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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle A
mort la mort A l'est d'Eden Dernier échelon
manqué Il faut sauver le soldat Kyoto SOS
corail Petite leçon d'eurojargon Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Pour
Toulouse, j'accuse Non, tout n'est pas bon dans le cochon
! De l'atome à la tombe ? Vous avez dit isard ?
comme c'est bizarre !
L'Europe
vue d'Aquitaine Retour
de flamme Les nouveaux beach-boys Qui est la baudruche
? Huîtres cherchent plaîdeurs ...
Le
système Echelon est liberticide sans être
efficace, comme le démontre le "fiasco
prévisionnel" de la CIA lors des attentats sur New
York.
Georges
Bush (père), "le modèle américain
n’est pas négociable” Conférence
mondiale de l'ONU sur l'environnement et le développement
Rio de Janeiro 1992
Objectif
global arrêté à Bonn : Réduire
les émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % à
l'horizon 2010, par rapport à 1990. Cet objectif est
différencié en fonction des zones géographiques
: L'Union européenne devant atteindre 8%, alors que les
pays en voie de développement n'ont qu'à
maîtriser leurs émissions actuelles. Pour entrer
en vigueur, le protocole devra être ratifié par 55
pays représentant 55 % des émissions
mondiales.
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°8 – Automne 2001
L'Europe
vue de l'Hémicycle
A
mort la mort
"Le
combat est difficile, mais la victoire est certaine"
(Robert Badinter Strasbourg, 22 juin 2001)
L'assassinat
légal recule peu à peu. En quelques années,
les États ayant aboli la peine capitale sont devenus
majoritaires à la surface du globe. Le premier Congrès
mondial pour l'abolition de la peine de mort, qui s'est déroulé
à Strasbourg en juillet dernier, a lancé
l'offensive finale contre la barbarie institutionnalisée. Pour
la première fois de leur pourtant longue histoire, les
trois composantes du mouvement abolitionniste - le monde
judiciaire, les ONG, et les parlements - ont enfin uni leurs
forces autour de leur détermination commune : éradiquer
la mort légale. Car cette forme de violence n'est ni
dissuasive - le fasciste d'Oklahoma City, fier de son acte,
voulait même que sa mort soit télévisée
-, tandis qu'à l'inverse le Canada a vu sa criminalité
divisée par deux depuis qu'il a aboli la peine capitale,
ni réparatrice - elle n'a jamais redonné vie aux
malheureuses victimes -, ni impartiale - les noirs, les
pauvres, en sont les proies favorites -, ni morale - on ne
condamne pas le crime par l'apologie d'un autre crime. Les
paroles des rescapés du couloir de la mort ont été
bouleversantes, témoignant de l'odieuse attente du
bourreau, et la voix de Mumia Abu Jamal, diffusée depuis
sa prison, a rappelé l'horreur de l'exécution
d'un innocent. En clôture du congrès, des dizaines
de présidents de parlements nationaux ont signé
solennellement un texte engageant une lutte sans merci contre
ce que le représentant ivoirien, évoquant les
drames déjà trop présents en Afrique, a
appelé la "mort de trop"...
Quelques
chiffres Il y a vingt ans, le 9 octobre 1981, la France
était le 36e pays à abolir la peine de mort.
Aujourd'hui 108 États parmi les 189 siégeant à
l'ONU ont renoncé, de droit ou de fait, à la
peine capitale. L’an dernier, 3 058 condamnations à
mort ont été prononcées dans 65 pays. 1
457 personnes ont été exécutées. La
grande majorité (88 %) de ces exécutions se sont
déroulées dans 4 pays : la Chine, les États-Unis,
l’Arabie saoudite et l’Iran.
Pour
information sur les textes du Congrès www.ecart-type.com
Grande
première aussi pour le Parlement européen,
qui ouvrait ainsi son hémicycle à d'autres débats
que ses propres travaux. C'est l'eurodéputé Vert,
Gérard ONESTA qui, après des mois de bataille de
procédure, a permis que l’hémicycle du
continent ayant le premier éradiqué la peine de
mort serve de caisse de résonance à l'indignation
du monde. Pour que cet acte politique ne soit pas sans
lendemain, Gérard, qui a depuis lors obtenu la création
d'une ligne budgétaire pour ce genre d'opération,
tente désormais de permettre l'accueil régulier
de tels débats citoyens dans l'hémicycle
euro-péen : de Kyoto à la crise agricole, de
l'exception culturelle à la bioéthique, ce ne
sont pas les sujets qui manquent...

A
l'est d'Eden
L’état
d’avancement". C'est par ces termes quasi
"obstétricaux" que la bulle bruxelloise nomme
le débat annuel portant sur l’adhésion des
divers pays candidats à l'Union. Et l'élargissement
à venir s'annonce historique, tant par son ampleur -
douze nouveaux pays - que par sa nature - essentiellement des
États fraîchement dégagés de la
tutelle soviétique. Prévu pour démarrer en
2004, et débattu à la session de septembre, cet
élargissement est une priorité pour le groupe des
Verts, mais ne peut et ne doit, pour autant, selon eux, se
faire “au rabais”, c’est-à-dire au
détriment des intérêts de 150 millions de
citoyens qui peuplent ces pays. Car vue depuis l'Est, l’Union
est un Eldorado qui pourrait s’avérer être
la grande désillusion pour ces hommes et femmes qui ne
voient pas le revers des diverses aides communautaires que
l'Ouest rechignera aussi à verser. Les députés
Verts ne cessent de rappeler le précédent de la
réunification allemande, car ce "mini
élargissement", effectué à marche
forcée, reste toujours, suite à une casse sociale
sans précédent, la source de bien des tensions
entre les deux parties de l’Allemagne. La présence
de forces politiques aux discours ultra nationalistes prêtes
à catalyser les déceptions dans de nombreux pays
candidats, impose une vigilance accrue. Il est vrai pourtant
qu'on ne peut retarder l'adhésion de ces nouvelles
démocraties, ne serait-ce que pour en stabiliser
l'existence au sein d'une zone qui a eu pour vertu essentielle
de prescrire depuis un demi-siècle la guerre en son
sein. Parmi les difficultés rencontrées par
les pays candidats reste le récurrent problème
des "minorités ethniques", certaines se voyant
exclues des aides de pré-adhésion. L'héritage
empoisonné du nucléaire entache également
bien des candidatures, notamment bulgare, sommée de
fermer sa centrale nucléaire délabrée de
Kozloduy. Certaines questions semblent insolubles : quelles
relations futures entre Chypre, membre de l'Union, et la
Turquie, éternelle candidate à y entrer, alors
qu'une partie de l'île chypriote a été
annexée par Ankara ? Par ses implications
économiques, sociales et géopolitiques, cet
élargissement peut faire ou défaire l'Europe.
Tout serait plus simple si cet "élargissement"
avançait de pair avec "l'approfondissement" de
la construction de l'Europe, c’est-à-dire une
véritable démocratisation de ses institutions.
Car à trop charger la barque sans renforcer la
coque… Les 12 candidats à l'entrée dans
l'Union sont : l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la
Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la
Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie, Chypre,
et Malte. Il faut y ajouter la Turquie qui a simplement
obtenu le droit d'être "candidate à la
candidature". Parmi les 12 rapporteurs chargés
d'évaluer "l'état d'avancement" on
compte la députée Verte allemande Elisabeth
Schroedter, en charge de la république balte de
Lettonie.

Dernier
échelon manqué
La
dénonciation par Paul Lannoye, eurodéputé
Vert belge, de l’existence du système américain
d’espionnage des télécommunications
“Echelon ” avait abouti à la création
d’une commission temporaire du Parlement européen
(Cf. Carré d'Europe N° 2 et 3).
Voulant protéger d'obscurs agissements de leurs
gouvernements respectifs, les "grands" groupes (PSE
et PPE) ne s'étaient pas "grandis" en refusant
à cette commission tout pouvoir d'enquête. Dans la
même logique, ces deux groupes ont réduit la
résolution finale à un texte si fade que les
Verts ont été obligés de s'y opposer en
plénière, en septembre. La seule vraie victoire
est la reconnaissance, enfin officielle, par le Parlement de ce
réseau d'espionnage mondial, dont l’Europe est une
des premières victimes en termes d’espionnage
économique. Par contre, il ne fut pas question de mettre
au ban les États membres qui collaborent à ce
système de "grandes oreilles" en accueillant
sur leur territoire les installations américaines. Tant
pis si le Royaume-Uni s'affiche plus souvent comme étant
le 51e État américain que comme le 15e État
européen… Les Verts souhaitaient que
l'Allemagne et le Royaume-Uni annulent les autorisations
d'interception délivrées aux États-Unis à
partir de leur territoire, la députée Verte
irlandaise Patricia Mc Kenna allant jusqu’à
demander la fermeture autoritaire de ces stations d'écoute
basées dans l’Union. Propositions hélas
rejetées par une majorité qui, sans peur du
ridicule, a préféré demander à ces
États de "s'assurer que les interceptions sont
conformes au respect de la vie privée"…

Il
faut sauver le soldat Kyoto
Le
protocole lancé à Kyoto en 1997 est censé
épargner à notre bonne vieille planète de
catastrophiques bouleversements climatiques dans les décennies
à venir. Principal levier : réduire de façon
concertée et chiffrée les émissions de gaz
à effet de serre qui sont le facteur déclenchant
du drame. La conférence de La Haye, qui devait finaliser
l'accord en 2000, fut un échec. Le sommet mondial de
Bonn, en juillet dernier, était donc le dernier espoir
de sauver Kyoto, un certain Georges W. Bush étant,
entre-temps, devenu locataire de la Maison Blanche avec, en bon
pétrolier texan, les préoccupations écologistes
que l'on sait. Il est sûrement trop tôt pour savoir
si le compromis obtenu à l'arraché à Bonn
sauvera notre climat, mais il constitue comme l'a déclaré
en plénière la députée Verte Marie
Anne Isler Béguin, "une belle gifle pour la maison
Bush". C'est vrai que l’Oncle Sam, qui a encore
refusé de s'associer à l'effort mondial, a subi
là un véritable camouflet avec l’éclatement
de son groupe d’alliés : le Japon, l'Australie et
le Canada ralliant la cause de l’Europe et des pays en
voie de développement. Saluons le rôle moteur du
ministre belge d’Ecolo, Olivier Deleuze, présidant
l’Union Européenne et artisan du compromis. Du
côté des avancées incontestables, on note
l'historique exclusion du recours à l'atome comme pseudo
énergie "propre". À saluer aussi la
mise en place d'un "mécanisme d'observance",
qui aidera les pays en difficultés à atteindre
leurs objectifs par la création d'un fonds spécial
(où l'Europe est le premier contributeur) et de
transfert de technologies, tout en pénalisant les
"mauvais élèves" qui ne feraient pas
d'efforts. Du côté négatif, on doit
déplorer le recours aux "puits de carbone".
S'il est vrai que ces plantations de forêts fixent le
CO2, les scientifiques sont très partagés sur
l'impact réel de cette mesure, soulignant en outre
qu'elle ne fait que retarder l'échéance parce
qu'une forêt arrivée à maturité ne
"fixe" plus rien, sans oublier que le moindre
incendie relibère en quelques heures dans l'atmosphère
des tonnes de carbone stocké pendant des décennies.
LesÉEtats-Unis, avec leurs récents feux de forêts
géants, en savent pourtant quelque chose. Autre bémol
de taille : le recours au "marché de crédits
d'émission", nom flatteur pour ce qui est le droit
du plus riche à polluer le plus pauvre, en lui rachetant
ses quotas d'émission inutilisés. Conscient du
risque de cette "marchandisation des fumées",
le Parlement européen a adopté une résolution
magistrale de fermeté et de clairvoyance, reprenant
toute l'analyse qui précède, en considérant
en outre que Bonn ne pouvait être qu'une étape, et
invitant la Commission à lui soumettre des propositions
de directive avant la réunion "post Bonn"
prévue à Marrakech fin 2001.
Contact
Marie Anne : maisler@europarl.eu.int

SOS
corail
Le 7 mai dernier, Marie-Anne
Isler Béguin et Didier Claude Rod ont proposé aux
626 députés un texte, aussiappelé
déclaration écrite , visant la
protection des récifs coralliens calédoniens.
Cette démarche relaie l’action énergique de
l’association calédonienne "Corail vivant",
de Bruno Van Peteghem, lauréat du Prix Goldman 2001(prix
"Nobel" alternatif de l’environnement), et de
représentants du Sénat coutumier. Le récif
est menacé à près de 80 % par le
réchauffement climatique et maritime, et plus
directement par l’exploitation minière du nickel.
Son inscription au patrimoinemondial de l’Unesco
permettrait un développement durable de la région.
Malheureusement, ce texte n’a été signé
que par 102 députés, et n’a donc pas été
adopté.
Contact
: Marie-Anne tél + 32 (0) 2 284 75 72 ou
maisler@europarl.eu.int

Petite
leçon d'eurojargon
La
déclaration écrite En
dehors des procédures habituelles d'adoption de textes
par vote en séance plénière, le Parlement
européen a la possibilité de s'exprimer par le
biais de la "déclaration écrite". Il
suffit pour cela que des eurodéputés (5 au
maximum) proposent aux autres parlementaires d'adopter, sans
débat, un texte en y apposant leur signature. Ce texte,
appelé "Déclaration écrite",
doit être court (il ne peut dépasser les 200 mots)
et doit porter sur un sujet qui entre dans les compétences
de l'Union européenne. Chaque mois, deux ou trois
nouvelles déclarations écrites sont ainsi
proposées. Cependant, pour être adoptée et
considérée comme position officielle du Parlement
européen, chaque déclaration doit avoir réuni,
dans un délai de trois mois, les signatures de la
majorité des 626 députés, soit 314
paraphes au moins. Pour apporter son soutien à une
déclaration écrite, chaque député
doit se rendre en personne dans un bureau spécial du
Parlement, et apposer personnellement sa signature sur un
registre prévu à cet effet. Cette procédure,
moins aisée que le vote en plénière,
semble être assez contraignante puisque les statistiques
montrent que seules deux ou trois déclarations écrites
réussissent chaque année à obtenir le
nombre de signatures requises avant la "date de
forclusion". Les textes ainsi adoptés n'ont pas
force de loi mais, par leur poids symbolique, permettent bien
souvent à leurs auteurs de lancer ou relancer, bien
au-delà des murs du Parlement, le débat sur tel
ou tel sujet. Daniel Cohn-Bendit et Gérard Onesta ont
par exemple utilisé une telle procédure pour
rappeler l'urgence d'une Constitution européenne. C'est
aussi une façon de compter alliés et adversaires
d'une cause dans l'hémicycle. Ainsi le groupe des Verts,
aidé de nombreuses ONG, a combattu farouchement, et avec
succès, le projet de déclaration écrite
des députés chasseurs qui demandaient la révision
de la directive "oiseaux".

Vrac
d'Europe
Argent
plombé Fait rarissime, le rapport sur les
OPA boursières en Europe a échoué - en 3e
lecture - lors de la plénière de juillet, par 273
voix pour et... 273 voix contre ! L’ordinateur du
parlement a même prolongé le suspense en oubliant,
par erreur, le nom d’un député opposé
à ce texte. Pas de majorité = projet rejeté,
et tollé dans les rangs des tenants de l’Europe
des capitaux-roi. Le très libéral commissaire
Bolkenstein prétendait, catastrophé, que 13 ans
d’éprouvantes négociations venaient de
disparaître à jamais, à cause
"d’irresponsables". Les "irresponsables",
députés Verts en tête, sont, quant à
eux, ravis d’avoir indiqué que l’Union ne
devait pas faciliter le boursicotage et les remembrements
industriels à lourd coût social. Quant à
"l’irréversibilité" du soi-disant
"désastre", on s’aperçoit qu’elle
est toute relative, car quelques semaines ont suffi à la
Commission pour proposer une nouvelle copie. La preuve est
faite que le chantage " le libéralisme ou le chaos
" peut être inopérant quand le Parlement
européen n’a pas peur de se faire entendre.
Berlusconneries Sommet
du G8 à Gênes en juillet : la répression
par la police italienne, lâchée sur les
manifestants antimondialisation, a été si féroce
que l’on a relevé un mort et des centaines de
blessés. Les médias du monde entier ont révélé
les scènes de tabassage et d’humiliation.
L’eurodéputé Vert autrichien Johannes
Voggenhuber s’interroge : "qu’aurait dit
l’Europe si une telle répression avait eu lieu en
Autriche, gouvernée par la droite extrême ?"
Bonne question à l’approche du 1er janvier 2002,
qui verra M. Berlusconi et ses méthodes accéder à
la présidence de l’Union. La Gauche Unitaire
Européenne a demandé un débat en plénière
sur ces violences indignes, débat qui s’est tenu
grâce au soutien des Verts et du PSE. Le PPE (principal
groupe de droite où siégeait, il y a peu, un
certain Silvio...) a pourtant pu empêcher que le
Parlement vote une résolution. Tout en soutenant la
mobilisation citoyenne, le Vert Dany Cohn-Bendit appelle à
ne pas "confondre les sommets". Pour éviter
que celui de Laeken (sur la Constitution européenne) ne
soit entaché de violences, Dany propose que des "têtes
citoyennes" (élus, syndicalistes,
associatifs...)servent de service d’ordre
modérateur. Contact Dany Tél. :
+ 32 (0) 22 84 74 98, dcohnbendit@europarl.eu.int
Marche
bleue L’Espagne reçoit plus de pluie
par habitant que la Belgique ! Incapable de gérer
intelligemment une telle ressource, l’Espagne projette la
construction de 120 nouveaux barrages et même le
détournement d’eau du Rhône vers l’Ebre
! Autant de marchés juteux pour les "trafiquants
d’eau", ces compagnies privées qui se
partagent les réseaux de distribution, sans se
formaliser de la destruction de vallées ou de deltas.
Pour ces multinationales des grands travaux, il y a urgence à
bétonner : dans trois ans, une directive européenne
sur l’eau les bloquera, en lançant une nouvelle
gestion de cette précieuse ressource, avec pour objectif
de l’économiser et de protéger les milieux.
Des centaines de milliers de manifestants se sont mobilisés
à Madrid, Saragosse et Barcelone pour s’opposer à
ce gâchis, dicté par une agriculture intensive
polluante ou par des aménagements touristiques
aberrants. Une "marche bleue" est partie de
l’embouchure de l’Ebre pour arriver à
Bruxelles le 9 septembre, via Toulouse où Gérard
Onesta les a accueillis. Le but de ces marcheurs était
de dénoncer ce scandale, tout en demandant que les
"racketteurs du robinet" se voient couper par
l’Europe un autre robinet : celui des
subventions. Contact www.marchabruselas.com
Durban
lave plus blanc Forte houle sur la Conférence
mondiale contre le racisme et la xénophobie, à
Durban en Afrique du Sud début septembre. Pris en otage
par la polémique "le sionisme est-il un racisme ?",
le sommet a eu du mal à arrêter ses conclusions.
Sur place, la Verte Alima Boumédiene-Thiery n’était
pas seulement membre de la délégation officielle
du Parlement européen, mais aussi la "guest star"
des centaines d’ONG qui avait organisé un forum
"off". Multipliant les prises de parole, Alima a
mieux mesuré les attentes de peuples trop longtemps
méprisés : "Durban est là pour nous
rappeler nos devoirs et responsabilités collectives.
Malheureusement la Conférence, embourbée, s’est
détournée de son objectif initial de
réconciliation". Il est vrai que chacun peut en
interpréter les conclusions à sa manière :
si le racisme est un crime, le principe des réparations
- concernant par exemple l’esclavage - est il est
rétroactif ? À suivre... Contact
Alima Tél : + 32 (0) 22 84 75 74 ,
Aboumediene@europarl.eu.int
Billet
vert ? “La Banque Européenne
d'Investissement (BEI) est déterminée à
contribuer de façon tangible à la protection et à
l’amélioration de l’environnement”.
C’est Philippe Maystadt, son président, qui
l’affirme ! Est-il vraiment prêt à ce que
les milliards d’euros dont dispose sa banque ne soient
plus engloutis dans le béton, le bitume et autres
vecteurs de saccages environnementaux ? Peut-être a-t-il
comme livre de chevet le nouveau “Guide citoyen de la
BEI”, publié par les Amis de la Terre et préfacé
par le Vert Alain Lipietz. Alain souhaite que la BEI, cet
énorme organisme opérationnel de la politique
continentale, devienne un “outil au service du
développement durable”. Il est vrai que plus gros
prêt du monde ne pourrait pas permettre d’acheter
une nouvelle planète... Contact Alain Tél.
: + 32 (0) 22 84 72 07, alipietz@europarl.eu.int
Intoxiqués
? Si c’est de l’humour anglais, c’est
de l’humour noir. Surfant sur la psychose post attentats,
le journal conservateur britannique "Sunday Telegraph",
a annoncé que le Parlement européen avait
échappé, de peu, à un carnage en février
dernier. Les agents secrets européens auraient, en
effet, déjoué un attentat au gaz sarin fomenté
par les sbires de Ben Laden, et dans lequel les 626 eurodéputés
auraient dû trouver la mort dans leur hémicycle
strasbourgeois. Les autorités françaises et les
services secrets de plusieurs pays ont formellement démenti.
Reste donc qu’il est assez stupéfiant de voir la
presse anglaise projeter ainsi, dans ses colonnes, ses envies
de meurtre de tout ce qui "incarne l’Europe"...
Et
pourtant, elle tourne... Doit-on voir la
guerre partout ? Grave question qui a divisé le groupe
Vert sur l’intérêt de Galileo, le système
européen de navigation par satellite. Il est vrai que ce
programme civil pourrait, un jour, servir à autre chose
s’il tombait entre des mains militaires. Mais de quels
moyens l’Europe doit-elle se doter pour ne pas être
l’otage aveugle des manœuvres géopolitiques
de l’Oncle Sam ? Celui qui tient l’information ne
mène-t-il pas le jeu politique ? L’eurodéputé
Vert Yves Piétrasanta, rapporteur pour avis au nom de la
commission de la recherche, a plaidé pour faire de ce
programme un service de protection de l’environnement et
des citoyens européens. A cette fin, il a proposé
la création d’un comité d’éthique
qui garantirait ces exigences. Contact Yves Tél
+ 32 (0) 22 84 54 75, ypietrsanta@europarl.eu.int
Assistants.
Enfin ! Changement radical de culture au
Parlement européen ! Durant l’été,
rompant avec 23 ans de manœuvres obscures, les
eurodéputés ont dû faire œuvre de
transparence en appliquant le nouveau règlement que
Gérard Onesta, chargé du statut des assistants,
avait fait adopter. La menace de la coupure des lignes
budgétaires a fait taire les nombreux réfractaires,
et c’est près de 99 % des députés
qui ont fait connaître l’identité de leurs
assistants et remis copie des contrats ainsi que la preuve
d’une couverture sociale complète pour ces
derniers. Il est clair que Gérard ne s’est pas
fait que des amis dans l’hémicycle, tandis que sa
cote est au plus haut auprès des 2 000 assistants !
L’étape suivante sera l’adoption au Conseil
(en 2002 ?) d’une vraie base juridique qui évitera
que les assistants soient des "clandestins" à
Bruxelles. Mais le statut ne sera complet qu’après
l’adoption d’une convention collective. Contact
Gérard Tél. : + 32 (0) 22 84 75 05,
gonesta@europarl.eu.int
Un
litre de sang, ça fait combien en euro ? Pas
simple de légiférer quand les pratiques
nationales sont divergentes. Imagine-t-on, par exemple, en
France, qu’un donneur de sang ose réclamer de
l’argent pour un geste qui, chez nous, n’est dicté
que par la solidarité ? En Allemagne ou en Autriche, une
telle rémunération en échange du précieux
liquide ne choque personne. L’Europe, lancée dans
son œuvre unificatrice, devait trancher. Mais dans quel
sens ? La Directive sur le sang humain présentée
par la Commission a été modifiée en
septembre, intégrant de nombreux amendements poussant à
l’abandon du caractère commercial. Le député
Vert européen Didier-Claude Rod a rappelé que "le
corps humain ne peut être une marchandise", et a
proposé d’élargir le principe du " don
gratuit " à l’ensemble des États
membres. Contact Fabienne Bedechian Tél
:+ 32 (0) 22 84 73 64, fax :+ 32 (0) 22 84 93 64,
drod@europarl.eu.int
CEE
= Comité d’Entreprise Européen Il
y a longtemps que ces grands voyageurs que sont les capitaux se
moquent des frontières, tandis que l’harmonisation
sociale reste, elle, “bloquée en douane”.
Les chefs d’entreprise ont très bien compris
l’intérêt de répartir leurs activités
entre plusieurs États membres pour les redéployer
au besoin, cumulant leurs droits et limitant leurs devoirs. La
casse sociale résultant de ce cynique Monopoly
(fusion/acquisition/délocalisation) a fini par émouvoir
la Commission européenne, qui a décidé de
revoir, dès 2002, la directive sur les comités
d’entreprise européens. En septembre, par ses
amendements, l’eurodéputée Verte Hélène
Flautre a donné du corps à ce nouveau texte, en
conditionnant toute fusion à l’apport de la preuve
d’une vraie information et consultation des salariés,
et obtenant l’abaissement du seuil - à 500
employés au lieu de 1 000 - pour constituer un tel
comité. De Vilvoorde en Marks & Spencer, l’Europe
sociale s’éveille. Contact Claude
Taleb, Tel : +32 (0)22 84 73 64 , Fax+32 (0)22 84 93 64,
hflautre@europarl.eu.int
Tobin
or not Tobin Ça sent les
élections ! Devant l’audience du mouvement
antimondialisation, messieurs Jospin et Schroeder ont senti que
ce courant de sympathie pouvait se traduire dans les urnes lors
des élections législatives que leurs pays
connaîtront en 2002. Leur conscience, soudain
interpellée, leur a dicté de ne plus "snober"
la taxe Tobin, ce puissant dispositif anti-spéculateurs.
La grâce anticapitaliste ne semble pourtant pas avoir
encore touché leurs troupes au Parlement européen,
puisque le rapporteur socialiste, spécialiste de ces
questions, M. Goebbels, a rejeté ladite taxe en la
jugeant fantaisiste. Ce grand écart doctrinal n’a
pas échappé à la députée
européenne Verte Danielle Auroi, co-organisatrice de la
rencontre interparlementaire qui s’est déroulée
sur ce sujet, à Bruxelles, à la veille de l’été..
Les actes de ce colloque, auquel a participé - entre
autres - Alain Lipietz, sont disponibles auprès de
Danielle. Contact Danielle Tél. : +32
(0)22 84 77 54 , Dauroi@europarl.eu.in

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Pour
Toulouse, j'accuse
La ville rose porte le
deuil. Et chacun de se demander qui a pu permettre que la
réalité rejoigne ainsi un cauchemar pourtant
mille fois annoncé. Car Toulouse savait. Un jour ou
l'autre, il arriverait " quelque chose " à
l'ONIA, et ce serait terrible. L'évidence jusqu'à
l'absurde. Vendredi 21 septembre, j'étais à
mon domicile, non loin du lieu de l'explosion. Comme toute ma
ville, j'ai senti l'onde de choc me traverser le corps et les
murs. Connaissant la toxicité des produits de chaque
usine du site, je dois avouer que j'ai vécu les
premières minutes du drame avec, au fond de moi, la
terreur d'un "Bhopal-sur-Garonne". J'ai même eu
l'étrange réflexe de regarder ma montre et de me
dire : "Tu te rappelleras qu'il était 10 h 18",
comme pour prendre date pour un futur procès… Car
procès il y aura, en justice peut-être, devant la
société sûrement. Mais le décodage
de cette "boîte noire politique, administrative et
industrielle" sera long, les responsabilités étant
aussi diluées que les poisons étaient concentrés
dans l'enceinte du complexe chimique. Les élus locaux
diront - avec raison - que de tels sites classés sont
couverts par l'autorité de l'État. Pour autant,
au cours des enquêtes, lors des extensions successives du
site, on n'a pas vu de conseils municipaux s'opposer
farouchement par leur vote, ni manifester sur place en écharpe
tricolore. Plus grave peut-être, ces édiles, qui
ont un large pouvoir d'aménagement de l'espace, ne se
sont guère servis de leur plan d'occupation des sols ou
de leur schéma d'urbanisme pour éloigner du
danger les zones d'habitation ou de commerce… La logique
étant vite bloquée par des ambitions de bétonneur
qu'on ne veut rogner, ou des royalties fiscales qu'on ne veut
amputer. Pour leur part, les administrations, DRIRE ou
préfecture - peut-être écartelées
entre des consignes de plusieurs ministères - n'ont eu
de cesse de "gérer le risque", c'est-à-dire
d'anesthésier les peurs et les résistances sous
des discours aussi péremptoires que rassurants. Les
textes masquant la réalité, tous les scénarios
catastrophe n'ont pas été étudiés.
Le pouvaient-ils d'ailleurs ? Comment, par exemple, faire face
à l'acte d'un malveillant ou d'un désespéré
quand des centaines de camions entrent et sortent chaque
semaine, ou quand des conduites de produits toxiques courent le
long des berges de la Garonne ? Comment faire croire que l'on
avait pensé à l'explosion quand on laisse les
gros avions de Blagnac survoler le site à basse altitude
à chaque heure, ou que l'on pousse le ridicule jusqu'à
demander aux gens de rester calfeutrés chez eux, alors
qu'ils n'ont plus ni portes, ni fenêtres, ni parfois de
toiture ? Quant aux industriels, souvent relayés par
des syndicats pris en otage au nom de l'emploi, ils ont oscillé
entre le mépris du "catastrophisme écolo"
et le chantage à la délocalisation vers des
contrées où les normes environnementales et
sociales sont inexistantes… Il est vrai que des
actionnaires peu soucieux de philanthropie attendent leurs
dividendes. La valeur du patrimoine foncier ne pouvait-elle
pourtant payer une bonne part du déménagement,
tant ces terrains enclavés dans la ville sont
valorisables ? Le caractère bien trempé des
Toulousains, soudés en une solidarité réflexe
comme dans une mêlée de leur cher rugby, les aide
à tenir, face au drame. Mais ils n'accepteront plus
d'être payés de mots, ni d'être les victimes
finales d'histoires de gros sous. On ne peut décemment
pas réamorcer cette bombe chimique à leur
porte. Qu'il est dur aujourd'hui d'être, pour les
Verts, dans le rôle de Cassandre, en devins jamais crus.
Qu'il est rageant de se remémorer nos dossiers rédigés
en vain, nos lettres sans réponse, nos éternelles
manifs avec masques à gaz au rond-point de l'ONIA. Il
faudra d'ailleurs s'interroger, nous-mêmes, écologistes
- pourtant irrigués par le formidable mouvement
associatif - sur notre difficulté à faire bouger
décideurs et populations. Était-il illusoire de
parier sur la pédagogie qui est par nature complexe,
alors que le débat politique, pour être "vendeur",
a horreur de la complexité ? L'accident de Toulouse
agit pourtant comme un immense révélateur, avec
un champ de remises en cause presque sans limites : Oser
refondre une législation trop normative, et c'est
construire l'Europe sur le concret, car la "Directive
Seveso" ne vaut pas grand-chose, Toulouse en ruines en
témoigne. Oser casser le chantage à la
délocalisation, et c'est réinventer les rapports
sociaux dans l'entreprise, mais aussi la mondialisation en
termes de solidarité Nord-Sud. Oser construire une vraie
démocratie locale, et c'est repenser les enquêtes
d'utilité publique, cet hallucinant mécanisme
décisionnel de démocratie inversée, où
un seul ministre peut contredire l'avis d'une administration,
qui peut ignorer le sentiment des élus, qui peuvent
quant à eux passer outre le désir de toute la
population. Oser développer la recherche systématique
d'alternatives, c'est rendre ses lettres de noblesse au service
public. Oser s'interroger sur la finalité et l'utilité
des produits fabriqués, c'est donner du corps au concept
de développement durable… Est-il toujours
irresponsable, aujourd'hui, de lancer de tels débats ?
Qui sont les irresponsables dans une société où
l'actualité sonne, chaque jour plus fort, le glas du
système ? Alors oui, pour Toulouse,
j'accuse. J'accuse une prétendue logique
administrative et mercantile d'avoir impunément, et
pendant trop longtemps, défié à la fois le
simple bon sens et la vie. Gérard Onesta

Non,
tout n'est pas bon dans le cochon !
M.
Molle, porte-parole de la Confédération Paysanne,
l'a bien senti : "il y aura un avant et un après 15
septembre 2001 pour les porcheries industrielles". Ce
jour-là, en effet, près de 5 000 personnes (dont
un certain José B.) sont venues s'opposer à la
construction d'une telle porcherie aux abords du petit village
touristique de Puylaroque (Tarn-et-Garonne). Mobilisation sans
précédent pour dénoncer une agriculture
productiviste dangereuse pour la santé comme pour
l'environnement, mais défendue par les chambres
d'agricultures aux mains de la FNSEA. Ce syndicat avait
d'ailleurs appelé à une contre-manifestation au
même endroit, manif annulée - par peur du ridicule
- deux jours auparavant. À Puylaroque, on prévoit
220 truies, donnant naissance à 4 300 porcs par an,
engraissés 4 mois durant sur des plaques ajourées
en béton armé. Pas question de trouver là
le moindre bout de paille qui pourrait gêner l'écoulement
de tant de déjections animales ! Car si la production
est estimée à 450 tonnes de viande par an, à
chaque tonne de viande correspondra plus de 10 tonnes de
lisier, l'équivalent de 4 semi-remorques par semaine…
qui devront être épandues ailleurs. Comme dans
toutes ces installations, chaque animal a 0,65 m2 pour "vivre".
Impossible de se déplacer pour ces pauvres porcs qui,
véritables ordonnances sur patte, sont bourrés
d'antibiotiques, mais aussi d'anti-stress pour éviter
les phénomènes de cannibalisme ! Alors qu'une
majorité du conseil municipal de Puylaroque a
démissionné fin 2000 pour exprimer son
mécontentement, le préfet - qui doit donner
l'accord final - connaît aujourd'hui l'ampleur de la
mobilisation. Peut-être sera-t-il frappé par
l'absence de cohérence économique de cette
filière. Celle-ci, profitant de la crise bovine,
s'engouffre dans une industrialisation aberrante qui produira
dans notre région les mêmes dégâts
qu'elle a causés en Bretagne, où les nappes
phréatiques sont empoisonnées de nitrates
d'origine porcine. Il est vrai que le lobby de
l'agroalimentaire -banque incluse- ne s'embarrasse pas de tels
"détails", et qu'il sera toujours temps pour
lui d'aller quémander des aides publiques quand la crise
de la mal-bouffe frappera cette folle filière du cochon,
comme fut frappée celle de la vache (folle également).
C'est de l'Europe, encore, que viendra peut-être le
dénouement, puisqu'une directive rend obsolète ce
mode de production de porc à partir de 2006. À
moins que ce ne soit plus tôt, puisque à
Puylaroque, une pétition circulait déjà
pour demander l'interdiction immédiate des porcheries
industrielles dans toute l'Union européenne…
Contact Les
Verts du Tarn et Garonne 45, rue Delcassé, 82000
Montauban

De
l'atome à la tombe ?
Le
tunnel du Mont-Blanc ne devait pas brûler. Concorde ne
devait pas s’écraser. Le World Trade Center ne
devait pas s'écrouler. L'usine AZF ne devait pas
exploser. Si vous êtes intimement persuadés qu'une
centrale nucléaire (de Golfech ou d'ailleurs) ne peut
pas non plus exploser, il est inutile de poursuivre la lecture
de ce court article… Sinon vous y apprendrez
peut-être que l'organisme scientifique européen
WISE vient de sortir un hallucinant rapport qui démontre
ce que l'on savait depuis longtemps : un site nucléaire
ne résisterait pas à la chute d'un avion de
ligne, et il faudrait alors évacuer, pour des siècles,
au moins la moitié du pays. Ce texte, bien que déjà
évoqué dans les médias, tente d'être
enterré par certains députés européens
très courtisés par l'industrie nucléaire,
alors que le groupe des Verts (au moment où nous mettons
sous presse) tente, au contraire, de récupérer ce
rapport pour le soumettre à une expertise
complémentaire. À suivre… Les drames de
l'actualité prouvent que le "risque zéro"
est un mensonge criminel relayé par le lobby de l'atome,
et que les thèses écologistes ne sont pas
fantaisistes. Il suffit d'ailleurs de sortir de l'Hexagone pour
s'apercevoir qu'ailleurs en Europe, les alternatives au
nucléaire sont souvent déjà en place.

Vous
avez dit isard ? comme c'est bizarre !
Dans
les Pyrénées, une nouvelle a "empoisonné"
la douceur estivale : la mort suspecte d'une soixantaine
d'isards à proximité du Pic de Bazès. Les
analyses, effectuées aussitôt, ont mis en évidence
un taux mortel de lindane dans les carcasses. D'autres
prélèvements ont montré que des brebis
alentour avaient, elles aussi, un taux anormal de ce produit
dans leur chair. Le lindane est un puissant insecticide utilisé
pour traiter le bétail ou protéger des bois
d'œuvre contre les chenilles processionnaires. Il est
pourtant interdit en France depuis 3 ans, mais toujours
autorisé en Espagne. Malgré cette situation,
vaches et brebis continuent de paître dans le secteur et
les promeneurs de cueillir les myrtilles. Quand on sait que le
lait est utilisé pour faire le célèbre
fromage des Pyrénées, le danger d'une
contamination des êtres humains ne peut être
écarté. Pourtant, les services de l'État
ont employé l'essentiel de leur énergie à
minimiser l'affaire, craignant une psychose - et un scandale
(?) - comme pour le "poulet à la dioxine".
Christian Agius, responsable des Verts lourdais, a constaté
que "les administrations ont été bien
longues à réagir face à ce double problème
environnemental et de santé publique". Les
éleveurs, les chasseurs et les écologistes se
sont donc unis pour que l'origine et les responsabilités
de l'empoisonnement ne restent ni indéterminées,
ni impunies. Brigitte Desveaux, porte-parole régionale
des Verts de Midi-Pyrénées, venue sur place
soutenir ces consommateurs-citoyens, a promis qu'elle
informerait les eurodéputés pour demander une
harmonisation européenne sur l'interdiction du lindane.
Cet article prouve que le message est reçu. Il reste
maintenant - et ce n'est pas le plus facile - au groupe
parlementaire Vert à faire entendre raison à une
administration européenne en proie aux arguments
mercantiles des fabricants de produits toxiques. Pourtant un
poison reste un poison, quel que soit le versant des Pyrénées.
Contact
Christian AGIUS 62, chemein de Lannerré,
65100 Lourdes Tél. : 06 86 98 49 31

Retour
de flamme
Bonnes nouvelles pour les
inculpés de Fumel (Lot-et-Garonne). Petit
historique : c'était en 1999 (voir Carré
d'Europe n°4),
un groupe de chômeurs, militants d'AC!, décidait
de "mettre aux normes" l'incinérateur de Fumel
en coupant des câbles d'alimentation et en démontant
la porte du four. Ils voulaient stopper un scandale écologique
et rappeler que de nombreux emplois pouvaient être créés
en développant le tri, le recyclage et d'autres procédés
de transformation des déchets. Après cette
action, un militant avait fait un mois de prison, et 14 autres
sont toujours inculpés et sous contrôlejudiciaire
strict. Un élan de solidarité s'était
alors organisé autour d'un comité de soutien.
Ces gens, précurseurs de la désobéissance
civile - leur action a eu lieu quelques semaines avant le
démontage du Mac Do de Millau - ont été
frappés de sanctions si disproportionnées
qu'elles en sont inadmissibles. Quant à
l'incinérateur, lui, il est toujours arrêté. Première
bonne nouvelle : une enquête, demandée au préfet
par Dominique Voynet alors ministre de l'Environnement, montre
que si l'incinérateur ne redémarre pas, ce n'est
en rien à cause des dégâts minimes
provoqués par les chômeurs, mais bien en raison
del'obsolescence et de la dangerosité du site. Et les
nouvelles normes qui sont en cours d'élaboration au
niveau européen ne vont rien arranger à l'affaire
! Les millions de francs nécessaires à son
éventuel redémarrage ne seraient-ils pas mieux
utilisés dans le cadre d'un vrai développement
soutenable, tant vanté dans l'hémicycle
strasbourgeois ? Deuxième bonne nouvelle : une
commission rogatoire ordonnée par le juge d'instruction
vient de lui être remise. Elle serait très en
défaveur du syndicat intercommunal. Elle pourrait
déboucher sur des mises en examen, ou au moins sur la
mise en cause d'une administration jugée trop laxiste.Et
si la délinquance n'était pas où l'on
croyait ?… À suivre.
Contact
et dons Comité de soutiens aux inculpés
de Fumel, 31, rue des Gras, 63000 Clermont-Ferrand. Chèque
à l'ordre de Jean-Michel Duclos, avec mention au dos du
chèque : "Soutien Fumel". Pour plus
d'information : Jean-Michel Duclos : Tél : 04 73 36
66 44

Les
nouveaux beach-boys
Bronzés
et musclés, les surfeurs ? Oui, sans doute. Mais aussi,
pour certains, très engagés dans la préservation
des plages et des vagues, autour de "Surfrider
Foundation". Carré d'Europe a rencontré
Pierre Nouqueret, directeur administratif de cette association.
Comment
est né Surfrider foundation ? Surfrider est né
aux États-Unis en 1984 de la prise de conscience par les
surfers de la dégradation constante des plages et de la
mer qui ne sont pas que leur terrain de jeux. Après
l'Australie, le Japon et le Brésil, Tom Curren, triple
champion du monde de surf, fondait en 1990 Surfrider Foundation
Europe à Biarritz. L'objectif est la défense et
la mise en valeur de l'océan et des plages par
l'éducation, la recherche et l'action locale.
Objectif
ambitieux. Comment l'atteindre ? Nous menons
plusieurs actions. Tous les ans en mars, nous organisons, au
niveau européen - et même au Maroc - un immense
nettoyage des plages. Cette année, 112 opérations
ont été menées qui ont mobilisé 3
000 bénévoles et permis de ramasser 220 m3 de
déchets. La médiatisation de cette opération
prend chaque année plus d'ampleur, ce qui pousse les
collectivités à nettoyer leurs plages. Nous
organisons aussi le "Surfrider Kid Challenge",
compétition qui s'adresse aux enfants de moins de 14 ans
- 180 participants cette année - avec, en parallèle,
des activités de sensibilisation à la protection
de l'environnement. Nous avons même un salon, "Initiative
Océan", qui regroupe tous les acteurs de la lutte
pour la protection du littoral : institutions, collectivités
locales, entreprises, associations… En mai ou juin 2002,
San Sebastian, après Biarritz, accueillera cette
manifestation qui est un rendez-vous européen pour tout
ce qui concerne la qualité de l'eau et des plages. Mais
c'est l'opération "Pavillons noirs" qui nous a
fait connaître dans les médias. Tous les ans nous
faisons l'inventaire des pollutions du littoral français.
Cette année, 93 plages réparties dans 69 communes
ont reçu cette "distinction" redoutée,
souvent à la suite d'un défaut d'assainissement
qui entraîne des pollutions bactériologiques.
Vos
sources d'informations ? C'est un gros boulot
d'inventaire et de synthèse. Nous téléphonons
à toutes les DDASS des départements côtiers.
Nous nous adressons aussi à tous les organismes en
possession d'infos sur la qualité de l'eau et des plages
(IFREMER, DRIRE, collectivités locales…). Nous
utilisons bien sûr aussi le réseau des surfeurs,
que nous appelons les "gardiens de la côte", et
qui nous alertent en permanence. Je tiens à préciser
que la plupart des communes épinglées par nos
"pavillons noirs" ont en prévision les travaux
de mise aux normes. Malheureusement ces travaux ne sont pas
toujours prioritaires.
Justement,
quelles sont les réactions des maires ? Ils
discutent rarement le bien-fondé de notre action, mais
en contestent la forme : pour eux, nous n'avons aucune
légitimité pour décerner des "pavillons
noirs". Et nous sommes d'accord ! Mais comment faire,
quand aucune administration ne fait ce travail d'inventaire ?
Nous avons d'ailleurs souvent plus d'information que le
ministère de la santé lui-même. Alors nous
demandons la mise en place d'un tel observatoire "officiel"
du littoral, et cette année certains élus ont
enfin relayé notre revendication. Le ministère de
l'Environnement semble s'intéresser à notre
démarche, mais nous attendons un rendez-vous avec le
nouveau ministre pour concrétiser ce projet.
Vos
autres activités ? Nous menons aussi des
actions d'éducation à l'environnement. En
partenariat avec le Conseil général des
Pyrénées-Atlantiques, nous faisons le tour des
plages pendant l'été avec un stand itinérant
où nous distribuons des outils de sensibilisation. Le
but est de toucher le plus large public possible. On parle
beaucoup de déchets, de collecte sélective… Nous
avons aussi un programme éducatif ambitieux : animations
dans les écoles et les centres de loisirs, mallette
pédagogique avec cassette vidéo, livret du
maître, diapos... et nous travaillons actuellement sur un
jeu de société.. Et nous sommes de la plupart des
luttes - souvent avec Greenpeace - qui visent à
préserver les océans : contre les filets
pélagiques, collectif anti-marée noire, etc.
Que
pouvez-vous attendre de l'Europe ? Notre association
a déjà une dimension européenne. Nous
avons un bureau à San Sebastian et notre nettoyage de
plages est mené à travers le continent, de
l'Allemagne au Portugal, de Italie à l'Espagne…
Le
salon "Initiative Océan" a d'ailleurs une
vocation européenne. Nous avons aussi participé
aux réunions de travail visant à réactualiser
la directive européenne sur les eaux de baignade datant
de 1976. Un certain nombre de propositions ont été
intégrées dans le projet de texte. Il est
important que ces directives soient pensées et mises en
place avec les ONG concernées. Cela évite les
conflits éventuels et donne l'exemple aux élus
locaux, qui ont parfois du mal à travailler avec les
citoyens. Par contre, nous avons du mal à obtenir des
financements européens… Et puis, pour nous
surfeurs, l'Europe est une notion naturelle. Quand nous allons
surfer sur les plages du Portugal, nous n'avons pas
l'impression d'aller à l'étranger… Les
vagues ne connaissent pas de frontières !
Contact
et dons SURFRIDER FONDATION EUROPE 120, avenue de
Verdun, 64200 Biarritz Tél. : 05 59 23 54 99 Fax
: 05 59 41 11 04 www.surfrider-europe.org

Qui
est la baudruche ?
Dernière
minute : à l'heure où nous mettons sous presse,
les responsables de la plus grande firme développant la
nouvelle génération de dirigeables étaient
reçus à Bruxelles à l'invitation des
eurodéputés Verts Gérard Onesta et Marie
Anne Isler Béguin. Ce premier contact va être
prolongé par des rendez-vous avec la Commission et le
Conseil. C’est l'occasion de mesurer en détail
l'étendue des avantages de cette passionnante technique
pour le transport de gros fret. Plus que jamais, l'hélium
s'annonce comme une alternative crédible à
"l'autoroute A 380" qui risque de balafrer au prix
fort notre beau Sud-Ouest, pour transporter les pièces
dudit avion. Dans les prochains jours, Gérard fera le
point sur "l'alternative hélium" (capacités,
coût, calendrier…) devant la presse régionale,
et Carré d'Europe en retranscrira bien sûr
l'essentiel. L’eurodéputé Vert de
Toulouse a, par ailleurs, rencontré le préfet
chargé de la coordination du tracé, pour évoquer
un possible retard dans le calendrier de fabrication de l'A 380
en raison de la profonde crise mondiale que traversent les
compagnies aériennes - fragilité souvent évoquée
par les écologistes - et révélée
par les récents attentats aux États-Unis. Ce
retard mettrait aussitôt la solution du dirigeable au
centre des débats. Coïncidence, au lendemain même
de cette rencontre préfectorale, un des plus grands
quotidiens de notre région titrait à sa une, en
caractères énormes : "L'A 380 RETARDÉ
?". Des évidences se dégonflent, rien n'est
donc joué.

Huîtres
cherchent plaîdeurs ...
Tout
vrai amateur d'huîtres le sait : on ne déguste ce
fruit de mer qu'en dehors des mois en "R", car il est
inconsommable durant sa période de reproduction, de
début mai à fin août. C'était
sans compter sur les apprentis sorciers de l'industrie
agro-alimentaire, qui ont "bricolé" une huître
dite "des quatre saisons", consommable toute l'année.
Vivaldi lui-même resterait dubitatif devant cet animal
"triploïde", résultat d'une manipulation
chromosomique, croisemet d'une huître diploïde (deux
lots de chromosomes) et d'une huître tétraploïde
(quatre lots de chromosomes). S'agit-il d'un de ces OGM,
organismes génétiquement modifiés qui
alimentent tant les débats européens ? "Il y
a au moins "manipulation" génétique"
affirme Michel Daverat, porte-parole des Verts Aquitaine, "nous
devons donc rester prudents et appliquer le principe de
précaution". Certains ostréiculteurs
refusent la production de cette bestiole dans le bassin
d'Arcachon. Ainsi, Jean Conord, président du syndicat
des producteurs de la Côte Noroît, affilié à
la Confédération Paysanne, veut un débat
avec les producteurs et les consommateurs. "Si ce n'est
pas un OGM, l'huître triploïde doit être au
moins considérée comme un nouvel aliment, et
s'adapter au cadre législatif européen en
vigueur". Des études approfondies doivent donc être
menées pour étudier - entre autres - les
répercussions possibles sur la santé. Le principe
de la "vérité sur l'étiquette",
défendu au Parlement européen, pourrait aussi
imposer d'informer les consommateurs sur la nature de l'huître
qu'ils achètent… Par ailleurs, la remise en
cause d'un système de production est aussi en jeu : ces
huîtres stériles n'étant produites qu'en
"forçant le naturel" en écloserie, les
conchyliculteurs en seraient dépendants comme les
agriculteurs le sont des semenciers. Ce serait là aussi
une privatisation inadmissible du vivant. De plus, comme le
fait remarquer Michel Daverat, "l’ntroduction par
accident d’huîtres tétraploïdes dans le
bassin d’Arcachon ne risquerait-elle pas de créer
une souche d’huîtres triploïdes qui
stériliserait l’ensemble du cheptel".Sachant
que le bassin produit 70 % de la production française de
naissains, les répercussions économiques seraient
catastrophiques. L'huître est un produit de qualité
tant qu'il reste le fruit de la mer. Contrarier ce cycle
naturel, c'est déjà avoir oublié les
terribles leçons du poulet à la dioxine ou des
farines animales qui ont pourtant fait trembler l'Europe. À
quand les premiers procès ?
Les
Verts Aquitaine 13, rue du Chai-des-Farines 33000
Bordeaux Michel Daverat Tél / Fax : 05 56 22 54
80

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