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Sommaire
L'Europe
vue de l'Hémicycle Bruxellywood Vers
une autre chimie ? Strasbourg a entendu l'explosion de
Toulouse Quand l'actualité se traduit en budget La
recette du canard Laeken Petite leçon
d'eurojargon Vrac d'Europe
L'Europe
vue de Midi Pyrénées Bon
vent ! Aérien rien, enfoui oui. Pour un "New
Deal" rural
L'Europe
vue d'Aquitaine Les
huiles de Bruxelles sont pressées ... Démêler
l'écheveau Méandres et remous
Constat
hallucinant : En 2002, personne ne connaît les effets
exacts sur l'Être humain et son environnement de 80 % des
quelques 100 000 substances chimiques utilisées à
travers l’Union !
Puisque
le risque zéro est impossible, alors la cohabitation
entre une bombe et une population est également
impossible.
Quelques
chiffres :
En
2000/2001, 886 pétitions ont été envoyées,
dont 510 seulement ont été déclarées
recevables. 475 ont été traitées
entièrement. 100 pétitions provenaient de
français (au 4° rang derrière l’Allemagne,
l’Italie, et le Royaume Uni). 82 mettaient en cause la
France (2° rang derrière l’Allemagne). En tête
des sujets : 101 pétitions concernaient des questions
sociales, et 77 pétitions des questions
environnementales. Le plus grand nombre de signatures
concernaient des sujets chers aux Verts : 4 millions de
signatures pour une pétition contre l’expérimentation
animale, et 2 millions pour la conservation des oiseaux
sauvages
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Carré
d'Europe N°9 – Hiver 2001/2002
L'Europe
vue de l'Hémicycle
Bruxellywood
Conscient
que la réflexion sur la mondialisation passe d'abord par
la culture, le Parlement Européen a adopté - à
une écrasante majorité - le rapport de
l’eurodéputé Vert flamand Luckas Vander
Taelen. Ce texte, qui vise à mieux diffuser les films
européens dans l'Union et les pays candidats, veut
dynamiser un secteur dominé par les grosses productions
hollywoodiennes. L’année 2000 fut à ce
titre désastreuse : en Europe la part des "productions
maison" est tombée à 22,5 % des entrées,
à comparer à un inquiétant 74 % pour les
films américains. Pourtant, en 1970, la part du cinéma
européen représentait chez nous 60 %. Puisque
la culture apporte au projet européen son indispensable
"supplément d'âme", le Parlement exige
un soutien accru des États membres et des institutions,
y compris de la Banque Européenne d’Investissement.
Toutes les banques sont en fait montrées du doigt, elles
qui rechignent à soutenir la qualité des
productions européennes, préférant
investir leur euros dans quelques recettes US - juteuses bien
qu'insipides - à base dinosaures synthétiques. La
faiblesse majeure de l'eurocinéma demeure pourtant sa
promotion. La distribution de nos films pâtit de sa
fragmentation en une kyrielle de petites structures nationales,
broyées une à une par les majors américaines.
Luckas propose donc la création d’un Fonds
européen de promotion qui permettrait à nos
meilleures productions d’être largement diffusées,
…car le cinéma mondial n'est vraiment riche que
de sa diversité.
Contact
Luckas Vander Taelen : Lvandertaelen@europarl.eu.int

Vers
une autre chimie ?
En
novembre, le Parlement Européen s’est prononcé
sur le Livre Blanc de la Commission Européenne sur la
production et l’utilisation des produits chimiques en
Europe. Le fait qu'une Verte, l’eurodéputée
suédoise Inger Schörling, soit en charge de ce
rapport - d'une "explosive" actualité - a semé
la panique parmi les lobbystes de la chimie et leur relais
parlementaire à la droite de l'hémicycle. Vue la
victoire remportée par les thèses des Verts en
plénière, les pollueurs avaient raison de
trembler ! Le rapport
s'est en effet prononcé en faveur de la procédure
dite "REACH" qui imposerait désormais, non
seulement la déclaration préalable du produit,
mais aussi son évaluation sévère et
indépendante avant toute commercialisation. Une vraie
révolution, car, pour l'instant, nous sommes tous au
final les cobayes de l'industrie chimique, qui, souvent,
auto-analyse seule l'innocuité de sa production…
Par ailleurs chaque produit devra être déclaré
quel que soit son tonnage, y compris s'il est fabriqué
en dehors de l'Union, et les tests devront être basés
sur des méthodes substitutives afin d'éviter -
comme le demandait de nombreuses pétitions -
toute cruauté envers les animaux. Le rapport appuie sa
crédibilité sur un système d'analyses à
grande échelle pour évaluer, au travers de
bio-marqueurs, les effets cumulatifs des substances libérées
dans notre environnement. Les premières études
s'avèrent d'ailleurs inquiétantes : la teneur de
produits toxiques dans le lait maternel ayant, par exemple,
doublé en 25 ans… Sur le volet social, le
texte n'oublie pas que cette industrie fait travailler
directement 1,7 millions de personnes dans l'Union, et qu'elle
est composée à 96 % de PME. Il y a donc nécessité
d'importantes aides - payées grâce aux bénéfiques
retombées sur la santé publique - à la
modification des procédés et à la
recherche de produits alternatifs inoffensifs. Même si
ce n'est qu'à l'horizon bien lointain de 2020 que les
dernières substances dangereuses seront finalement
éliminées, on doit saluer le renforcement de
l'information des consommateurs par un étiquetage
précis, et la mise sur Internet d'une banque de données
complète.
Contact
Inger Schörling : Ischorling@europarl.eu.int

Strasbourg
a entendu l'explosion de Toulouse
L'ampleur
du résultat du vote a fait écho à
l'émotion provoquée par l’explosion de
l’usine chimique à Toulouse. Par 541 voix pour, 1
contre et 17 abstentions, le Parlement européen a, le 3
octobre, adopté une résolution qui marque une
rupture historique avec la logique de "gestion du risque"
pour privilégier "l’éloignement du
risque". Le replâtrage des directives "Seveso"
ayant, hélas, montré ses limites. Car si
l’Union a compétence législative pour la
protection des populations, il aura malheureusement fallu ce
drame pour que le Parlement Européen suive les
écologistes d’une manière aussi claire.
Par ce texte, rédigé,
pour l'essentiel, par Gérard Onesta, eurodéputé
Vert toulousain, le Parlement s’est ainsi prononcé
pour des mesures de sauvegarde des emplois, et de solidarité
avec le Tiers monde, et s'est interrogé sur l’utilité
réelle de certains produits. Il y est par ailleurs dit
que la responsabilité juridique des autorités et
des industriels doit être mieux définie et
renforcée, et que ces derniers doivent payer pour les
dégâts. L'urbanisme doit aussi être revu
autour des sites à risques - y compris de façon
rétroactive - et en incluant la dimension fiscale. En
parallèle, doivent être immédiatement
renforcées, les structures de prévention,
d'information et d'alerte, et durcies les normes relatives aux
rejets. Tout cela passe par le recrutement massif
d’inspecteurs, qualifiés et formés de façon
homogène dans toute l'Europe, et le déploiement
de moyens financiers pour faire face à ce
chantier immense. Si cet ensemble cohérent des
mesures voté par les représentants des citoyens
européens, ne sont pas rapidement concrétisées,
alors la Commission Européenne - qui, seule, a le
pouvoir d'initiative législative - sera comptable des
victimes de la prochaine catastrophe.
Pour
recevoir le texte intégral de la résolution votée
par le Parlement Européen au sujet de l'explosion de
Toulouse gonesta@europarl.eu.int

Quand
l'actualité se traduit en budget
En
décembre, le Parlement Européen conclut toujours
son année législative par le vote final du Budget
de l'Union. Objet d’âpres marchandages au sein du
"triangle institutionnel" (Parlement, Conseil,
Commission), ce budget sera, pour l’exercice 2002, de 100
milliards d’euros, somme qui reste modeste si on la
compare aux 260 milliards d'euros du seul budget national
français. La PAC se taille toujours la part maîtresse
avec 46 % des fonds alloués, surtout depuis que
Parlement a demandé que soient prises en compte les
récentes crises de l’agriculture (vache folle,
fièvre aphteuse…) dont l'impact financier n'a pas
encore été mesuré. Une autre actualité,
suite aux attentats du 11 septembre, pèse aussi sur les
dépenses : il a fallu intégrer au budget des
moyens accrus pour l’envoi d’aide humanitaire
d’urgence et le renforcement annoncé de la
coopération policière et judiciaire. C'est
l’eurodéputée verte néerlandaise
Kathalijne Buitenweg, qui avait l'honneur d'être
rapporteur général de ce budget pour sa partie
institutionnelle (moyens nécessaires au fonctionnement
des organes de l'Union). Elle a rappelé que les
challenges posés par l'élargissement, à
l’horizon 2004, à 12 nouveaux états,
imposent des mesures financières immédiates. Le
passage à 732 députés au lieu des 626
membres actuels implique de nouveaux besoins en interprètes,
secrétariat et bâtiments. Kathalijne a réussi
à "verdir" son budget en faisant adopter des
mesures pour économiser l'énergie dans les
bâtiments institutionnels, et même pousser à
l'emploi d'énergies renouvelables. Autre victoire : la
mise en place de "plans de mobilité" pour tous
utilisateurs de ces bâtiments afin qu'ils utilisent les
moyens de transport en commun, ou le vélo… Pour
connaître la procédure budgétaire
européenne, voir Carré
d’Europe N°5

La
recette du canard Laeken
L'Europe
est un drôle d'oiseau, improbable croisement d'un aigle
économique et d'un moineau politique. À quelle
sauce les chefs d'États et de gouvernements réunis
au Sommet européen de Laeken - pour lancer une xième
réforme des institutions - allaient-ils accommoder le
volatile pour qu'il prenne enfin son envol ? Bonne nouvelle :
la recette est plutôt savoureuse puisque l'ingrédient
de base en est la Convention, quasiment imposée par le
Parlement Européen. Cette instance qui réunira
pendant plus d'un an des représentants des Parlements
nationaux, des Gouvernements, de la Commission, et du Parlement
Européen a pour mission de préparer une
constitution pour notre continent. Une Constitution ! Enfin !
Autre victoire : l'étendue des sujets que pourra aborder
la Convention est quasi illimitée. Elle devra faire des
recommandations si un consensus est atteint, ou définir
des options. C'est là, en fait, que réside le
risque, car si le choix d'options est trop large, les chefs
d'Etats, en 2004, pourront détruire la cohérence
des travaux de la Convention. Du côté des saveurs
plus amères, on peut regretter que la société
civile, n'ait pas un rôle clairement défini, même
si on sait qu'elle sera "associée" aux débats.
Pour pimenter le tout, notons la personnalité du
président des conventionnels désigné à
Laeken : Giscard d'Estaing : Expédié loin de
l'hexagone où son pouvoir de nuisance en gênait
plus d'un, cet européen pourtant convaincu a mal
commencé son mandat, en soutenant que le futur exécutif
de l'Union devrait être le Conseil Européen (et
non la Commission). Le cénacle des chefs de
gouvernements serait en effet un exécutif non seulement
totalement incontrôlé, mais stérile puisque
c'est là que se télescopent les égoïsmes
nationaux. Il est heureusement flanqué de deux
vice-présidents plutôt fédéralistes,
l'Italien Amato et le Belge Dehaene. La recette ne sera au
final mangeable que si arrive sur la table un texte clair
définissant une architecture européenne
démocratisée et efficiente, à la mesure
des défis que doit relever l'Union.
Ce
sont Johannes Voggenhuber (vert autrichien), et Niel Mac
Cormick (régionaliste écossais) qui siègeront
à la Convention pour le groupe des eurodéputés
Vert/ALE
Contact
e.mail
de Johannes : jvoggenhuber@europarl.eu.int e.mail
de Nies : nmaccornick@europarl.eu.int

Petite
leçon d'eurojargon
Le
droit de pétition Dès 1953, dans
le règlement de l’Assemblée CECA, puis plus
officiellement en 1992 dans le Traité de Maastricht,
l’Union Européenne s’est dotée d’un
outil pour connaître l’avis de ses citoyens : le
droit de pétition. Ce droit, calqué sur les
systèmes en vigueur auprès des Parlements
nationaux de l'Union (sauf Irlande et Finlande), permet à
chacun de protester, de questionner, et même de proposer.
Ainsi, si le droit d'initiative législative est du
ressort de la seule Commission Européenne, des demandes
introduites auprès d'elle non seulement par le Conseil
et le Parlement, mais aussi par le citoyen européen
lui-même - via pétition - peuvent être
source de loi… Ainsi, si vous vous sentez bafoué
dans vos droits d'européens, ou si vous avez l'âme
d'un législateur, le droit de pétition est fait
pour vous.
Comment
exercer son droit de pétition ? Il faut : -
être un ou plusieurs citoyens ou résidents
européens (préciser obligatoirement noms,
qualités, nationalités et domiciles) ; -
rédiger le texte d’une pétition sur un
sujet d’ordre européen, et qui concerne (au sens
large) les pétitionnaires ; - envoyer la pétition
à la commission des pétitions du Parlement
Européen (sur papier ou, depuis peu, par voie
électronique). Celle-ci sera consignée, par ordre
d’arrivée, dans un registre accessible au public
(sauf demande contraire des pétitionnaires).
Qu’advient-il
ensuite de la pétition ? : Si les conditions sont
remplies, la pétition est déclarée
recevable par la commission des pétitions, qui est une
des 17 commissions parlementaires où siègent
uniquement des députés européens. Elle est
alors traitée, en réunion publique (ou à
huis clos si le pétitionnaire le demande). Cette
commission est libre de donner toutes les réponses
qu’elle jugera utile (avis demandé à une
autre commission parlementaire - envoi d’un député
sur place pour constater les faits - auditions - élaboration
d’un rapport parlementaire - demande d’informations
à la Commission Européenne, à un État
membre, ou à toute autre institution - saisine de la
Commission Européenne pour entamer une action en
manquement contre un État membre). Les pétitionnaires
sont informés par le président de la commission
des pétitions des décisions prises et de leurs
motifs. Le Médiateur européen, qui lui est
l'interface entre le citoyen et l'administration européenne,
travaille en étroite collaboration avec la commission
des pétitions (échange d’informations et de
requêtes). Même si cette commission n’a
pas de réels pouvoirs pour aller dans le sens des
pétitionnaires, il arrive souvent que ses démarches
forcent les autorités compétentes à
prendre des mesures pour combler un manque ou corriger une
situation injuste.

Vrac
d'Europe
Cheptel
bien informé Satané Traité ! La
fameuse "codécision" législative
(Parlement et Ministres décidant sur un pied d'égalité)
n'englobe pas la Politique Agricole Commune, alors que cette
PAC gère près de la moitié du budget de
l'Union. Danièle Auroi, eurodéputée Verte
en charge de ces questions, a pourtant souligné, lors
d'un colloque à l’Assemblée Nationale en
novembre dernier, que la voix du Parlement Européen,
était la plus en phase avec celle de nos concitoyens.
Exemple concret : en décembre, le rapport du Président
de la Commission Agriculture du Parlement Européen, le
Vert allemand Friwi Graefe zu Baringdorf (lui même
paysan), portant sur la composition des aliments destinés
aux animaux d'élevage, bénéficiait
exceptionnellement de la "codécision" par ses
répercutions évidentes sur la santé
humaine. Résultat : l'information complète sera
désormais obligatoire, et les éleveurs
connaîtront enfin ce qu'ils donnent à manger à
leurs troupeaux. Une mesure très cohérente à
l'heure où le Parlement met en place l'Autorité
Européenne pour la sécurité
alimentaire. Danièle : dauroi@europarl.eu.int
Riverains
: 1 / Avions : 0 Les londoniens dorment mieux depuis le
2 octobre. La Cour Européenne des Droits de l’Homme
vient en effet de rendre un arrêt en faveur des riverains
de l’aéroport d’Heathrow (2ème
au monde pour le trafic), condamnant ses nouvelles règles
augmentant le nombre de vols de nuit. La Cour a invoqué
le droit au respect de la vie privée et familiale et du
domicile, garanti par les articles 8 et 11 de la Convention.
Cette décision pourrait faire jurisprudence et conforte
le député Vert Alex De Roo dont le rapport
révélait qu'en Europe, 30 % des gens sont
perturbés par le bruit. Les points forts du rapport
d'Alex sont l'obligation de mesure du bruit, et la demande à
la Commission de présenter des mesures pour limiter les
sources sonores, notamment des transports (route, avion,
train). Ce rapport, adopté en plénière en
2ème lecture, est actuellement en "procédure
de conciliation" Conseil/Parlement. Vote final en
2002. Alex De Roo : aderoo@europarl.eu.int
Dilution Le
Prix Sakharov, "Nobel de la paix" du Parlement
Européen, récompense chaque année depuis
1988 des défenseurs des droits fondamentaux. Il devait
être attribué en 2001 au palestinien Izzat
Ghazzawi et à l'israélienne Nurit Peled-Elhalan,
rares voix de paix dans un Moyen-Orient en flamme. La
commission des affaires étrangères, chargée
d'instruire les dossiers, avait en effet choisi les candidats
proposés par les groupes GUE et Vert/ALE, pour saluer en
Ghazzawi l'écrivain pacifiste, et en Peled-Elhalan la
mère de victime d'attentat ayant publiquement pardonné.
C'était oublier la mesquinerie des présidents des
groupes socialiste et PPE (droite), qui, vexés de voir
la proposition écologiste retenue, ont choisi
d'attribuer aussi le prix à l’archevêque Don
Zacarias Kamuenho récent président du comité
inter-clérical pour la paix en Angola… Cela a
valu à l'hémicycle d'entendre une grosse colère
de Dany Cohn-Bendit contre les présidents de deux
"grands" groupes qui - oubliant la tragique actualité
d'Israël-Palestine - ont dilué la force symbolique
de ce prix par de minables manœuvres politiciennes. Dany
: dcohnbendit@europarl.eu.int
Dérangeante
vérité La chute d’un petit avion de
tourisme sur une usine de retraitement nucléaire - à
La Hague ou à Sellafield - produirait des radiations 67
fois équivalentes à Tchernobyl ! Il faudrait donc
évacuer des pays entiers… Les révélations
du rapport des experts du groupe WISE a secoué le
Parlement Européen, surtout parce que ledit rapport
avait été commandité par le STOA, qui est
l'office parlementaire d'évaluation scientifique…
Les députés conservateurs britanniques, premiers
relais du lobby de l'atome ont alors tout fait pour étouffer
dans l'œuf ce dérangeant rapport. Peine perdue, le
député Vert Yves Pietrasanta, premier Vice
président du STOA a convoqué la presse pour
donner le plus large écho possible à ce texte
accablant. Yves a souligné que si les nucléocrates
jugent ce rapport partial, ils se gardent bien de demander une
contre-expertise dont ils ne connaissent que trop le résultat…
Yves : ypietrasanta@europarl.eu.int
Entre
bio et anti-bio Lors de la session d’octobre, le
Parlement Européen s’est prononcé sur
"l'utilisation prudente des agents antimicrobiens en
médecine humaine". Merveille pharmaceutique en son
temps, l’antibiotique est victime de son succès.
La surconsommation, basée sur la banalisation de
l'utilisation de ces molécules, a provoqué la
mutation des bactéries et leur résistance à
ce traitement. Les conséquences médicales
apparaissent aujourd'hui dramatiques. Pour le rapporteur,
Didier Claude Rod, eurodéputé Vert - et médecin
- l’Union doit également s’attacher à
interdire les antibiotiques dans la chaîne
agro-alimentaire. Didier-Claude, dénonce là un
problème majeur : 48 % des antibiotiques sont utilisés
chez les animaux et dans les végétaux afin
d'accélérer leur croissance, alors que ces deux
domaines sont exclus du texte proposé au vote du
Parlement ! Didier-Claude : drod@europarl.eu.int
Bons
baisers de Marrakech Le protocole de Kyoto est
sauvé. Mais à quel prix. La Conférence de
Marrakech, en novembre, devait donner un cadre juridique au
compromis politique arraché à Bonn en juillet
(voir Carré d'Europe N°8) sur la réduction
des gaz à effet de serre. Une guerre de tranchées
a opposé l’Union Européenne et ses alliés
(les pays en voie de développement) aux "irresponsables"
(Japon et Russie en tête) comme les a appelé
l’eurodéputée Verte Marie Anne Isler,
présente sur place. Au final, la Russie a gagné
que ses "puits de carbone" (forêts) comptent
double pour détenir de juteux crédits d'émission
à vendre, sachant qu'elle n'est tenue à aucune
réduction d'émission d'ici 2012. Le Japon, lui,
s'est vu exonérer de toute pénalité en cas
de non respect d'objectifs… On comprend mieux le
scepticisme des ONG devant le résultat de ce qui n'est -
souhaitons le - que la première manche d'un des plus
gros challenge environnemental de l’Histoire. Dorénavant,
rien n’empêche la ratification et l’entrée
en vigueur du Protocole. Prochain défi : faire accepter
cet accord par les Américains, incapables de présenter
leur modèle alternatif, pourtant annoncé à
grand bruit durant à l’été. Marie
Anne : misler@europarl.eu.int
Nous
sommes tous des terroristes ! Que les malfrats passent
impunément les frontières alors que les juges y
sont encore bloqués est bien sûr une aberration.
Depuis le 11 septembre, le mandat d'arrêt européen
est devenu une nécessité pour traquer le
terrorisme, encore faut-il savoir ce que l'on entend par
"terroriste". La définition de ce mot dans le
rapport Watson (libéral britannique) a fait bondir les
Verts, Alima Boumediene en tête. L'eurodéputée
Verte a, dans le journal Le Monde, décortiqué
avec Alain Krivine les dérives possibles : La moindre
action associative ou syndicale, susceptible de "menacer
les structures économiques ou sociales" pourrait
être une infraction terroriste. Comment alors s'opposer
aux OGM ou au nucléaire, manifester contre l'OMC ou le
FMI, faire grève, empêcher l'expulsion de
sans-papiers, ou occuper des locaux vides pour des sans-logis ?
Si vous appartenez, de plus, à une "association
structurée de plus de 2 personnes" et agissez
"intentionnellement" votre compte est bon…
Même si, en plénière, les amendements Verts
ont permis que la liste des délits justifiant le recours
au mandat d’arrêt européen soit moins dictée
par les pulsions sécuritaires, elle est toujours fragile
la frontière qui sépare la justice et
l'arbitraire. Restons vigilants. Alima :
aboumedienne@europarl.eu.int
Si
vous signez un chèque de 100 euros en France, votre
compte sera débité de 100 euros. Logique. Mais ce
même chèque émis dans un autre pays de la
zone euro vous vaudra - en moyenne - un débit de …114
euros. Si vous le signez au Portugal, les banques vous
présenterons même un coût de traitement qui
portera votre facture à 127 euros ! Dans de telles
conditions, la venue de la monnaie unique - qui devait tout
simplifier lors de nos voyages à l'étranger -
sera vécue comme une immense arnaque. C’est pour
éviter cela qu’Alain Lipietz, coordinateur pour
les questions économiques, rejoint par tous les
eurodéputés Verts/ALE, a soutenu le rapport Peijs
(PPE Hollandais) afin d’obliger les banques à
pratiquer le même tarif sur les opérations
bancaires en euros, qu’elles soient transfrontalières
ou nationales. Alain : alipietz@europarl.eu.int
De
la tolérance à la promotion La
vague de libéralisations qui a frappé notre
continent a montré que la défense des Services
d’Intérêt Général (SIG) était
de peu de poids face aux valeurs suprêmes de la libre
concurrence. Dans le cadre du rapport Langen (PPE allemand) sur
le livre Vert de la Commission Européenne sur les SIG,
Hélène Flautre, eurodéputée Verte,
a expliqué l'urgence à rééquilibrer
le Traité pour passer d'une situation de simple
tolérance à une notion de réelle
promotion. À l'heure actuelle, on admet simplement que
les SIG peuvent être "en exception aux règles
de la concurrence", alors qu'il faudrait que ce soit une
mission clef de l'Union que de développer de tels
services. Pour le groupe des Verts, une directive-cadre doit
établir la défense du service public. Mais le
débat ne fait que commencer comme l'indique, dans le
jargon bruxellois, la couleur verte du livre. Quand la
Commission en sera à diffuser le livre "blanc",
c'est qu'elle sera en passe de proposer une directive… Hélène
: hflautre@europarl.eu.int
Fioritures
? Le rapport de la Commission temporaire sur la
génétique humaine n'a pas résisté à
son passage en plénière en décembre 2001.
Pris sous un déluge de 400 amendements contradictoires,
le Parlement Européen a fini par rejeter le rapport
Fiori (PPE italien) alors que l'actualité le sommait de
prendre position sur le clonage humain, thérapeutique ou
reproductif. Les Verts, espérait pourtant une
interdiction franche de telles manipulations.
Les
objectifs thérapeutiques, respectables, peuvent être
atteints par les recherches alternatives prometteuses sur les
cultures de tissus, sans passer par le clonage d'embryon qui,
lui, ouvre la porte à toutes les dérives :
eugénisme, mutations incontrôlées, humains
relégués au statut de banque d'organes…
Avec le rejet de ce rapport, le Parlement européen reste
muet sur la question ! Néanmoins, les incidences
sociales, juridiques, éthiques et économiques
sont telles, que la Commission “temporaire”
pourrait reprendre ses travaux. À suivre….
La
grande vadrouille Ça bouge chez les Jeunes écolos
! Côté pile, c'est un minibus qui vous permettra
de découvrir des produits alimentaires alternatifs à
base de soja, excellents pour la santé, et à
l'écobilan parfait. Côté face c'est aussi
un minibus bourré d'infos sur les activités des
Jeunes Verts européens et des jeunes de Chiche ! Les
prochaines villes étapes de ce "café écolo"
itinérant sont : Annecy (du 3 au 10 janvier), Grenoble
(du 11 au 20 janvier), Essen en Allemagne avec les jeunes
Grünen , Strasbourg (du 11 au 28 février) , Lyon
(du 1er au 10 mars), Toulouse (du 11 au 20 mars), Bordeaux (du
21 au 30 mars). Sur place, Olivier, le
"routier-aubergiste-documentaliste", vous donnera
toute information sur l’écologie politique. Il
peut aussi, si vous le souhaitez, organiser des débats
ou une présentation des travaux des eurodéputés
Verts. À bientôt... Olivier Richard : Tel :
06 84 12 11 06
richardolivier@yahoo.fr

L'Europe
vue de Midi Pyrénées
Bon
vent !
La pédagogie par
l'exemple, voilà sûrement une façon de
faire progresser l'Europe et de protéger la planète.
En guise d'illustration, Carré d'Europe a rencontré
Brigitte Desveaux qui est, entre autres, vice-présidente
de l'IDRR (Institut de Développement des Ressources
Renouvelables), une association tarnaise. Cette militante
écologiste, anti-nucléaire de la première
heure, qui rappelle parfois qu’elle a participé à
la construction de la bergerie de Plogoff, fait référence
à Spinoza pour définir son engagement : être
"pour" plutôt que "contre", et
construire les alternatives pour faire avancer les choses…
L'IDRR
existe depuis plus de 20 ans. Quelles étaient les
motivations des initiateurs ? C'étaient des
précurseurs. Alors que la préservation des
ressources naturelles n'était pas au centre de
l'actualité, ils ont compris que la planète ne
pouvait pas continuer cette fuite en avant. Ils ont donc décidé
de promouvoir les ressources naturelles sans se restreindre aux
énergies renouvelables en parlant de tri, du recyclage…
Dès le départ c'est la proximité avec la
population qui a prévalu, avec, par exemple, un soutien
aux "auto-constructeurs" pour la fabrication
d'éoliennes, certains d'entre eux sont d'ailleurs
devenus des entrepreneurs dans leur domaine. L'aspect
pédagogique et l'information sont également
essentiels : Nous avons mis au point des maquettes interactives
et jouables par des enfants et des adultes qui permettent de
comprendre le processus physique de production d'énergie.
L'IDRR
aujourd'hui ? Nous conseillons, formons, établissons
des contacts entre acteurs potentiels. Notre projet majeur est
maintenant de diffuser la culture scientifique et technique
auprès du grand public au travers d'un centre de
démonstration des énergies renouvelables. C'est
un projet lourd car nous sommes certes compétents, mais
bénévoles, sauf une personne chargée de la
coordination. Puisque l'ADEME (Agence …..Maîtrise
de l'Énergie) souhaite mettre en place des "points
d'informations énergie", nous pouvons être
des ressources par le biais de conventions pour la mise à
disposition de compétences et de matériels. Je
tiens à préciser que nous sommes totalement
indépendants des marchands d'études ou de
matériel. C'est un principe.
Comment
voyez vous ce centre de démonstration des énergies
renouvelables ? On veut faire un "palais de la
découverte" des énergies renouvelables
s’adressant à des spécialistes au travers
des fonds scientifiques mais aussi formant les artisans dans le
domaine de ces énergies, ou mettant à disposition
du matériel pour fabriquer des prototypes. On pense
aussi aux scolaires au travers de "classes vertes" où
les enfants pourraient venir fabriquer des machines qui
produisent de l'énergie. Ce sera enfin un lieu de
découverte où les visiteurs pourront appréhender
les énergies renouvelables de façon active au
travers de mises en situation pour construire leur
raisonnement. Mais ce centre doit avant tout s’inscrire
dans un territoire où il y a une véritable mise
en œuvre des énergies renouvelables. Nous voulons
que dans le massif du Sidobre et dans les Monts de Lacaune, il
y ait des "circuits des énergies renouvelables".
Les visiteurs pourront ainsi aller de sites en sites où
des installations fonctionnent aussi bien au stade artisanal
qu’industriel. Cette dimension est très importante
dans le projet.
Aujourd’hui,
où en êtes-vous ? Nous participons avec les
10 communes des cantons de Vabre et de Montredon au
développement de ce type d'énergie aussi bien
auprès d'artisans que d'agriculteurs ou de particuliers.
Ce n’est qu’au travers d'exemples concrets que la
vitrine scientifique que sera le Centre atteindra ses
objectifs. Il y a aussi des enjeux en termes d’emplois.
Autrefois c’était l’industrie du textile qui
était le premier employeur dans cette région.
C’est fini. Le principal développement économique
est maintenant la filière bois. On a un massif forestier
sur l’ensemble du sud du Tarn qui arrive à
maturité. Il faut qu’on développe tous les
usages possibles de cette ressource naturelle renouvelable sans
la dévaster. L’IDRR a une histoire dans la filière
bois avec, par exemple, l’installation il y a 18 ans de
la chaudière de la maison de retraite d’Anglès.
Nous avons été des précurseurs. Nous avons
l’expérience et le savoir faire. Nous connaissons
vraiment notre terrain d'action. C’est pour tout cela
qu’on y croit.
Quelle
est l’implication de l’IDRR dans le débat
sur l’installation des éoliennes ? Il y a
un aspect passionnel dans ce débat. La nuisance sonore
est souvent masquée par le bruit du vent lui même.
L'aspect esthétique se discute, mais l'implantation
d'une dizaine de mats éoliens peut permettre
d'économiser la pose de centaines de pylônes
électriques guère plus gracieux. Quant à
l'impact sur les oiseaux, il suffit de ne pas s'implanter sur
des sites sensibles. Tout est une question de bon sens. Voilà
pourquoi deux de nos adhérents ont suivi la formation de
l’ADEME sur la concertation locale. Nous avons sollicité
le maire de Castres, le sénateur M. Pastor, le président
du conseil général M. Carcenac, et le Parc
Régional en leur proposant d’engager une telle
concertation avec la population afin d’étudier les
endroits les plus appropriés (respect du paysage,
connexion au réseau EDF…) afin de créer un
véritable plan d'occupation des sols, un "POS
éolien". Nous n’avons reçu à ce
jour qu’une réponse positive du Parc Régional.
Mais sur le terrain les choses avancent. La mairie d’Aiguefonde
s’apprête à mettre en place ce POS. Je crois
d’ailleurs savoir que le Préfet du Tarn veut
engager une réflexion sur un plan départemental
éolien.
Que
pouvez-vous attendre de l’Europe ?
Tout
d’abord, l’IDRR travaille au respect de la
directive européenne et aux engagements de la France
pour se conformer aux accords de Kyoto sur la réduction
des gaz à effet de serre. De plus le souhait de l’Europe
est d’encourager le développement durable dans son
ensemble. Et le développement durable c’est bien
de partir d’un territoire, de ses besoins, de ses
faiblesses et de ses richesses pour développer un projet
qui tiendra compte de tous ses paramètres. Nous, nous
sommes bien dans cette logique. Ensuite, nos projets sont
développés dans le cadre de programmes européens.
Nous avons déjà mobilisé des fonds sur les
programmes LEADER ou FEDER. Nous ferons aussi des demandes de
financements européens pour la construction du centre
qui aura une vocation européenne. Mais les fonds
publics ne seront pas la seule source de financement. Nous nous
situons dans une démarche "d’économie
solidaire" car on pense qu’elle permet de mieux
s’ancrer dans un territoire en y associant le
financement, même modeste, de particuliers motivés.
Des fonds type "CIGALES" seront constitués
pour garder la citoyenneté du projet.
C'est
pour cela que vous définissez comme faisant partie du
mouvement d’éducation populaire ? Oui, nous
ne sommes pas des prestataires de service. Nous participons au
débat local et à l’implantation d’un
certain nombre d’idées dans la population en
apportant nos connaissances et notre savoir-faire. Nous sommes,
en fait, un outil de démocratie.

Aérien
rien, enfoui oui.
Avril
99, meeting de Dany Cohn-Bendit à Montauban. Jean Louis
Mestre est à la tribune pour mobiliser le nombreux
public contre une ligne haute tension qui devait voir le jour
dans les environs de Verfeil à l'est de la
Haute-Garonne. Dans les jours suivants, première
victoire : le Préfet du Tarn refuse de signer la
déclaration d'utilité publique. Jean Louis
Mestre est le porte-parole du C.I.E.L, le Collectif
Intercommunal pour l'Enfouissement de la Ligne qui compte,
entre autres, tous les maires du secteur. Dès le départ,
il a regroupé citoyens et élus pour lutter contre
ce projet défigurant, avec ses pylônes de 35
mètres, une campagne fragile. Cette victoire n'entame
pourtant pas l'entêtement du lobby électrique. En
mars 2001, ce sont les ministres de l'Industrie et de
l'Équipement qui signent - passant outre l'avis du
Préfet - l'arrêté déclarant
d'utilité publique la construction de cette ligne en
aérien. Aussitôt, la mobilisation renaît,
encore plus déterminée et unanime. Le 16
septembre dernier, ils étaient plus de trois cents, élus
et citoyens, réunis à Saint Sulpice, pour
demander l'enfouissement de la ligne. Cette mobilisation venait
appuyer le recours en annulation de la déclaration
d'utilité publique devant le tribunal administratif. EDF
doit comprendre que le temps du passage en force et l'opacité
des décisions est révolu. Le 25 novembre, le
collectif a mené une autre action en plantant des arbres
aux emplacements prévus pour les pylônes. Chacun
des 17 arbres est "parrainé" par une
personnalité politique ou par une association locale.
Hors mis les écologistes Gérard Onesta, Dominique
Voynet ou Yves Cochet, on retrouve là, pêle-mêle,
des députés du Tarn et de la Haute Garonne, des
conseiller régionaux et même l’association
locale de chasse. La cause est noble et tous les soutiens sont
les bienvenus. Étonnante cette "union sacrée"
que l'on constate souvent, autour d'un symbole, au niveau local
comme au niveau européen. Combien de fois, dans leurs
hémicycles respectifs, les planteurs d'arbres d'un jour,
n'ont-ils pourtant voté le lendemain pour une politique
énergétique faisant la part belle à une
industrie nucléaire centralisée, et donc
fortement génératrice de forêts …de
pylônes. En matière énergétique,
il est grand temps que la cohérence s'installe entre
déclarations et actes. En ce sens l'Europe qui, par les
traités, fixe le cadre législatif général,
pourrait être un réel facteur de cohésion,
à condition que les grandes politiques structurantes
soient pleinement intégrées au niveau
communautaire. Or il faut rappeler que le Traité
Euratom, sur le nucléaire, reste toujours en marge du
fonctionnement général de l'Union, et donc hors
du contrôle des élus européens. L'action
exemplaire du CIEL met aussi le doigt sur toutes ces
contradictions, en rappelant que la beauté d'un paysage
est le fruit de multiples décisions politiques, parfois
lointaines. Espérons que les alliés de
circonstance des écologistes du CIEL verront le
"développement durable" s'enraciner dans leurs
actes avec la même vigueur que prendront racines les
érables champêtres qui ont été
plantés en leur nom…
Contact
Jean-Louis Mestre Porte-parole du C.I.E.L. Tel/Fax
: 05.63.40.03.75 al.truc@wanadoo.fr

Pour
un "New Deal" rural
Le
Congrès National de la Confédération
Paysanne qui s'est déroulé à Castres, il y
a quelques mois, a placé ses travaux dans l'optique
d'une autre Europe agricole. Présent sur place, Gérard
Onesta a conforté José Bové et ses amis
sur cette voie, tout en rappelant que rien ne sera possible
sans changer les règles du circuit de
décision. Aujourd'hui, sur de nombreux textes votés
à Strasbourg par le Parlement Européen, une
majorité se dégage pour une vraie réorientation
de l'agriculture continentale : cultures extensives, qualité
des produits, soutien au tissus social rural, solidarité
avec les producteurs du Tiers-Monde… Malheureusement,
les institutions actuelles refusent d'entendre la volonté
citoyenne ainsi relayée par ses élus, et ce sont
les 15 ministres de l'agriculture qui, embourbés dans
d'absurdes règles d'unanimité, font - et surtout
défont - le monde paysan. Rappelons, par exemple, que
les euro-parlementaires n'ont qu'un simple rôle de
"commentateurs" du budget agricole (le Conseil
décidant seul au final), alors que la PAC représente
près de la moitié du budget communautaire ! Il
est vrai que certains (gros) agriculteurs, bien organisés
en puissant lobby, peu sensibles au désastre social
(monde rural désertifié), environnemental (sols
et eaux pollués), ou sanitaire (produits frelatés),
ont intérêt, à ce que cette situation
persiste, et que des subventions européennes non
maîtrisées continuent à arroser des
campagnes, certes saccagées, mais dont ils sont les
seuls maîtres. Gérard a donc appelé la
composante la plus progressiste du syndicalisme agricole à
faire entendre sa voix dans ce débat essentiel : Pour
sortir de la crise que connaît depuis trop longtemps le
monde rural, les règles de base de la Démocratie
doivent s'appliquer en Europe. Le Parlement Européen, en
phase avec les paysans responsables, est légitime pour
obtenir le pouvoir de codécision législative en
matière agricole, et le plein droit de vote sur le
budget de l'agriculture.
Un
syndicat à museler à tout prix
Partout
en Europe, la Confédération Paysanne est connue
pour ses actions médiatiques contre l'arrogance des
multinationales. Ces dernières ont, semble-t-il, décidé
de se servir de leur bâillon favori - le billet de banque
- pour réduire au silence les empêcheurs de
profiter en rond. Ainsi, le 30 octobre dernier se tenait à
Toulouse le procès en appel pour la destruction en 1998
de parcelles de colza et maïs transgéniques de
Monsanto, à Monbéqui (82). En première
instance (mai 2000), Monsanto a obtenu 1,3 million francs (!)
de dommages et intérêts de la Confédération
Paysanne. Le jugement a été mis en délibéré.
Heureusement la justice n'est pas toujours aussi aveugle :
quelques jours plus tôt, le 25 octobre, au procès
de trois militants anti-OGM impliqués dans un autre
fauchage, en 2001, de maïs transgénique à
Labrilhe (32), l'amende ne fut que de 3000 francs avec sursis
…et 1 seul petit franc symbolique de dédommagement
pour les actionnaires de Monsanto. Mais quand ce n'est pas par
l'argent que l'on peut faire taire les récalcitrants, il
reste le cachot : le 22 novembre dernier, procès en
appel des militants impliqués dans la destruction d'une
serre de la CIRAD à Montpellier : le verdict vient de
tomber : 6 mois de prison ferme pour José Bové et
René Riesel. Ils devraient se pourvoir en cassation ...

Les
huiles de Bruxelles sont pressées…
Au
début de l'été, Carré d’Europe
se faisait l’écho des activités de la
société VALENERGOL qui fabrique de l’huile
végétale ayant le double avantage de fournir un
carburant "propre" au bon bilan énergétique,
et de contribuer au développement d'une économie
solidaire, ici et dans le Tiers monde. Alain JUST, son gérant
était mis en cause par les douanes pour ne pas avoir
acquitté la TIPP (Taxe Intérieure sur les
Produits Pétroliers), alors même que son carburant
ne contient pas une goutte de pétrole. Le procès
a eu lieu et la sentence est tombée : condamnation à
verser 16 418,33 francs de TIPP, plus la même somme à
titre d’amende. Cette sanction pouvant mettre en péril
la fragile filière, appel a été
fait. L’État français, trop préoccupé
par ses ressources fiscales et ses bonnes relations avec le
lobby pétrolier ne fait donc pas la différence
entre un produit minéral (le pétrole) et un
produit végétal (l’huile). En Allemagne,
par contre, la loi ne fait pas cette absurde confusion et
exonère les huiles végétales brutes (HVB)
de la TIPP. De plus, afin de promouvoir les énergies
renouvelables, le gouvernement allemand ne prélève
même pas la taxe sur les produits pétroliers, sur
les mélanges d’huiles minérales qui ont
reçu un additif sous forme d'huiles végétales. Alors
que les frontières douanières intérieures
de l'Union tombent un peu plus chaque jour, l'Europe va devoir
dire de quel "côté du Rhin" elle entend
s'inspirer pour harmoniser ce dossier. Et
là, le pire semble à craindre : une proposition
de directive de la Commission Européenne, en date de
novembre dernier, suggère de façon anodine
d’inclure dans la définition des huiles minérales
"les produits énergétiques relevant des
codes NC 1507 à 1518, lorsqu’ils sont destinés
à être utilisés comme carburant ou comme
combustible". En décodant le jargon bruxellois,
cela signifie en clair que les huiles végétales
brutes (code NC 1512) deviendraient avec toutes les autres
huiles végétales, passibles de la TIPP dans toute
l’Europe ! Un malheur n’arrivant jamais seul, les
dispositions complémentaires envisagées pour son
exonération excluraient les petits producteurs, ne
réservant son bénéfice qu’aux grands
trusts de la pétrochimie ! Les eurodéputés
Verts considèrent que l'harmonisation européenne
n'a d'intérêt que si elle permet - en s'alignant
sur la pratique nationale la plus en phase avec le
développement durable - des avancées sociales,
démocratiques, ou environnementales, C'est dire si la
bataille s'annonce sévère dans l'hémicycle,
pour que les lobbies pétroliers n'accaparent pas cette
filière de l'énergie renouvelable, et que les
méthodes alternatives des petits producteurs, à
forte valeur sociale ajoutée, soient préservées.
Valenergol
SARL, La Tuquette, 47780 Pont du Casse Tél :
05 53 95 65 58 Fax : 05 53 67 53
73 http://valenergol.free.fr e-mail
: valenergol@free.fr

Démêler
l'écheveau
Faire
découvrir un patrimoine industriel trop souvent ignoré,
produire tout en respectant l’environnement des laines de
qualité, relancer l’économie locale et
aider à l’insertion, c’est le projet de la
filature de Belvès installée dans la vallée
de la Nauze en Dordogne, au cœur du Périgord. La
filature a été créée aux environ de
1850 dans une vallée qui alimentait en énergie
pas moins de quarante moulins sur vingt kilomètres.
Faute de relève et dans une conjoncture économique
difficile, elle a interrompu ses activités à la
fin des années 1980. Refusant de se résigner,
un groupe de personnes décide, en créant une
association, de faire revivre le lieu avec un projet alternatif
et novateur. Avec l’aide précieuse de l’ATELIER
(Association Textile Européenne de Liaison d’Innovation
d’Échange et de Recherche) le projet "comment
tisser le passé avec les fils du futur" voit le
jour. L’ATELIER vient de la volonté d’une
coopération solidaire entre professionnels de la laine
et du textile (éleveurs, tondeurs, artistes,
scientifiques, musées textiles, écoles agricole…)
au niveau européen. Les adhérents signent une
charte où ils s’engagent à utiliser une
matière première locale, à contribuer à
la maîtrise complète de la filière, à
constituer un réseau d’entraide, à
promouvoir les produits par un label de qualité. Cette
charte précise qu’aucune personne participant à
la transformation d’un produit ATELIER ne subira une
quelconque forme d'exploitation. L’ATELIER est aussi une
force de proposition pour faire évoluer la législation
européenne et pour soutenir la filière, mais est
loin d'avoir la puissance d'influence des multinationales du
textile (notamment synthétique) qui sillonnent le
quartier des décideurs bruxellois… Le projet
de la filature de Belvès est maintenant porté par
une coopérative autogérée qui rassemble
des activités de production de laine, mais aussi de
transformation. Elle est ouverte au public qui peut découvrir
cette industrie artisanale. Un centre de ressources, d’échange
et de formation doit voir le jour. Cette filature s’inscrit
aussi dans une démarche d’économie sociale
et solidaire, puisqu'elle crée des emplois en donnant à
des Rmistes, porteurs de projet, la possibilité de
retrouver une activité. Nouvelle façon
d’aborder les relations dans le travail, construction de
l’avenir en tenant compte du passé, inscription
dans un territoire que l'on respecte, utilisation de
financements solidaires… autant d'ingrédients de
ce "développement durable" dont les
eurodéputés Verts parlent dans les travées
de l'hémicycle strasbourgeois. Mais pour ces
professionnels de la fibre, l'écheveau le plus difficile
à démêler semble celui des subventions
européennes. Car si des aides communautaires sont
disponibles pour ce type d’initiative, la complexité
des démarches pour obtenir ses financements est telle
que beaucoup de porteurs de projets baissent rapidement les
bras face à une bureaucratie jugée lointaine. Il
est vrai que la jungle des programmes d'aides de l'Union,
couplée à un "zonage par objectifs"
semble inextricable. L'idée européenne gagnerait
en lisibilité et efficacité - donc en popularité
- si elle savait simplifier ses méthodes, et délocaliser
ses services dans nos régions au travers d'antennes de
proximité. À méditer.
L'ATELIER Tél
: 04 92 25 71 88 Fax : 04 92 24 15 77 Filature de
Bèlvès Tél : 06 88 55 33 08 Fax
: 05 53 59 66 08

Méandres
et remous
Un des dossiers chauds du
grand Sud-Ouest est le transport des pièces du futur
Airbus A380 entre Bordeaux et Toulouse. Carré d’Europe
retranscrit régulièrement les débats et
les initiatives pour proposer une alternative à la route
grand gabarit. Il ne faudrait pourtant pas se concentrer sur
les seuls dégâts qu'occasionnerait la partie
routière du trajet. En effet, entre Bordeaux et Langon,
ce sont des barges fluviales de 14 mètres de large et de
60 mètres de long qui devraient acheminer les pièces
avant qu'elles ne soient chargées sur des camions. Et
sur le fleuve aussi les obstacles ne manquent pas, à
commencer par 5 ponts. Les éventuels dégâts
sur les piles de ce ceux-ci (trois ponts sont de vénérables
centenaires) ou sur les berges, occasionnés par les
remous des immenses barges, ne sont pour l’instant pas
pris en compte par les promoteurs du projet. Le fleuve a aussi
ses caprices avec des crues puissantes interdisant toute
navigabilité, et est soumis à des marées
encore très sensibles dans cette partie de l'estuaire.
Les méandres importants sur les 35 kilomètres du
trajet ne font qu’accentuer les difficultés de
navigabilité. Face à tous ces obstacles, qui a
dit que le dirigeable n’était pas une alternative
crédible ? Même EADS y croit ! L’hebdomadaire
"Le Point" nous apprend dans son numéro du 16
novembre 2001 que la société mère de
l'A380 a un projet de dirigeable - baptisé FIRST - pour
le transport des charges lourdes (100 à 400 tonnes sur
400 à 6000 kilomètres) qui retient toute
l’attention du ministère de la Défense. On
comprend peut-être mieux qu'EADS ne se précipite
pas pour valider le projet concurrent de Cargolifter, en voie
de finalisation… Voici d'ailleurs quelques
éléments techniques concernant le dirigeable de
Cargolifter, tels qu'ils ont été présentés
au Parlement Européen par les dirigeants de cette
entreprise, à l'invitation des eurodéputés
Verts Gérard Onesta et Marie Anne Isler-Béguin :
Fiche
technique de "l'alternative hélium" : -
Nom : CL 160 - Type : Dirigeable à enveloppe semi
rigide - Longueur du
ballon : 260 mètres -
Diamètre du ballon : 65 mètres -
Volume du ballon : 550 000 m3 - Gaz contenu
dans le ballon : Hélium (absolument ininflammable !) -
Surface du ballon : Grande comme 2 terrains de
foot (pouvant être tapissée de capteurs solaires
pour alimentation en énergie) -
Altitude maximale de croisière : 2000
mètres - Vitesse
moyenne de croisière : 90 km/h -
Capacité de transport : 160 tonnes (ou un
volume de 8 X 8 X 50 mètres) -
Propulsion : Turbines à gaz de 6 mètres de
diamètre. Possibilité de propulsion
solaire dans le futur. -
Taille du terrain pour le chargement et le déchargement
du fret : 80 m X 80 m. Ce terrain ne
nécessite aucun aménagement préalable, et
doit être simplement "à peu près"
horizontal. - Temps
total pour le déchargement : 2 heures (le
dirigeable étant stationné à 100 mètres
d'altitude). - Livraison
du CL 160 prototype : 2003/2004 (à
comparer au calendrier théorique annoncé par EADS
: premiers transports par route à la fin 2003, si les
opposants au tracé ne bloquent pas celui-ci par de longs
recours juridiques, ET si la situation précaire de
l'aéronautique internationale ne provoque pas le report
de la production de l'avion…) -
Date de production en série du dirigeable : 2004/2005 -
Capacité de production : Un dirigeable tous les trois
mois. - Marchés visés : Transport d'énormes
pièces industrielles (notamment pour les installations
en mer) - Fret civil ou militaire - Équipements
humanitaires lourds dans zones sinistrées (un accord de
partenariat a déjà été passé
avec l'ONU) - Volume du
hangar pour l’entretien du CL 160 : 5,5
millions de m3. Ce hangar (qui pourrait contenir une douzaine
d'A380) est déjà opérationnel, et est le
site industriel le plus visité d'Allemagne. -
Gain de temps par apport à un transport conventionnel :
pouvant atteindre jusqu'à 90 % -
Réduction du coût par apport à un transport
conventionnel : pouvant attendre jusqu'à 65
% - Puissance financière : La société
Cargolifter, fondée en 1996, fait partie des 100
plus grosses valeurs cotées à la bourse de
Francfort (…on précise ça pour rassurer
même les capitalistes !) -
Concurrents : Le Skycat Britannique (le plus sérieux),
l'Aerofcaft (Américain), la Hamilton Airship
(Sud-Africain), l'AVEA (Français) et le FIRST
(d'EADS)
Pour
plus de renseignements: Site Internet de Cargolifter :
www.cargolifter.com Permanence
de Gérard Onesta 4 Place Sainte Claire 81000 Albi
Tél : 05 63 38 53 96 Fax : 05 63 38 53 97
Les
Verts Gironde 13 rue du Chai-des-farines, 33000 Bordeaux Tél
: 05 57 57 80 95

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