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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Et
maintenant prion ! La nouvelle attaque du train postal Au
nom du fisc En attendant l'euro Sécurité ou
militarisation ? Petite leçon d'eurojargon Vrac
d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Si
chérif va en prison ... Cet arbre qui cache la
forêt Pauvre comme JOB ? Ménager le
territoire
L'Europe
vue d'Aquitaine Pourquoi
rajouter de la peine à la peine ? Chape de
plomb Biarritz, un sommet pour si peu ...
Une
procédure à revoir
La
procédure budgétaire nécessite, selon les
Verts, une refonte complète :
Que le Parlement
se prononce aussi sur les recettes;
Que les recettes
actuelles de l’Union (essentiellement contribution des
Etats membres) soient remplacées par un impôt
européen se substituant à une partie des impôts
nationaux, impôt progressif basé sur des critères
environnementaux et sociaux;
Que les entraves au
pouvoir politique du Parlement (DO, DNO, AII, PF et seuils de
vote) soient supprimées;
Que le pouvoir
budgétaire de l’Union Européenne soit
augmenté à la mesure de son ambition politique.
(actuelles ressources de l’Union : 1,27 % du PNB, budget
fédéral américain : 20 % du PNB);
Que
la répression des fraudes soit renforcée par la
création d’un vrai corps européen
d’inspecteurs.
La
loi française oblige le dernier propriétaire à
remettre en état le site après la fin de
l’exploitation industrielle. Une telle "recherche en
paternité de pollution" empêche dorénavant
l’existence de "sites
orphelins"
|
Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°5 – Hiver 2000/2001
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Et
maintenant prion !
Le PPE proposait en
commission une dilution "acceptable" de poisons tels
que la dioxine,pour finalement renoncer en plénière,
à ces amendements laxistes ... Enfin sortie du
syndrome du nuage de Tchernobyl ("la vache folle s’est
arrêtée à nos frontières…"),
l’Europe agit dans la bonne direction, mais la
législation européenne court après les
événements. Résumé d’une
année vachement folle. Dès avril 2000, le
Parlement européen avait voté un renforcement de
la législation proposée par la Commission, en
particulier en matière d’étiquetage de la
viande. En juin, face au danger des maladies à prion,
le Conseil des ministres décide de renforcer la
surveillance épidémiologique de l’encéphalopathie
spongiforme bovine (ESB). En octobre, le Parlement européen
faisait une nouvelle fois preuve de responsabilité en
matière de sécurité alimentaire, en
s’attaquant cette fois à l’alimentation
animale, malgré un intense lobbying des industriels
concernés. C'est lors de ce débat que Danielle
Auroi plaçait le principal groupe de droite (PPE),
souvent sensible aux arguments des lobbies, devant ses
responsabilités. Celui-ci proposait en commission une
dilution "acceptable" de poisons tels que la dioxine
: "Je ne peux comprendre le PPE qui, malgré les
crises successives, du poulet belge à la dioxine, de la
boue de stations d'épuration françaises dans les
aliments pour animaux ou autres huiles de vidange hollandaises
dans l'huile alimentaire, veut continuer à empoisonner -
un peu - les consommateurs européens". Finalement
le PPE a renoncé à ces amendements laxistes qu’il
avait soutenus en commission. Peu après éclatait
l’affaire de la vache folle normande passée à
travers les mailles du filet, et la pression s’intensifiait
tant à l’intérieur (baisse de la
consommation de viande bovine, retrait du bœuf des
cantines scolaires…) qu’à l’extérieur
(boycott de nombreux pays envers le bœuf français). Fin
novembre, après des dizaines de milliers de "mad
cows" britanniques et des centaines de vaches folles
françaises, il aura suffi de deux ou trois cas de "vacas
locas" en Espagne et de "Rinderwahnsinn"
outre-Rhin pour que l’Europe tout entière prenne
la juste mesure d’une épizootie non encore
jugulée. Il fut décidé d’étendre
à toute l’UE les mesures prises par la France
début novembre, en particulier un moratoire de 6 mois
(hélas non prolongé à Nice) sur
l’utilisation des farines animales pour tous les
élevages, le test de l’ESB systématisé
à tous les bovins âgés de plus de 30 mois,
et la création, en 2002, de l'Agence européenne
de sécurité alimentaire. Le groupe Vert/ALE s’en
est aussitôt félicité, tout en redoutant,
toujours par la voix de Danielle Auroi, qui siège à
la commission Agriculture, le remplacement des farines animales
par du soja transgénique. Le groupe Vert demande que
l’Europe revienne sur les "accords de Blair House"
(rien à voir avec la maison du Premier ministre
britannique !) qui restreignent les capacités
européennes de production de soja ou de tournesol, et
insiste pour que les farines animales désormais
interdites ne soient pas exportées. La vache folle
va-t-elle rendre l’Europe plus sage ?
Contact
Danielle, dauroi@europarl.eu.int

La
nouvelle attaque du train postal
La
Poste, en France, c’est le courrier, mais aussi des
activités totalement concurrentielles, qui représentent
la moitié du chiffre d’affaires : les services
bancaires et la messagerie (colis). L’obligation de
service public se traduit par la péréquation
tarifaire, une présence sur tout le territoire avec 17
000 points de contact dans toute la France, et une distribution
quotidienne du courrier, jusque dans les hameaux les plus
reculés. Après le transport aérien, le
rail et le téléphone, le libéralisme
débridé s’attaque à la poste. Or la
"main invisible” du marché n’aboutit
pas forcément à une baisse des tarifs ni à
des services plus performants. Qu’on en juge : la Suède
a libéralisé sa poste en 1990, avec pour
conséquence une perte de 15 000 emplois (sur 50 000) en
dix ans, compensés par seulement 1 500 créations
d’emplois dans le secteur concurrentiel, la fermeture de
nombreux petits bureaux de poste, une forte augmentation des
tarifs pour les particuliers, et pour finir un déficit
de 4 milliards de francs. En Espagne, où le service
postal est lui aussi dérégulé, la
concurrence fait rage dans les grandes villes, tandis
qu’ailleurs le service se dégrade. Le
commissaire européen Frits Bolkestein voudrait
libéraliser le courrier pesant plus de 50 g, soit une
bonne partie du courrier des entreprises, au grammage non
maîtrisable. Le risque est clair : des multinationales
viendraient rafler le marché du courrier rentable, en
ville, et laisserait au service public le non rentable : les
zones rurales, la montagne… Les Verts, Hélène
Flautre et Marie Anne Isler Béguin en tête, et la
gauche se sont fortement mobilisés au Parlement
européen, avec les services publics concernés,
les syndicats… Le 14 décembre, le vote en
plénière a été une gifle pour M.
Bolkestein. Par 358 voix contre 104, le Parlement a renvoyé
l’offensive libérale au-delà de 150 g et 4
fois le tarif de base. Quant aux "services spéciaux"
(messagerie rapide, internet…), ils ont été
effacés du texte. Plusieurs amendements "sociaux"
ont été votés pour garantir un haut niveau
d’emploi dans les transports postaux. Enfin, les
parlementaires européens ont estimé qu’il
convenait d'attendre 2009 pour examiner "l’opportunité
et l’ampleur" de la poursuite de l’ouverture
du marché pas avant 2009. Ils ont refusé qu’une
nouvelle étape de dérégulation soit
inscrite dans les textes sans bilan préalable, ce qui
n’a jamais été fait depuis la première
directive de 1997.
Contact
Marie Anne, maisler@europarl.eu.int Contact
Hélène, hflautre@europarl.eu.int

Au
nom du fisc
"Paquet" :
jargon européen, technique consistant le plus souvent à
faire passer une mauvaise mesure coincée entre deux
autres plus acceptables. Au cours de la présidence
française, l'une des avancées de l'Europe,
ratifiée à Nice, fut un début
d'harmonisation fiscale, avec l'adoption du "paquet
Monti", du nom du commissaire européen en charge de
la concurrence. Il s'agit des bases d'une harmonisation fiscale
de l'épargne : le compromis prévoit une retenue
fiscale à la source dans le pays d’origine de
l’investisseur de 15 % pendant 3 ans, puis de 20 %, et
une déclaration de la banque qui effectue la
transaction. 75 % de cet impôt est reversé au pays
dans lequel réside l’épargnant. Il
reste pourtant du chemin à parcourir. La fiscalité,
même après Nice, fait en effet toujours partie des
thèmes sur lesquels les Etats, jaloux de leurs
prérogatives, ont besoin de l’unanimité
pour avancer encore. Or le Luxembourg s’est
spécialisé dans les services bancaires, qui
représentent 36 % du PIB, 45 % des recettes de l’Etat
et emploient à eux seuls près de 10 % de la
population active du grand-duché. De même, le
Royaume-Uni cultive aussi sa différence en matière
de "paradis fiscal". Comme au Danemark, qui vient de
confirmer par référendum qu'il ne veut pas non
plus faire partie de la zone euro, les intérêts
versés à des non-résidents n'y étaient
pas imposés. L'adoption du "paquet Monti" a
donc été une bonne surprise, quasi-historique. Il
semble en réalité que les milieux financiers
eux-mêmes, compromis dans des mouvements frauduleux de
capitaux, aient préféré concéder ce
début d'harmonisation. Mais cette avancée
reste suspendue à la levée du secret bancaire de
la Suisse, une des raisons du refus de ce pays de rentrer dans
l'Union européenne. Par ailleurs, comme l’a relevé
Alain Lipietz, eurodéputé Vert, membre de la
commission des Affaires économiques et monétaires,
d’autres chantiers piétinent, comme la fiscalité
des entreprises. L'absence de règles communes dans ce
dernier domaine laisse perdurer le dumping social, qui entraîne
des drames humains lorsqu'une entreprise française
décide soudain de se délocaliser en Ecosse, par
exemple. Et sur ce point comme sur tant d’autres, rien
n’est sorti du bourbier niçois.
Contact
Alain, alipietz@europarl.eu.int site
www.lipietz.net

En
attendant l'euro Au
terme de la procédure
budgétaire,
le Parlement a adopté, en décembre, le budget
2001 de l’Union européenne. Comme l’an
dernier, ce sont trois femmes qui ont procédé à
la signature officielle du budget : Nicole Fontaine, présidente
du Parlement européen ; Michaele Schreyer, commissaire
(Verte) en charge du Budget ; Florence Parly, présidente
du Conseil des ministres du Budget. Le budget 2001 de l’Union
européenne est de 96,2 milliards d’euros, à
comparer au budget de la Région Midi-Pyrénées
: 0,5 Md ; de la Haute-Garonne : 0,65 Md ; de la ville de Paris
: 4 Md ; ou de l’Etat de la France : 260 Md . En
augmentation de 3,5 % sur 2000, ce budget comporte peu de
changements, à part un effort pour les Balkans. 45 % du
budget part à l’agriculture, 34 % aux politiques
d’aménagement du territoire, laissant la portion
congrue aux autres politiques (fonds social, environnement,
culture…).

Sécurité
ou militarisation ?
Les premiers pas
d'une Europe de la défense La construction
européenne a longtemps éludé les questions
de politique étrangère et de sécurité
commune. C’est la chute du Mur et surtout le drame
yougoslave qui a poussé l’Union à se
préoccuper de défense, de maintien de la paix, et
à envisager la mise sur pied d’une force
européenne d’intervention et d’interposition.
En 1990, alors que les Balkans ne s’étaient pas
encore embrasés, le Parlement européen avait été
alerté sur les risques d’un conflit majeur et
terriblement meurtrier, en Croatie d’abord, en Bosnie
ensuite, au Kosovo enfin. L’Europe était alors
impuissante à agir, autrement que par de belles
résolutions d’appel à la cessation des
hostilités et au dialogue. En 1992 est lancé le
processus de Petersberg, alors que débute le conflit en
Bosnie. Mais ce n’est que depuis deux ans (sommets de
Cologne, d’Helsinki, de Feira et de Nice) que commence à
se concrétiser l’Europe de la défense,
terme auquel les Verts préféreraient l’Europe
de la paix. Les institutions européennes se sont mises
d’accord sur une stratégie en deux temps : la
gestion civile des crises et, en cas d’échec,
l’intervention d’une "force de réaction
rapide". Malheureusement, les mesures les plus visibles ne
sont que militaires : des navires, des chars, des soldats… La
relation qu’entretient l’Union européenne
vis-à-vis de l’Alliance Atlantique est évidemment
un sujet sensible, d’autant que le "Monsieur
politique européenne de sécurité commune
(PESC)", Javier Solana, était auparavant le
Secrétaire général de l’OTAN. Lors
du vote du rapport Lalumière sur ce sujet, en novembre,
les députés Verts européens ont exprimé
des positions nuancées sur la nécessité de
prolonger le processus en cours. Les cicatrices du débat
sur l’intervention au Kosovo sont encore sensibles…Les
députés Verts originaires des pays neutres
(Irlande, Suède, Autriche, Finlande) se méfient
de toute forme d’intervention européenne, fût-elle
plus policière que militaire. De son côté,
Daniel Cohn-Bendit, membre de la commission des Affaires
étrangères au Parlement, plaidait, avec une
majorité du groupe Vert/ALE, pour une force
d’interposition en cas de crise majeure. L’ensemble
du groupe se retrouve pourtant pour réaffirmer que la
notion de sécurité ne peut se résumer à
une dimension militaire, et que la meilleure façon
d’éviter les conflits reste toujours d’assurer
partout la démocratie et le bien-être social et
environnemental.

Petite
leçon d'eurojargon
Procédure
budgétaire Le Parlement européen
et le Conseil des ministres des finances constituent l’autorité
budgétaire qui adopte le budget annuel de l’Union
européenne. La procédure d’examen puis
d’adoption de ce budget se fait de juin à fin
décembre.
À
chaque organe européen correspond une section du budget,
mais c’est la "section 3", celle
de la Commission, qui est la plus importante, avec 98 % du
budget total de l’Union pour financer toutes les
politiques communautaires. À cela s’ajoute une
bizarrerie que sont les quelques fonds encore "hors
budget", tels que le FED (Fonds européen de
développement, qui finance les accords de Lomé)
ou le budget CECA (charbon et acier, la préhistoire de
l’Europe…) sur lesquels le Parlement ne donne
qu’un avis. Chacun
de ces volets comprend des dépenses
obligatoires (DO) tels que les dépenses agricoles et
les dépenses liées aux accords internationaux, et
des dépenses non obligatoires (DNO). Sur les DO,
qui représentent pourtant plus des trois quarts du
budget, le Parlement est scandaleusement réduit à
un rôle de commentateur car, sur ce type de dépenses,
le Conseil a le dernier mot. Par
ailleurs, les accords inter-institutionnels (AII),
et les perspectives financières (PF), adoptés
lors de Conseil européen et valables pour 6 ans, fixent
les méthodes de répartition des sommes entre les
institutions et leurs variations maximales. Dès lors,
même sur les DNO, le Parlement, terriblement corseté,
ne peut modifier que peu de choses. La
procédure budgétaire débute par une
consultation des trois institutions, puis un avant-projet
de budget est transmis par la Commission au Parlement et au
Conseil courant juin. Conseil et Parlement s’entendent
alors sur un projet de budget. En octobre, après
un long débat d’amendements en commission du
budget, le Parlement procède à une première
lecture. Il peut amender le projet à la majorité
absolue de ses membres pour les DO (314 voix), et à la
majorité simple des suffrages exprimés pour les
DNO. En novembre, le Conseil examine les amendements du
Parlement puis délibère définitivement sur
les DO. En décembre, le Parlement européen
délibère, en seconde lecture, sur les
propositions du Conseil concernant les DNO. Lors de la même
session, le budget est adopté dans sa totalité
par le Parlement européen, sauf si 314 députés
sur 626, représentant au 3/5e des exprimés, sont
contre, ce qui est arrivé une seule fois dans l’histoire
de l’Europe, en 1985. Dans ce cas, on ne peut dépenser
plus que les montants de l’année passée.
Ces seuils de vote, quasi impossible à atteindre,
démontrent la volonté d’empêcher le
Parlement de décider souverainement. La signature du
ou de la président-e du Parlement rend le budget
exécutoire. Dans l’année qui suit, la très
puissante CoCoBu (commission du contrôle budgétaire)
du Parlement vérifie la bonne exécution du
budget. Mais cette vérification est essentiellement
comptable, car l’Union a peu de moyens en personnel pour
vérifier sur le terrain la bonne utilisation de ses
deniers. Pourtant la fraude atteindrait dans certaines régions
ou pour certains secteurs économiques des sommes
considérables, difficiles à vérifier car
le Parlement accorde la "décharge" (quitus de
bonne exécution du budget) essentiellement sur la base
du rapport annuel de la Cour des comptes européennes.

Vrac
d'Europe
Le
ciel sur la tête À la conférence
de La Haye sur le climat, l’Union européenne,
globalement prête à faire des efforts de réduction
de ses émissions de gaz à effet de serre, n’a
pas réussi à convaincre l’oncle Sam de
l’urgence de la situation. Le vice-premier ministre
britannique a sapé la solidarité européenne
en privilégiant les liens traditionnels avec les
Etats-Unis, et en accusant, en termes fort peu galants,
Dominique Voynet, présidente du Conseil pourtant fidèle
porte-parole de l’Union européenne. Cependant,
l’Europe a tenu bon face aux pays les plus pollueurs :
Etats-Unis, Canada, Australie… L’échec de
la conférence de La Haye est d’abord une
catastrophe pour les pays pauvres, les plus exposés aux
cataclysmes climatiques. Les députés Verts
européens, dont Marie Anne Isler Béguin, étaient
présents à La Haye. À Strasbourg, ils
avaient alerté le Parlement et les médias en
ouvrant des dizaines de parapluies jaunes dans l’hémicycle,
au moment du vote du budget, pour demander des actes. En marge
de cette conférence, la prise de position en faveur du
nucléaire de Loyola de Palacio, commissaire européenne
aux Transports et à l’Energie, a fait réagir
le groupe Vert/ALE au Parlement européen. C’est
dans l’efficacité énergétique et les
renouvelables, tant dans le tiers-monde que chez nous, que
réside la solution, et non dans un nucléaire
coûteux, centralisé, dangereux et inaccessible à
la plupart des pays.
Fichage Le
rapport du député Pirker (PPE) sur le système
Eurodac de comparaison des empreintes digitales a été
adopté par le Parlement en septembre, renforçant
encore la stigmatisation des immigrés en Europe. Il
s’agit d’intégrer sur une base de données
européenne les empreintes digitales numérisées
des demandeurs d’asile et des immigrés
clandestins. Dès l’âge de 14 ans, les
candidats à la résidence en Europe se verront
ainsi fichés pendant 10 ans ! Autre conséquence :
les demandeurs d’asile et les sans-papiers seront
considérés comme des délinquants en
puissance. Dénonçant les risques de confusion
entre ces deux catégories, Alima Boumediene, eurodéputée
Verte, n’a même pas obtenu que les données
soient effacées lorsque les personnes obtiennent un
statut légal. Qui va contrôler l’accès
à cette base informatisée ? Quelles garanties les
migrants pourront-ils avoir quant à leur droit de regard
et de modification des données les concernant ? À
l’heure où l’Union négocie avec
certains pays des clauses de réadmission, comment être
sûr que les informations glanées par Eurodac ne
seront pas transmises aux pouvoirs souvent autocratiques de ces
Etats Contact Alima tél. : 00 32 22 84
75 74, fax : 00 32 22 84 95 74, aboumedienne@europarl.eu.int
Vagues
noires Comme pour l’ESB (voir article p. 2
(sécurité alimentaire)), il aura fallu des
catastrophes pour que l’Europe prenne enfin quelques
mesures sérieuses en matière de sécurité
maritime. Avec l’Erika en cadeau de Noël 1999 et
l’Ievoli Sun en piqûre de rappel cet automne,
l’Union européenne ne pouvait plus tergiverser. Le
Parlement européen a accéléré la
cadence, et Yves Piétrasanta, rapporteur pour avis pour
la commission Industrie, Commerce extérieur, Recherche
et Energie, a pu ainsi se féliciter des avancées
obtenues : améliorer le système européen
d'information sur le trafic maritime, et combler les
insuffisances du régime international en matière
de responsabilité et d'indemnisation. Yves met pourtant
l'accent sur les points qui restent à obtenir : création
d'un corps de garde-côtes européen et d’une
Agence européenne de sécurité maritime,
mesures immédiates contre les bateaux les moins sûrs,
action contre les pavillons de complaisance, en rappelant que
la France avait aussi son propre pavillon de complaisance avec
les Kerguelen. Contact : Yves fax : 00 32 22 84 94
75
Basta
Ya Le prix Sakharov récompense chaque année
une action en faveur des droits de l’être humain.
En 1999, c’est Xanana Gusmao, leader du peuple timorais,
qui succédait à d’autres grandes figures,
telles que Nelson Mandela ou les Mères de la Place de
Mai. En 2000, c’est l’association espagnole Basta
Ya, dénonçant la folie terroriste de l’ETA,
qui a été choisie. Le groupe Vert/ALE, où
siègent des nationalistes basques refusant le recours à
la violence - ce qui figure d'ailleurs dans la charte de l'ALE
- a pourtant contesté ce choix, et plusieurs députés,
dont les deux co-présidents Verts, ont quitté
l'hémicycle au moment du discours de Fernando Savater,
représentant de Basta Ya. Celui-ci a fait un amalgame
entre les meurtriers et les partis nationalistes modérés,
actuellement au pouvoir en Euskadi. Nicole Fontaine, présidente
du Parlement européen, a signalé le lendemain, en
réunion des présidents de groupes, qu’elle
avait elle-même demandé à Savater de
retirer ce passage inacceptable de son discours, en vain. Cela
confirme que, derrière une légitime indignation
contre le terrorisme meurtrier de l'ETA, se cache une opération
électoraliste visant à porter au pouvoir en
Euskadi une alliance droite-PS qui n'a aucun projet pour
éradiquer "l'intégrisme basque" (15 à
20 % des voix pour EA, la vitrine politique de l'ETA). Si les
Verts/ALE condamnent, comme Basta Ya, toute violence, ils sont
bien seuls aujourd’hui à appeler en même
temps au dialogue entre tous les Basques, sur le modèle
du processusde paix nord-irlandai.
Fusils
enrayés Le lobby des chasseurs du Parlement
européen, qui va bien au-delà des 6 députés
CPNT, a lancé une offensive pour demander une révision
de la directive Oiseaux. Derrière une formulation
prétendument protectrice de l’avifaune se cachait
la volonté de chasser les oiseaux migrateurs comme au
bon vieux temps. Environ 250 députés (sur 626)
ont signé la déclaration écrite du député
italien Michael Ebner, et c’est grâce à un
contre-lobby puissant et efficace, relayé en particulier
au Parlement par les équipes de Marie Anne, de Didier et
de Gérard, que la barre fatidique des 314 députés
n’a pas été atteinte. Les députés
ont été assaillis par une cyberpétition
qui a fait déborder leurs boîtes aux lettres
électroniques : 1500 e-mails en moins d’un mois, à
l’initiative de Cyber@ctions, du ROC et de la commission
Environnement des Verts. Une quinzaine de députés
ont même retiré leur signature de la déclaration
Ebner. Contacts Jean-François : 00 32 22
84 75 72, Thomas : 00
32 22 84 75 05 Ludovic : 00 32 22 84 74 37.
Vague
Verte Cet automne, des élections locales ont
eu lieu en Belgique et en Finlande, avec une forte progression
des Verts dans les deux cas. En Finlande, les Verts obtiennent
en moyenne 7,7 % aux municipales, en progrès de 1,4
point depuis 1996, alors qu’ils ne étaient pas
présents dans toutes les communes. Dans les villes, les
scores sont excellents : 23,5 % à Helsinki, et entre 11
et 16 % dans les autres grandes villes finlandaises. 59 % des
conseillers municipaux Verts sont désormais des femmes,
de même que 82 % des députés Verts au
Parlement finlandais ! Contact Vihreä
Liitto Runeberginkatu
5B, 9.krs, SF-00100 Helsinki, vihreat@VihreaLiitto.fi En
Belgique, les deux partis Verts (Ecolo francophone, et Agalev
néerlandophone) progressent eux aussi, surtout à
Bruxelles (environ 20 %, avec des pointes à 28 % dans
certaines communes) et en Wallonie. Ecolo multiplie son nombre
d’élus communaux par 3, et décroche
quelques mairies, dont Ottignies Louvain-la-Neuve. Contact
Ecolo, Rue du Séminaire 8, B-5000 Namur, tél.
: 00 32 81 22 78 71, e-mail : info@ecolo.be
Salade
niçoise À Nice, la manifestation de
milliers de fédéralistes venus de toute l’Europe,
même des pays les moins europhiles comme le Danemark ou
le Royaume-Uni, fut un grand succès. Beaucoup de jeunes
(dont Chiche !), et une forte représentation du groupe
parlementaire des Verts et de l’intergroupe Constitution
européenne, dont Gérard Onesta, en sa qualité
de cofondateur. Au meeting qui a suivi, Dany Cohn-Bendit se
retrouvait dans un arc-en-ciel politique allant de Francesco
Rutelli, maire ex-Vert de Rome et leader de la coalition de
l’Olivier à Jose-Maria Gil-Robles, ancien
président (droite) du Parlement européen. Tous
réclamaient au plus vite un processus constituant, pour
dépasser les blocages actuels de la construction
européenne. Quant à Guy Marimot, conseiller
municipal Vert de Nice, il plaidait pour que les droits des
handicapés ne soient pas oubliés dans un tel
texte. Malheureusement, l’impact de cette manifestation
dans les médias a été faible. Le mot
fédéralisme est encore mal compris en France, et
la presse s’est focalisée sur les casseurs et sur
la manifestation elle aussi très réussie de la
Confédération européenne des syndicats, à
laquelle les eurodéputés Verts participaient
également. Contact Bruno Boissière, Union
européenne fédéraliste, Place du
Luxembourg, B-1050 Bxl, tél. : 00 32 25 08 30 30,
uef.european.federalist@skynet.be
Chiche
! Calendrier chargé pour les jeunes européens
: Janvier : dépôt d’étiquettes
"OGM danger" dans le métro et les
supermarchés. Intervention contre le Paris-Dakar. Le
6 février 2001 : journée planétaire sans
téléphone mobile. La résistance s’organise
pour chasser cet envahisseur à antenne courte, contact
: www.mobilou.com Fin
février, début mars : manifestations
internationales à l’aéroport de Zurich,
puis à Davos pour accueillir les dirigeants des
multinationales qui dirigent le monde. Juillet 2001 :
festival mondial de la jeunesse à Panama. Décembre
2001 : forum mondial de la jeunesse à Dakar (caravane de
la paix). Contact Chiche ! Olivier Richard, 107
av. Parmentier, 75011 Paris, tél./fax
: 01 43 55 44 05, e-mail : richardolivier@yahoo.fr
Un
siège = une voix Pour contrer
l’extrême-droite qui était alors au seuil du
pouvoir, des artistes autrichiens avaient organisé, en
décembre 1999 à Vienne, une exposition de chaises
peintes, pour symboliser la vigilance des citoyens voulant
sièger à leur manière. Les Viennois ont
invité les citoyens de toutes les capitales européennes
à faire de même. Les Strasbourgeois ont répondu
à l’appel en décembre 2000, à
l’initiative de Yann Wehrling, assistant de Gérard
Onesta, avec le soutien de nombreux parlementaires, dont Nicole
Fontaine, présidente du Parlement européen, et
Mercedes Echerer, députée verte autrichienne.
Près de 300 chaises ont ainsi été posées
devant le Parlement pendant la session de décembre, dont
plusieurs avaient une réelle valeur artistique,
suscitant l’intérêt des députés
et de la presse. Les chaises ont ensuite été
vendues aux enchères, au profit de Médecins sans
frontières. Contact : Yann Wehrling tél.
03 88 17 66 99 ou 00 32 22 84 66 99, ywehrling@europarl.eu.int
Chut
! Le Vert néerlandais Alex de Roo a présenté
à la session de décembre un rapport sur la
nuisance principale subie par les citoyens européens :
le bruit. La droite a voulu renvoyer ce dossier en commission,
profitant de l’absence de la plupart des députés
à cette heure tardive. Prévenus sur le lieu de la
fête de fin d’année du groupe Vert/ALE, une
vingtaine de députés se sont précipités
vers l’hémicycle à 21 h 30 pour empêcher
le renvoi, ce qui fut fait, par 38 voix (dont 24 Verts) contre
34. Le rapport a été adopté, nous en
reparlerons dans un prochain Carré d’Europe.
Le
tabac t'abat Le Parlement européen a confirmé
en seconde lecture l'essentiel des mesures contenues dans la
directive sur le tabac (cf. Carré d’Europe n°3).
Il a également décidé de mesurer
régulièrement les coûts socio-économiques
liés à la consommation du tabac, et a souligné
la contradiction qu'il y a à subventionner les
producteurs de tabac au regard des coûts de santé.
Didier-Claude Rod, membre de la commission environnement et
santé publique, s’est félicité pour
les Verts de cette victoire sur le lobby du tabac. Celui-ci,
qui a ses appuis dans plusieurs groupes, a essayé
jusqu'à la dernière minute de remettre en
question l'ensemble de la directive tabac en se référant
à des bases juridiques erronées. Contact
: Ludovic Bu tél. : 03 88 17 74 37, e-mail :
didierrod@europe.com http://numbers.aol.com/VertsCRA/aquitaine

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Si
chérif va en prison ...
Le 21
décembre dernier, Gérard Onesta et Hélène
Flautre étaient au tribunal de Toulouse pour soutenir un
sans-papiers tunisien : Chérif M’Hamdi. Le
jugement est en délibéré. Un renvoi en
Tunisie signifierait un grand risque pour Chérif, car la
dictature de Ben Ali reste féroce, comme l’a
montré un récent épisode rocambolesque :
raccompagnant Taoufik Ben Brik à Tunis, après une
tournée en France où il présentait son
livre, Hélène Flautre a été arrêtée
à la douane tunisienne, ses bagages fouillés, des
livres confisqués, au mépris des règles
habituelles de l’immunité parlementaire. Le 14
décembre, le Parlement européen a renouvelé
sa réprobation envers le régime de M. Ben Ali,
par le vote d’une résolution à une large
majorité.
Contact
Hélène Flautre Tél. : 03 88 17 73
64 ou 00 32 22 84 73 64, Fax : 00 32 22 84 93 64
e-mail :
hflautre@europarl.eu.int

Cet
arbre qui cache la forêt
Le
Gers est célèbre pour sa gastronomie (canard
gras), son festival (Jazz in Marciac), son cinéma (Le
bonheur est dans le pré), ses mousquetaires
(d’Artagnan)… Il a aussi fait parler de lui pour
ses arbres au bord des routes et cette décision du
Conseil Général d’en supprimer une grande
partie. La raison : prévenir les accidents. Les
départementales du Gers sont souvent bordées
d’arbres, véritable patrimoine paysager. Elles
sont aussi parmi les plus meurtrières de France. Les
jeunes surtout sont victimes de la route. Chez les 20-40 ans,
71 % des conducteurs ayant eu un accident étaient sous
l’emprise de l’alcool. Beaucoup étaient
aussi en excès de vitesse. Certes on peut toujours se
dire : "si l’arbre n’avait pas été
là…". Pourtant, couper des arbres, c’est
faire de la fausse prévention. C’est feindre
d'ignorer les véritables raisons de l’hécatombe
: s’il y a un végétal dangereux sur la
route, c’est le cep de vigne, pas le platane… Mais
qui oserait porter ce débat en plein vignoble d’Armagnac
? Heureusement la mobilisation a payé et le président
du Conseil général a décidé un
moratoire sur l’abatage des arbres au bord des routes,
accompagné même d’une campagne de
replantation. Mais ce n’est qu’un moratoire et la
vigilance s’impose. Les accidents sur les routes du
Gers ne disparaîtront pas à coups de tronçonneuse.
Ne devrait-on pas plutôt s'inspirer de certains de nos
voisins européens qui ont réussi a réduire
sensiblement le nombre des morts sur la route ? Pour une
population et un trafic équivalent, le Royaume-Uni, par
exemple, a moitié moins de morts sur les routes que la
France, grâce à un savant cocktail
prévention-répression. Les Verts du Gers
demandent la mise en place d’une agence départementale
des espaces verts pour une vraie politique novatrice
d’aménagement paysager rural, préservant
ainsi la richesse de ce patrimoine gascon. Ils comptent
beaucoup sur l’Europe, qui a prévu des crédits
pour la reconstitution du paysage végétal.
Contact
Les Verts du Gers , c/o Danielle Arieux , Las Coum,
Le Rombet, 32810 Preignan, Tél. : 05 62 65 55 14

Pauvre
comme JOB ?
L’entreprise Job
est installé aux Sept-Deniers près de Toulouse.
Certains connaissent le papier à cigarette mais ce n’est
pas l’activité principale de l’entreprise
toulousaine - et c’est heureux car l’Europe a
décidé de s’attaquer au fléau du
tabac. Job Toulouse est surtout réputé pour son
papier de luxe utilisé, par exemple, pour les catalogues
des musées nationaux. Mais depuis dix ans, de repreneur
en repreneur, de plan social en plan social, c’est une
centaine d’emplois qui ont été supprimés,
malgré de nombreuses manifestations. En 1986 Bolloré
rachète l’entreprise. Elle est revendue en 1995 à
Gecco France qui la revend à son tour en 1996 à
l’allemand Scheufelen. Comme quoi pour certains l’Europe
existe, et son déficit démocratique ou social
n’est pas dérangeant. Le nouveau propriétaire
ne profite pas de l’expérience acquise. Alors que
l’entreprise sortait des produits finis de haute qualité,
elle en est réduite à produire des rouleaux et
feuilles de papiers destinés à repartir en
Allemagne pour y être transformés : une perte de
temps, d’argent et une augmentation des besoins de
transports, le plus souvent routiers et polluants. Tout cela en
contradiction flagrante avec les objectifs maintes fois
affichés par le Parlement européen. Le 30 juin
2000, Job Toulouse est mis en en cessation de paiement.
Scheufelen annonce que les pertes sont passées de 7 à
13 millions de francs de 1998 à 99. La prévision
est de 28 millions pour 2000. La direction évoque le
doublement du prix de la pâte à papier et la crise
mondiale dans le secteur. Les salariés avancent des
explications bien différentes : si Job Toulouse
rencontre des difficultés, c’est que Scheufelen, à
la fois patron et client, paye le papier en dessous de sa
valeur et le revend en prenant une marge. Autrement dit
Scheufelen aurait organisé la faillite de sa filiale…
Cette version est soutenue par les syndicats allemands et
intéresse la justice. Suite à une décision
de la cour d’appel de Toulouse au mois d’octobre,
l’activité de l’entreprise a repris pour
trois mois, le temps de vérifier cette version et
surtout de trouver un repreneur à Job Toulouse. Le
comité d’entreprise a ouvert un site internet pour
attirer d’éventuels repreneurs. Persuadés
que l’usine peut être rentable, qu’elle a des
salariés expérimentés et que le marché
existe, les salariés s’organisent, de part et
d’autre du Rhin, pour préserver leur outil de
travail. Cette "eurolutte" n’a pas fini de
faire parler d’elle…
Contact www.cejob.com

Ménager
le territoire
La
loi d’orientation pour l’aménagement et le
développement durable du territoire, dite loi Voynet,
insiste sur la mise en place de "pays" qui doivent
"exprimer le projet commun de développement
durable". La France rejoint ainsi l’Europe, qui
avait déjà affirmé l’importance du
développement durable dans les projets de développement,
qu’ils soient économiques, sociaux ou
culturels. En Ariège, l’association "des
Pays et des Hommes"(dPdH), veut développer,
approfondir et populariser la notion de développement
durable. "Nous voulons faire des propositions concrètes
de développement soutenable" déclare Bernard
Voegeli, président de l’association. Souvent mis à
toutes les sauces, le développement durable est pourtant
une notion chère aux écologistes. Mais trop
d’élus locaux ne savent ou ne veulent pas savoir
ce qui se cache derrière cette nouvelle façon
d’envisager le développement des
territoires. Pourquoi ces résistances ? Peut-être
parce que c’est une nouvelle façon de gérer
le développement en associant plus étroitement
les citoyens à la réflexion et à la prise
de décisions, ce qui, on l’a vu à Nice,
reste dérangeant. La loi précise aussi qu’il
est indispensable de mettre en place les outils nécessaires
au suivi, à l’évaluation et au recadrage
dans le temps. Sans remettre en cause le rôle de l’élu,
cette démarche peut lui faire peur car elle rompt avec
certaines pratiques autocratiques. Par contre ces mêmes
élus veulent bien recevoir la manne financière
qu’augure la mise en place des pays. "Nous voulons
insister particulièrement sur le développement
d’un tourisme durable", affirme Bernard Voegeli.
"C’est une spécificité de notre
département mais aussi une notion importante présente
dans la loi d’orientation". Le tourisme durable est
respectueux de l’environnement naturel, culturel et
social. Il doit être un moteur de développement
économique local et vecteur d’un enrichissement
culturel, pour les visiteurs comme les habitants. La mise en
place des Pays sous-tend l’élaboration d’une
charte. "S’inspirer de la charte européenne
du tourisme durable pour la mise en place des pays en Ariège
et ailleurs est indispensable" ajoute Bernard
Voegeli. Cohérence des projets, respect de
l’environnement, implication citoyenne, c’est cette
Europe qu’il faut décliner dans nos "pays".
Contact
Association des PAYS et des Hommes Alens, 09400
Cazenave, Tél. : 05 61 05 11 27

Pourquoi
rajouter de la peine à la peine ?
La
double peine est indigne d’une démocratie,
surtout à l’heure où l’Union
européenne s’interroge sur ses valeurs
fondamentales
En
juillet 1992, Khalifa Benaffane est condamné à 4
ans de prison pour trafic de stupéfiants. Il venait
d’acheter un bar à Bordeaux, et peu de temps après
une descente de police y découvre de la drogue. Clamant
son innocence et affirmant qu’il ne connaissait pas
l’existence de ce trafic, il fait appel, contre l’avis
de son avocat. Il est condamné, en appel, à 8 ans
de prison doublés d’une expulsion du territoire.
Khalifa est algérien et sa sortie de prison en mars 2001
correspondra à son expulsion vers un pays qu’il
connaît peu. Dans le quartier bordelais des Aubiers, d’où
il est originaire, c’est la stupéfaction. Un
comité de soutien se met en place pour dénoncer
la double peine soumise à Khaliffa Benaffane. Des
pétitions sont lancées : 2000 signatures en
décembre. La double peine, c’est quand les
juges considèrent que la présence sur le sol
français après la libération d’un
étranger ayant purgé sa peine est susceptible de
causer un "trouble à l’ordre public".
Qu’un homme qui a purgé sa dette envers la société
soit encore puni est d’autant plus inadmissible que la
double peine ne tient pas compte de la situation personnelle et
familiale du condamné. Khalifa Benaffane vit en
France depuis l’âge de trois ans. Arrivé à
Bordeaux à l’âge de onze ans, ses quatre
enfants y sont nés et sont de nationalité
française. Une enquête sociale du Conseil général
a démontré que "l’expulsion du
territoire de M. Benaffane aurait des conséquences
dramatiques sur le plan familial". S’appuyant sur
l’article 8 de la Convention européenne de
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales, un recours auprès du tribunal
administratif de Bordeaux pour annuler l’arrêté
d’expulsion s’est soldé par un échec.
Un ultime recours est en cours. Une mobilisation de
l’opinion publique peut permettre de débloquer
cette situation injuste et inadmissible. La double peine est
indigne d’une démocratie, surtout à l’heure
où l’Union européenne s’interroge sur
ses valeurs fondamentales. L’Europe commence aussi avec
Khalifa.
Comité
de soutien, c/o Elisabeth Dumesny Appt 401, 176
rue G. Friseau, 33300 Bordeaux, Tél. : 05 56
39 80 32

Chape
de plomb
On connaît les
conséquences sanitaires du plomb sur la santé :
saturnisme, problèmes psychomoteurs irréversibles.
À Belin-Beliet, en Gironde, une fonderie a fonctionné
de 1870 à 1983. À partir de 1972 elle est
utilisée pour la "valorisation" des batteries
de voiture. En 1983, la fonderie est fermée
définitivement. Elle sera démolie quelques mois
plus tard. Mais durant toutes ces années, fumées
et poussières de plomb entrant dans la composition des
batterie, ont pollué le site sans qu’aucune
précaution ne soit vraiment prise. La dépollution
du site après la fermeture n’a pas été
faite. En 91 et 92, après que le terrain est été
vendu, trois chevaux qui avaient séjourné sur le
terrain sont morts. La récolte et la consommation des
fruits et légumes, le parcage des animaux et la coupe de
fourrage est interdit aux alentours du site… Pourtant,
la loi française oblige le dernier propriétaire à
remettre en état le site après la fin de
l’exploitation industrielle. Une telle "recherche en
paternité de pollution" empêche dorénavant
l’existence de "sites orphelins". À
plusieurs reprises des décisions de justice sont allées
dans ce sens. Aucune suite. Pourtant la concentration de plomb
atteint 84 595mg / kg à certains endroits alors que le
taux acceptable pour les terres agricoles est de 300mg/kg… En
décembre 99, démarrent enfin les travaux de
réhabilitation confiés à l’ADEME
(Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de
l'Energie). Deux mois après, le chantier est abandonné…
Aucune raison n’est évoquée. Pourquoi
tous ces silences ? Pourquoi la réhabilitation n’a
commencé que 13 ans après l’arrêt de
l’exploitation et s’est arrêté après
seulement deux mois ? L’immensité de la tâche
? les taux de pollution impressionnants ? les coûts ?
l’incompétence ? les responsabilités
politiques du propriétaire, vice-président du
conseil régional, élu du parti des chasseurs CPNT
au moment des faits ?… Aucune réponse. C’est
la chape de "plomb" du silence et des non-dits qui
prévaut. La réglementation européenne
est équivoque. Tantôt elle inscrit dans sa
réglementation le principe de précaution comme le
Parlement européen vient de le voter à sa session
de décembre, tantôt elle oublie d’harmoniser
ses textes au niveau des meilleures pratiques nationales. Les
sites orphelins doivent disparaître du paysage européen.
Collectif
environnement c/o Franck Lalanne, 14, résidence
Suzon - n°3, 33830 Belin-Beliet, Tél. : 05 56 88
06 05 ou 05 56 88 02 70.

Biarritz,
un sommet pour si peu ...
Les 13 et
14 octobre s’est tenu à Biarritz le "sommet
informel" pour préparer le sommet de Nice de
décembre. Bousculé par les changements politiques
en ex-Yougoslavie, il a accouché d’une souris.
Pourtant les enjeux étaient de taille : la Charte
européenne des droits fondamentaux et les indispensables
changements institutionnels européens. Carré
d’Europe a rencontré Jean Lissar, conseiller
régional d’Aquitaine et membre des Verts du Pays
Basque. Il nous donne son sentiment sur le sommet vu de
Biarritz et sur les débordements violents qui l’ont
entouré.
Dans
quelles conditions avez-vous participé à ce
sommet ? Au début de l'été 2000,
à l’initiative d’ATTAC Pays Basque, s’est
constitué un collectif pour un contre-sommet de
Biarritz. Les Verts du Pays Basque y ont participé,
ainsi qu’à la création d’une
plate-forme dont le thème était : "le monde
n’est pas une marchandise et l’Europe non plus". Là
cohabitaient les Verts, le PCF, la FSU, la CGT… mais
aussi les jeunesses nationalistes radicales Haika, les comités
de soutien aux prisonniers politiques basques, etc. Très
vite il est apparu que les nationalistes basques allaient
organiser leur propre mobilisation et sur leur propre thème
: les prisonniers politiques, leur regroupement, leur
libération … Ils avaient prévu un
déplacement massif des jeunes militants du Pays Basque
sud. Les débordements violents étaient
inévitables. Nous ne voulions pas qu’il y ait
d’amalgame entre ces violences et le contre-sommet. Nos
craintes se sont confirmées par la suite puisque la
presse s’est plus fait l’écho des violences
que du sommet lui-même, et encore moins du contre-sommet.
Les Verts, le PCF, la FSU, la CGT… ont quitté le
collectif, se réservant la possibilité
d’intervenir de manière autonome lors du
contre-sommet.
Vu
du Pays basque, quelles sont vos impressions sur la tenue de ce
sommet ? On peut parler d’un sommet non avenu
car peu préparé. C’était aussi une
inutile provocation. En effet, on connaissait la situation de
tension en Pays Basque sud. Organiser un sommet à
Biarritz, c’était mettre de l’huile sur le
feu. La ville était en état de siège. Il
était impossible de circuler sans accréditation.
Nous avons organisé une conférence de presse avec
2 eurodéputés Verts, Alima Boumediene et Alain
Lipietz, Francis Wurtz, président du groupe de la gauche
unitaire au Parlement européen, et Raoul-Marc Jennar, de
l’Observatoire de la mondialisation. Il a été
difficile de rencontrer la presse, l’omniprésence
policière empêchant les déplacements des
journalistes. De plus, 13 journalistes basques n’ont
pas été accrédités, et le
centre-ville de Biarritz leur était du coup interdit.
Toutes les personnes qui avaient un nom basque étaient
systématiquement rayées des listes. On a même
vu des journalistes de la presse nationale avoir toutes les
difficultés du monde à avoir un laissez-passer
sous le seul prétexte qu’ils avaient un patronyme
basque. Pourtant la Charte européenne des droits
fondamentaux, dont le contenu a été fixé à
Biarritz même, énonce "la liberté de
recevoir ou de communiquer des informations ou des idées,
sans qu’il puisse y avoir ingérence des autorités
publiques et sans considération de frontières…".
Quelles
conséquences peut avoir cette Charte dans une région
comme le Pays basque ? Fort peu, et j’en suis
le premier désolé. Hormis le fait qu’elle
ne soit pas juridiquement contraignante, rappelons les
insuffisances dans l’affirmation des droits individuels
fondamentaux : droit à un environnement sain, droit des
minorités nationales, liberté de circulation et
de séjour, reconnaissance des droits économiques
et sociaux…, et son appauvrissement par rapport à
la Déclaration universelle des droits de l’Homme
concernant le droit au logement, à la santé, au
travail, à la protection sociale ou à la
retraite. Pour le Pays basque, comme il n’y a rien sur
les droits des minorités, il ne peut y avoir que des
conséquence négatives. Si ces droits étaient
reconnus, le gouvernement français pourrait, par exemple
sur le débat sur la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires, sortir par le haut, en ayant
une bonne raison de modifier l’article 2 de la
Constitution, qui réduit les langues de la République
au seul français. C’est en effet le jacobinisme
et l’unitarisme forcené qui alimentent tous les
nationalismes. Garantir des droits est le meilleur rempart
contre tous les nationalismes et les extrémismes qui
font de la violence leur fonds de commerce. À Biarritz
comme ailleurs en Europe ...
Jean
Lissar, Conseil Régional d'Aquitaine, Groupe des
Élus Verts , 14 rue François de Sourdis,
33077 Bordeaux cedex e-mail :
Groupe@Les.Verts.cr-aquitaine.fr Tél.
: 05 57 57 80 95 Fax : 05 57 57 84 18

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