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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Et
maintenant vous faites quoi ? Balayer Nice par l'après
Nice Parce que la démocratie à un coût
… Malgré l'urgence, l'Europe patine Petite
leçon d'eurojargon Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées L'avion
veut-il croiser le fer ? CTSDU, l'Europe s'en mêle Prime
au courage Tous les chemins ne mènent pas ... au
Traité de Rôme
L'Europe
vue d'Aquitaine Comment
dit-on canard en Basque ? Taxe sur la Valeur
Alternative Quand l'ABUL percera ! Ils fournissent le
goudron, offrons les plumes !
Un
financement, comment ? pour qui ? Peut bénéficier
du financement public tout parti européen ou fédération
européenne de partis nationaux déclaré
auprès du Parlement Européen, appelé à
durer (exit les combines de circonstances), ayant ont un
programme "généraliste" (exit les
monomaniaques du fusil) et compatible avec les principes
démocratiques contenus dans la Charte des Droits
Fondamentaux (exit les fachos…). C'est le Bureau du
Parlement Européen qui vérifie si ces critères
sont bien remplis. La transparence comptable est de rigueur,
et tout manquement est sanctionné par les organes prévus
dans les textes européens (Cour des comptes, Cour de
justice, Office de lutte anti-fraude…). Le financement
provient du budget de l'Union et ne peut être utilisé
pour le financement direct ou indirect des partis politiques au
niveau national. Les entreprises publiques ou privées
ne peuvent financer un parti européen, et les dons (de
personnes physiques ou de partis nationaux) ne sont pas
plafonnés mais rendus publics. Le financement public des
partis européens ne peut excéder 75% du budget de
ces derniers. À droit de recevoir un financement tout
parti européen ayant obtenu au moins 5% des suffrages
dans un quart des pays de l'Union lors des élections
européennes, ou ayant des élus nationaux ou
régionaux dans un quart des pays de l'Union. Le
financement est calculé au prorata des scores aux
élections européennes et du nombre de députés
européens de chaque parti. Pour entrer en vigueur, ce
règlement doit encore être approuvé par le
Conseil des Ministres de l'Union, statuant à
l'unanimité.
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°7 – Eté 2001
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Et
maintenant vous faites quoi ?
Bonne
surprise. La communication de la Commission Européenne
sur un système de retraites "sûr et viable"
est plutôt bon. Alors qu'Alain Lipietz "répudiait"
son propre rapport sur la question, tant il avait été
dénaturé par la (très réac)
commission économique du Parlement, l'eurodéputé
et économiste vert soulignait les avancées du
texte en provenance de l'exécutif européen. Le
bon choix est en effet de répartir le coût des
retraites sur davantage de personnes actives en faisant reculer
le chômage, par exemple par une plus grande solidarité
envers les précaires, ou en favorisant le travail des
femmes. Quant aux préretraites "abusives", il
faut les remplacer par le raccourcissement des carrières
de celles et ceux qui ont mené des travaux pénibles.
Pour éviter les dégâts du boursicotage des
fonds de pension anglo-saxons, Alain a quand même réussi
à faire adopter que les systèmes complémentaires
par capitalisation (type assurance-vie) soient confiés à
des mutuelles à but non lucratif, suivant en cela la
Confédération Européenne des
Syndicats. Voir l'analyse et les propositions d'Alain sur
son site : www.lipietz.net

Balayer
Nice par l'après Nice
Du
jamais vu : pour la première fois de son histoire, le
Parlement Européen n'a pas approuvé un traité
européen ! Le 31 mai, en session plénière
à Bruxelles, il a tout simplement refusé de se
prononcer, préférant donner son analyse précise
sur le résultat de Nice, plutôt que d'avaler une
telle couleuvre institutionnelle. Comme l'a expliqué
la députée verte belgo-italienne Monica Frassoni,
ce "non-vote" était le prix à payer
pour que ce parlement ose enfin dire sa vérité,
sans avoir peur des foudres des gouvernements qui ont la haute
main sur les deux principaux groupes (PSE et PPE). Fort de
cette liberté de ton, jamais le Parlement Européen
ne fut aussi critique sur un traité : "insuffisant",
"déficits", "lacunes", "confus",
"opaque", "blocages préjudiciables",
"antidémocratique"... au fil des articles de
la résolution adoptée, on lit toute la déception
de l'assemblée parlementaire face au "bricolage"
de Nice, reprenant ainsi l'analyse que les députés
écologistes avaient émise tout au long du
déroulement de la dernière Conférence
Inter Gouvernementale. Mais l'élément le plus
important est sans doute que le Parlement a fait le choix de se
projeter dans l'étape suivante avec une détermination
qu'on ne lui connaissait pas. Car c'est dans le processus
"post-Nice" que la majorité du Parlement - les
Verts en tête - fonde maintenant tous ses espoirs, en
appelant plus clairement que jamais au "déclenchement
d'un processus constitutionnel couronné par l'adoption
d'une Constitution européenne". Et le texte du
rapport de préciser les objectifs (mandat de réforme
totalement ouvert), la méthode (Convention qui brisera
les blocages stériles de l'intergouvernemental,
association de pays candidats…), le calendrier (2003) et
les moyens (interpellation des parlements nationaux, débat
public, budget…). Le rejet de ce traité par le
peuple irlandais, une semaine plus tard, donne encore plus de
résonance à ce vote du Parlement Européen.
Le mauvais Traité de Nice aura eu au moins cette vertu
de réveiller les énergies de tous ceux qui, comme
les Verts, veulent refonder l'Europe.

Parce
que la démocratie à un coût …
Un
des (rares) bons côtés du Traité de Nice
est de prévoir enfin un cadre légal pour les
partis politiques européens, indispensables outils pour
créer une structuration du débat européen
autour de familles de pensée cohérentes. Ils
prendront tout leur sens dans le cadre unifié d'un futur
mode de désignation des députés
européens (voir la Petite leçon
d'eurojargon). Actuellement, ces partis existent de fait -
notamment la très dynamique Fédération des
Partis Verts européens - mais ce sont des objets
juridiques non identifiés, et les sources de financement
de certains ne sont pas d'eau très claire… À
l'instar des Verts français qui avaient mené bien
seuls la lutte pour assainir la vie politique de leur pays, les
eurodéputés Verts sont montés en première
ligne lors des débats et votes sur le financement des
partis politiques européens. L'objectif des
écologistes était triple : d'abord éviter
que les partis européens ne deviennent des "pompes
à fric" avec toutes les dérives que l'on a
connues, notamment en France (entreprises rackettées,
bureaux d'études factices, recyclage d'argent occulte…
). Ensuite édicter des règles de transparence
totale ainsi que des contrôles et des sanctions
clairement définis. Enfin permettre que les formations
politiques nouvelles aient accès à ce
financement, donc s'assurer que le seuil pour être un
"courant d'opinion représentatif" ne soit pas
trop élevé, afin de ne pas fossiliser à
jamais le débat européen entre les partis
"installés". Les Verts ont perdu en
commission la première manche de ce combat difficile,
entre autres parce que les socialistes ont rejeté les
amendements interdisant le financement privé, ne tirant
aucune leçon des lourds scandales financiers qui ont
frappé leurs diverses formations en Europe. Qui peut en
effet croire qu'une entreprise puisse "spontanément"
donner une part de ses bénéfices à un
parti, sans espérer que ce dernier rende en échange
"quelques menus services" à ses actionnaires ?
Le PS annonçait se satisfaire du fait que de tels
versements seraient rendus publics, en faisant semblant
d'ignorer de surcroît que les flots d'argent ainsi
mobilisés iraient forcément vers les partis au
pouvoir - ceux qui peuvent "renvoyer l'ascenseur"
puisqu'ils sont décideurs - déséquilibrant
gravement les moyens des acteurs politiques et réduisant
d'autant toute possibilité d'alternance. Gérard
Onesta a dénoncé en séance plénière
cette perversion majeure, en déclarant que "Les
Verts s'opposeront toujours à tout mécanisme de
corruption, fût-ce dans la transparence !". Autre
inquiétude : le seuil retenu en commission pour accéder
au financement était très élevé
puisque, après élargissement de l'Union, un parti
aurait dû faire des scores représentatifs dans pas
moins de 9 pays simultanément. Ce seuil est largement
dépassé par les Verts européens, mais
risquait d'écarter à jamais leurs alliés
régionalistes. Vint le débat en plénière.
Sentant que sa position n'était "médiatiquement
pas tenable", le groupe socialiste ralliait les Verts, et
le financement par les entreprises était écarté.
De même, grâce à d'interminables tractations
avec la gauche et les libéraux, le seuil pour accéder
au financement fut, lors du vote, abaissé à un
niveau démocratiquement acceptable. Autant d'avancées
qui ont, au final, marginalisé les positions de la
droite et du rapporteur issu de ses rangs, Madame
Schleicher. Cette victoire a pourtant été
émaillée, la veille, d'un incident de séance
car, profitant d'un hémicycle plutôt désert,
les députés du groupe UEN présidé
par Charles Pasqua, alliés au groupe TDI (où l'on
trouve côte à côte les radicaux Italiens et
le FN !), et au groupe EDD (où siègent les
chasseurs français) ont fait voter une motion
d'irrecevabilité. Le lendemain la Présidente
Nicole Fontaine décidait de passer en force et de
réinscrire ce point à l'ordre du jour, ouvrant en
cela la voie à un possible recours en annulation devant
le Tribunal de Luxembourg. Gérard, présent dans
l'hémicycle au moment de l'incident, a pris la parole
pour regretter que "l'eurodéputé Pasqua ne
soit pas présent pour nous expliquer sa propre vision du
financement des partis et des campagnes…" Il n'y a
que les démagogues ou les corrompus pour feindre
d'ignorer que la Démocratie a un coût.

Malgré
l'urgence, l'Europe patine
L'exclusion
sociale, les licenciements, l'Europe en parle d'autant plus
qu'elle agit peu. Le Parlement Européen a adopté
en seconde lecture un programme d'action contre l'exclusion
sociale, augmentant certes de 30 millions d'euros (pour la
porter à 100) l'enveloppe budgétaire, mais se
gardant bien de prendre des mesures concrètes. Si les
indicateurs nationaux devraient être harmonisés
par cohérence, rien n'est dit sur le partage des
richesses (fiscalité, temps de travail, revenus
minima…). Parallèlement la commission des
affaires sociales du Parlement a organisé une audition
publique pour évaluer les carences du droit social
européen. Un an après le sommet de Lisbonne, qui
devait mettre l'emploi au cœur du débat (via les -
déjà plombées - nouvelles technologies),
la députée verte Hélène Flautre,
qui siège à cette commission, a dénoncé
la lenteur des 3 directives "sociales" éternellement
en gestation. Devant des représentants de la
Confédération Européenne des Syndicats,
Hélène a soutenu leur demande de révision
de celle de 1994 dont les carences sont manifestes (comité
d'entreprise aux pouvoirs limités, seuil de 1000
salariés pour être informé…). Idem
pour la directive dite "Vilvoorde" (consultation des
salariés avant un plan social pour toute entreprise de
plus de 50 personnes), qui est toujours bloquée - merci
les Britanniques - tandis qu'en l’absence
d'harmonisation, les multinationales jonglent avec les lois des
Etats qui les arrangent. Quant au projet de directive sur
"l'implication des salariés dans les Sociétés
Européennes", il risque d'être limité
aux entreprises qui adopteront ce nouveau statut. Le groupe
Vert/ALE, qui accueille régulièrement au
Parlement des victimes de l'absence d'Europe sociale (licenciés
de chez Michelin, Danone, Marks & Spencer …) peut
affirmer, comme l'a dit Hélène, que "l'exécutif
européen doit, en urgence, mettre autant d'ardeur à
défendre les salariés-citoyens que la libre
concurrence !"

Petite
leçon d'eurojargon
La
désignation des 626 députés
européens se fait au scrutin universel direct,
pour un mandat de 5 ans renouvelable, dans les 15 États
membres, au scrutin de liste proportionnel. Mais il existe bien
des variantes nationales :
Listes
régionales/liste nationale Dans quelques
pays (Italie, Autriche) les partis non représentés
à leur assemblée nationale doivent réunir
un certain nombre de signatures de citoyens pour avoir droit de
candidature. En Belgique, Irlande, Italie, et au Royaume-Uni,
ce sont des listes régionales qui se présentent.
Ailleurs, comme en France, ce sont des listes nationales. En
Allemagne, les partis peuvent constituer des listes nationales
ou dans les Länder, mais la répartition des sièges
se fait sur la base des résultats nationaux. En Italie,
les listes sont impérativement régionales (5
grandes régions), mais le décompte est national.
Répartition
des sièges Après attribution des
sièges sur la base de leur quotient électoral, la
France et la Grèce répartissent les restes selon
la règle de la plus forte moyenne, tandis que
l’Allemagne et l'Italie utilisent des méthodes
("Hare-Niemeyer" en Allemagne) tenant compte des
résultats régionaux. L'Irlande (y compris
l'Ulster) utilise le "vote unique transférable"
: les électeurs classent selon leur préférence
les candidats présentés sur une seule liste, tous
partis confondus. Sont élus ceux qui ont obtenu le
quotient électoral. Les voix obtenues au-delà du
quotient nécessaire sont réparties entre les
candidats non encore élus et les mieux classés.
Les autres États ont choisi les règles "d’Hondt"
ou "St Lagüe" (Suède), qui attribuent de
"numéros de rang" à chaque liste en
fonction de son score.
Seuil
électoral Le seuil électoral théorique
en dessous duquel une liste ne peut obtenir de sièges
varie de 0% (Danemark, Finlande, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas,
Portugal, Italie, Espagne, Belgique et Royaume-Uni), 3 %
(Grèce), 4 % (Autriche et Suède) jusqu’à
5 % (France et Allemagne).
Vote
préférentiel L’électeur
peut dans certains pays établir une préférence
parmi les candidats présents sur chaque liste, en les
ordonnançant d’une autre manière que ce que
propose le parti. C’est le cas en Autriche, Belgique,
Danemark, Italie, Finlande, Irlande, Pays-Bas, et Suède.
Les Luxembourgeois peuvent même panacher leur vote entre
plusieurs listes. Par contre, en France, Allemagne, Grèce,
Portugal, Espagne et Royaume-Uni, les listes des partis sont
"bloquées", et tout bulletin modifié
est invalidé.
Jour
de scrutin Les Européens élisent leurs
eurodéputés "presque" en même
temps. En effet la plupart des pays votent le dimanche, mais
certains (Danemark, Espagne, Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni)
ont pour tradition de voter en semaine, et leurs urnes sont
donc scellées quelques jours pour que le dépouillement
ait lieu simultanément le dimanche soir, partout sur le
continent.

SOS
- Démocratie en danger !
À
intervalle régulier, les partis au pouvoir en France
(RPR, PS) ont la tentation de modifier le mode de scrutin
européen - qui est souvent défavorable aux partis
au pouvoir - pour empêcher les autres familles politiques
d'accéder au parlement de Strasbourg. Dans son discours
sur l'Europe du 28 mai dernier, Lionel Jospin a redonné
vie à ce serpent de mer en annonçant de "grandes
circonscriptions" pour 2004. Sous prétexte de
"rapprocher l'élu de l'électeur", le
tripatouillage électoral consiste à découper
le territoire, ce qui conduit à présenter des
listes de candidats infiniment plus réduites, et à
faire aussitôt grimper le seuil électoral. Ainsi
s'il suffit actuellement en France de 5 % des voix pour être
représenté au Parlement Européen, il
faudrait approcher les 20 % pour décrocher un siège
en cas d'une liste régionale ne comportant plus que 5
sièges. Ce charcutage géographique, dont
l'incohérence sociologique, culturelle et économique
est patente, briserait la représentativité de
l'Assemblée Européenne, éloignant alors
VRAIMENT l'électeur de ses représentants les plus
directs. De plus, cette disposition heurte frontalement la
volonté du Parlement Européen qui, tout en
demandant un système électoral unifié,
s'oppose à ce qu'un découpage vienne réduire
le principe de proportionnalité. Loin de cette logique
de morcellement néfaste, le Parlement Européen
demande au contraire - avec les Verts - qu'une part des députés
européens soit élue sur liste transnationale pour
faire émerger une "conscience politique
européenne".

Vrac
d'Europe
À
l'est d'Eden Alerté par Arnold Cassola,
coordinateur des partis Verts européens, Gérard
Onesta a écrit à messieurs Kwasniewski et
Iliescu, respectivement présidents de Pologne et de
Roumanie. Objet de ces courriers : demander à ces
personnalités de s’opposer à la
légalisation de cruautés sur animaux. Face à
la prise de conscience qui s’instaure dans l’Union
sur ce sujet, c’est peut-être vers l’Est que
se déplace le front du combat pour la protection
animale. En cause en Pologne : l’autorisation
d’expérimentation massive de produits sur des
animaux sauvages ou de compagnie, au détriment de
méthodes de test substitutives tout aussi efficaces. En
Roumanie, c’est le maire de Bucarest qui veut faire
abattre, de façon particulièrement cruelle, les
milliers de chiens errants de la ville, alors que 86 % des
Roumains sont hostiles à cette mesure et prônent
la simple stérilisation. Premier résultat : le
président de Pologne a opposé son veto à
la loi… Contact Yann Wehrling, Tél.
: 00 32 22 84 66 99 , ywehrling@europarl.eu.int
Chercher
pour trouver Yves Pietrasanta s'affirme comme le
"Monsieur Recherche" du Parlement. Déjà
1er vice-président du STOA (office scientifique
parlementaire), Yves, universitaire et eurodéputé
vert, vient, par deux fois, de prouver tout l'intérêt
d'être un scientifique qui diagnostique, doublé
d'un élu qui porte le débat. Co-rédacteur
d'un rapport remis à Dominique Voynet, il y dénonce
les faibles moyens mobilisés pour la surveillance de
l'air en France en regard de certains de nos voisins européens
: "en Allemagne, 10 fois plus de gens s'occupent de la
qualité de l'air". Incohérence des lieux de
prélèvement, polluants sciemment oubliés
("on ne trouve que ce qu'on cherche"), absence de
recherche fondamentale et de modèle prévisionnel
: le constat sonne comme une alerte. Parallèlement, Yves
a organisé, le 6 juin à Bruxelles, les premiers
"États généraux de la recherche"
: énergie, santé, biotechnologies, communication,
environnement… spécialistes et élus y ont
dressé un état des lieux prospectif sur
l'ensemble des sujets pour lesquels l'Union a compétence.
Rapport sur l'air et actes du colloque disponibles
: Tél. : 00 32 22
84 74 75, ypietrasanta@europarl.eu.int
L’Internationale Parmi
700 militants issus de 70 pays regroupés en 4
fédérations continentales, Didier-Claude Rod a
porté la parole des eurodéputés
écologistes lors du "Congrès Vert Global"
à Canberra (Australie) en avril. Au travers des échanges
sur les expériences de leurs milliers d'élus
locaux, centaines de parlementaires et vingtaine de ministres,
les Verts "mondiaux" ont adopté une charte qui
pose les principes d'une refonte des institutions planétaires,
de la non-violence, des droits des minorités et du
développement durable. Une coordination de 12 personnes
- 3 par fédération - a été mise en
place pour que l'écologie politique pèse
d'avantage en préparation du sommet "Rio+10"
que l'ONU tiendra à Johannesburg en 2002, et du prochain
congrès mondial Vert (en Afrique d'ici 5 ans). En mai,
c'est Gérard Onesta qui, dans le cadre d'une délégation
interparlementaire, était à Canberra pour
prolonger les échanges avec le sénateur fédéral
Vert Australien Bob Brown qui fut l'âme de ce Congrès.
Pour recevoir la Charte mondiale des Verts Contact
Didier Claude : drod@europarl.eu.int Contact
Bob Brown : senator.brown@aph.gov.au
À
la turque La Turquie, candidate à l’adhésion
à l’Union, n’en finit pas de chercher la
voie de la démocratie, et Dany Cohn-Bendit, président
de la délégation interparlementaire Union
Européenne/Turquie, a décidément en charge
un bien lourd dossier. Les drames récents qu’ont
connus les prisons turques (grèves de la faim, émeutes,
tortures...) illustrent toutes les tensions d’une société
où l’armée et les religieux ont pris le
débat politique en otage. Lors d’une récente
visite sur place, Dany a visité cesprisons pour exiger
que soient levés les "soupçons de tortures"
et libérés les prisonniers d’opinion. La
délégation d’eurodéputés
qu’il conduisait a également rencontré le
ministre de la Justice d’Ankara, pour lui rappeler
solennellement que de profondes réformes pénales
et carcérales restaient des préalables à
l’adhésion à l’Union. Contact
Dany, Tél. : 00 32 22 84 74 98,
dcohnbendit@europarl.eu.int
La
parole contre la hogra Hélène
Flautre y est allé. Elle a vu. Elle raconte. Ses textes,
publiés par "Le Monde" et "Libération",
sont beaucoup plus que des rapports de la vice-présidente
de la délégation Maghreb du Parlement Européen
qu'elle est. Ils sont débordants de témoignages
et d'indignation. La courageuse visite de l'eurodéputée
verte à Tizi Ouzou éclaire avec précision
le drame algérien, et explique à quel point la
"hogra" (le mépris) affiché par la
junte militaire algérienne est une culture de haine et
de mort, contre laquelle l'Europe n'a que trop tardé à
faire entendre sa voix. Pour recevoir les témoignages
d'Hélène et toute info tél. : 00 32 22
84 73 64, hflautre@europarl.eu.int
Atout
trèfle Régénérer et
fertiliser les sols, tout en permettant la culture extensive de
protéines végétales qui manquent
cruellement à notre Europe intoxiquée par les
farines animales, tels étaient les objectifs du
rapport
de l’eurodéputée verte Danièle
Auroi, qui portait sur la reconquête de terres
actuellement en jachère. Objectifs largement atteints,
puisque le Parlement puis le Conseil, France et Allemagne en
tête, ont approuvé ce qui pourrait bien être
la première esquisse de réforme de la PAC vers
une agriculture raisonnée. Malheureusement, le
Commissaire Fischler, en charge des questions agricoles, a
annoncé vouloir limiter la réforme à la
seule agriculture bio pour ne pas contrarier les absurdes
accords de l’OMC qui limitent les aides publiques, même
quand celles-ci sont dictées par la santé des
populations et la survie d’une profession. Contact
Danièle, Tél. : 00 32 22 84 75 54,
dauroi@europarl.eu.int
Italie
qui pleure … Mauvais bilan pour les Verdi aux
élections législatives italiennes du 13 mai. Avec
2,1 % des voix, ils n’apportent que peu d’élan
au "Pôle de l’Olivier" emmené par
l’ex-maire Vert de Rome Francesco Rutelli. La victoire de
Berlusconi, qui contrôle désormais l’exécutif,
le législatif et l’informatif (à quand le
judiciaire ?) fait également perdre leurs ministres à
nos amis italiens, qui conservent cependant un groupe de 17
parlementaires pour s’opposer à cette nouvelle
forme de totalitarisme, et reconstruire l’écologie
au sud de l’Europe. Contact : Federazione
dei Verdi, via Saladra 6 I- 00187 Roma, Tél. :
06/4203061
… Euskadi
qui rit Le même jour en pays basque, alors
qu’ils avaient subi une intense campagne de dénigrement
les assimilant aux criminels de l’ETA, les régionalistes
modérés connaissaient un succès
historique. Portés par une participation électorale
record (80 % de votants), les nationalistes du PNV-EA, alliés
des Verts, remportent 33 des 75 sièges du Parlement
basque. L’eurodéputé ALE Gorka Knörr
Borràs, élu à cette occasion en Euskadi,
est remplacé au sein du groupe Vert/ALE par un autre
régionaliste, Miguel Mayol i Raynal, catalan
perpignanais. Bonne chance Gorka, et bienvenue Miguel ! Contact
Neil Feigusson, secrétaire de l’ALE Parlement
européen, bureau 2C29, rue Wiertz? B-1047 Bruxelles Tél.
: 00 32 22 84 22 50
Parce
qu'ils le valent bien Comme dans un remake de "drôle
de dames", le trio des eurodéputées
Vertes/ALE Marie Anne Isler-Béguin (France), Patricia
Mac Kenna (Irlande) et Jill Evans (Pays de Galles) a mené
la vie dure aux lobbies du cosmétique qui espéraient
continuer à tester impunément leurs produits sur
des centaines de milliers d'animaux martyrs. Beau résultat,
puisque le Parlement a adopté un texte qui interdit non
seulement de tels tests lorsque des méthodes
substitutives ont été validées, mais aussi
la commercialisation des produits ainsi testés sur
animaux en dehors de l'Union. À saluer aussi, le
déblocage de fonds pour un programme de recherche pour
l'abandon de tout test animalier dans les 5 ans et, d'ici là,
la responsabilisation des consommateurs par l'apposition sur
les produits de la mention "Testé sur animaux".
Cette directive doit remplacer un ancien texte resté
inappliqué parce qu'imprécis. Mais il ne s'agit
là que d'un débat en première lecture. À
suivre donc. Contact Marie Anne, Tél. :
00 32 22 84 75 72, maisler@europarl.eu.int
Euro...
juste ? Pas difficile pour le "Syndicat du
Crime" d'avoir des rouages plus efficaces que ceux de
l'Union, et de s'y développer, en s'abritant derrière
les carences ou incohérences de 15 législations
nationales. Pour le combattre, Eurojust est l'unité de
coopération policière et judiciaire composée
de magistrats et policiers, que les 15 ont voulue au Sommet de
Tampere. Alima Boumediene-Thiery, l'eurodéputée
verte en charge du gros dossier des libertés publiques,
a profité d'un débat en plénière
pour redire à quel point cet outil, pourtant ô
combien indispensable, était mal né : absence
d'harmonisation préalable des législations,
risques d'affaiblissement des garanties procédurales,
manquements aux droits fondamentaux, et mécanismes de
contrôle absents puisque même la Cour de Justice
n'aura pas son mot à dire ! Faut-il rappeler que les
polices secrètes et justices d'exception n'ont pas
laissé de bons souvenirs dans l'Histoire… Contact
Alima, Tél. : 00 32 22 84 75 74,
aboumediene@europarl.eu.int
Pour
ne pas bronzer idiot Mondialisons la solidarité,
pas l'économie ! Les jeunes euro-écolos sont
sur tous les fronts : Espagne (Barcelone) du 27 au 29 juin,
avec "Joves d’Esquerra Verda" : contre-sommet
de la Banque Mondiale, avec encerclement du siège de la
conférence, immolation symbolique de la Banque Mondiale
et son procès populaire… Info : www.rosadefoc.org
.Belgique
(Gand) du 4 au 8 juillet, avec "Jong Agalev" : camp
d’été autour de débats sur le
sexisme, les drogues, l’importation des bois tropicaux.
Italie (Gênes) du 19 au 21 juillet, avec les jeunes
écolos transalpins : forum européen "l'après
Porto Alegre", contre le FMI et l’OMC. Allemagne
(Bonn) du 16 au 27 juillet, avec les jeunes grünen : les
leçons du sommet de La Haye contre l’effet de
serre. Ex-Yougoslavie, pendant tout l’été
avec les jeunes écolos des Balkans : série de
séminaires sur la non-violence et la protection de
l’environnement. France (Paris) le 30 juin, avec Chiche !
: 3ème édition de l’écolo parade.
Thème : lutte contre l’effet de serre. Contact
Olivier RICHARD, Tél
et Fax : 01 43 55 44 05, richardolivier@yahoo.fr

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
L'avion
veut-il croiser le fer ?
Le trafic
marchandises traversant les Pyrénées enregistre
une hausse annuelle de 9 %, largement supérieure aux
évolutions de toutes les autres zones de transit
européen, notamment les Alpes. En 1998, ce sont 77
millions de tonnes de marchandises qui ont transité par
la route au travers des Pyrénées, contre
seulement 4 millions par le train. Plus de 15 000 poids lourds
traversent ces montagnes chaque jour. En 2020, le trafic
pourrait atteindre 200 millions de tonnes, soit l'équivalent
de 30 000 camions par jour. C'est sur des constats de ce genre
qu'Eurosud a été créé en 91.
Installée à Toulouse, avec Gérard Onesta
parmi ses membres fondateurs, cette association œuvre,
entre autres, pour le transport de marchandises par train vers
la péninsule Ibérique. Valérie Cormier,
permanente de l'association, fait le point sur le chemin
parcouru par l'association et sur ses projets.
Carré
d'Europe : Quelles étaient les motivations des
fondateurs de l'association en 1991 ? À
l'origine, l'association s'appelait TGV Eurosud. À
l'époque, Midi-Pyrénées semblait condamné
à rester à l'écart du réseau
européen de TGV. Il fallait donc tout mettre en œuvre
pour que le rail n'oublie pas cette région. Le plus
simple semblait de tenter, dans un premier temps, un
raccordement vers la Méditerranée par un TGV
Toulouse/Narbonne connecté ensuite vers Marseille et
Lyon, ou vers Barcelone. La liaison en direction de Bordeaux se
ferait plus tard. Le développement du transport de
marchandises dans ces dix dernières années a mis
en évidence les besoins importants de fret. Notre
réflexion a donc intégré cette évolution.
Ainsi, en 1998, nous avons changé de nom pour nous
appeler Eurosud Transport. De plus, la nouvelle équipe
en place au Conseil régional de Midi-Pyrénées,
qui est un de nos financeurs, nous a demandé de
réfléchir à une nouvelle traversée
des Pyrénées par train, éventuellement
centrale, complémentaire aux projets existants dans les
Pyrénées-Orientales (Perthus) et au Pays basque.
Carré
d'Europe : Et vos préoccupations d'aujourd'hui ? Nous
travaillons d'abord sur quatre gros dossiers. Le premier
concerne le raccord au TGV Méditerranée, le
deuxième le développement de la transversale
Bordeaux-Toulouse-Marseille, le troisième le
prolongement vers le Pays Basque, l'Espagne et le Portugal de
la ligne TGV qui va aboutir à Bordeaux, et enfin la
traversée centrale des Pyrénées. La
cohérence de tous ces axes vient de leur vue d'ensemble
qui limitera au maximum le transport des marchandises par la
route et qui permettra un développement tant économique
que touristique. Pour atteindre nos objectifs nous faisons
du "lobbying associatif". Nous nous définissons
comme un outil de veille spécialisé et réactif.
C'est principalement par la circulation de l'information que
nous pouvons faire bouger les décideurs. Nous
travaillons aussi, dans le cadre du programme européen
INTERREG, à la mise en relation des différentes
régions d'Europe du Sud intéressées par la
traversée centrale des Pyrénées. Nos
activités se déplacent de plus en plus de
l'associatif vers l'institutionnel. Nous sommes maintenant
associés à tous les groupes de réflexion
institutionnels qui abordent la problématique d'une
telle connexion.
Carré
d'Europe : Pourquoi l'arrivée du TGV à Toulouse
pose-t-elle tant de problèmes ? À cause
de la sacro-sainte aéronautique bien sûr ! Des
études sont lancées pour un deuxième
aéroport à Toulouse, sans avoir étudié
l'évidente complémentarité entre train et
avion. Le problème est purement psychologique. Toulouse
est la seule ville où il ne faut pas mettre le TGV parce
qu'il y a une "culture avion". La confusion est
entretenue en permanence en mélangeant les besoins de
transports aux milliers d'emplois dans l'aéronautique.
Ce n'est tout même pas parce que Toulouse sera
rationnellement desservie par le rail que l'industrie
aéronautique européenne s'effondrera ! De
toute façon, la croissance du transport aérien
n'est plus gérable. Les plates-formes aéroportuaires
doivent se repositionner, sur de l'international par exemple.
En complémentarité, des compagnies aériennes
commencent à acheter ou louer des trains, comme Air
France qui relie la capitale européenne bruxelloise à
son hub de Roissy par le TGV Thalys… Il est évident
qu'avec l'arrivée du TGV à Toulouse, le second
aéroport ne serait plus d'actualité. Sur les 5
millions de voyageurs à Blagnac chaque année, 3
millions font Paris/Toulouse. Avec le TGV, 60 % prendront le
train, limitant les nuisances pour les riverains et libérant
des créneaux pour d'autres destinations.
Carré
d'Europe : Que peut faire l'Europe pour conjuguer rail et
Pyrénées ? L'Europe a une vision plus
complète des problèmes de transport en général,
et des congestions en particulier. Nous avons d'ailleurs un
atout important puisque le délégué général
d'Eurosud, monsieur Moraro, est un ex-fonctionnaire de la
Commission Européenne et ancien chef du secteur
industrie ferroviaire. C'est aussi lui qui a rédigé
le projet de directive de 96 sur l'interopérabilité
du système trans-européen de train à
grande vitesse.
De
plus, dans le cadre de la procédure de co-décision,
le Parlement Européen a un pouvoir important sur la
révision du RTET (Réseau Trans Européen de
Transport). Nous espérons pouvoir être auditionnés
par ce parlement, avec toutes les régions concernées
(Midi-Pyrénées, Aquitaine, Aragon), pour pouvoir
y présenter la solution du franchissement ferroviaire
des Pyrénées. Nous demanderons que le principe
d'une nouvelle traversée des Pyrénées, en
basse altitude pour respecter l'environnement des vallées,
et dédiée au fret, soit inscrit dans les
programmes européens afin que des études
sérieuses soient lancées. Dès septembre,
nous devrions y voir plus clair.
Carré
d'Europe : D'autres projets ? Comme vous pouvez le
voir, nous avons beaucoup de pain sur la planche pour créer
dans le Grand Sud une vraie synergie entre les différents
acteurs concernés par nos projets : entreprises, acteurs
politiques... Nous avons aussi le projet ambitieux d'organiser
à Toulouse un colloque sur la complémentarité
entre le fer et l'air. C'est sans doute mettre les pieds dans
le plat, mais ça fera peut-être évoluer les
esprits…
Contact
Eurosud Transport, 4, rue Godolin, 31000
Toulouse Tél. : 05 34 41 18 39, Fax. : 05 34 41 17 81

CTSDU,
l'Europe s'en mêle
Pauvre
Graulhet. Cette petite ville du Tarn, déjà très
touchée par la fermeture des mégisseries qui
faisait sa fortune, est toujours menacée de devenir la
poubelle du Sud-Ouest. En connexion directe avec un projet de
méga-incinérateur, le Centre de Traitement et
Stockage de Déchets Ultimes (CTSDU) de Graulhet, qui fut
au coeur des dernières élections locales, n'a pas
fini de faire parler de lui. Déjà plus de deux
ans que la société Occitanis, filiale des groupes
Vivendi et Suez-Lyonnaise - concurrents acoquinés pour
l'occasion - a mis le grappin sur la ville, avec la double
bénédiction (ce CTSDU est décidément
très fédérateur !) de la municipalité
de droite et du Conseil général PS. Alors que
les travaux devraient commencer dans les prochaines semaines,
de nouvelles pièces viennent s'ajouter à ce
dossier très contesté. En décembre
dernier, une fuite de fluides toxiques échappés
de la décharge de classe 2 du Bouquedaze, située
à proximité immédiate du site prévu
pour le CTSDU, a montré que l'imperméabilité
géologique était plus que contestable et les
dangers d'infiltration réels. D'autre part, suite à
une plainte, soutenue par Gérard Onesta, déposée
à Bruxelles par deux associations de défense de
l'environnement auprès de la Commission Européenne
pour non-respect de la concurrence, la légalité
de ce projet reste en suspens. En effet, la Commission
considère que les REFIOM (Résidus d’Épuration
de Fumées d’Incinération d’Ordures
Ménagères), qui constituent à eux seuls 80
% de l’enfouissement de la future décharge (source
: le PDG d’Occitanis lui-même…), ne sont pas
des déchets industriels spéciaux, mais des
déchets ultimes qui dérivent du traitement
thermique des déchets ménagers. Or, le traitement
de ce type de déchets regarde les collectivités
locales. Il y aurait donc eu une entorse manifeste aux règles
qui régissent les appels d’offres entre
collectivités publiques et industriels. Un recours
devant la Cour de Justice Européenne devrait être
déposé incessamment. Comme d'habitude, lorsque
les groupes industriels sentent une contestation de leur
activité, ils tentent d'acheter leur tranquillité.
Ainsi, lors de la dernière CLIS (Commission Locale
d'Information et de Surveillance) la société
Occitanis a présenté un projet visant à
"rechercher et accueillir des entreprises nouvelles et à
aider au développement des structures existantes".
Ses représentants ont aussi annoncé qu’ils
financeraient… le club de rugby local ! Au début
du mois de juin, des actions d'information et de protestation
lancées par les Verts ont rassemblé plusieurs
centaines de personnes. L'occasion de redire, que même si
un CTSDU est nécessaire en Midi-Pyrénées,
on ne peut accepter que les conditions de stockage ignorent les
principes les plus élémentaires de précaution,
ni que les multinationales s'offrent un droit de polluer et
passent outre la législation européenne en
vigueur.
Contact
Les Verts de Graulhet Jean Gautronneau, Les
Salvages, 81300 Graulhet http://site.voila.fr/Graulhetautrement

Prime
au courage
En
mai dernier, le Tribunal des Prud'hommes a donné raison
à Rémi Millet. Ce jeune homme avait défrayé
la chronique l'année dernière pour avoir été
licencié d'un Mac Do de la région. Il avait eu la
"faiblesse" de donner, sur ses propres points repas,
des hamburgers à une femme qui avait faim (voir
interview dans Carré
d'Europe n°3). Afin
de transformer ce bel essai, Rémi vient de créer
une association, "C Prime" (pour réagir avant
la "D-prime" !) qui se définit comme une
coordination citoyenne pour le respect des jeunes salariés
en Europe. "L'objectif est d'être un relais entre
les jeunes en difficulté, et les associations et
syndicats qui défendent les salariés"
déclare Rémi. "Il n'est pas question de
prendre la place des syndicats. Ils font leur travail et le
font bien. Mais les jeunes en situation difficile ou précaire
appréhendent le contact avec les structures chargées
de les défendre. Certainement plus par crainte de
l'employeur que du syndicat lui-même". Concrètement
? "Nous voudrions, par exemple, créer des lieux de
rencontre dans les lycées, les facs… où
les jeunes pourraient venir échanger leur vécu,
ou s'informer auprès de gens de leur âge qui ont
eu des expériences heureuses ou non dans le monde de
l'entreprise." L'association, forte de la médiatisation
que Rémi a su entretenir, voudrait enfin sensibiliser
les pouvoirs publics européens et français sur la
complexité, pour les jeunes, d'affronter "la jungle
du travail". Rémi souhaite que la galère
qu'il vient de vivre soit épargnée à
d'autres : "En fait, je veux créer une structure
comme celle qui aurait dû exister et qui m'aurait
vraiment été utile pendant l'année qui
vient de s'écouler".
Contact
Rémi : 06 71 66 97 73

Tous
les chemins ne mènent pas ... au Traité de
Rôme
Le Traité de Rome qui a
fondé, il y a longtemps déjà, la
Communauté Européenne, ne voyait guère
plus loin que le bout de la lorgnette économique. Mais
depuis, au fil des nouveaux traités, notre continent a
pris conscience de la valeur de ses espaces naturels, et de la
nécessité de les protéger à tout
prix. Pourtant cette logique ne semble pas encore avoir
touché la municipalité de Pierrefiche-d'Olt dans
l'Aveyron, qui a ouvert ses bras à une multinationale,
le groupe MEAC, afin d'exploiter une carrière. Pour
faciliter le passage entre diverses parcelles de
l'exploitation, cette mairie a vendu à l'entreprise,
pour une bouchée de pain, un chemin rural plus que
millénaire, fort apprécié des randonneurs
et vététistes (… et même des
chasseurs !). Des travaux d'aménagement ont alors
commencé sans aucune autorisation, tandis que l'enquête
publique était en cours. En fait, sur les lieux, un
véritable massacre au bulldozer s'opéra jusqu'à
l'intervention de l'association CEP en Rouergue, qui porta
l'affaire devant le tribunal administratif, pour que les
travaux soient arrêtés, la décision de
vente annulée, et le chemin remis en état. En
avril 2000, le Tribunal casse la délibération du
Conseil municipal, considérant que ce chemin rural était
d'usage public, et qu'il ne pouvait donc, en aucun cas, être
vendu. Malgré cette décision, les travaux ont
continué, la Mairie ne faisant pas respecter la décision
du tribunal administratif, pas plus qu'elle ne faisait
respecter les plans du permis de construire délivré,
par elle, à cette entreprise. Étrange complicité
entre une multinationale et un pouvoir local qui méprisent
ensemble les citoyens. Le pouvoir économique est, ici
aussi, plus fort que le pouvoir citoyen, même si celui-ci
est conforté par le pouvoir judiciaire. Au début
de cette année, la Mairie s'obstine. Elle organise une
autre enquête publique pour "légaliser"
la situation, après avoir pris soin de modifier le
permis de construire afin de "justifier"
l'utilisation du chemin. Suite à cette enquête, la
décision est prise de… déplacer le chemin.
Inadmissible : l'intérêt particulier n'a pas à
primer sur l'intérêt général. Que
valent quelques (hypothétiques) gains économiques
privés à court terme, face au patrimoine, au
potentiel touristique et à la richesse écologique
? À l'heure où l'Europe découvre, dans
la crise, que ses campagnes ne pourront pas survivre si l'on ne
casse pas la spirale de la marchandisation qui les frappe, en
Aveyron, même les chemins sont à vendre !
Contact
Association CEP en Rouergue c/o M. et Mme de
Noual Galinières, 12130 Pierrefiche-d’Olt

Comment
dit-on canard en Basque ?
Une
maquette toute neuve, de la couleur, un grand format… la
nouvelle mouture de la presse verte basque est arrivée
! IGUZKI LORE, du nom de cette fleur qui pousse en Euskadi,
est le bimestriel des Verts du Pays Basque. Tiré à
1200 exemplaires, il se veut carrefour d'informations locales
et globales, et journal de réflexion, aussi culturel que
politique. Les textes sont en français, seul un
éditorial est écrit en langue basque. "Nous
nous sommes rendu compte que lorsque nous mettions le même
édito en français et en basque, les gens le
lisaient en Français. Ici aussi, c'est le diktat de la
langue dominante" constate Jean Lissar, directeur de
publication et président du groupe Vert au Conseil
régional, "Mais les deux versions linguistiques du
journal seront bientôt disponibles sur le site Internet
des Verts du Pays Basque". Heureuse initiative en
cette année européenne des langues. Le journal
est lu et attendu. Il est même volé ! L'exemplaire
envoyé à la bibliothèque de Bayonne
disparaît systématiquement. "Lorsque nous
suspendons l'envoi à quelqu'un qui n'est pas ou plus
abonné, il gueule ! Pourtant nous ne sommes pas un
service public…" ajoute Jean, amusé.
L'argent est le nerf de la guerre (même pour les
non-violents !) et, sans abonnement, cette presse aussi
"différente" qu'indispensable a beaucoup de
mal à exister. La première dose est gratuite (un
journal envoyé sur simple demande) … ensuite, si,
comme beaucoup, vous devenez accro, il faudra s'abonner !
IGUZKY
LORE, Abonnement pour un an : 70 francs, soutien : 120
francs Euskal Herriko Berdeak / Les Verts du Pays Basque,
"Uhaldia" 64220 UHART-CIZE Tél. : 05 59
37 03 62 Fax : 05 59 37 21
52 verts.pays-basque@free.fr www.verts.paysbasque.free.fr

Taxe
sur la Valeur Alternative
Alors
que l'Europe peine à accoucher d'une politique
énergétique cohérente, et que semble
embourbé le débat sur le niveau de taxes
(d'écotaxes ?) devant frapper chaque type d'énergie,
le Lot-et-Garonne va-t-il devenir un nouveau Texas ? Même
si notre terre du Sud-Ouest n'est pas prête d'être
couverte de derricks, Alain Just, responsable d'une huilerie
artisanale, fabrique de l'huile végétale brute
alimentaire pouvant aussi servir de… carburant. Les
lobbies de "l'or noir" aidant, il passera devant le
tribunal de police d'Agen le 20 septembre prochain pour ne pas
avoir reversé la fameuse TIPP, Taxe Intérieure
sur les Produits Pétroliers ! Il est vrai qu'avec un
simple réglage des moteurs diesels, l'huile de tournesol
peut servir de carburant avec un bilan énergétique
très supérieur à celui du diester, puisque
des études ont montré que la culture extensive du
tournesol permet d'obtenir 6,4 fois l'énergie initiale
contre seulement 2,4 pour l'ester méthylique de colza
(qu'un marketing peu regardant a pourtant baptisé "le
carburant vert"). Bien qu'étant le logo des
Verts, le tournesol a souvent mauvaise presse chez les
écologistes à cause des méthodes de
culture intensive des grandes firmes agroalimentaires. Pourtant
la "fleur soleil" pourrait facilement être
cultivée en bio, et sans irrigation. C'est avec le même
souci de valorisation que, avec les résidus de pressage,
Alain Just fabrique des tourteaux de tournesol, à forte
valeur énergétique et nutritionnelle, utilisés
par les éleveurs en remplacement du colza, plus cher (et
transgénique ?) venant en grande partie des
États-Unis. L'Europe, à l'heure de
"l'après-Kyoto", cherche à limiter ses
rejets de gaz carbonique. L'utilisation raisonnée de la
biomasse pourrait contribuer à atteindre les objectifs
que s'est fixés l'Union, puisque le carbone libéré
dans la combustion des végétaux est aussitôt
re-fixé par ces mêmes végétaux dès
qu'ils repoussent. Le tournesol est bien une énergie
renouvelable, qui a pour seule limite la superficie disponible
pour le faire pousser. Il n'est bien sûr pas question de
remplacer le gasoil par cette huile dans toutes les voitures,
même si celle-ci pollue infiniment moins. La priorité
va bien évidemment à l'économie d'énergie
par la rationalisation des modes de transport. Mais l'intérêt
du projet d'Alain est de développer une filière
"en complément", basée sur des échanges
locaux limitant les transports d'énergie, et favorisant
une certaine cohésion sociale par les emplois créés.
Dans les pays pauvres, cette technique peut avoir des avantages
incontestables. L'huile de palme ou d'arachide produite dans un
village pourrait faire fonctionner le moulin ou la pompe à
eau. Mais pour l'État, braqué sur sa
calculette fiscale, le temps n'est pas à la réflexion
mais à la taxation. Un carburant est un carburant, et
l'administration ne fait pas la différence entre un
produit minéral (le pétrole) et un produit
végétal (l'huile). Elle taxe au prix fort, 4,30 F
par litre, comme pour de la vulgaire essence plombée. Pour
protester contre une réglementation absurde qui peut
mettre en danger toute une filière respectueuse de
l'environnement et cherchant à développer une
économie solidaire, Alain Just refuse de payer cette
taxe. Son but n'est pas de contourner la loi, mais de la faire
évoluer. Et puisque l'on parle de cadre législatif,
L'Europe pourrait rapidement avoir son mot à dire…
VALENERGOL
SARL, La Tuquette 47 480 PONT DU CASSE Tél :
05 53 95 65 58 Fax : 05 53 67 53 73

Quand
l'ABUL percera !
L'ABUL
n'est pas une filiale d'une grande entreprise informatique bien
connue. Loin de là. Il s'agit d'une association
bordelaise promouvant les logiciels libres, ces programmes
informatiques que tout le monde a liberté d'utiliser et
de distribuer gratuitement, mais aussi de modifier et d'adapter
à ses besoins. Ils ont pris leur essor avec Internet
dans les années 90. Le développement des
applications se fait essentiellement par les utilisateurs
connectés sur le réseau mondial, chacun offrant
aux autres ses modifications pour rendre les logiciels plus
performants. Le système d'exploitation le plus connu
est Linux, du nom de son inventeur en 1991, un étudiant
finlandais : Linus Torvalds. Depuis 1994, date de diffusion de
la version 1.0 de Linux sur le Web, le logiciel a été
enrichi et optimisé grâce à ce
"remue-méninges" collaboratif. C'est
maintenant l'un des systèmes les plus performants et les
plus stables du marché, qui peut s'adapter à tous
types de matériels. Même les ordinateurs anciens
peuvent en profiter, donc plus la peine de mettre au rebus
votre vieux Pentium 1 qui rame sous "Windaube"… Plus
d'un an après le Sommet européen de Lisbonne qui
annonçait la volonté de l'Union de mettre les
nouvelles technologies au cœur de son développement,
Internet se révèle ici comme un outil de
démocratie directe, pouvant permettre l'émergence
de fabuleux systèmes, en court-circuitant les stratégies
de profits des multinationales de l'informatique. La base de
cette richesse partagée est l'échange
d'expérience. L'argent compte peu, même si le
succès des logiciels libres oblige les industriels
dominants comme IBM et Sillicon Graphic à intégrer
cette nouvelle donne. Ainsi, 60 % des serveurs Web utilisent le
système d'exploitation Linux et le serveur Web libre
Apache. L'ABUL regroupe les utilisateurs de logiciels libres
de la région bordelaise, qui, par l'entraide à
l'installation, en font la promotion. Elle œuvre aussi
pour l'implantation de tels logiciels dans l'éducation,
pour que les problèmes de budget ne soient pas prétexte
à créer une "fracture numérique"
entre ceux qui auraient accès à ces nouveaux
outils de connaissance, et ceux qui en seraient exclus.
Priorité affirmée durant le trimestre écoulé
au travers de pas moins de quatre rapports du Parlement
Européen (voir listes des textes adoptés). L'association
organise depuis deux ans les Rencontres Mondiales du Logiciel
Libre (RMLL) qui - même si les aides communautaires sont
rares - regroupent les ténors du système et des
scientifiques de renommée internationale. Ces rencontres
- gratuites - sont aussi destinées à un large
public avec des démonstrations de tels logiciels pour le
graphisme, la musique, Internet, l'éducation,
l'administration ou l'entreprise. Les initiateurs souhaitent
que l'argent ne soit pas un obstacle pour les porteurs de
projets, en particulier ceux venus d'Asie ou d'Europe de l'Est,
qui sont par définition bénévoles. Les
frais sont donc partagés. Solidarité, partage,
c'est la philosophie de ce concept. Les rencontres se sont
tenues début juillet. Au moment où nous
imprimons, d'éminents représentants de l'État
avaient annoncé leur participation : Laurent Fabius,
ministre de l'Économie et des Finances, Christian
Pierret, secrétaire d'État à l'Industrie,
et Guy Hascoët, secrétaire d'État à
l'Économie Solidaire. Un intérêt certain
pour une autre économie en Europe, où la
recherche du profit n'est pas le seul moteur du développement.
Contact http://lsm.abul.org e
mail : chiron@cr-aquitaine.fr

Ils
fournissent le goudron, offrons les plumes !
Le
projet de route pharaonique pour transporter les morceaux du
futur A380 (voir Carré d'Europe N°6) soulève
un vent de protestation. Manque de concertation, pas d'étude
sérieuse des alternatives,aucune anticipation…
les reproches s'amoncellent sur un dossier bouclé à
la va-vite, sous le diktat d'une entreprise privée, EADS
(Airbus), qui veut SA route. Et les élus locaux de se
laisser éblouir par le supposé "développement"
engendré par la route. Qui sème le goudron,
récolte la contestation. Tout au long du parcours (voir
carte) les citoyens se mobilisent. Le 20 juin, une réunion
organisée par "le Cercle des citoyens 32",
association gersoise dont le but est d'alimenter les débats
publics, a réuni le Préfet du Gers, le Président
du Conseil général, le député et le
sénateur gersois rapporteurs du projet, des
représentants de partis politiques, des citoyens et des
associations luttant contre le projet. Bien que le débat
ait montré la flagrante fragilité du dossier et
ses contradictions, les pouvoirs publics sont restés
cramponnés à leurs positions. L'alternative
viendra peut être de l'Europe, et des entreprises
fabriquant la nouvelle génération de dirigeables,
qui vont bientôt se rendre à Bruxelles à
l'invitation de Gérard Onesta pour exposer l'avancement
et les performances de leurs projets. Cette option, d'abord
présentée comme fantaisiste, apparaît
maintenant en pleine page de la presse nationale. En
attendant, les associations de notre Sud Ouest sont d'accord
avec la météo : l'été sera chaud...
Pour
tout contact avec les associations locales,adressez-vous à
la permanence de Gérard Onesta à Albi.

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