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Sommaire

L'Europe vue de l'Hémicycle
Et maintenant vous faites quoi ?
Balayer Nice par l'après Nice
Parce que la démocratie à un coût …
Malgré l'urgence, l'Europe patine
Petite leçon d'eurojargon
Vrac d'Europe

L'Europe vue de Midi Pyrénées
L'avion veut-il croiser le fer ?
CTSDU, l'Europe s'en mêle
Prime au courage
Tous les chemins ne mènent pas ... au Traité de Rôme

L'Europe vue d'Aquitaine
Comment dit-on canard en Basque ?
Taxe sur la Valeur Alternative
Quand l'ABUL percera !
Ils fournissent le goudron, offrons les plumes !








































Un financement, comment ? pour qui ?
Peut bénéficier du financement public tout parti européen ou fédération européenne de partis nationaux déclaré auprès du Parlement Européen, appelé à durer (exit les combines de circonstances), ayant ont un programme "généraliste" (exit les monomaniaques du fusil) et compatible avec les principes démocratiques contenus dans la Charte des Droits Fondamentaux (exit les fachos…). C'est le Bureau du Parlement Européen qui vérifie si ces critères sont bien remplis.
La transparence comptable est de rigueur, et tout manquement est sanctionné par les organes prévus dans les textes européens (Cour des comptes, Cour de justice, Office de lutte anti-fraude…). Le financement provient du budget de l'Union et ne peut être utilisé pour le financement direct ou indirect des partis politiques au niveau national.
Les entreprises publiques ou privées ne peuvent financer un parti européen, et les dons (de personnes physiques ou de partis nationaux) ne sont pas plafonnés mais rendus publics. Le financement public des partis européens ne peut excéder 75% du budget de ces derniers.
À droit de recevoir un financement tout parti européen ayant obtenu au moins 5% des suffrages dans un quart des pays de l'Union lors des élections européennes, ou ayant des élus nationaux ou régionaux dans un quart des pays de l'Union. Le financement est calculé au prorata des scores aux élections européennes et du nombre de députés européens de chaque parti.
Pour entrer en vigueur, ce règlement doit encore être approuvé par le Conseil des Ministres de l'Union, statuant à l'unanimité.



















































































Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen



Carré d'Europe N°7 – Eté 2001



L'Europe vue de l'Hémicycle

Et maintenant vous faites quoi ?

Bonne surprise. La communication de la Commission Européenne sur un système de retraites "sûr et viable" est plutôt bon. Alors qu'Alain Lipietz "répudiait" son propre rapport sur la question, tant il avait été dénaturé par la (très réac) commission économique du Parlement, l'eurodéputé et économiste vert soulignait les avancées du texte en provenance de l'exécutif européen. Le bon choix est en effet de répartir le coût des retraites sur davantage de personnes actives en faisant reculer le chômage, par exemple par une plus grande solidarité envers les précaires, ou en favorisant le travail des femmes. Quant aux préretraites "abusives", il faut les remplacer par le raccourcissement des carrières de celles et ceux qui ont mené des travaux pénibles. Pour éviter les dégâts du boursicotage des fonds de pension anglo-saxons, Alain a quand même réussi à faire adopter que les systèmes complémentaires par capitalisation (type assurance-vie) soient confiés à des mutuelles à but non lucratif, suivant en cela la Confédération Européenne des Syndicats.
Voir l'analyse et les propositions d'Alain sur son site :
www.lipietz.net

Balayer Nice par l'après Nice

Du jamais vu : pour la première fois de son histoire, le Parlement Européen n'a pas approuvé un traité européen ! Le 31 mai, en session plénière à Bruxelles, il a tout simplement refusé de se prononcer, préférant donner son analyse précise sur le résultat de Nice, plutôt que d'avaler une telle couleuvre institutionnelle.
Comme l'a expliqué la députée verte belgo-italienne Monica Frassoni, ce "non-vote" était le prix à payer pour que ce parlement ose enfin dire sa vérité, sans avoir peur des foudres des gouvernements qui ont la haute main sur les deux principaux groupes (PSE et PPE).
Fort de cette liberté de ton, jamais le Parlement Européen ne fut aussi critique sur un traité : "insuffisant", "déficits", "lacunes", "confus", "opaque", "blocages préjudiciables", "antidémocratique"... au fil des articles de la résolution adoptée, on lit toute la déception de l'assemblée parlementaire face au "bricolage" de Nice, reprenant ainsi l'analyse que les députés écologistes avaient émise tout au long du déroulement de la dernière Conférence Inter Gouvernementale.
Mais l'élément le plus important est sans doute que le Parlement a fait le choix de se projeter dans l'étape suivante avec une détermination qu'on ne lui connaissait pas.
Car c'est dans le processus "post-Nice" que la majorité du Parlement - les Verts en tête - fonde maintenant tous ses espoirs, en appelant plus clairement que jamais au "déclenchement d'un processus constitutionnel couronné par l'adoption d'une Constitution européenne". Et le texte du rapport de préciser les objectifs (mandat de réforme totalement ouvert), la méthode (Convention qui brisera les blocages stériles de l'intergouvernemental, association de pays candidats…), le calendrier (2003) et les moyens (interpellation des parlements nationaux, débat public, budget…).
Le rejet de ce traité par le peuple irlandais, une semaine plus tard, donne encore plus de résonance à ce vote du Parlement Européen. Le mauvais Traité de Nice aura eu au moins cette vertu de réveiller les énergies de tous ceux qui, comme les Verts, veulent refonder l'Europe.

Parce que la démocratie à un coût …

Un des (rares) bons côtés du Traité de Nice est de prévoir enfin un cadre légal pour les partis politiques européens, indispensables outils pour créer une structuration du débat européen autour de familles de pensée cohérentes. Ils prendront tout leur sens dans le cadre unifié d'un futur mode de désignation des députés européens (voir la Petite leçon d'eurojargon). Actuellement, ces partis existent de fait - notamment la très dynamique Fédération des Partis Verts européens - mais ce sont des objets juridiques non identifiés, et les sources de financement de certains ne sont pas d'eau très claire…
À l'instar des Verts français qui avaient mené bien seuls la lutte pour assainir la vie politique de leur pays, les eurodéputés Verts sont montés en première ligne lors des débats et votes sur le financement des partis politiques européens.
L'objectif des écologistes était triple : d'abord éviter que les partis européens ne deviennent des "pompes à fric" avec toutes les dérives que l'on a connues, notamment en France (entreprises rackettées, bureaux d'études factices, recyclage d'argent occulte… ). Ensuite édicter des règles de transparence totale ainsi que des contrôles et des sanctions clairement définis. Enfin permettre que les formations politiques nouvelles aient accès à ce financement, donc s'assurer que le seuil pour être un "courant d'opinion représentatif" ne soit pas trop élevé, afin de ne pas fossiliser à jamais le débat européen entre les partis "installés".
Les Verts ont perdu en commission la première manche de ce combat difficile, entre autres parce que les socialistes ont rejeté les amendements interdisant le financement privé, ne tirant aucune leçon des lourds scandales financiers qui ont frappé leurs diverses formations en Europe. Qui peut en effet croire qu'une entreprise puisse "spontanément" donner une part de ses bénéfices à un parti, sans espérer que ce dernier rende en échange "quelques menus services" à ses actionnaires ? Le PS annonçait se satisfaire du fait que de tels versements seraient rendus publics, en faisant semblant d'ignorer de surcroît que les flots d'argent ainsi mobilisés iraient forcément vers les partis au pouvoir - ceux qui peuvent "renvoyer l'ascenseur" puisqu'ils sont décideurs - déséquilibrant gravement les moyens des acteurs politiques et réduisant d'autant toute possibilité d'alternance. Gérard Onesta a dénoncé en séance plénière cette perversion majeure, en déclarant que "Les Verts s'opposeront toujours à tout mécanisme de corruption, fût-ce dans la transparence !". Autre inquiétude : le seuil retenu en commission pour accéder au financement était très élevé puisque, après élargissement de l'Union, un parti aurait dû faire des scores représentatifs dans pas moins de 9 pays simultanément. Ce seuil est largement dépassé par les Verts européens, mais risquait d'écarter à jamais leurs alliés régionalistes.
Vint le débat en plénière. Sentant que sa position n'était "médiatiquement pas tenable", le groupe socialiste ralliait les Verts, et le financement par les entreprises était écarté. De même, grâce à d'interminables tractations avec la gauche et les libéraux, le seuil pour accéder au financement fut, lors du vote, abaissé à un niveau démocratiquement acceptable. Autant d'avancées qui ont, au final, marginalisé les positions de la droite et du rapporteur issu de ses rangs, Madame Schleicher.
Cette victoire a pourtant été émaillée, la veille, d'un incident de séance car, profitant d'un hémicycle plutôt désert, les députés du groupe UEN présidé par Charles Pasqua, alliés au groupe TDI (où l'on trouve côte à côte les radicaux Italiens et le FN !), et au groupe EDD (où siègent les chasseurs français) ont fait voter une motion d'irrecevabilité. Le lendemain la Présidente Nicole Fontaine décidait de passer en force et de réinscrire ce point à l'ordre du jour, ouvrant en cela la voie à un possible recours en annulation devant le Tribunal de Luxembourg. Gérard, présent dans l'hémicycle au moment de l'incident, a pris la parole pour regretter que "l'eurodéputé Pasqua ne soit pas présent pour nous expliquer sa propre vision du financement des partis et des campagnes…" Il n'y a que les démagogues ou les corrompus pour feindre d'ignorer que la Démocratie a un coût.

Malgré l'urgence, l'Europe patine

L'exclusion sociale, les licenciements, l'Europe en parle d'autant plus qu'elle agit peu.
Le Parlement Européen a adopté en seconde lecture un programme d'action contre l'exclusion sociale, augmentant certes de 30 millions d'euros (pour la porter à 100) l'enveloppe budgétaire, mais se gardant bien de prendre des mesures concrètes. Si les indicateurs nationaux devraient être harmonisés par cohérence, rien n'est dit sur le partage des richesses (fiscalité, temps de travail, revenus minima…).
Parallèlement la commission des affaires sociales du Parlement a organisé une audition publique pour évaluer les carences du droit social européen. Un an après le sommet de Lisbonne, qui devait mettre l'emploi au cœur du débat (via les - déjà plombées - nouvelles technologies), la députée verte Hélène Flautre, qui siège à cette commission, a dénoncé la lenteur des 3 directives "sociales" éternellement en gestation. Devant des représentants de la Confédération Européenne des Syndicats, Hélène a soutenu leur demande de révision de celle de 1994 dont les carences sont manifestes (comité d'entreprise aux pouvoirs limités, seuil de 1000 salariés pour être informé…). Idem pour la directive dite "Vilvoorde" (consultation des salariés avant un plan social pour toute entreprise de plus de 50 personnes), qui est toujours bloquée - merci les Britanniques - tandis qu'en l’absence d'harmonisation, les multinationales jonglent avec les lois des Etats qui les arrangent. Quant au projet de directive sur "l'implication des salariés dans les Sociétés Européennes", il risque d'être limité aux entreprises qui adopteront ce nouveau statut.
Le groupe Vert/ALE, qui accueille régulièrement au Parlement des victimes de l'absence d'Europe sociale (licenciés de chez Michelin, Danone, Marks & Spencer …) peut affirmer, comme l'a dit Hélène, que "l'exécutif européen doit, en urgence, mettre autant d'ardeur à défendre les salariés-citoyens que la libre concurrence !"

Petite leçon d'eurojargon

La désignation des 626 députés européens se fait au scrutin universel direct, pour un mandat de 5 ans renouvelable, dans les 15 États membres, au scrutin de liste proportionnel. Mais il existe bien des variantes nationales :

Listes régionales/liste nationale
Dans quelques pays (Italie, Autriche) les partis non représentés à leur assemblée nationale doivent réunir un certain nombre de signatures de citoyens pour avoir droit de candidature. En Belgique, Irlande, Italie, et au Royaume-Uni, ce sont des listes régionales qui se présentent. Ailleurs, comme en France, ce sont des listes nationales. En Allemagne, les partis peuvent constituer des listes nationales ou dans les Länder, mais la répartition des sièges se fait sur la base des résultats nationaux. En Italie, les listes sont impérativement régionales (5 grandes régions), mais le décompte est national.

Répartition des sièges
Après attribution des sièges sur la base de leur quotient électoral, la France et la Grèce répartissent les restes selon la règle de la plus forte moyenne, tandis que l’Allemagne et l'Italie utilisent des méthodes ("Hare-Niemeyer" en Allemagne) tenant compte des résultats régionaux. L'Irlande (y compris l'Ulster) utilise le "vote unique transférable" : les électeurs classent selon leur préférence les candidats présentés sur une seule liste, tous partis confondus. Sont élus ceux qui ont obtenu le quotient électoral. Les voix obtenues au-delà du quotient nécessaire sont réparties entre les candidats non encore élus et les mieux classés. Les autres États ont choisi les règles "d’Hondt" ou "St Lagüe" (Suède), qui attribuent de "numéros de rang" à chaque liste en fonction de son score.

Seuil électoral
Le seuil électoral théorique en dessous duquel une liste ne peut obtenir de sièges varie de 0% (Danemark, Finlande, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Italie, Espagne, Belgique et Royaume-Uni), 3 % (Grèce), 4 % (Autriche et Suède) jusqu’à 5 % (France et Allemagne).

Vote préférentiel
L’électeur peut dans certains pays établir une préférence parmi les candidats présents sur chaque liste, en les ordonnançant d’une autre manière que ce que propose le parti. C’est le cas en Autriche, Belgique, Danemark, Italie, Finlande, Irlande, Pays-Bas, et Suède. Les Luxembourgeois peuvent même panacher leur vote entre plusieurs listes. Par contre, en France, Allemagne, Grèce, Portugal, Espagne et Royaume-Uni, les listes des partis sont "bloquées", et tout bulletin modifié est invalidé.

Jour de scrutin
Les Européens élisent leurs eurodéputés "presque" en même temps. En effet la plupart des pays votent le dimanche, mais certains (Danemark, Espagne, Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni) ont pour tradition de voter en semaine, et leurs urnes sont donc scellées quelques jours pour que le dépouillement ait lieu simultanément le dimanche soir, partout sur le continent.

SOS - Démocratie en danger !

À intervalle régulier, les partis au pouvoir en France (RPR, PS) ont la tentation de modifier le mode de scrutin européen - qui est souvent défavorable aux partis au pouvoir - pour empêcher les autres familles politiques d'accéder au parlement de Strasbourg. Dans son discours sur l'Europe du 28 mai dernier, Lionel Jospin a redonné vie à ce serpent de mer en annonçant de "grandes circonscriptions" pour 2004. Sous prétexte de "rapprocher l'élu de l'électeur", le tripatouillage électoral consiste à découper le territoire, ce qui conduit à présenter des listes de candidats infiniment plus réduites, et à faire aussitôt grimper le seuil électoral. Ainsi s'il suffit actuellement en France de 5 % des voix pour être représenté au Parlement Européen, il faudrait approcher les 20 % pour décrocher un siège en cas d'une liste régionale ne comportant plus que 5 sièges. Ce charcutage géographique, dont l'incohérence sociologique, culturelle et économique est patente, briserait la représentativité de l'Assemblée Européenne, éloignant alors VRAIMENT l'électeur de ses représentants les plus directs. De plus, cette disposition heurte frontalement la volonté du Parlement Européen qui, tout en demandant un système électoral unifié, s'oppose à ce qu'un découpage vienne réduire le principe de proportionnalité. Loin de cette logique de morcellement néfaste, le Parlement Européen demande au contraire - avec les Verts - qu'une part des députés européens soit élue sur liste transnationale pour faire émerger une "conscience politique européenne".

Vrac d'Europe

À l'est d'Eden
Alerté par Arnold Cassola, coordinateur des partis Verts européens, Gérard Onesta a écrit à messieurs Kwasniewski et Iliescu, respectivement présidents de Pologne et de Roumanie. Objet de ces courriers : demander à ces personnalités de s’opposer à la légalisation de cruautés sur animaux. Face à la prise de conscience qui s’instaure dans l’Union sur ce sujet, c’est peut-être vers l’Est que se déplace le front du combat pour la protection animale. En cause en Pologne : l’autorisation d’expérimentation massive de produits sur des animaux sauvages ou de compagnie, au détriment de méthodes de test substitutives tout aussi efficaces. En Roumanie, c’est le maire de Bucarest qui veut faire abattre, de façon particulièrement cruelle, les milliers de chiens errants de la ville, alors que 86 % des Roumains sont hostiles à cette mesure et prônent la simple stérilisation. Premier résultat : le président de Pologne a opposé son veto à la loi…
Contact Yann Wehrling,
Tél. : 00 32 22 84 66 99 ,
ywehrling@europarl.eu.int

Chercher pour trouver
Yves Pietrasanta s'affirme comme le "Monsieur Recherche" du Parlement. Déjà 1er vice-président du STOA (office scientifique parlementaire), Yves, universitaire et eurodéputé vert, vient, par deux fois, de prouver tout l'intérêt d'être un scientifique qui diagnostique, doublé d'un élu qui porte le débat.
Co-rédacteur d'un rapport remis à Dominique Voynet, il y dénonce les faibles moyens mobilisés pour la surveillance de l'air en France en regard de certains de nos voisins européens : "en Allemagne, 10 fois plus de gens s'occupent de la qualité de l'air". Incohérence des lieux de prélèvement, polluants sciemment oubliés ("on ne trouve que ce qu'on cherche"), absence de recherche fondamentale et de modèle prévisionnel : le constat sonne comme une alerte. Parallèlement, Yves a organisé, le 6 juin à Bruxelles, les premiers "États généraux de la recherche" : énergie, santé, biotechnologies, communication, environnement… spécialistes et élus y ont dressé un état des lieux prospectif sur l'ensemble des sujets pour lesquels l'Union a compétence.
Rapport sur l'air et actes du colloque disponibles :
Tél. : 00 32 22 84 74 75,
ypietrasanta@europarl.eu.int

L’Internationale
Parmi 700 militants issus de 70 pays regroupés en 4 fédérations continentales, Didier-Claude Rod a porté la parole des eurodéputés écologistes lors du "Congrès Vert Global" à Canberra (Australie) en avril. Au travers des échanges sur les expériences de leurs milliers d'élus locaux, centaines de parlementaires et vingtaine de ministres, les Verts "mondiaux" ont adopté une charte qui pose les principes d'une refonte des institutions planétaires, de la non-violence, des droits des minorités et du développement durable. Une coordination de 12 personnes - 3 par fédération - a été mise en place pour que l'écologie politique pèse d'avantage en préparation du sommet "Rio+10" que l'ONU tiendra à Johannesburg en 2002, et du prochain congrès mondial Vert (en Afrique d'ici 5 ans). En mai, c'est Gérard Onesta qui, dans le cadre d'une délégation interparlementaire, était à Canberra pour prolonger les échanges avec le sénateur fédéral Vert Australien Bob Brown qui fut l'âme de ce Congrès.
Pour recevoir la Charte mondiale des Verts
Contact Didier Claude :
drod@europarl.eu.int
Contact Bob Brown : senator.brown@aph.gov.au

À la turque
La Turquie, candidate à l’adhésion à l’Union, n’en finit pas de chercher la voie de la démocratie, et Dany Cohn-Bendit, président de la délégation interparlementaire Union Européenne/Turquie, a décidément en charge un bien lourd dossier. Les drames récents qu’ont connus les prisons turques (grèves de la faim, émeutes, tortures...) illustrent toutes les tensions d’une société où l’armée et les religieux ont pris le débat politique en otage. Lors d’une récente visite sur place, Dany a visité cesprisons pour exiger que soient levés les "soupçons de tortures" et libérés les prisonniers d’opinion. La délégation d’eurodéputés qu’il conduisait a également rencontré le ministre de la Justice d’Ankara, pour lui rappeler solennellement que de profondes réformes pénales et carcérales restaient des préalables à l’adhésion à l’Union.
Contact Dany, Tél. : 00 32 22 84 74 98,
dcohnbendit@europarl.eu.int

La parole contre la hogra
Hélène Flautre y est allé. Elle a vu. Elle raconte. Ses textes, publiés par "Le Monde" et "Libération", sont beaucoup plus que des rapports de la vice-présidente de la délégation Maghreb du Parlement Européen qu'elle est. Ils sont débordants de témoignages et d'indignation. La courageuse visite de l'eurodéputée verte à Tizi Ouzou éclaire avec précision le drame algérien, et explique à quel point la "hogra" (le mépris) affiché par la junte militaire algérienne est une culture de haine et de mort, contre laquelle l'Europe n'a que trop tardé à faire entendre sa voix.
Pour recevoir les témoignages d'Hélène et toute info
tél. : 00 32 22 84 73 64,
hflautre@europarl.eu.int

Atout trèfle
Régénérer et fertiliser les sols, tout en permettant la culture extensive de protéines végétales qui manquent cruellement à notre Europe intoxiquée par les farines animales, tels étaient les objectifs du

rapport de l’eurodéputée verte Danièle Auroi, qui portait sur la reconquête de terres actuellement en jachère. Objectifs largement atteints, puisque le Parlement puis le Conseil, France et Allemagne en tête, ont approuvé ce qui pourrait bien être la première esquisse de réforme de la PAC vers une agriculture raisonnée. Malheureusement, le Commissaire Fischler, en charge des questions agricoles, a annoncé vouloir limiter la réforme à la seule agriculture bio pour ne pas contrarier les absurdes accords de l’OMC qui limitent les aides publiques, même quand celles-ci sont dictées par la santé des populations et la survie d’une profession.
Contact Danièle,
Tél. : 00 32 22 84 75 54,
dauroi@europarl.eu.int

Italie qui pleure …
Mauvais bilan pour les Verdi aux élections législatives italiennes du 13 mai. Avec 2,1 % des voix, ils n’apportent que peu d’élan au "Pôle de l’Olivier" emmené par l’ex-maire Vert de Rome Francesco Rutelli. La victoire de Berlusconi, qui contrôle désormais l’exécutif, le législatif et l’informatif (à quand le judiciaire ?) fait également perdre leurs ministres à nos amis italiens, qui conservent cependant un groupe de 17 parlementaires pour s’opposer à cette nouvelle forme de totalitarisme, et reconstruire l’écologie au sud de l’Europe.
Contact : Federazione dei Verdi, via Saladra 6
I- 00187 Roma, Tél. : 06/4203061

Euskadi qui rit
Le même jour en pays basque, alors qu’ils avaient subi une intense campagne de dénigrement les assimilant aux criminels de l’ETA, les régionalistes modérés connaissaient un succès historique. Portés par une participation électorale record (80 % de votants), les nationalistes du PNV-EA, alliés des Verts, remportent 33 des 75 sièges du Parlement basque. L’eurodéputé ALE Gorka Knörr Borràs, élu à cette occasion en Euskadi, est remplacé au sein du groupe Vert/ALE par un autre régionaliste, Miguel Mayol i Raynal, catalan perpignanais. Bonne chance Gorka, et bienvenue Miguel !
Contact Neil Feigusson, secrétaire de l’ALE
Parlement européen, bureau 2C29, rue Wiertz? B-1047 Bruxelles
Tél. : 00 32 22 84 22 50

Parce qu'ils le valent bien
Comme dans un remake de "drôle de dames", le trio des eurodéputées Vertes/ALE Marie Anne Isler-Béguin (France), Patricia Mac Kenna (Irlande) et Jill Evans (Pays de Galles) a mené la vie dure aux lobbies du cosmétique qui espéraient continuer à tester impunément leurs produits sur des centaines de milliers d'animaux martyrs. Beau résultat, puisque le Parlement a adopté un texte qui interdit non seulement de tels tests lorsque des méthodes substitutives ont été validées, mais aussi la commercialisation des produits ainsi testés sur animaux en dehors de l'Union. À saluer aussi, le déblocage de fonds pour un programme de recherche pour l'abandon de tout test animalier dans les 5 ans et, d'ici là, la responsabilisation des consommateurs par l'apposition sur les produits de la mention "Testé sur animaux". Cette directive doit remplacer un ancien texte resté inappliqué parce qu'imprécis. Mais il ne s'agit là que d'un débat en première lecture. À suivre donc.
Contact Marie Anne,
Tél. : 00 32 22 84 75 72,
maisler@europarl.eu.int

Euro... juste ?
Pas difficile pour le "Syndicat du Crime" d'avoir des rouages plus efficaces que ceux de l'Union, et de s'y développer, en s'abritant derrière les carences ou incohérences de 15 législations nationales. Pour le combattre, Eurojust est l'unité de coopération policière et judiciaire composée de magistrats et policiers, que les 15 ont voulue au Sommet de Tampere. Alima Boumediene-Thiery, l'eurodéputée verte en charge du gros dossier des libertés publiques, a profité d'un débat en plénière pour redire à quel point cet outil, pourtant ô combien indispensable, était mal né : absence d'harmonisation préalable des législations, risques d'affaiblissement des garanties procédurales, manquements aux droits fondamentaux, et mécanismes de contrôle absents puisque même la Cour de Justice n'aura pas son mot à dire ! Faut-il rappeler que les polices secrètes et justices d'exception n'ont pas laissé de bons souvenirs dans l'Histoire…
Contact Alima,
Tél. : 00 32 22 84 75 74,
aboumediene@europarl.eu.int

Pour ne pas bronzer idiot
Mondialisons la solidarité, pas l'économie !
Les jeunes euro-écolos sont sur tous les fronts : Espagne (Barcelone) du 27 au 29 juin, avec "Joves d’Esquerra Verda" : contre-sommet de la Banque Mondiale, avec encerclement du siège de la conférence, immolation symbolique de la Banque Mondiale et son procès populaire… Info :
www.rosadefoc.org .Belgique (Gand) du 4 au 8 juillet, avec "Jong Agalev" : camp d’été autour de débats sur le sexisme, les drogues, l’importation des bois tropicaux. Italie (Gênes) du 19 au 21 juillet, avec les jeunes écolos transalpins : forum européen "l'après Porto Alegre", contre le FMI et l’OMC. Allemagne (Bonn) du 16 au 27 juillet, avec les jeunes grünen : les leçons du sommet de La Haye contre l’effet de serre. Ex-Yougoslavie, pendant tout l’été avec les jeunes écolos des Balkans : série de séminaires sur la non-violence et la protection de l’environnement. France (Paris) le 30 juin, avec Chiche ! : 3ème édition de l’écolo parade. Thème : lutte contre l’effet de serre.
Contact Olivier RICHARD,
Tél et Fax : 01 43 55 44 05,
richardolivier@yahoo.fr



L'Europe vue de Midi Pyrénées

L'avion veut-il croiser le fer ?

Le trafic marchandises traversant les Pyrénées enregistre une hausse annuelle de 9 %, largement supérieure aux évolutions de toutes les autres zones de transit européen, notamment les Alpes. En 1998, ce sont 77 millions de tonnes de marchandises qui ont transité par la route au travers des Pyrénées, contre seulement 4 millions par le train. Plus de 15 000 poids lourds traversent ces montagnes chaque jour. En 2020, le trafic pourrait atteindre 200 millions de tonnes, soit l'équivalent de 30 000 camions par jour. C'est sur des constats de ce genre qu'Eurosud a été créé en 91. Installée à Toulouse, avec Gérard Onesta parmi ses membres fondateurs, cette association œuvre, entre autres, pour le transport de marchandises par train vers la péninsule Ibérique. Valérie Cormier, permanente de l'association, fait le point sur le chemin parcouru par l'association et sur ses projets.

Carré d'Europe : Quelles étaient les motivations des fondateurs de l'association en 1991 ?
À l'origine, l'association s'appelait TGV Eurosud. À l'époque, Midi-Pyrénées semblait condamné à rester à l'écart du réseau européen de TGV. Il fallait donc tout mettre en œuvre pour que le rail n'oublie pas cette région. Le plus simple semblait de tenter, dans un premier temps, un raccordement vers la Méditerranée par un TGV Toulouse/Narbonne connecté ensuite vers Marseille et Lyon, ou vers Barcelone. La liaison en direction de Bordeaux se ferait plus tard.
Le développement du transport de marchandises dans ces dix dernières années a mis en évidence les besoins importants de fret. Notre réflexion a donc intégré cette évolution. Ainsi, en 1998, nous avons changé de nom pour nous appeler Eurosud Transport. De plus, la nouvelle équipe en place au Conseil régional de Midi-Pyrénées, qui est un de nos financeurs, nous a demandé de réfléchir à une nouvelle traversée des Pyrénées par train, éventuellement centrale, complémentaire aux projets existants dans les Pyrénées-Orientales (Perthus) et au Pays basque.

Carré d'Europe : Et vos préoccupations d'aujourd'hui ?
Nous travaillons d'abord sur quatre gros dossiers. Le premier concerne le raccord au TGV Méditerranée, le deuxième le développement de la transversale Bordeaux-Toulouse-Marseille, le troisième le prolongement vers le Pays Basque, l'Espagne et le Portugal de la ligne TGV qui va aboutir à Bordeaux, et enfin la traversée centrale des Pyrénées. La cohérence de tous ces axes vient de leur vue d'ensemble qui limitera au maximum le transport des marchandises par la route et qui permettra un développement tant économique que touristique.
Pour atteindre nos objectifs nous faisons du "lobbying associatif". Nous nous définissons comme un outil de veille spécialisé et réactif. C'est principalement par la circulation de l'information que nous pouvons faire bouger les décideurs.
Nous travaillons aussi, dans le cadre du programme européen INTERREG, à la mise en relation des différentes régions d'Europe du Sud intéressées par la traversée centrale des Pyrénées. Nos activités se déplacent de plus en plus de l'associatif vers l'institutionnel. Nous sommes maintenant associés à tous les groupes de réflexion institutionnels qui abordent la problématique d'une telle connexion.

Carré d'Europe : Pourquoi l'arrivée du TGV à Toulouse pose-t-elle tant de problèmes ?
À cause de la sacro-sainte aéronautique bien sûr ! Des études sont lancées pour un deuxième aéroport à Toulouse, sans avoir étudié l'évidente complémentarité entre train et avion. Le problème est purement psychologique. Toulouse est la seule ville où il ne faut pas mettre le TGV parce qu'il y a une "culture avion". La confusion est entretenue en permanence en mélangeant les besoins de transports aux milliers d'emplois dans l'aéronautique. Ce n'est tout même pas parce que Toulouse sera rationnellement desservie par le rail que l'industrie aéronautique européenne s'effondrera !
De toute façon, la croissance du transport aérien n'est plus gérable. Les plates-formes aéroportuaires doivent se repositionner, sur de l'international par exemple. En complémentarité, des compagnies aériennes commencent à acheter ou louer des trains, comme Air France qui relie la capitale européenne bruxelloise à son hub de Roissy par le TGV Thalys… Il est évident qu'avec l'arrivée du TGV à Toulouse, le second aéroport ne serait plus d'actualité. Sur les 5 millions de voyageurs à Blagnac chaque année, 3 millions font Paris/Toulouse. Avec le TGV, 60 % prendront le train, limitant les nuisances pour les riverains et libérant des créneaux pour d'autres destinations.

Carré d'Europe : Que peut faire l'Europe pour conjuguer rail et Pyrénées ?
L'Europe a une vision plus complète des problèmes de transport en général, et des congestions en particulier. Nous avons d'ailleurs un atout important puisque le délégué général d'Eurosud, monsieur Moraro, est un ex-fonctionnaire de la Commission Européenne et ancien chef du secteur industrie ferroviaire. C'est aussi lui qui a rédigé le projet de directive de 96 sur l'interopérabilité du système trans-européen de train à grande vitesse.

De plus, dans le cadre de la procédure de co-décision, le Parlement Européen a un pouvoir important sur la révision du RTET (Réseau Trans Européen de Transport). Nous espérons pouvoir être auditionnés par ce parlement, avec toutes les régions concernées (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Aragon), pour pouvoir y présenter la solution du franchissement ferroviaire des Pyrénées. Nous demanderons que le principe d'une nouvelle traversée des Pyrénées, en basse altitude pour respecter l'environnement des vallées, et dédiée au fret, soit inscrit dans les programmes européens afin que des études sérieuses soient lancées. Dès septembre, nous devrions y voir plus clair.

Carré d'Europe : D'autres projets ?
Comme vous pouvez le voir, nous avons beaucoup de pain sur la planche pour créer dans le Grand Sud une vraie synergie entre les différents acteurs concernés par nos projets : entreprises, acteurs politiques... Nous avons aussi le projet ambitieux d'organiser à Toulouse un colloque sur la complémentarité entre le fer et l'air. C'est sans doute mettre les pieds dans le plat, mais ça fera peut-être évoluer les esprits…

Contact
Eurosud Transport,
4, rue Godolin, 31000 Toulouse
Tél. : 05 34 41 18 39, Fax. : 05 34 41 17 81

CTSDU, l'Europe s'en mêle

Pauvre Graulhet. Cette petite ville du Tarn, déjà très touchée par la fermeture des mégisseries qui faisait sa fortune, est toujours menacée de devenir la poubelle du Sud-Ouest. En connexion directe avec un projet de méga-incinérateur, le Centre de Traitement et Stockage de Déchets Ultimes (CTSDU) de Graulhet, qui fut au coeur des dernières élections locales, n'a pas fini de faire parler de lui. Déjà plus de deux ans que la société Occitanis, filiale des groupes Vivendi et Suez-Lyonnaise - concurrents acoquinés pour l'occasion - a mis le grappin sur la ville, avec la double bénédiction (ce CTSDU est décidément très fédérateur !) de la municipalité de droite et du Conseil général PS.
Alors que les travaux devraient commencer dans les prochaines semaines, de nouvelles pièces viennent s'ajouter à ce dossier très contesté.
En décembre dernier, une fuite de fluides toxiques échappés de la décharge de classe 2 du Bouquedaze, située à proximité immédiate du site prévu pour le CTSDU, a montré que l'imperméabilité géologique était plus que contestable et les dangers d'infiltration réels.
D'autre part, suite à une plainte, soutenue par Gérard Onesta, déposée à Bruxelles par deux associations de défense de l'environnement auprès de la Commission Européenne pour non-respect de la concurrence, la légalité de ce projet reste en suspens. En effet, la Commission considère que les REFIOM (Résidus d’Épuration de Fumées d’Incinération d’Ordures Ménagères), qui constituent à eux seuls 80 % de l’enfouissement de la future décharge (source : le PDG d’Occitanis lui-même…), ne sont pas des déchets industriels spéciaux, mais des déchets ultimes qui dérivent du traitement thermique des déchets ménagers. Or, le traitement de ce type de déchets regarde les collectivités locales. Il y aurait donc eu une entorse manifeste aux règles qui régissent les appels d’offres entre collectivités publiques et industriels. Un recours devant la Cour de Justice Européenne devrait être déposé incessamment.
Comme d'habitude, lorsque les groupes industriels sentent une contestation de leur activité, ils tentent d'acheter leur tranquillité. Ainsi, lors de la dernière CLIS (Commission Locale d'Information et de Surveillance) la société Occitanis a présenté un projet visant à "rechercher et accueillir des entreprises nouvelles et à aider au développement des structures existantes". Ses représentants ont aussi annoncé qu’ils financeraient… le club de rugby local !
Au début du mois de juin, des actions d'information et de protestation lancées par les Verts ont rassemblé plusieurs centaines de personnes. L'occasion de redire, que même si un CTSDU est nécessaire en Midi-Pyrénées, on ne peut accepter que les conditions de stockage ignorent les principes les plus élémentaires de précaution, ni que les multinationales s'offrent un droit de polluer et passent outre la législation européenne en vigueur.

Contact
Les Verts de Graulhet
Jean Gautronneau, Les Salvages, 81300 Graulhet
http://site.voila.fr/Graulhetautrement

Prime au courage

En mai dernier, le Tribunal des Prud'hommes a donné raison à Rémi Millet. Ce jeune homme avait défrayé la chronique l'année dernière pour avoir été licencié d'un Mac Do de la région. Il avait eu la "faiblesse" de donner, sur ses propres points repas, des hamburgers à une femme qui avait faim (voir interview dans
Carré d'Europe n°3).
Afin de transformer ce bel essai, Rémi vient de créer une association, "C Prime" (pour réagir avant la "D-prime" !) qui se définit comme une coordination citoyenne pour le respect des jeunes salariés en Europe. "L'objectif est d'être un relais entre les jeunes en difficulté, et les associations et syndicats qui défendent les salariés" déclare Rémi. "Il n'est pas question de prendre la place des syndicats. Ils font leur travail et le font bien. Mais les jeunes en situation difficile ou précaire appréhendent le contact avec les structures chargées de les défendre. Certainement plus par crainte de l'employeur que du syndicat lui-même". Concrètement ? "Nous voudrions, par exemple, créer des lieux de rencontre dans les lycées, les facs… où les jeunes pourraient venir échanger leur vécu, ou s'informer auprès de gens de leur âge qui ont eu des expériences heureuses ou non dans le monde de l'entreprise."
L'association, forte de la médiatisation que Rémi a su entretenir, voudrait enfin sensibiliser les pouvoirs publics européens et français sur la complexité, pour les jeunes, d'affronter "la jungle du travail". Rémi souhaite que la galère qu'il vient de vivre soit épargnée à d'autres : "En fait, je veux créer une structure comme celle qui aurait dû exister et qui m'aurait vraiment été utile pendant l'année qui vient de s'écouler".

Contact
Rémi : 06 71 66 97 73

Tous les chemins ne mènent pas ... au Traité de Rôme

Le Traité de Rome qui a fondé, il y a longtemps déjà, la Communauté Européenne, ne voyait guère plus loin que le bout de la lorgnette économique. Mais depuis, au fil des nouveaux traités, notre continent a pris conscience de la valeur de ses espaces naturels, et de la nécessité de les protéger à tout prix.
Pourtant cette logique ne semble pas encore avoir touché la municipalité de Pierrefiche-d'Olt dans l'Aveyron, qui a ouvert ses bras à une multinationale, le groupe MEAC, afin d'exploiter une carrière. Pour faciliter le passage entre diverses parcelles de l'exploitation, cette mairie a vendu à l'entreprise, pour une bouchée de pain, un chemin rural plus que millénaire, fort apprécié des randonneurs et vététistes (… et même des chasseurs !). Des travaux d'aménagement ont alors commencé sans aucune autorisation, tandis que l'enquête publique était en cours. En fait, sur les lieux, un véritable massacre au bulldozer s'opéra jusqu'à l'intervention de l'association CEP en Rouergue, qui porta l'affaire devant le tribunal administratif, pour que les travaux soient arrêtés, la décision de vente annulée, et le chemin remis en état.
En avril 2000, le Tribunal casse la délibération du Conseil municipal, considérant que ce chemin rural était d'usage public, et qu'il ne pouvait donc, en aucun cas, être vendu.
Malgré cette décision, les travaux ont continué, la Mairie ne faisant pas respecter la décision du tribunal administratif, pas plus qu'elle ne faisait respecter les plans du permis de construire délivré, par elle, à cette entreprise. Étrange complicité entre une multinationale et un pouvoir local qui méprisent ensemble les citoyens. Le pouvoir économique est, ici aussi, plus fort que le pouvoir citoyen, même si celui-ci est conforté par le pouvoir judiciaire.
Au début de cette année, la Mairie s'obstine. Elle organise une autre enquête publique pour "légaliser" la situation, après avoir pris soin de modifier le permis de construire afin de "justifier" l'utilisation du chemin. Suite à cette enquête, la décision est prise de… déplacer le chemin. Inadmissible : l'intérêt particulier n'a pas à primer sur l'intérêt général. Que valent quelques (hypothétiques) gains économiques privés à court terme, face au patrimoine, au potentiel touristique et à la richesse écologique ?
À l'heure où l'Europe découvre, dans la crise, que ses campagnes ne pourront pas survivre si l'on ne casse pas la spirale de la marchandisation qui les frappe, en Aveyron, même les chemins sont à vendre !

Contact
Association CEP en Rouergue
c/o M. et Mme de Noual
Galinières, 12130 Pierrefiche-d’Olt

L'Europe vue d'Aquitaine

Comment dit-on canard en Basque ?

Une maquette toute neuve, de la couleur, un grand format… la nouvelle mouture de la presse verte basque est arrivée !
IGUZKI LORE, du nom de cette fleur qui pousse en Euskadi, est le bimestriel des Verts du Pays Basque. Tiré à 1200 exemplaires, il se veut carrefour d'informations locales et globales, et journal de réflexion, aussi culturel que politique. Les textes sont en français, seul un éditorial est écrit en langue basque. "Nous nous sommes rendu compte que lorsque nous mettions le même édito en français et en basque, les gens le lisaient en Français. Ici aussi, c'est le diktat de la langue dominante" constate Jean Lissar, directeur de publication et président du groupe Vert au Conseil régional, "Mais les deux versions linguistiques du journal seront bientôt disponibles sur le site Internet des Verts du Pays Basque".
Heureuse initiative en cette année européenne des langues.
Le journal est lu et attendu. Il est même volé ! L'exemplaire envoyé à la bibliothèque de Bayonne disparaît systématiquement. "Lorsque nous suspendons l'envoi à quelqu'un qui n'est pas ou plus abonné, il gueule ! Pourtant nous ne sommes pas un service public…" ajoute Jean, amusé. L'argent est le nerf de la guerre (même pour les non-violents !) et, sans abonnement, cette presse aussi "différente" qu'indispensable a beaucoup de mal à exister. La première dose est gratuite (un journal envoyé sur simple demande) … ensuite, si, comme beaucoup, vous devenez accro, il faudra s'abonner !

IGUZKY LORE,
Abonnement pour un an : 70 francs, soutien : 120 francs
Euskal Herriko Berdeak / Les Verts du Pays Basque,
"Uhaldia" 64220 UHART-CIZE
Tél. : 05 59 37 03 62
Fax : 05 59 37 21 52
verts.pays-basque@free.fr
www.verts.paysbasque.free.fr

Taxe sur la Valeur Alternative

Alors que l'Europe peine à accoucher d'une politique énergétique cohérente, et que semble embourbé le débat sur le niveau de taxes (d'écotaxes ?) devant frapper chaque type d'énergie, le Lot-et-Garonne va-t-il devenir un nouveau Texas ?
Même si notre terre du Sud-Ouest n'est pas prête d'être couverte de derricks, Alain Just, responsable d'une huilerie artisanale, fabrique de l'huile végétale brute alimentaire pouvant aussi servir de… carburant. Les lobbies de "l'or noir" aidant, il passera devant le tribunal de police d'Agen le 20 septembre prochain pour ne pas avoir reversé la fameuse TIPP, Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers !
Il est vrai qu'avec un simple réglage des moteurs diesels, l'huile de tournesol peut servir de carburant avec un bilan énergétique très supérieur à celui du diester, puisque des études ont montré que la culture extensive du tournesol permet d'obtenir 6,4 fois l'énergie initiale contre seulement 2,4 pour l'ester méthylique de colza (qu'un marketing peu regardant a pourtant baptisé "le carburant vert").
Bien qu'étant le logo des Verts, le tournesol a souvent mauvaise presse chez les écologistes à cause des méthodes de culture intensive des grandes firmes agroalimentaires. Pourtant la "fleur soleil" pourrait facilement être cultivée en bio, et sans irrigation. C'est avec le même souci de valorisation que, avec les résidus de pressage, Alain Just fabrique des tourteaux de tournesol, à forte valeur énergétique et nutritionnelle, utilisés par les éleveurs en remplacement du colza, plus cher (et transgénique ?) venant en grande partie des États-Unis.
L'Europe, à l'heure de "l'après-Kyoto", cherche à limiter ses rejets de gaz carbonique. L'utilisation raisonnée de la biomasse pourrait contribuer à atteindre les objectifs que s'est fixés l'Union, puisque le carbone libéré dans la combustion des végétaux est aussitôt re-fixé par ces mêmes végétaux dès qu'ils repoussent. Le tournesol est bien une énergie renouvelable, qui a pour seule limite la superficie disponible pour le faire pousser. Il n'est bien sûr pas question de remplacer le gasoil par cette huile dans toutes les voitures, même si celle-ci pollue infiniment moins. La priorité va bien évidemment à l'économie d'énergie par la rationalisation des modes de transport. Mais l'intérêt du projet d'Alain est de développer une filière "en complément", basée sur des échanges locaux limitant les transports d'énergie, et favorisant une certaine cohésion sociale par les emplois créés. Dans les pays pauvres, cette technique peut avoir des avantages incontestables. L'huile de palme ou d'arachide produite dans un village pourrait faire fonctionner le moulin ou la pompe à eau.
Mais pour l'État, braqué sur sa calculette fiscale, le temps n'est pas à la réflexion mais à la taxation. Un carburant est un carburant, et l'administration ne fait pas la différence entre un produit minéral (le pétrole) et un produit végétal (l'huile). Elle taxe au prix fort, 4,30 F par litre, comme pour de la vulgaire essence plombée.
Pour protester contre une réglementation absurde qui peut mettre en danger toute une filière respectueuse de l'environnement et cherchant à développer une économie solidaire, Alain Just refuse de payer cette taxe. Son but n'est pas de contourner la loi, mais de la faire évoluer. Et puisque l'on parle de cadre législatif, L'Europe pourrait rapidement avoir son mot à dire…

VALENERGOL SARL,
La Tuquette 47 480 PONT DU CASSE
Tél : 05 53 95 65 58
Fax : 05 53 67 53 73

Quand l'ABUL percera !

L'ABUL n'est pas une filiale d'une grande entreprise informatique bien connue. Loin de là.
Il s'agit d'une association bordelaise promouvant les logiciels libres, ces programmes informatiques que tout le monde a liberté d'utiliser et de distribuer gratuitement, mais aussi de modifier et d'adapter à ses besoins. Ils ont pris leur essor avec Internet dans les années 90. Le développement des applications se fait essentiellement par les utilisateurs connectés sur le réseau mondial, chacun offrant aux autres ses modifications pour rendre les logiciels plus performants.
Le système d'exploitation le plus connu est Linux, du nom de son inventeur en 1991, un étudiant finlandais : Linus Torvalds. Depuis 1994, date de diffusion de la version 1.0 de Linux sur le Web, le logiciel a été enrichi et optimisé grâce à ce "remue-méninges" collaboratif. C'est maintenant l'un des systèmes les plus performants et les plus stables du marché, qui peut s'adapter à tous types de matériels. Même les ordinateurs anciens peuvent en profiter, donc plus la peine de mettre au rebus votre vieux Pentium 1 qui rame sous "Windaube"…
Plus d'un an après le Sommet européen de Lisbonne qui annonçait la volonté de l'Union de mettre les nouvelles technologies au cœur de son développement, Internet se révèle ici comme un outil de démocratie directe, pouvant permettre l'émergence de fabuleux systèmes, en court-circuitant les stratégies de profits des multinationales de l'informatique. La base de cette richesse partagée est l'échange d'expérience. L'argent compte peu, même si le succès des logiciels libres oblige les industriels dominants comme IBM et Sillicon Graphic à intégrer cette nouvelle donne. Ainsi, 60 % des serveurs Web utilisent le système d'exploitation Linux et le serveur Web libre Apache.
L'ABUL regroupe les utilisateurs de logiciels libres de la région bordelaise, qui, par l'entraide à l'installation, en font la promotion. Elle œuvre aussi pour l'implantation de tels logiciels dans l'éducation, pour que les problèmes de budget ne soient pas prétexte à créer une "fracture numérique" entre ceux qui auraient accès à ces nouveaux outils de connaissance, et ceux qui en seraient exclus. Priorité affirmée durant le trimestre écoulé au travers de pas moins de quatre rapports du Parlement Européen (voir listes des textes adoptés).
L'association organise depuis deux ans les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL) qui - même si les aides communautaires sont rares - regroupent les ténors du système et des scientifiques de renommée internationale. Ces rencontres - gratuites - sont aussi destinées à un large public avec des démonstrations de tels logiciels pour le graphisme, la musique, Internet, l'éducation, l'administration ou l'entreprise. Les initiateurs souhaitent que l'argent ne soit pas un obstacle pour les porteurs de projets, en particulier ceux venus d'Asie ou d'Europe de l'Est, qui sont par définition bénévoles. Les frais sont donc partagés. Solidarité, partage, c'est la philosophie de ce concept.
Les rencontres se sont tenues début juillet. Au moment où nous imprimons, d'éminents représentants de l'État avaient annoncé leur participation : Laurent Fabius, ministre de l'Économie et des Finances, Christian Pierret, secrétaire d'État à l'Industrie, et Guy Hascoët, secrétaire d'État à l'Économie Solidaire. Un intérêt certain pour une autre économie en Europe, où la recherche du profit n'est pas le seul moteur du développement.

Contact
http://lsm.abul.org
e mail : chiron@cr-aquitaine.fr

Ils fournissent le goudron, offrons les plumes !

Le projet de route pharaonique pour transporter les morceaux du futur A380 (voir Carré d'Europe N°6) soulève un vent de protestation. Manque de concertation, pas d'étude sérieuse des alternatives,aucune anticipation… les reproches s'amoncellent sur un dossier bouclé à la va-vite, sous le diktat d'une entreprise privée, EADS (Airbus), qui veut SA route. Et les élus locaux de se laisser éblouir par le supposé "développement" engendré par la route.
Qui sème le goudron, récolte la contestation. Tout au long du parcours (voir carte) les citoyens se mobilisent. Le 20 juin, une réunion organisée par "le Cercle des citoyens 32", association gersoise dont le but est d'alimenter les débats publics, a réuni le Préfet du Gers, le Président du Conseil général, le député et le sénateur gersois rapporteurs du projet, des représentants de partis politiques, des citoyens et des associations luttant contre le projet. Bien que le débat ait montré la flagrante fragilité du dossier et ses contradictions, les pouvoirs publics sont restés cramponnés à leurs positions.
L'alternative viendra peut être de l'Europe, et des entreprises fabriquant la nouvelle génération de dirigeables, qui vont bientôt se rendre à Bruxelles à l'invitation de Gérard Onesta pour exposer l'avancement et les performances de leurs projets. Cette option, d'abord présentée comme fantaisiste, apparaît maintenant en pleine page de la presse nationale.
En attendant, les associations de notre Sud Ouest sont d'accord avec la météo : l'été sera chaud...

Pour tout contact avec les associations locales,adressez-vous à la permanence de Gérard Onesta à Albi.