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Sommaire

L'Europe vue de l'Hémicycle
A mort la mort
A l'est d'Eden
Dernier échelon manqué
Il faut sauver le soldat Kyoto
SOS corail
Petite leçon d'eurojargon
Vrac d'Europe

L'Europe vue de Midi Pyrénées
Pour Toulouse, j'accuse
Non, tout n'est pas bon dans le cochon !
De l'atome à la tombe ?
Vous avez dit isard ? comme c'est bizarre !

L'Europe vue d'Aquitaine
Retour de flamme
Les nouveaux beach-boys
Qui est la baudruche ?
Huîtres cherchent plaîdeurs ...













































































Le système Echelon est liberticide sans être efficace, comme le démontre le "fiasco prévisionnel" de la CIA lors des attentats sur New York.












Georges Bush (père), "le modèle américain n’est pas négociable” Conférence mondiale de l'ONU sur l'environnement et le développement Rio de Janeiro 1992




Objectif global arrêté à Bonn :
Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % à l'horizon 2010, par rapport à 1990. Cet objectif est différencié en fonction des zones géographiques : L'Union européenne devant atteindre 8%, alors que les pays en voie de développement n'ont qu'à maîtriser leurs émissions actuelles. Pour entrer en vigueur, le protocole devra être ratifié par 55 pays représentant 55 % des émissions mondiales.
















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen



Carré d'Europe N°8 – Automne 2001



L'Europe vue de l'Hémicycle

A mort la mort

"Le combat est difficile, mais la victoire est certaine"
(Robert Badinter Strasbourg, 22 juin 2001)


L'assassinat légal recule peu à peu. En quelques années, les États ayant aboli la peine capitale sont devenus majoritaires à la surface du globe. Le premier Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, qui s'est déroulé à Strasbourg en juillet dernier, a lancé l'offensive finale contre la barbarie institutionnalisée.
Pour la première fois de leur pourtant longue histoire, les trois composantes du mouvement abolitionniste - le monde judiciaire, les ONG, et les parlements - ont enfin uni leurs forces autour de leur détermination commune : éradiquer la mort légale.
Car cette forme de violence n'est ni dissuasive - le fasciste d'Oklahoma City, fier de son acte, voulait même que sa mort soit télévisée -, tandis qu'à l'inverse le Canada a vu sa criminalité divisée par deux depuis qu'il a aboli la peine capitale, ni réparatrice - elle n'a jamais redonné vie aux malheureuses victimes -, ni impartiale - les noirs, les pauvres, en sont les proies favorites -, ni morale - on ne condamne pas le crime par l'apologie d'un autre crime.
Les paroles des rescapés du couloir de la mort ont été bouleversantes, témoignant de l'odieuse attente du bourreau, et la voix de Mumia Abu Jamal, diffusée depuis sa prison, a rappelé l'horreur de l'exécution d'un innocent. En clôture du congrès, des dizaines de présidents de parlements nationaux ont signé solennellement un texte engageant une lutte sans merci contre ce que le représentant ivoirien, évoquant les drames déjà trop présents en Afrique, a appelé la "mort de trop"...

Quelques chiffres
Il y a vingt ans, le 9 octobre 1981, la France était le 36e pays à abolir la peine de mort. Aujourd'hui 108 États parmi les 189 siégeant à l'ONU ont renoncé, de droit ou de fait, à la peine capitale. L’an dernier, 3 058 condamnations à mort ont été prononcées dans 65 pays. 1 457 personnes ont été exécutées. La grande majorité (88 %) de ces exécutions se sont déroulées dans 4 pays : la Chine, les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran.

Pour information sur les textes du Congrès www.ecart-type.com

Grande première aussi pour le Parlement européen, qui ouvrait ainsi son hémicycle à d'autres débats que ses propres travaux. C'est l'eurodéputé Vert, Gérard ONESTA qui, après des mois de bataille de procédure, a permis que l’hémicycle du continent ayant le premier éradiqué la peine de mort serve de caisse de résonance à l'indignation du monde. Pour que cet acte politique ne soit pas sans lendemain, Gérard, qui a depuis lors obtenu la création d'une ligne budgétaire pour ce genre d'opération, tente désormais de permettre l'accueil régulier de tels débats citoyens dans l'hémicycle euro-péen : de Kyoto à la crise agricole, de l'exception culturelle à la bioéthique, ce ne sont pas les sujets qui manquent...

A l'est d'Eden

L’état d’avancement". C'est par ces termes quasi "obstétricaux" que la bulle bruxelloise nomme le débat annuel portant sur l’adhésion des divers pays candidats à l'Union. Et l'élargissement à venir s'annonce historique, tant par son ampleur - douze nouveaux pays - que par sa nature - essentiellement des États fraîchement dégagés de la tutelle soviétique. Prévu pour démarrer en 2004, et débattu à la session de septembre, cet élargissement est une priorité pour le groupe des Verts, mais ne peut et ne doit, pour autant, selon eux, se faire “au rabais”, c’est-à-dire au détriment des intérêts de 150 millions de citoyens qui peuplent ces pays. Car vue depuis l'Est, l’Union est un Eldorado qui pourrait s’avérer être la grande désillusion pour ces hommes et femmes qui ne voient pas le revers des diverses aides communautaires que l'Ouest rechignera aussi à verser. Les députés Verts ne cessent de rappeler le précédent de la réunification allemande, car ce "mini élargissement", effectué à marche forcée, reste toujours, suite à une casse sociale sans précédent, la source de bien des tensions entre les deux parties de l’Allemagne. La présence de forces politiques aux discours ultra nationalistes prêtes à catalyser les déceptions dans de nombreux pays candidats, impose une vigilance accrue. Il est vrai pourtant qu'on ne peut retarder l'adhésion de ces nouvelles démocraties, ne serait-ce que pour en stabiliser l'existence au sein d'une zone qui a eu pour vertu essentielle de prescrire depuis un demi-siècle la guerre en son sein.
Parmi les difficultés rencontrées par les pays candidats reste le récurrent problème des "minorités ethniques", certaines se voyant exclues des aides de pré-adhésion. L'héritage empoisonné du nucléaire entache également bien des candidatures, notamment bulgare, sommée de fermer sa centrale nucléaire délabrée de Kozloduy. Certaines questions semblent insolubles : quelles relations futures entre Chypre, membre de l'Union, et la Turquie, éternelle candidate à y entrer, alors qu'une partie de l'île chypriote a été annexée par Ankara ?
Par ses implications économiques, sociales et géopolitiques, cet élargissement peut faire ou défaire l'Europe. Tout serait plus simple si cet "élargissement" avançait de pair avec "l'approfondissement" de la construction de l'Europe, c’est-à-dire une véritable démocratisation de ses institutions. Car à trop charger la barque sans renforcer la coque…
Les 12 candidats à l'entrée dans l'Union sont :
l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie, Chypre, et Malte.
Il faut y ajouter la Turquie qui a simplement obtenu le droit d'être "candidate à la candidature". Parmi les 12 rapporteurs chargés d'évaluer "l'état d'avancement" on compte la députée Verte allemande Elisabeth Schroedter, en charge de la république balte de Lettonie.

Dernier échelon manqué

La dénonciation par Paul Lannoye, eurodéputé Vert belge, de l’existence du système américain d’espionnage des télécommunications “Echelon ” avait abouti à la création d’une commission temporaire du Parlement européen (Cf. Carré d'Europe N° 2 et 3). Voulant protéger d'obscurs agissements de leurs gouvernements respectifs, les "grands" groupes (PSE et PPE) ne s'étaient pas "grandis" en refusant à cette commission tout pouvoir d'enquête. Dans la même logique, ces deux groupes ont réduit la résolution finale à un texte si fade que les Verts ont été obligés de s'y opposer en plénière, en septembre. La seule vraie victoire est la reconnaissance, enfin officielle, par le Parlement de ce réseau d'espionnage mondial, dont l’Europe est une des premières victimes en termes d’espionnage économique. Par contre, il ne fut pas question de mettre au ban les États membres qui collaborent à ce système de "grandes oreilles" en accueillant sur leur territoire les installations américaines. Tant pis si le Royaume-Uni s'affiche plus souvent comme étant le 51e État américain que comme le 15e État européen…
Les Verts souhaitaient que l'Allemagne et le Royaume-Uni annulent les autorisations d'interception délivrées aux États-Unis à partir de leur territoire, la députée Verte irlandaise Patricia Mc Kenna allant jusqu’à demander la fermeture autoritaire de ces stations d'écoute basées dans l’Union. Propositions hélas rejetées par une majorité qui, sans peur du ridicule, a préféré demander à ces États de "s'assurer que les interceptions sont conformes au respect de la vie privée"…

Il faut sauver le soldat Kyoto

Le protocole lancé à Kyoto en 1997 est censé épargner à notre bonne vieille planète de catastrophiques bouleversements climatiques dans les décennies à venir. Principal levier : réduire de façon concertée et chiffrée les émissions de gaz à effet de serre qui sont le facteur déclenchant du drame. La conférence de La Haye, qui devait finaliser l'accord en 2000, fut un échec. Le sommet mondial de Bonn, en juillet dernier, était donc le dernier espoir de sauver Kyoto, un certain Georges W. Bush étant, entre-temps, devenu locataire de la Maison Blanche avec, en bon pétrolier texan, les préoccupations écologistes que l'on sait. Il est sûrement trop tôt pour savoir si le compromis obtenu à l'arraché à Bonn sauvera notre climat, mais il constitue comme l'a déclaré en plénière la députée Verte Marie Anne Isler Béguin, "une belle gifle pour la maison Bush".
C'est vrai que l’Oncle Sam, qui a encore refusé de s'associer à l'effort mondial, a subi là un véritable camouflet avec l’éclatement de son groupe d’alliés : le Japon, l'Australie et le Canada ralliant la cause de l’Europe et des pays en voie de développement. Saluons le rôle moteur du ministre belge d’Ecolo, Olivier Deleuze, présidant l’Union Européenne et artisan du compromis.
Du côté des avancées incontestables, on note l'historique exclusion du recours à l'atome comme pseudo énergie "propre". À saluer aussi la mise en place d'un "mécanisme d'observance", qui aidera les pays en difficultés à atteindre leurs objectifs par la création d'un fonds spécial (où l'Europe est le premier contributeur) et de transfert de technologies, tout en pénalisant les "mauvais élèves" qui ne feraient pas d'efforts. Du côté négatif, on doit déplorer le recours aux "puits de carbone". S'il est vrai que ces plantations de forêts fixent le CO2, les scientifiques sont très partagés sur l'impact réel de cette mesure, soulignant en outre qu'elle ne fait que retarder l'échéance parce qu'une forêt arrivée à maturité ne "fixe" plus rien, sans oublier que le moindre incendie relibère en quelques heures dans l'atmosphère des tonnes de carbone stocké pendant des décennies. LesÉEtats-Unis, avec leurs récents feux de forêts géants, en savent pourtant quelque chose. Autre bémol de taille : le recours au "marché de crédits d'émission", nom flatteur pour ce qui est le droit du plus riche à polluer le plus pauvre, en lui rachetant ses quotas d'émission inutilisés.
Conscient du risque de cette "marchandisation des fumées", le Parlement européen a adopté une résolution magistrale de fermeté et de clairvoyance, reprenant toute l'analyse qui précède, en considérant en outre que Bonn ne pouvait être qu'une étape, et invitant la Commission à lui soumettre des propositions de directive avant la réunion "post Bonn" prévue à Marrakech fin 2001.

Contact Marie Anne : maisler@europarl.eu.int

SOS corail

Le 7 mai dernier, Marie-Anne Isler Béguin et Didier Claude Rod ont proposé aux 626 députés un texte, aussiappelé déclaration écrite , visant la protection des récifs coralliens calédoniens. Cette démarche relaie l’action énergique de l’association calédonienne "Corail vivant", de Bruno Van Peteghem, lauréat du Prix Goldman 2001(prix "Nobel" alternatif de l’environnement), et de représentants du Sénat coutumier. Le récif est menacé à près de 80 % par le réchauffement climatique et maritime, et plus directement par l’exploitation minière du nickel. Son inscription au patrimoinemondial de l’Unesco permettrait un développement durable de la région. Malheureusement, ce texte n’a été signé que par 102 députés, et n’a donc pas été adopté.

Contact : Marie-Anne
tél + 32 (0) 2 284 75 72 ou
maisler@europarl.eu.int

Petite leçon d'eurojargon

La déclaration écrite
En dehors des procédures habituelles d'adoption de textes par vote en séance plénière, le Parlement européen a la possibilité de s'exprimer par le biais de la "déclaration écrite".
Il suffit pour cela que des eurodéputés (5 au maximum) proposent aux autres parlementaires d'adopter, sans débat, un texte en y apposant leur signature. Ce texte, appelé "Déclaration écrite", doit être court (il ne peut dépasser les 200 mots) et doit porter sur un sujet qui entre dans les compétences de l'Union européenne.
Chaque mois, deux ou trois nouvelles déclarations écrites sont ainsi proposées. Cependant, pour être adoptée et considérée comme position officielle du Parlement européen, chaque déclaration doit avoir réuni, dans un délai de trois mois, les signatures de la majorité des 626 députés, soit 314 paraphes au moins.
Pour apporter son soutien à une déclaration écrite, chaque député doit se rendre en personne dans un bureau spécial du Parlement, et apposer personnellement sa signature sur un registre prévu à cet effet. Cette procédure, moins aisée que le vote en plénière, semble être assez contraignante puisque les statistiques montrent que seules deux ou trois déclarations écrites réussissent chaque année à obtenir le nombre de signatures requises avant la "date de forclusion".
Les textes ainsi adoptés n'ont pas force de loi mais, par leur poids symbolique, permettent bien souvent à leurs auteurs de lancer ou relancer, bien au-delà des murs du Parlement, le débat sur tel ou tel sujet. Daniel Cohn-Bendit et Gérard Onesta ont par exemple utilisé une telle procédure pour rappeler l'urgence d'une Constitution européenne.
C'est aussi une façon de compter alliés et adversaires d'une cause dans l'hémicycle. Ainsi le groupe des Verts, aidé de nombreuses ONG, a combattu farouchement, et avec succès, le projet de déclaration écrite des députés chasseurs qui demandaient la révision de la directive "oiseaux".

Vrac d'Europe

Argent plombé
Fait rarissime, le rapport sur les OPA boursières en Europe a échoué - en 3e lecture - lors de la plénière de juillet, par 273 voix pour et... 273 voix contre ! L’ordinateur du parlement a même prolongé le suspense en oubliant, par erreur, le nom d’un député opposé à ce texte. Pas de majorité = projet rejeté, et tollé dans les rangs des tenants de l’Europe des capitaux-roi. Le très libéral commissaire Bolkenstein prétendait, catastrophé, que 13 ans d’éprouvantes négociations venaient de disparaître à jamais, à cause "d’irresponsables". Les "irresponsables", députés Verts en tête, sont, quant à eux, ravis d’avoir indiqué que l’Union ne devait pas faciliter le boursicotage et les remembrements industriels à lourd coût social. Quant à "l’irréversibilité" du soi-disant "désastre", on s’aperçoit qu’elle est toute relative, car quelques semaines ont suffi à la Commission pour proposer une nouvelle copie. La preuve est faite que le chantage " le libéralisme ou le chaos " peut être inopérant quand le Parlement européen n’a pas peur de se faire entendre.

Berlusconneries
Sommet du G8 à Gênes en juillet : la répression par la police italienne, lâchée sur les manifestants antimondialisation, a été si féroce que l’on a relevé un mort et des centaines de blessés. Les médias du monde entier ont révélé les scènes de tabassage et d’humiliation. L’eurodéputé Vert autrichien Johannes Voggenhuber s’interroge : "qu’aurait dit l’Europe si une telle répression avait eu lieu en Autriche, gouvernée par la droite extrême ?" Bonne question à l’approche du 1er janvier 2002, qui verra M. Berlusconi et ses méthodes accéder à la présidence de l’Union. La Gauche Unitaire Européenne a demandé un débat en plénière sur ces violences indignes, débat qui s’est tenu grâce au soutien des Verts et du PSE. Le PPE (principal groupe de droite où siégeait, il y a peu, un certain Silvio...) a pourtant pu empêcher que le Parlement vote une résolution. Tout en soutenant la mobilisation citoyenne, le Vert Dany Cohn-Bendit appelle à ne pas "confondre les sommets". Pour éviter que celui de Laeken (sur la Constitution européenne) ne soit entaché de violences, Dany propose que des "têtes citoyennes" (élus, syndicalistes, associatifs...)servent de service d’ordre modérateur.
Contact Dany
Tél. : + 32 (0) 22 84 74 98,
dcohnbendit@europarl.eu.int

Marche bleue
L’Espagne reçoit plus de pluie par habitant que la Belgique ! Incapable de gérer intelligemment une telle ressource, l’Espagne projette la construction de 120 nouveaux barrages et même le détournement d’eau du Rhône vers l’Ebre ! Autant de marchés juteux pour les "trafiquants d’eau", ces compagnies privées qui se partagent les réseaux de distribution, sans se formaliser de la destruction de vallées ou de deltas. Pour ces multinationales des grands travaux, il y a urgence à bétonner : dans trois ans, une directive européenne sur l’eau les bloquera, en lançant une nouvelle gestion de cette précieuse ressource, avec pour objectif de l’économiser et de protéger les milieux. Des centaines de milliers de manifestants se sont mobilisés à Madrid, Saragosse et Barcelone pour s’opposer à ce gâchis, dicté par une agriculture intensive polluante ou par des aménagements touristiques aberrants. Une "marche bleue" est partie de l’embouchure de l’Ebre pour arriver à Bruxelles le 9 septembre, via Toulouse où Gérard Onesta les a accueillis. Le but de ces marcheurs était de dénoncer ce scandale, tout en demandant que les "racketteurs du robinet" se voient couper par l’Europe un autre robinet : celui des subventions.
Contact
www.marchabruselas.com

Durban lave plus blanc
Forte houle sur la Conférence mondiale contre le racisme et la xénophobie, à Durban en Afrique du Sud début septembre. Pris en otage par la polémique "le sionisme est-il un racisme ?", le sommet a eu du mal à arrêter ses conclusions. Sur place, la Verte Alima Boumédiene-Thiery n’était pas seulement membre de la délégation officielle du Parlement européen, mais aussi la "guest star" des centaines d’ONG qui avait organisé un forum "off". Multipliant les prises de parole, Alima a mieux mesuré les attentes de peuples trop longtemps méprisés : "Durban est là pour nous rappeler nos devoirs et responsabilités collectives. Malheureusement la Conférence, embourbée, s’est détournée de son objectif initial de réconciliation". Il est vrai que chacun peut en interpréter les conclusions à sa manière : si le racisme est un crime, le principe des réparations - concernant par exemple l’esclavage - est il est rétroactif ? À suivre...
Contact Alima
Tél : + 32 (0) 22 84 75 74 ,
Aboumediene@europarl.eu.int

Billet vert ?
“La Banque Européenne d'Investissement (BEI) est déterminée à contribuer de façon tangible à la protection et à l’amélioration de l’environnement”. C’est Philippe Maystadt, son président, qui l’affirme ! Est-il vraiment prêt à ce que les milliards d’euros dont dispose sa banque ne soient plus engloutis dans le béton, le bitume et autres vecteurs de saccages environnementaux ? Peut-être a-t-il comme livre de chevet le nouveau “Guide citoyen de la BEI”, publié par les Amis de la Terre et préfacé par le Vert Alain Lipietz. Alain souhaite que la BEI, cet énorme organisme opérationnel de la politique continentale, devienne un “outil au service du développement durable”. Il est vrai que plus gros prêt du monde ne pourrait pas permettre d’acheter une nouvelle planète...
Contact Alain
Tél. : + 32 (0) 22 84 72 07,
alipietz@europarl.eu.int

Intoxiqués ?
Si c’est de l’humour anglais, c’est de l’humour noir. Surfant sur la psychose post attentats, le journal conservateur britannique "Sunday Telegraph", a annoncé que le Parlement européen avait échappé, de peu, à un carnage en février dernier. Les agents secrets européens auraient, en effet, déjoué un attentat au gaz sarin fomenté par les sbires de Ben Laden, et dans lequel les 626 eurodéputés auraient dû trouver la mort dans leur hémicycle strasbourgeois. Les autorités françaises et les services secrets de plusieurs pays ont formellement démenti. Reste donc qu’il est assez stupéfiant de voir la presse anglaise projeter ainsi, dans ses colonnes, ses envies de meurtre de tout ce qui "incarne l’Europe"...

Et pourtant, elle tourne...
Doit-on voir la guerre partout ? Grave question qui a divisé le groupe Vert sur l’intérêt de Galileo, le système européen de navigation par satellite. Il est vrai que ce programme civil pourrait, un jour, servir à autre chose s’il tombait entre des mains militaires. Mais de quels moyens l’Europe doit-elle se doter pour ne pas être l’otage aveugle des manœuvres géopolitiques de l’Oncle Sam ? Celui qui tient l’information ne mène-t-il pas le jeu politique ? L’eurodéputé Vert Yves Piétrasanta, rapporteur pour avis au nom de la commission de la recherche, a plaidé pour faire de ce programme un service de protection de l’environnement et des citoyens européens. A cette fin, il a proposé la création d’un comité d’éthique qui garantirait ces exigences.
Contact Yves
Tél + 32 (0) 22 84 54 75,
ypietrsanta@europarl.eu.int

Assistants. Enfin !
Changement radical de culture au Parlement européen ! Durant l’été, rompant avec 23 ans de manœuvres obscures, les eurodéputés ont dû faire œuvre de transparence en appliquant le nouveau règlement que Gérard Onesta, chargé du statut des assistants, avait fait adopter. La menace de la coupure des lignes budgétaires a fait taire les nombreux réfractaires, et c’est près de 99 % des députés qui ont fait connaître l’identité de leurs assistants et remis copie des contrats ainsi que la preuve d’une couverture sociale complète pour ces derniers. Il est clair que Gérard ne s’est pas fait que des amis dans l’hémicycle, tandis que sa cote est au plus haut auprès des 2 000 assistants ! L’étape suivante sera l’adoption au Conseil (en 2002 ?) d’une vraie base juridique qui évitera que les assistants soient des "clandestins" à Bruxelles. Mais le statut ne sera complet qu’après l’adoption d’une convention collective.
Contact Gérard
Tél. : + 32 (0) 22 84 75 05,
gonesta@europarl.eu.int

Un litre de sang, ça fait combien en euro ?
Pas simple de légiférer quand les pratiques nationales sont divergentes. Imagine-t-on, par exemple, en France, qu’un donneur de sang ose réclamer de l’argent pour un geste qui, chez nous, n’est dicté que par la solidarité ? En Allemagne ou en Autriche, une telle rémunération en échange du précieux liquide ne choque personne. L’Europe, lancée dans son œuvre unificatrice, devait trancher. Mais dans quel sens ? La Directive sur le sang humain présentée par la Commission a été modifiée en septembre, intégrant de nombreux amendements poussant à l’abandon du caractère commercial. Le député Vert européen Didier-Claude Rod a rappelé que "le corps humain ne peut être une marchandise", et a proposé d’élargir le principe du " don gratuit " à l’ensemble des États membres.
Contact Fabienne Bedechian
Tél :+ 32 (0) 22 84 73 64, fax :+ 32 (0) 22 84 93 64,
drod@europarl.eu.int

CEE = Comité d’Entreprise Européen
Il y a longtemps que ces grands voyageurs que sont les capitaux se moquent des frontières, tandis que l’harmonisation sociale reste, elle, “bloquée en douane”. Les chefs d’entreprise ont très bien compris l’intérêt de répartir leurs activités entre plusieurs États membres pour les redéployer au besoin, cumulant leurs droits et limitant leurs devoirs. La casse sociale résultant de ce cynique Monopoly (fusion/acquisition/délocalisation) a fini par émouvoir la Commission européenne, qui a décidé de revoir, dès 2002, la directive sur les comités d’entreprise européens. En septembre, par ses amendements, l’eurodéputée Verte Hélène Flautre a donné du corps à ce nouveau texte, en conditionnant toute fusion à l’apport de la preuve d’une vraie information et consultation des salariés, et obtenant l’abaissement du seuil - à 500 employés au lieu de 1 000 - pour constituer un tel comité. De Vilvoorde en Marks & Spencer, l’Europe sociale s’éveille.
Contact Claude Taleb,
Tel : +32 (0)22 84 73 64 , Fax+32 (0)22 84 93 64,
hflautre@europarl.eu.int

Tobin or not Tobin
Ça sent les élections ! Devant l’audience du mouvement antimondialisation, messieurs Jospin et Schroeder ont senti que ce courant de sympathie pouvait se traduire dans les urnes lors des élections législatives que leurs pays connaîtront en 2002. Leur conscience, soudain interpellée, leur a dicté de ne plus "snober" la taxe Tobin, ce puissant dispositif anti-spéculateurs. La grâce anticapitaliste ne semble pourtant pas avoir encore touché leurs troupes au Parlement européen, puisque le rapporteur socialiste, spécialiste de ces questions, M. Goebbels, a rejeté ladite taxe en la jugeant fantaisiste. Ce grand écart doctrinal n’a pas échappé à la députée européenne Verte Danielle Auroi, co-organisatrice de la rencontre interparlementaire qui s’est déroulée sur ce sujet, à Bruxelles, à la veille de l’été.. Les actes de ce colloque, auquel a participé - entre autres - Alain Lipietz, sont disponibles auprès de Danielle.
Contact Danielle
Tél. : +32 (0)22 84 77 54 ,
Dauroi@europarl.eu.in



L'Europe vue de Midi Pyrénées

Pour Toulouse, j'accuse

La ville rose porte le deuil. Et chacun de se demander qui a pu permettre que la réalité rejoigne ainsi un cauchemar pourtant mille fois annoncé. Car Toulouse savait. Un jour ou l'autre, il arriverait " quelque chose " à l'ONIA, et ce serait terrible. L'évidence jusqu'à l'absurde.
Vendredi 21 septembre, j'étais à mon domicile, non loin du lieu de l'explosion. Comme toute ma ville, j'ai senti l'onde de choc me traverser le corps et les murs. Connaissant la toxicité des produits de chaque usine du site, je dois avouer que j'ai vécu les premières minutes du drame avec, au fond de moi, la terreur d'un "Bhopal-sur-Garonne". J'ai même eu l'étrange réflexe de regarder ma montre et de me dire : "Tu te rappelleras qu'il était 10 h 18", comme pour prendre date pour un futur procès… Car procès il y aura, en justice peut-être, devant la société sûrement. Mais le décodage de cette "boîte noire politique, administrative et industrielle" sera long, les responsabilités étant aussi diluées que les poisons étaient concentrés dans l'enceinte du complexe chimique.
Les élus locaux diront - avec raison - que de tels sites classés sont couverts par l'autorité de l'État. Pour autant, au cours des enquêtes, lors des extensions successives du site, on n'a pas vu de conseils municipaux s'opposer farouchement par leur vote, ni manifester sur place en écharpe tricolore. Plus grave peut-être, ces édiles, qui ont un large pouvoir d'aménagement de l'espace, ne se sont guère servis de leur plan d'occupation des sols ou de leur schéma d'urbanisme pour éloigner du danger les zones d'habitation ou de commerce… La logique étant vite bloquée par des ambitions de bétonneur qu'on ne veut rogner, ou des royalties fiscales qu'on ne veut amputer.
Pour leur part, les administrations, DRIRE ou préfecture - peut-être écartelées entre des consignes de plusieurs ministères - n'ont eu de cesse de "gérer le risque", c'est-à-dire d'anesthésier les peurs et les résistances sous des discours aussi péremptoires que rassurants. Les textes masquant la réalité, tous les scénarios catastrophe n'ont pas été étudiés. Le pouvaient-ils d'ailleurs ? Comment, par exemple, faire face à l'acte d'un malveillant ou d'un désespéré quand des centaines de camions entrent et sortent chaque semaine, ou quand des conduites de produits toxiques courent le long des berges de la Garonne ? Comment faire croire que l'on avait pensé à l'explosion quand on laisse les gros avions de Blagnac survoler le site à basse altitude à chaque heure, ou que l'on pousse le ridicule jusqu'à demander aux gens de rester calfeutrés chez eux, alors qu'ils n'ont plus ni portes, ni fenêtres, ni parfois de toiture ?
Quant aux industriels, souvent relayés par des syndicats pris en otage au nom de l'emploi, ils ont oscillé entre le mépris du "catastrophisme écolo" et le chantage à la délocalisation vers des contrées où les normes environnementales et sociales sont inexistantes… Il est vrai que des actionnaires peu soucieux de philanthropie attendent leurs dividendes. La valeur du patrimoine foncier ne pouvait-elle pourtant payer une bonne part du déménagement, tant ces terrains enclavés dans la ville sont valorisables ?
Le caractère bien trempé des Toulousains, soudés en une solidarité réflexe comme dans une mêlée de leur cher rugby, les aide à tenir, face au drame. Mais ils n'accepteront plus d'être payés de mots, ni d'être les victimes finales d'histoires de gros sous. On ne peut décemment pas réamorcer cette bombe chimique à leur porte.
Qu'il est dur aujourd'hui d'être, pour les Verts, dans le rôle de Cassandre, en devins jamais crus. Qu'il est rageant de se remémorer nos dossiers rédigés en vain, nos lettres sans réponse, nos éternelles manifs avec masques à gaz au rond-point de l'ONIA. Il faudra d'ailleurs s'interroger, nous-mêmes, écologistes - pourtant irrigués par le formidable mouvement associatif - sur notre difficulté à faire bouger décideurs et populations. Était-il illusoire de parier sur la pédagogie qui est par nature complexe, alors que le débat politique, pour être "vendeur", a horreur de la complexité ?
L'accident de Toulouse agit pourtant comme un immense révélateur, avec un champ de remises en cause presque sans limites : Oser refondre une législation trop normative, et c'est construire l'Europe sur le concret, car la "Directive Seveso" ne vaut pas grand-chose, Toulouse en ruines en témoigne. Oser casser le chantage à la délocalisation, et c'est réinventer les rapports sociaux dans l'entreprise, mais aussi la mondialisation en termes de solidarité Nord-Sud. Oser construire une vraie démocratie locale, et c'est repenser les enquêtes d'utilité publique, cet hallucinant mécanisme décisionnel de démocratie inversée, où un seul ministre peut contredire l'avis d'une administration, qui peut ignorer le sentiment des élus, qui peuvent quant à eux passer outre le désir de toute la population. Oser développer la recherche systématique d'alternatives, c'est rendre ses lettres de noblesse au service public. Oser s'interroger sur la finalité et l'utilité des produits fabriqués, c'est donner du corps au concept de développement durable…
Est-il toujours irresponsable, aujourd'hui, de lancer de tels débats ? Qui sont les irresponsables dans une société où l'actualité sonne, chaque jour plus fort, le glas du système ?
Alors oui, pour Toulouse, j'accuse.
J'accuse une prétendue logique administrative et mercantile d'avoir impunément, et pendant trop longtemps, défié à la fois le simple bon sens et la vie.
Gérard Onesta

Non, tout n'est pas bon dans le cochon !

M. Molle, porte-parole de la Confédération Paysanne, l'a bien senti : "il y aura un avant et un après 15 septembre 2001 pour les porcheries industrielles". Ce jour-là, en effet, près de 5 000 personnes (dont un certain José B.) sont venues s'opposer à la construction d'une telle porcherie aux abords du petit village touristique de Puylaroque (Tarn-et-Garonne). Mobilisation sans précédent pour dénoncer une agriculture productiviste dangereuse pour la santé comme pour l'environnement, mais défendue par les chambres d'agricultures aux mains de la FNSEA. Ce syndicat avait d'ailleurs appelé à une contre-manifestation au même endroit, manif annulée - par peur du ridicule - deux jours auparavant.
À Puylaroque, on prévoit 220 truies, donnant naissance à 4 300 porcs par an, engraissés 4 mois durant sur des plaques ajourées en béton armé. Pas question de trouver là le moindre bout de paille qui pourrait gêner l'écoulement de tant de déjections animales ! Car si la production est estimée à 450 tonnes de viande par an, à chaque tonne de viande correspondra plus de 10 tonnes de lisier, l'équivalent de 4 semi-remorques par semaine… qui devront être épandues ailleurs. Comme dans toutes ces installations, chaque animal a 0,65 m2 pour "vivre". Impossible de se déplacer pour ces pauvres porcs qui, véritables ordonnances sur patte, sont bourrés d'antibiotiques, mais aussi d'anti-stress pour éviter les phénomènes de cannibalisme !
Alors qu'une majorité du conseil municipal de Puylaroque a démissionné fin 2000 pour exprimer son mécontentement, le préfet - qui doit donner l'accord final - connaît aujourd'hui l'ampleur de la mobilisation. Peut-être sera-t-il frappé par l'absence de cohérence économique de cette filière.
Celle-ci, profitant de la crise bovine, s'engouffre dans une industrialisation aberrante qui produira dans notre région les mêmes dégâts qu'elle a causés en Bretagne, où les nappes phréatiques sont empoisonnées de nitrates d'origine porcine.
Il est vrai que le lobby de l'agroalimentaire -banque incluse- ne s'embarrasse pas de tels "détails", et qu'il sera toujours temps pour lui d'aller quémander des aides publiques quand la crise de la mal-bouffe frappera cette folle filière du cochon, comme fut frappée celle de la vache (folle également).
C'est de l'Europe, encore, que viendra peut-être le dénouement, puisqu'une directive rend obsolète ce mode de production de porc à partir de 2006. À moins que ce ne soit plus tôt, puisque à Puylaroque, une pétition circulait déjà pour demander l'interdiction immédiate des porcheries industrielles dans toute l'Union européenne…

Contact
Les Verts du Tarn et Garonne
45, rue Delcassé, 82000 Montauban

De l'atome à la tombe ?

Le tunnel du Mont-Blanc ne devait pas brûler. Concorde ne devait pas s’écraser. Le World Trade Center ne devait pas s'écrouler. L'usine AZF ne devait pas exploser. Si vous êtes intimement persuadés qu'une centrale nucléaire (de Golfech ou d'ailleurs) ne peut pas non plus exploser, il est inutile de poursuivre la lecture de ce court article…
Sinon vous y apprendrez peut-être que l'organisme scientifique européen WISE vient de sortir un hallucinant rapport qui démontre ce que l'on savait depuis longtemps : un site nucléaire ne résisterait pas à la chute d'un avion de ligne, et il faudrait alors évacuer, pour des siècles, au moins la moitié du pays. Ce texte, bien que déjà évoqué dans les médias, tente d'être enterré par certains députés européens très courtisés par l'industrie nucléaire, alors que le groupe des Verts (au moment où nous mettons sous presse) tente, au contraire, de récupérer ce rapport pour le soumettre à une expertise complémentaire. À suivre…
Les drames de l'actualité prouvent que le "risque zéro" est un mensonge criminel relayé par le lobby de l'atome, et que les thèses écologistes ne sont pas fantaisistes. Il suffit d'ailleurs de sortir de l'Hexagone pour s'apercevoir qu'ailleurs en Europe, les alternatives au nucléaire sont souvent déjà en place.

Vous avez dit isard ? comme c'est bizarre !

Dans les Pyrénées, une nouvelle a "empoisonné" la douceur estivale : la mort suspecte d'une soixantaine d'isards à proximité du Pic de Bazès.
Les analyses, effectuées aussitôt, ont mis en évidence un taux mortel de lindane dans les carcasses. D'autres prélèvements ont montré que des brebis alentour avaient, elles aussi, un taux anormal de ce produit dans leur chair. Le lindane est un puissant insecticide utilisé pour traiter le bétail ou protéger des bois d'œuvre contre les chenilles processionnaires. Il est pourtant interdit en France depuis 3 ans, mais toujours autorisé en Espagne.
Malgré cette situation, vaches et brebis continuent de paître dans le secteur et les promeneurs de cueillir les myrtilles. Quand on sait que le lait est utilisé pour faire le célèbre fromage des Pyrénées, le danger d'une contamination des êtres humains ne peut être écarté. Pourtant, les services de l'État ont employé l'essentiel de leur énergie à minimiser l'affaire, craignant une psychose - et un scandale (?) - comme pour le "poulet à la dioxine". Christian Agius, responsable des Verts lourdais, a constaté que "les administrations ont été bien longues à réagir face à ce double problème environnemental et de santé publique".
Les éleveurs, les chasseurs et les écologistes se sont donc unis pour que l'origine et les responsabilités de l'empoisonnement ne restent ni indéterminées, ni impunies.
Brigitte Desveaux, porte-parole régionale des Verts de Midi-Pyrénées, venue sur place soutenir ces consommateurs-citoyens, a promis qu'elle informerait les eurodéputés pour demander une harmonisation européenne sur l'interdiction du lindane. Cet article prouve que le message est reçu.
Il reste maintenant - et ce n'est pas le plus facile - au groupe parlementaire Vert à faire entendre raison à une administration européenne en proie aux arguments mercantiles des fabricants de produits toxiques. Pourtant un poison reste un poison, quel que soit le versant des Pyrénées.

Contact
Christian AGIUS
62, chemein de Lannerré, 65100 Lourdes
Tél. : 06 86 98 49 31

L'Europe vue d'Aquitaine

Retour de flamme

Bonnes nouvelles pour les inculpés de Fumel (Lot-et-Garonne).
Petit historique : c'était en 1999 (voir Carré d'Europe n°4), un groupe de chômeurs, militants d'AC!, décidait de "mettre aux normes" l'incinérateur de Fumel en coupant des câbles d'alimentation et en démontant la porte du four. Ils voulaient stopper un scandale écologique et rappeler que de nombreux emplois pouvaient être créés en développant le tri, le recyclage et d'autres procédés de transformation des déchets. Après cette action, un militant avait fait un mois de prison, et 14 autres sont toujours inculpés et sous contrôlejudiciaire strict. Un élan de solidarité s'était alors organisé autour d'un comité de soutien.
Ces gens, précurseurs de la désobéissance civile - leur action a eu lieu quelques semaines avant le démontage du Mac Do de Millau - ont été frappés de sanctions si disproportionnées qu'elles en sont inadmissibles.
Quant à l'incinérateur, lui, il est toujours arrêté.
Première bonne nouvelle : une enquête, demandée au préfet par Dominique Voynet alors ministre de l'Environnement, montre que si l'incinérateur ne redémarre pas, ce n'est en rien à cause des dégâts minimes provoqués par les chômeurs, mais bien en raison del'obsolescence et de la dangerosité du site. Et les nouvelles normes qui sont en cours d'élaboration au niveau européen ne vont rien arranger à l'affaire ! Les millions de francs nécessaires à son éventuel redémarrage ne seraient-ils pas mieux utilisés dans le cadre d'un vrai développement soutenable, tant vanté dans l'hémicycle strasbourgeois ?
Deuxième bonne nouvelle : une commission rogatoire ordonnée par le juge d'instruction vient de lui être remise. Elle serait très en défaveur du syndicat intercommunal. Elle pourrait déboucher sur des mises en examen, ou au moins sur la mise en cause d'une administration jugée trop laxiste.Et si la délinquance n'était pas où l'on croyait ?…
À suivre.

Contact et dons
Comité de soutiens aux inculpés de Fumel,
31, rue des Gras, 63000 Clermont-Ferrand.
Chèque à l'ordre de Jean-Michel Duclos, avec mention au dos du chèque : "Soutien Fumel".
Pour plus d'information :
Jean-Michel Duclos : Tél : 04 73 36 66 44

Les nouveaux beach-boys

Bronzés et musclés, les surfeurs ? Oui, sans doute. Mais aussi, pour certains, très engagés dans la préservation des plages et des vagues, autour de "Surfrider Foundation". Carré d'Europe a rencontré Pierre Nouqueret, directeur administratif de cette association.

Comment est né Surfrider foundation ?
Surfrider est né aux États-Unis en 1984 de la prise de conscience par les surfers de la dégradation constante des plages et de la mer qui ne sont pas que leur terrain de jeux. Après l'Australie, le Japon et le Brésil, Tom Curren, triple champion du monde de surf, fondait en 1990 Surfrider Foundation Europe à Biarritz. L'objectif est la défense et la mise en valeur de l'océan et des plages par l'éducation, la recherche et l'action locale.

Objectif ambitieux. Comment l'atteindre ?
Nous menons plusieurs actions. Tous les ans en mars, nous organisons, au niveau européen - et même au Maroc - un immense nettoyage des plages. Cette année, 112 opérations ont été menées qui ont mobilisé 3 000 bénévoles et permis de ramasser 220 m3 de déchets. La médiatisation de cette opération prend chaque année plus d'ampleur, ce qui pousse les collectivités à nettoyer leurs plages. Nous organisons aussi le "Surfrider Kid Challenge", compétition qui s'adresse aux enfants de moins de 14 ans - 180 participants cette année - avec, en parallèle, des activités de sensibilisation à la protection de l'environnement. Nous avons même un salon, "Initiative Océan", qui regroupe tous les acteurs de la lutte pour la protection du littoral : institutions, collectivités locales, entreprises, associations… En mai ou juin 2002, San Sebastian, après Biarritz, accueillera cette manifestation qui est un rendez-vous européen pour tout ce qui concerne la qualité de l'eau et des plages.
Mais c'est l'opération "Pavillons noirs" qui nous a fait connaître dans les médias. Tous les ans nous faisons l'inventaire des pollutions du littoral français. Cette année, 93 plages réparties dans 69 communes ont reçu cette "distinction" redoutée, souvent à la suite d'un défaut d'assainissement qui entraîne des pollutions bactériologiques.

Vos sources d'informations ?
C'est un gros boulot d'inventaire et de synthèse. Nous téléphonons à toutes les DDASS des départements côtiers. Nous nous adressons aussi à tous les organismes en possession d'infos sur la qualité de l'eau et des plages (IFREMER, DRIRE, collectivités locales…). Nous utilisons bien sûr aussi le réseau des surfeurs, que nous appelons les "gardiens de la côte", et qui nous alertent en permanence. Je tiens à préciser que la plupart des communes épinglées par nos "pavillons noirs" ont en prévision les travaux de mise aux normes. Malheureusement ces travaux ne sont pas toujours prioritaires.

Justement, quelles sont les réactions des maires ?
Ils discutent rarement le bien-fondé de notre action, mais en contestent la forme : pour eux, nous n'avons aucune légitimité pour décerner des "pavillons noirs". Et nous sommes d'accord ! Mais comment faire, quand aucune administration ne fait ce travail d'inventaire ? Nous avons d'ailleurs souvent plus d'information que le ministère de la santé lui-même. Alors nous demandons la mise en place d'un tel observatoire "officiel" du littoral, et cette année certains élus ont enfin relayé notre revendication. Le ministère de l'Environnement semble s'intéresser à notre démarche, mais nous attendons un rendez-vous avec le nouveau ministre pour concrétiser ce projet.

Vos autres activités ?
Nous menons aussi des actions d'éducation à l'environnement. En partenariat avec le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, nous faisons le tour des plages pendant l'été avec un stand itinérant où nous distribuons des outils de sensibilisation. Le but est de toucher le plus large public possible. On parle beaucoup de déchets, de collecte sélective…
Nous avons aussi un programme éducatif ambitieux : animations dans les écoles et les centres de loisirs, mallette pédagogique avec cassette vidéo, livret du maître, diapos... et nous travaillons actuellement sur un jeu de société.. Et nous sommes de la plupart des luttes - souvent avec Greenpeace - qui visent à préserver les océans : contre les filets pélagiques, collectif anti-marée noire, etc.

Que pouvez-vous attendre de l'Europe ?
Notre association a déjà une dimension européenne. Nous avons un bureau à San Sebastian et notre nettoyage de plages est mené à travers le continent, de l'Allemagne au Portugal, de Italie à l'Espagne…

Le salon "Initiative Océan" a d'ailleurs une vocation européenne.
Nous avons aussi participé aux réunions de travail visant à réactualiser la directive européenne sur les eaux de baignade datant de 1976. Un certain nombre de propositions ont été intégrées dans le projet de texte. Il est important que ces directives soient pensées et mises en place avec les ONG concernées. Cela évite les conflits éventuels et donne l'exemple aux élus locaux, qui ont parfois du mal à travailler avec les citoyens. Par contre, nous avons du mal à obtenir des financements européens…
Et puis, pour nous surfeurs, l'Europe est une notion naturelle. Quand nous allons surfer sur les plages du Portugal, nous n'avons pas l'impression d'aller à l'étranger… Les vagues ne connaissent pas de frontières !

Contact et dons
SURFRIDER FONDATION EUROPE
120, avenue de Verdun, 64200 Biarritz
Tél. : 05 59 23 54 99
Fax : 05 59 41 11 04
www.surfrider-europe.org

Qui est la baudruche ?

Dernière minute : à l'heure où nous mettons sous presse, les responsables de la plus grande firme développant la nouvelle génération de dirigeables étaient reçus à Bruxelles à l'invitation des eurodéputés Verts Gérard Onesta et Marie Anne Isler Béguin. Ce premier contact va être prolongé par des rendez-vous avec la Commission et le Conseil.
C’est l'occasion de mesurer en détail l'étendue des avantages de cette passionnante technique pour le transport de gros fret. Plus que jamais, l'hélium s'annonce comme une alternative crédible à "l'autoroute A 380" qui risque de balafrer au prix fort notre beau Sud-Ouest, pour transporter les pièces dudit avion. Dans les prochains jours, Gérard fera le point sur "l'alternative hélium" (capacités, coût, calendrier…) devant la presse régionale, et Carré d'Europe en retranscrira bien sûr l'essentiel.
L’eurodéputé Vert de Toulouse a, par ailleurs, rencontré le préfet chargé de la coordination du tracé, pour évoquer un possible retard dans le calendrier de fabrication de l'A 380 en raison de la profonde crise mondiale que traversent les compagnies aériennes - fragilité souvent évoquée par les écologistes - et révélée par les récents attentats aux États-Unis. Ce retard mettrait aussitôt la solution du dirigeable au centre des débats. Coïncidence, au lendemain même de cette rencontre préfectorale, un des plus grands quotidiens de notre région titrait à sa une, en caractères énormes : "L'A 380 RETARDÉ ?". Des évidences se dégonflent, rien n'est donc joué.

Huîtres cherchent plaîdeurs ...

Tout vrai amateur d'huîtres le sait : on ne déguste ce fruit de mer qu'en dehors des mois en "R", car il est inconsommable durant sa période de reproduction, de début mai à fin août.
C'était sans compter sur les apprentis sorciers de l'industrie agro-alimentaire, qui ont "bricolé" une huître dite "des quatre saisons", consommable toute l'année. Vivaldi lui-même resterait dubitatif devant cet animal "triploïde", résultat d'une manipulation chromosomique, croisemet d'une huître diploïde (deux lots de chromosomes) et d'une huître tétraploïde (quatre lots de chromosomes).
S'agit-il d'un de ces OGM, organismes génétiquement modifiés qui alimentent tant les débats européens ? "Il y a au moins "manipulation" génétique" affirme Michel Daverat, porte-parole des Verts Aquitaine, "nous devons donc rester prudents et appliquer le principe de précaution". Certains ostréiculteurs refusent la production de cette bestiole dans le bassin d'Arcachon. Ainsi, Jean Conord, président du syndicat des producteurs de la Côte Noroît, affilié à la Confédération Paysanne, veut un débat avec les producteurs et les consommateurs. "Si ce n'est pas un OGM, l'huître triploïde doit être au moins considérée comme un nouvel aliment, et s'adapter au cadre législatif européen en vigueur". Des études approfondies doivent donc être menées pour étudier - entre autres - les répercussions possibles sur la santé. Le principe de la "vérité sur l'étiquette", défendu au Parlement européen, pourrait aussi imposer d'informer les consommateurs sur la nature de l'huître qu'ils achètent…
Par ailleurs, la remise en cause d'un système de production est aussi en jeu : ces huîtres stériles n'étant produites qu'en "forçant le naturel" en écloserie, les conchyliculteurs en seraient dépendants comme les agriculteurs le sont des semenciers. Ce serait là aussi une privatisation inadmissible du vivant. De plus, comme le fait remarquer Michel Daverat, "l’ntroduction par accident d’huîtres tétraploïdes dans le bassin d’Arcachon ne risquerait-elle pas de créer une souche d’huîtres triploïdes qui stériliserait l’ensemble du cheptel".Sachant que le bassin produit 70 % de la production française de naissains, les répercussions économiques seraient catastrophiques.
L'huître est un produit de qualité tant qu'il reste le fruit de la mer. Contrarier ce cycle naturel, c'est déjà avoir oublié les terribles leçons du poulet à la dioxine ou des farines animales qui ont pourtant fait trembler l'Europe. À quand les premiers procès ?

Les Verts Aquitaine
13, rue du Chai-des-Farines 33000 Bordeaux
Michel Daverat
Tél / Fax : 05 56 22 54 80