Carré
d'Europe se fera l'écho.

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Natureland
Pourquoi
ne pas y avoir pensé plus tôt ? Un parc naturel
dans ce magnifique patrimoine que constituent les gorges de
l’Aveyron et la forêt de la Grésigne. À
cheval sur le Tarn-et-Garonne, le Tarn et l’Aveyron,
c'est un territoire remarquable par la beauté de ses
paysages, la richesse de sa faune, de sa flore et de son
histoire, sa diversité géologique et
écologique. Un parc naturel régional est
l’occasion de renforcer le partenariat intercommunal et
dépasser les clivages départementaux, de
préserver des richesses et de concrétiser des
projets de développement cohérents dans les
domaines touristique mais aussi économique et
culturel. C’est un véritable laboratoire pour
développer le concept de développement durable si
cher aux écologistes. Les orientations nationales
d’aménagement du territoire vont dans ce sens, les
directives européennes et les critères de
financement de l'Union également… C'est pourquoi
il faut être exigeant. Exigeant sur les partenariats, en
associant le maximum d’institutions, de collectivités
et d’associations concernées par le projet.
Exigeant sur la cohérence du périmètre du
Parc : est-il pensable d’inclure dans le parc une zone de
tir de l'armée ou un site envisagé pour le
stockage de déchets nucléaires ? Exigeant sur la
Charte du parc, qui doit évoquer la gestion des déchets,
ou les critères de préservation des espèces…
Car c'est la Charte qui fait la force d'un parc. Sans ces
préalables demandés par Gérard Onesta,
lors d'une réunion d'information, ce parc ne deviendrait
rapidement qu'une opération politicienne. L’association
de promotion du parc, lancée par le Conseil général
du Tarn-et-Garonne, n'apporte pas encore toutes ces garanties.
La délimitation géographique reste floue. Les
communes sont peu impliquées et les associations
adhèrent à reculons. Ce manque d’enthousiasme
cacherait-il une méfiance vis-à-vis d'élus
qui ont parfois tendance à asseoir leur pouvoir local au
détriment de l’intérêt général
? Souhaitons quand même que le "Parc naturel
régional des Bastides, des gorges de l’Aveyron et
de la Grésigne" soit aussi réussi que son
nom est long.
Contact
www.pnr-causses-bastides.com

Légitimité
citoyenne contre légalité en panne
Françoise
Matricon, Bernard Voegeli, Fernand Odon - tous trois membres
des Verts - et Marc Bosson, président de la
Confédération paysanne de l'Ariège, ont
été jugés le 5 septembre pour "destruction
de récoltes en réunion". Ils risquaient
jusqu'à 500 000 FF d'amende et 5 ans de prison ! Leur
"crime" : avoir participé, avec 250 autres
personnes, au fauchage d’une parcelle expérimentale
de colza génétiquement modifié, et l’avoir
ensuite publiquement revendiqué. Ce procès a
donné lieu à une mobilisation de ceux qui,
courageusement, résistent face à la manipulation
du vivant par des multinationales sans scrupules. La dimension
européenne était présente à ce “
petit Millau ”, à travers José Bové,
en provenance de Biarritz où se réunissait le
Conseil des ministres de l'Agriculture des 15, qui discutait
des OGM; et Gérard Onesta, qui arrivait de Strasbourg où
le clonage était à l’ordre du jour. Rappel
des faits. En 1998, le CETIOM (Centre Technique
Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains),
contrôlé par les industriels des oléagineux
(stockeurs, huiliers, semenciers, producteurs), met en place
une culture de colza transgénique à Gaudiès,
en Ariège. En 1999, l'expérience est reconduite,
portant sur la mesure du taux d'hybridation entre le colza
transgénique et sa proche parente, la ravenelle. Les
tests de laboratoire indiquaient pourtant déjà
que l’hybridation existe avec d’autres plantes
(moutarde…). Pourquoi alors prendre ce risque certain
d'un test à grande échelle en pleine nature ? En
2000, même secteur, même protocole, négligeant
la proximité de cultures de colza et de ruches. La
parcelle a de nouveau été fauchée par plus
de 300 personnes. Une majorité de citoyens, mais
aussi de députés européens, souhaitent un
moratoire sur les OGM. Mais le Parlement de l’Union
n’écrit pas encore pleinement la loi. Il faudrait
pour cela un saut institutionnel vers une vraie démocratie,
comme le réclament les eurodéputés Verts.
Ainsi, tant que leur Parlement européen ne pourra pas
imposer légalement le principe de précaution, la
révolte des faucheurs ariégeois restera légitime.
Contact
Verts Ariège C/O Françoise Matricon,
Sarnac, 09120 Ventenac

Donc
à Millau …
Pari gagné
à Millau, le 30 juin dernier. Le procès de José
Bové et de ses compagnons de la Confédération
paysanne et des Verts fut un grand moment, entre fête et
débats. Le vert était très visible dans la
rue, mais aussi le rouge, le noir… sans compter les plus
nombreux, ceux qui ne sont nulle part mais qui ne veulent pas
d’un monde gouverné par l’argent. Ce qui
fera dire à José que le 30 juin serait désormais
la "date anniversaire de la lutte contre la
mondialisation". Le jugement rendu le 13 septembre 2000,
d’une sévérité révoltante ne
peut du’accroître la mobilisation. À
Millau, on a pensé globalement. Mais au jour le jour, il
y a aussi toutes les luttes locales. Gérard Onesta
s’était rendu dans le Millavois quelque temps
avant le procès, en compagnie du leader écologiste
aveyronnais Alain Desjardin. Il a pu ainsi toucher du doigt
toutes ces actions convergentes : contre des porcheries
industrielles, pour un traitement cohérent des déchets
ménagers dans le site des Grands Causses, contre le
lobby nucléaire qui cherche un lieu de stockage pour ses
poubelles, ou encore contre un viaduc pharaonique destiné
à faire sauter le fameux bouchon de Millau, alors qu’un
tracé plus utile et moins coûteux est possible. La
réussite du rassemblement de Millau, c’est avant
tout l’addition et la cristallisation de toutes ces
luttes locales, car même le curé le plus
réactionnaire vous le dirait : la "grand-messe"
ne sert à rien si la "foi" n’est pas
vécue au quotidien
Contact Dossier
Viaduc , Léon Maillé, 05 65 60 68 57 Dossier
déchets ménagers, Philippe Roulle, 05 65 49 01
75 Dossier nucléaire , Béatrice Garcia , 05 65
39 97 83 Dossier porcherie , Olivier Danet , 05 65 62 22 65
ou Michel Delmas, 05 65 99 63 74

Droit
d'asile, droit ultime
Serra Leone,
ex-Yougoslavie, Turquie, Algérie, Zaïre…
autant de situations politiques qui poussent certains à
rejoindre l’Europe pour tenter de vivre une existence
plus humaine. Commence alors un véritable parcours du
combattant pour que soit reconnu leur statut de réfugié.
Carré
d’Europe a rencontré Alain Giraud, directeur du
centre de réfugiés et du Centre d’Accueil
et de Demandeurs d’Asile (CADA) d’Albi, afin de
faire le point de la situation tant au niveau local que
national et européen.
Qu’est-ce
qu’un "demandeur d’asile" ? Alain
Giraud : c’est quelqu’un qui se plaint
de persécutions dans son Etat d’origine. Il
demande donc une protection pour des raisons politiques,
religieuses ou de persécution ethnique. Le nombre de
demandeurs d’asile s’accroît tous les ans.
L’année prochaine on en attend 40 à 45 000
en France, alors que les structures d’accueil ne pourront
accueillir que 6 000 demandeurs ou réfugiés
statutaires. Les critères pour accéder au
statut de réfugié sont très stricts. C’est
l’OFPRA (Office Français de Protection des
Réfugiés et Apatrides), sous la tutelle du
ministère des Affaires étrangères, qui
traite les dossiers. Pour les personnes persécutées
dans leur pays mais pas par l’Etat (Algérie,
Somalie…), la France a créé un statut
spécial d’asile territorial. Peu de personnes
l’ont obtenu et les démarches sont plus longues.
Ne vaudrait-il pas mieux qu’il n’y ait qu’un
seul statut pour tous les gens ayant besoin de protection ?
Quelle
est la situation de l’accueil à Albi ? AG
: d’abord, ce n’est pas nous qui choisissons les
familles. Une commission nationale ventile les demandeurs
d’asile en fonction des disponibilités dans les
centres. À Albi, nous avons 30 places pour les réfugiés
statutaires afin qu’ils puissent préparer leur
insertion sociale et professionnelle, et 40 places pour les
demandeurs d’asile. Ici comme ailleurs, ceux qui n’ont
pas de place dans les centres d’accueil sont en situation
de précarité alarmante. Ils se rabattent sur des
structures d’urgence qui ne sont pas faites pour eux. Il
arrive par exemple que des structures type "Maison des
femmes" accueillent des demandeuses d’asile pendant
de longues périodes. Je
dois reconnaître que les services déconcentrés
de l’Etat cherchent, dans la plupart des départements
et avec des moyens faibles, à trouver des solutions pour
les situations les plus graves.
Les
conditions d’accueil des réfugiés sont très
différentes d’un pays européen à
l’autre. Pourtant les accords de Schengen, sur lesquels
le Parlement européen n’a pas eu droit de regard,
prévoient entre autres que c’est le premier pays
traversé par les demandeurs d’asile qui doit
traiter leur dossier. Que pensez-vous de cette situation ? AG
: une harmonisation des politiques d’accueil et de
traitement des dossiers dans les pays européens est
indispensable, au moins dans l’espace Schengen. L’Espagne
et le Portugal, par exemple, ont des conditions d’accueil
déplorables. Mais l’harmonisation ne doit pas se
faire par le bas et doit tenir compte de la dignité des
personnes. Nous comptons d’ailleurs beaucoup sur le
Parlement européen. La convention de Genève
doit être respectée intégralement, et non
plus interprétée de façon restrictive et
variable selon les pays. En France, depuis 1991, les
demandeurs d’asile n’ont plus le droit de
travailler. Quand on sait que les démarches peuvent
durer de longues années, on comprend la grande détresse
sociale et psychologique de ces familles ou individus mis en
situation d’assistanat total. Il est indispensable que le
droit au travail soit rétabli pour les demandeurs
d’asile après une période de quelques
mois. Je ne suis pas
de ceux qui disent qu’il faut accorder le statut de
réfugié à toute personne qui en fait la
demande. Mais n’oublions pas que les demandeurs d’asile,
quels qu’ils soient, sont des hommes et des femmes dans
des situations de grande précarité. Le droit
d’asile est pour eux le dernier droit quand tous les
autres ont été bafoués.

De
l'eau dans le gaz
On l’a
appris à l’école : Lacq est le seul site
français d’extraction de gaz naturel. Une fierté
qui tentait de masquer la quasi-absence de gisements
d’hydrocarbures dans le pays. Les ressources fossiles
n'étant pas inépuisables, il a fallu penser à
la reconversion de ce site industriel. C’est le
développement de la "chimie fine" qui a été
choisi. La SOBEGIE, unité satellite d’Elf-Aquitaine,
est chargée d’assurer la pérennité
du site de Lacq. Mais depuis 1976, le gisement (une roche
poreuse de 700 millions de m3) sert aussi de poubelle. Des
effluents liquides hyperconcentrés sont déversés
dans la roche via un puits désaffecté. Déjà
plus de 5 millions de m3 de ce jus toxique ont ainsi été
engloutis dans les profondeurs du sous-sol. Le développement
du site passe par le maintien de ce service peu onéreux
pour les industriels : 60 francs le m3.
Or
depuis de nombreuses années, et sous des gouvernements
différents, ce type d’élimination de
déchets a été remis en cause, mais
personne n'a pris la décision de les arrêter. Même
les Etats-Unis se désengagent de ce procédé,
plus pour des problèmes de sécurité des
installations que d’étanchéité des
roches recevant les déchets. En effet, une fois
installés, il est impossible d’intervenir sur les
tuyaux qui amènent l’eau polluée dans les
profondeurs. Dominique Voynet a obtenu qu’une étude
poussée et une évaluation objective soient
effectuées sur ce procédé dit “
d’abandon de déchets ”. Élus et
industriels ne veulent pas entendre parler de principe de
précaution : des emplois sont en jeu… Ne
pourrait-on pourtant pas réfléchir à un
traitement de ces affluents, qui pourrait lui aussi développer
les activités humaines, tout en respectant la planète
? En cas de pépin dans les tuyauteries, ne risque-t-on
pas une catastrophe majeure ? Et dans ce cas, quid des
directives européennes de 1980, 1990 et 1991, qui ont
pour objet d'empêcher le rejet de certaines substances
toxiques, persistantes et bioaccumulables dans les eaux
souterraines ?
Les
Verts Béarn, 1 rue des Balaïtous, 64000 Pau
Tél : 05 59 32 46 08

L'été
indien
Dernière minute :
Eric Pétetin "l’indien" qui a conduit la
mobilisation de tant d’européens contre le saccage
autoroutier de la vallée d’Aspe quitte les
Pyrénées, pour d’autres horizons militants
? Mais le combat continue ...
La
goutte d’eau, Cette-Eygun, 64490 Bedous, Tél
: 05 59 34 78 83 www.citeweb.net/lagoutte/

Château-Hélico
Le
vin de Bordeaux est mondialement connu. Les grands crus ont
fait la réputation de cette belle région. Ici un
Pomerol, là un Haut-Médoc, ailleurs encore un
petit vin qui ne paie pas de mine mais qui parfume la bouche,
déploie sa belle robe et enchante le gosier. Or de
nombreux grands châteaux sont la propriété
de groupes financiers, dont l'intérêt premier est
de préserver le leur (d'intérêt). Alors
quand les "petites bêtes" apparaissent, on sort
la grosse artillerie : l’hélicoptère. Ce
mode de traitement phytosanitaire est parfois utilisé
sur le vignoble en Gironde, mais aussi sur le maïs dans
toute l’Aquitaine. Certes la viticulture est difficile
sans traitement, encore faut-il que celui-ci soit efficace et
le moins toxique possible. Or le traitement par hélico
est un traitement de masse. Ciblage, calibrage et régularité
de la pulvérisation sont aléatoires. De plus,
pour réduire le coût d’utilisation d’un
tel engin, le poids embarqué est limité, donc le
produit est hyperconcentré. Résultat : des
recherches montrent que les taux de pesticides retrouvé
dans l’eau de pluie et les brouillards dépasseraient
de plusieurs dizaines de fois les quantités autorisées
dans l’eau potable (Le Monde du 10 mai 2000). Des études
de la Mutualité sociale agricole établissent une
présomption de lien entre certaines maladies - cancer du
cerveau et leucémie - et certaines pratiques
agricoles. À Pomerol, le 14 mai 2000, c’est la
société Moueix, propriétaire de
Château-Pétrus, un des vins les plus chers du
marché, qui s’est livrée à ce genre
d’exercice sans aucune autorisation. Malheureusement ce
jour-là le pilote de l’hélico avait
peut-être abusé du précieux breuvage : les
habitants ont dû relaver leur linge qui séchait
dehors et, plus grave, 104 personnes d'un terrain de camping de
Saint-Antoine-de-Breuil (Dordogne) ont été
incommodées pendant plusieurs heures, et quelques-unes
ont fait l’objet d’une hospitalisation de courte
durée… Le vin semble décidément
être la nouvelle proie du lobby de la malbouffe. De
Bruxelles à Bergerac, les Verts européens n’en
finissent plus de dénoncer les atteintes à la
qualité et à la diversité de ce produit,
menacé également par les biotechnologies, de type
OGM ou clonage.
Aquitaine
Alternative, 3 rue Tauzia, 33800 Bordeaux Tél
: 05 56 91 81 95

Fumée
noire sur Fumel
Le 15 mars 1999,
des militants d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage)
décidaient, à leur manière, de "mettre
aux normes" l’incinérateur de Fumel, en
coupant les câbles d’alimentation et en démontant
la porte du four. Une action qui avait pour but de mettre fin à
un scandale écologique, mais aussi de rappeler que de
nombreux emplois pouvaient être créés en
Europe en développant le tri, le recyclage et des
procédés d’élimination des ordures
ménagères moins polluants. Cet incinérateur
était hors normes depuis sa construction en 1986. Malgré
plusieurs rapports montrant la nocivité de
l’installation, il avait pu fonctionner de dérogation
en dérogation, polluant l’air et l’eau en
toute impunité, au mépris des plus élémentaires
considérations de santé publique, et en
contradiction avec les renforcements successifs des
réglementations européenne et française.
Dominique Voynet ayant demandé au préfet d’agir,
deux arrêtés sont parus en automne 1999. L’un
demandant la mise en conformité de l’incinérateur,
l’autre une analyse du sol pour évaluer les
pollutions. Depuis cette date, rien n’a été
fait. Malgré des désordres minimes causés
par l’action d’AC, l’incinérateur n’a
pas redémarré, ce qui tend à prouver que
sa mise aux normes soit impossible. Suite à l’action
d’AC !, un militant des Verts a fait un mois de prison et
un adhérent d’AC a observé une grève
de la faim. Les 14 militants, venant du Lot-et-Garonne, de
Bordeaux ou de Clermont-Ferrand, ont tous été
inculpés et sont toujours en attente du procès.
Ils sont sous contrôle judiciaire strict depuis 18 mois,
avec interdiction de sortir du département (facile pour
trouver du travail), des pointages pouvant être
quotidiens, et l’interdiction de participer à des
réunions. Une disproportion des sanctions
inadmissible. La contre-attaque s’organise. Un comité
national de soutien s’est constitué pour défendre
les inculpés. Il a besoin d’argent pour pouvoir
assurer leur défense et pour obliger les pollueurs à
répondre de leurs actes devant la justice. Comment ne
pas faire de parallèle entre les inculpés de
Fumel et ceux de Millau ou de Foix ? Trois actions légitimes,
contre l’irresponsabilité de certains décideurs,
et pour envisager d’une autre façon l’avenir
de l’Europe et de la planète.
Aquitaine
Alternative, Dominique Nicolas, Tél : 05 56
91 81 95 Contact et dons : Comité de
soutien aux inculpés de Fumel, 31 rue des Gras,
63000 Clermont-Ferrand, chèques à l’ordre
de Jean-Michel Duclos, avec mention au dos du chèque : “
soutien Fumel ”. Pour plus d’information :
Jean-Michel Duclos : tél.
04 73 36 66 44.

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