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Compil
d'Europe


Sommaire
Edito Regarder
en arrière, pour mieux voir devant
L'Europe
vue de l'Hémicycle Le chantier Une
géopolitique à construire Une citoyenneté
à inventer Une action à réguler Un
élargissement à maîtriser L'outil Un
groupe charnière Un parti global Une constitution
tant attendue La méthode La présence Le
décodage L’écoute
L'Europe
vue de nos Régions Les territoires Des
littoraux fragiles Des montagnes oubliées Des
campagnes vidées Des villes hors contrôle Les
gens Partout la diversité Partout les
droits Partout les luttes La vie Des milieux à
respecter Une conscience sociale à bâtir Des
réseaux à maîtriser Des activités
à repenser
Je
travaille à l'avènement d'un système basé
sur la volonté d'un continent rassemblé dans la
prévention des conflits, rompant avec la toute puissance
du mercantilisme, et instaurant la solidarité planétaire
en valeur de base.
Mon
travail d'élu est de faire entrer l'Europe dans l'ère
de la citoyenneté, où chacun verra - dans le
respect de sa différence - reconnus ses droits à
un environnement sain, à la santé, l'éducation,
au logement, à une activité
épanouissante…
Mon
rôle de député est de dénoncer ces
blocages et de changer les règles de décision
pour les supprimer. Il faut inscrire les politiques dans la
prévention des problèmes,leur donner cohérence
par un contrôle parlementaire renforcé et des
budgets assurant une vraie capacité d'action
communautaire.
Mon
souci constant est de protéger les équilibres par
une régulation sociale et fiscale, ainsi qu'une
définition ambitieuse deservices publics à
l'échelle européenne. Il faut aussi
redimensionner les budgets alloués à cet
élargissement en les voyant comme un investissement et
non une charge…
De
la taille du groupe Vert après les futures élections,
dépendra le contenu exact de nombre de directives
européennes, surtout quand on sait que les amendements
clef se jouent à une poignée de
voix…
J'ai
été en 1993 un des cofondateurs de la Fédération
des Verts Européens. Le nouveau Parti Vert Européen,
pleinement intégré, sera un des seuls à
mener en 2004 une campagne transfrontière,
cohérente.
Un
de mes "portefeuilles" de Vice Président est
le suivi des travaux de la Convention qui a rédigé
le projet de Constitution. Ce texte comporte encore trop
d'imperfections : unanimité requise dans le social ou le
fiscal, cohabitation forcée entre les présidences
du Conseil et de la Commission, absence de pouvoir des régions,
système de codécision complexe, etc., il y a
encore beaucoup de travail…
Le
droit de vote dans l'hémicycle n'est pas transmissible à
un autre parlementaire. Un député absent est
un député inutile. Pire, à travers lui,
c'est demi-million de nos concitoyens qui ne sont plus
représentés quand se décide leur
avenir…
Les
thèses des écologistes européens font
appel à la réflexion, à l'approche croisée
des problèmes. Nous avons fait le pari de
"l'intelligence citoyenne". Car on n'est mobilisé
que quand on sait, et on ne maîtrise que quand on
comprend…
Mon
souci constant est de protéger les équilibres par
une régulation sociale et fiscale, ainsi qu'une
définition ambitieuse de services publics à
l'échelle européenne. Il faut aussi
redimensionner les budgets alloués à cet
élargissement en les voyant comme un investissement et
non une charge…
Nos
mers ne sont pas de grandes piscines à touristes. Elles
sont le support d'activités multiples qu'il faut faire
coexister de façon raisonnable Si je fais de la
préservation de ce milieu fragile un des axes majeurs de
mon action, c'est aussi qu'il représente le garde-manger
et la réserve de biodiversité du 3ème
millénaire…
Nos
montagnes sont précieuses. Il ne faut pas les voir comme
des obstacles, mais comme les "poumons de nos
territoires", à respecter et à promouvoir de
façon apaisée et durable.
Une
vraie réforme de la Politique Agricole Commune, par des
aides différenciées et découplées
des volumes de production, permettrait une agriculture de
qualité, un respect de la nature et de notre santé,
ainsi qu'une re-densification du maillage social, économique
et culturel du monde rural. J'appelle à la reconquête
de nos campagnes.
Choisir
notre développement urbain, ses avantages comme ses
risques, c'est pousser au dialogue citoyen. Économiser
l'énergie, les espaces, les besoins de transport, comme
redéfinir notre lien au travail en répondant
d'abord aux vrais besoins de proximité, c'est faire
reculer le danger, la précarité, la violence, la
bêtise…
Je
veux une Europe multipolaire, dont chacun pourrait se sentir
acteur. Être pleinement respecté dans sa
différence est la plus sûre façon de
comprendre les autres en retour, et de bâtir ainsi une
société apaisée et
solidaire…
L'Union
Européenne s'est fondée sur le respect du droit.
La Charte des Droits Fondamentaux qui devrait bientôt
intégrer notre Constitution européenne, n'est
qu'une étape dans cette inlassable bataille pour la
dignité humaine…
Pour
un élu qui se veut porte-voix des acteurs de terrain,
l'hémicycle européen peut être une
importante caisse de résonance pour pointer les
blocages, les abus, les
manques…
Le
principe de précaution guide mon action. Le respect
de notre milieu naturel est la base de toute politique. On ne
peut bâtir le présent en oubliant le passé
et en pillant l'avenir.
Donner
à chacun(e), par la régulation solidaire
européenne, un rôle social au travers d'une
activité épanouissante, et assurer à
tou(te)s l'accès à un toit, aux soins, à
la culture, est une question de dignité. C'est aussi, je
crois, une clé dans le débat
politique.
La
non-maîtrise citoyenne des réseaux conduit à
la dilapidation des ressources, à des risques naturels
immenses et à l'exclusion sociale. L'Union reste l'otage
des lobbies pétrolier, nucléaire, routiers,
travaux publics... Face aux dégâts sanitaire,
social et environnemental dans nos régions, changeons de
logique : il ne peut, selon moi, y avoir, dans un espace
limité, de croissance infinie et
irraisonnée.
L'Union
doit nous aider à réorienter recherche,
industrie, services et agriculture en repensant la finalité
de nos besoins et de nos méthodes de production. Ces
activités doivent servir notre société, et
non pas se servir d'elle. Regardons plus loin. Choisissons la
vie.
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Compil
d'Europe supplément de Carré d'Europe retraçant
le mandat 1999/2004 en Europe et en région.
Regarder
en arrière, pour mieux voir devant…
Dans
quelques mois, la Vème législature européenne
prendra fin, et rarement période politique aura été
aussi dense. Pour appréhender, en un minimum de mots,
l'ampleur des mutations en cours, il est tentant d'en dresser,
sans hiérarchie, un "inventaire à la
Prévert"…
Naissance
de l'altermondialisme — Disparition de monnaies
historiques, fondues dans l'euro — Attentats terroristes
de septembre 2001 aux répercussions géopolitiques
sans fin — Piteux Traité de Nice —
Proclamation de la Charte européenne des Droits
fondamentaux — Guerres d'Afghanistan et d'Irak —
Redéfinition par Internet des modes d'échanges
sur fond de krak boursier — Drames de l'Erika et du
Prestige — Montée des extrémismes
politiques — Accords de Kyoto et premiers signes
tangibles de changements climatiques — Banalisation
rampante des OGM et menaces concrètes du clonage —
Blocage de l'OMC à Seattle, et arrogance des sommets G8
— Réforme de la PAC — Crise des économies
mondiales, dont celle du Japon — Folie sans fin en
Israël-Palestine, Tchétchènie, Afrique
centrale — Dénonciation du réseau Echelon —
Échec du Sommet de la Terre à Johannesburg —
Apparition de "José" face à la
mal-bouffe — Démocratisation de la téléphonie
mobile — Premiers pas de l'Europe de la défense —
Découverte de nouveaux maux, prion, SRAS, sur fond de
Sida et cancers toujours dévastateurs —
Télé-crétinisation par les "Reality
Show" — Démantèlement accéléré
des services publics à l'approche de l'AGCS —
Élection d'un certain Bush Junior, couplée à
celles des Poutine, Berlusconi, et autres Sharon, et au
maintien de l'improbable Chirac — Privatisation de la vie
et du savoir par la brevétisation effrénée
des cellules et des logiciels — Création des
partis politiques européens — Définition de
la responsabilité environnementale — Ciel unique
européen — Réforme de la politique de la
pêche dans des océans de plus en plus vides —
Inquiétudes sur les retraites — Émergence
de la question centrale de l'eau — Livre blanc sur les
transports — Année européenne des langues —
Année européenne des handicapés —
Relance de l'Europe spatiale à travers le projet Galileo
— Drame toulousain d'AZF — Création de la
Cour Pénale Internationale malgré l'opposition US
— Afflux croissant de réfugiés sur fond de
misère mondiale galopante — Réunion de la
Convention et projet de première Constitution
continentale — Élargissement immense des
frontières de l'Union…
Égrener
une telle liste d'événements historiques peut
laisser songeur. On ne peut pourtant se contenter de les
énoncer sans tenter d'en décoder quelques liens,
ni les perspectives qu'ils dessinent.
Pour
mieux entreprendre l'étape suivante, il faut revenir sur
celle que l'on vient de vivre. Chaque mandature est le "semis"
de la suivante. Celle qui se termine, à la charnière
de deux millénaires, était une transition clef.
Celle qui arrive sera celle de la "mise en pratique",
indécise, complexe, périlleuse.
À
travers mon "Carré d'Europe" et sa modeste
pagination, je m'étais donné pour objectif
d'extraire l'essentiel du débat européen, et de
le croiser avec votre vécu dans nos régions, où,
déjà, l'Union détermine l'essentiel de
notre quotidien. Trier, condenser, expliquer, diffuser,
interpeller, et au final peut être convaincre que
l'Europe est une des rares solutions pour nous inventer un
avenir meilleur.
Retour
sur un petit carré, miroir d'un si grand projet…

L'Europe
vue de l'Hémicycle
Le
chantier L'Europe
se cherche. Oscillant entre solidarité et égoïsmes,
entre autonomie et allégeance, elle n'avance pas
toujours à la bonne vitesse, ni, parfois, dans la bonne
direction. Pourtant, par sa puissance économique, et son
rayonnement culturel basé sur le droit, elle pourrait
réorienter notre planète malade. L'Union
aujourd'hui, par son action ou son inaction, influe sur tout
notre quotidien. Social, environnement, santé,
industrie, technologies, recherche, spatial, transport,
énergie, commerce, politique étrangère…
l'Europe, partout, donne le tempo. Bon tempo s'il intègre
le développement durable, ou mauvais s'il suit les
délires du libéral-productivisme. Mon travail de
base de parlementaire est, en restant à l'écoute
de mes concitoyen(ne)s, de décortiquer chacun de ces
textes, d'en débattre, de les amender dans la bonne
voie, de convaincre le Conseil de me suivre, et de surveiller
leur application par la Commission. En ma qualité de
Vice Président, j'ai une vue globale systématique
puisque j'ai, de plus, la charge de conduire nombre de ces
débats, et de diriger des milliers de votes…
Une
géopolitique à construire
Il
y a deux modèles de civilisation qui s'affrontent dans
le Monde. Le premier, prédateur et dominant, veut
réguler par la force. La Russie, la Chine, et surtout
l'administration US de Monsieur Bush sont l'incarnation de ce
système où les ressources des plus faibles sont
pillées. Le second modèle veut la régulation
par le dialogue, dans le droit et le respect de l'autre. Cette
autre voie, coopérative, l'Europe pourrait l'incarner si
elle osait adosser sa puissance économique à une
stature politique. Selon moi, cet autre modèle est le
seul à même de lutter contre la destruction de la
biosphère, contre les guerres, la faim et les maladies,
et au final contre le terrorisme, ce marqueur du mal
développement. Couper les vivres aux dictatures,
transférer nos technologies et annuler le dette, établir
une coopération décentralisée et un vrai
commerce équitable... et si l’espoir naissait au
Sud ?
Une
citoyenneté à inventer
L'Europe
s'est surtout construite autour du libéralisme
économique, le citoyen étant réduit à
sa valeur marchande de travailleur et/ou de consommateur. Un
projet de civilisation de taille continentale doit pourtant
d'abord s'appuyer sur ses peuples, en leur garantissant - dans
le cadre d'une justice commune - de pleins droits collectifs et
individuels. Ces droits sont aussi ceux des citoyens émigrés.
Une
action à réguler
Près
des deux tiers des textes votés à l'Assemblée
Nationale ne sont plus que des simples déclinaisons de
directives arrêtées à Bruxelles et
Strasbourg. Pourtant l'Europe réagit plus qu'elle
n'agit. Faut-il attendre le drame des Balkans pour penser à
la prévention des conflits, celui de la vache folle pour
se pencher sur la sécurité alimentaire, les
marées noires pour s'attaquer aux voyous des mers, ou la
saturation de nos routes pour envisager enfin le ferroutage…?
La règle des majorités qualifiées ou -
pire - de l'unanimité au Conseil ne permet souvent les
avancées qu'au rythme de la mauvaise foi du plus mauvais
élève… Ainsi la PAC figée depuis
des années, vide le monde rural dans une logique
intensive qui détruit les sols, les eaux, et la qualité
des produits. Le budget de l'Union, "saupoudré",
ne permet pas non plus de construire des solidarités
continentales.
Un
élargissement à maîtriser
En
changeant de taille, l'Europe va changer de nature.
L'élargissement de l'Union est souhaitable pour offrir à
de fragiles démocraties plus de stabilité et de
prospérité. Mais le faire à marche forcée,
sans harmonisation sociale ou fiscale, et avec des moyens
budgétaires minimalistes, annonce déjà une
casse sociale et environnementale. Chez nous aussi, le risque
est grand de la délocalisation d'entreprises vers ces
pays où la main d'œuvre est à bas prix.
L'Europe pourrait-t-elle survivre en n'étant qu'un
supermarché sans conscience ?

L'outil Face
au chantier immense et essentiel de la construction des
solidarités européenne et planétaire, je
privilégie trois outils qui me semblent seuls à
même de permettre, dans la durée, l'évolution
des politiques publiques. Je me suis d'abord pleinement investi
dans la vie du groupe parlementaire Vert et régionaliste
capable, par sa cohésion, de peser sur les choix de
l'assemblée. J'œuvre ensuite à l'avènement
des partis européens pour structurer le complexe débat
continental. Enfin, et surtout, je fais porter l'essentiel de
mon travail de député sur l'émergence de
nouvelles règles du jeu, par l'élaboration de la
première Constitution européenne ...
Un
groupe charnière
Fort
de 45 députés issus de 11 états, le groupe
parlementaire Vert/ALE allie les écologistes et les
régionalistes du Parlement Européen. Dans cet
hémicycle où aucun des deux "grands"
groupes (droite et socialiste) n'a de majorité à
lui seul, les trois groupes de taille moyenne (libéral,
communiste, et Vert/ALE) sont incontournables pour rédiger
et adopter des textes. J'investi donc pleinement ce lieu de
création législative, travaillant à son
unité, en étant de plus son relais au Bureau de
l'assemblée où je suis le seul écologiste
à siéger. Le groupe Vert/ALE, par son influence,
a notamment présidé les importantes commissions
de l'Agriculture, puis des Affaires Sociales. Il dirige aussi,
entre autres, les délégations interparlementaires
Union/Turquie, et Union/Russie…
Un
parti global
Il
est impossible d'élaborer une politique à
l'échelle de l'Europe, en ne faisant que juxtaposer des
doctrines de partis nationaux. C'est la faiblesse structurelle
du groupe de droite qui va des conservateurs britanniques aux
centristes français, ou du groupe socialiste qui doit
vivre avec ses "blairistes"... Dans ma Commission des
Affaires Constitutionnelles, j'oeuvre donc pour le statut de
partis transnationaux, les dotant de règles et de
moyens. J'ai été un des rares à m'opposer
- en vain - à leur financement par les entreprises et à
un risque de corruption évident… Ces partis
seront, dès l'an prochain, l'épine dorsale de la
démocratie européenne.
Une
constitution tant attendue
Sans
changement dans son fonctionnement, impotente aujourd'hui à
quinze, l'Union deviendrait grabataire, l'an prochain, à
vingt-cinq. Alors que le mot de "Constitution" était
tabou en 1999, il a fallu non seulement rédiger ce texte
fondamental, mais aussi nourrir son contenu : renforcement du
caractère politique de la Commission, stabilité
et transparence du Conseil, simplification et abaissement des
seuils de décision, doublement du pouvoir de codécision
du Parlement, modèle social mieux défini
intégrant les services d'intérêt généraux,
création d'un ministère des affaires Étrangères
et d'une personnalité juridique de l'Union lui
permettant d'exister sur la scène mondiale, possibilité
d'initiative législative citoyenne, intégration
de la Charte des Droits fondamentaux… Que de chemin
parcouru ! Porter ce thème clef et transversal, qui
impose une connaissance approfondie de TOUTES les politiques
européennes, m'a poussé à devenir un
"généraliste pointu", tout en évitant
de me disperser…

La
méthode Chaque parlementaire à sa
méthode de travail. La mienne repose sur une présence
de tous les instants dans les lieux de décision
institutionnels. Une présence active d'animateur
coordonnateur, couplée au décodage de la
complexité des affaires européennes et à
la diffusion la plus large possible des informations. Mais tout
ceci ne prend sens que dans l'écoute et le partage des
combats des autres…
La
présence
Il
est illusoire de penser influer sur l'avenir européen,
et encore moins l'imprégner en profondeur de l'analyse
écologiste, si on n'en investit pas, en permanence,
chaque lieu de décision… Les médias ont
largement souligné que je suis un des - très -
rares députés (3 sur 626) à ne jamais
manquer une séance, et encore moins un vote. Présence
maximale aussi en commissions, en groupe parlementaire, en
délégations interparlementaires, en intergroupes,
au Bureau du Parlement... La présence ne fait certes pas
tout, mais, sans elle, rien n'est possible.
Le
décodage
L'Europe
est complexe. Les profiteurs de tous bords entretiennent
sciemment cette opacité qui protège leurs
intérêts. Ma volonté est donc de
démystifier l'Europe. Pour cela, un parlementaire doit
se doubler d'un pédagogue. Conférences-débat
régulières pour décrypter l'actualité
européenne en compagnie de spécialistes,
interventions précises dans les médias, "petites
leçons d'Euro Jargon" dans Carré d'Europe,
rédaction et diffusion de fiches de synthèse pour
analyser les institutions ou les politiques européennes,
info-mail permanents à des milliers de relais d'opinion,
mise à jour régulière de site internet,
envois systématiques aux gens concernés des
textes adoptés en plénière…
j'utilise tous les moyens pour expliquer les enjeux, les
blocages, les solutions.
L’écoute
Un
parlementaire ne peut prétendre tout savoir. Je ne
conçois mon rôle que dans l'échange
permanent avec celles et ceux que je représente. On
n'est efficace sur un dossier global que quand on eu à
le défendre, avec les acteurs de terrain, au plus près
du local. La capacité d'expertise se forge dans ce
dialogue transparent, car la pertinence, c'est d'abord l'écoute
des autres. Pour ne pas devenir prisonnier de sa lointaine
"bulle bruxelloise", un eurodéputé,
plus que n'importe quel parlementaire, doit partager activement
le quotidien des gens. On a pu vérifier que j'ai
toujours le goût de cet engagement concret…

Les
territoires Le travail global - même à
haute dose - n'est rien s'il ne s'inscrit pas dans une
militance de terrain. J'ai donc transformé le "lointain"
mandat européen, en mandat de proximité dans nos
régions. La première approche doit être
géographique, tant chaque territoire à ses
forces, ses faiblesses, sa dynamique propre. On ne peut se
prétendre un "élu bien implanté",
si l'on ne parcourt pas physiquement, en permanence, tous ces
paysages qui sont modelés par les décisions
politiques européennes que l'on prend.
Des
littoraux fragiles
Nos
côtes méditerranéenne ou atlantique, sont
souvent réduites à des plages festonnées
de béton. Il faut au contraire les appréhender
dans leur complexité, en intégrant l'épaisseur
des arrière-pays, et leur prolongement, loin dans les
eaux. Le scandale du pétrolier "Prestige" a
bien mis en lumière la chaîne qui unit toutes les
activités de ces zones fragiles. La prise de conscience
citoyenne est là : depuis des années, de Biarritz
à Sète, je suis au contact de pêcheurs ou
d'aquaculteurs qui veulent changer leurs méthodes pour
préserver leur activité et les ressources
halieutiques, de riverains qui veulent voir naître des
industries non polluantes, d'élu(e)s qui veulent
promouvoir un éco-tourisme diffus et de qualité,
de transporteurs qui ont compris que le cabotage permettrait de
revivifier les ports et de soulager les routes, de chercheurs
qui savent que la mer est l'avenir de la science… Tous
sont "en demande d'Europe".
Des
montagnes oubliées
Qu'elles
soient des Pyrénées ou du Massif Central, nos
"terres hautes" sont souvent méprisées.
Les décideurs ne les évoquent guère que
comme des barrières récalcitrantes. Tunnel du
Somport, Viaduc de Millau, lignes THT cévenoles,
barrages de Charlas ou d'Eslourenties… on tente de
transformer nos plateaux et nos vallées "en
couloirs de nuisances". Même le pôle
scientifique du Pic du midi n'est guère valorisé…
J'ai pu partout constater que loin d'apporter un développement,
on est train de gâcher les atouts naturels (agriculture
de terroir, artisanat de qualité, splendeur des
paysages…) de ces dernières zones vierges, dont
même l'ours est perçu - par certains - comme un
symbole gênant.
Des
campagnes vidées
L'Europe
porte une lourde part de responsabilité sur l'état
de nos campagnes. Avoir ravalé le paysan au rang de
producteur forcené de matière première, a
poussé l'agriculture au saccage des sols, des eaux, et
de la qualité des productions. La mécanisation
intensive a même rendu inutile le plus grand nombre de
nos agriculteurs. Combien de fois ai-je du dénoncer
sur place, cette désertification des zones rurales qui
entraîne aussitôt la fermeture de l'école,
de la poste, de la ligne de chemin de fer, des commerces…?
Des
villes hors contrôle
L'explosion
toulousaine d'AZF - dont je fus, en première ligne,
d'abord témoin, puis acteur de la riposte - a prouvé
que nos concitoyen(nes) ne pilotaient plus, depuis longtemps,
leur quotidien urbain. Quel habitat ? quelle production ? à
quel endroit ? pour quel usage ? pour quel profit ? dans quelle
logique de développement ? Les questions sont immenses,
mais les réponses, complexes et urgentes, souvent de
taille européenne. Je ne peux me résoudre à
voir nos cités synonymes de risque, d'urbanisation hors
contrôle, de chômage, de violence, de transports
bloqués, d'air asphyxié, d'acculturation…

Les
gens Ce ne sont pas les éco-citoyens
engagés qui manquent, mais leurs relais vers les lieux
de décision. Le niveau européen étant
vécu comme le plus inaccessible, il me faut multiplier
les ponts pour que leurs préoccupations soient mieux
entendues. Actions sur site, tenues de permanences, réunions
publiques, courriers d'appui, contacts téléphoniques
fréquents, interventions média… avec mon
équipe, je conçois mon mandat comme un outil
permanent d'écoute attentive et d'action concrète.
Un eurodéputé doit être, dans sa région,
aussi disponible qu'offensif. La moitié de la pagination
de Carré d'Europe, offerte en tribune citoyenne,
témoigne de cet engagement…
Partout
la diversité
La
première demande des gens, c'est d'être reconnu
dans leurs différences. Je crois qu'un eurodéputé
doit être en première ligne pour faire de l'Union
un vrai rempart contre la destruction mondiale des diversités.
Forum des langues de Toulouse, colloque occitan à Nîmes
ou à Pau, soutien à la création d'une
entité basque autonome, liens avec les populations
émigrées, je plaide pour une Europe des peuples
et des régions solidaires. Pour que chacun soit respecté
dans ce qu'il est, son âge, son sexe, sa langue, sa
culture, ses mœurs, ou la quiétude de son cadre de
vie, j'agis toujours pour plus de décentralisation dans
les politiques, les budgets, les rouages décisionnels.
Partout
les droits
Selon
moi, l'honneur du politique est de défendre les plus
vulnérables. Les malades, les jeunes, les personnes
âgées ou les femmes, les immigrés, les
salariés exploités, les minorités
ethniques ou sexuelles… Dans mon quotidien de
parlementaire, cela se traduit en sollicitant un préfet
pour des demandeurs d'asile, en soutenant dans ses démarches
juridiques un jeune abusivement licencié, en ouvrant le
Festival "Résistances" en Ariège, en
témoignant dans un procès en faveur d'un opposant
tunisien, en soutenant des Kurdes en grève de la faim,
en protestant contre une discrimination à l'embauche, en
manifestant partout avec les "Sans Droits"… Si
je suis fier d'avoir été fait membre d'honneur du
collectif des "Sans papiers", je le suis plus encore
de voir que, dans notre région, la solidarité n'a
pas de frontière : j'ai pu m'en rendre compte en étant
aux cotés d'associations locales militant pour les
droits des "intouchables" en Inde, ou contre les
dictatures africaines…
Partout
les luttes
La
multiplicité des sollicitations dont je fais l'objet est
à la mesure de l'énergie déployée
par nos concitoyen(ne)s pour interpeller, proposer, résister.
Apiculteurs du Gers ruinés par les insecticides,
empoisonnement au Lindane au Pic de Bazès, site orphelin
pollué au plomb en Gironde, soutien aux inculpés
de l'incinérateur de Fumel ou aux opposants aux
porcheries en Tarn et Garonne, intervention contre les
décharges de Riols ou de Graulhet, soutien aux pêcheurs
basques, lutte pour l'enfouissement de lignes électriques
en catalogne ou contre les pesticides en vignoble bordelais…
pour un élu écologiste, les dossiers sur
l'environnement sont légion, mais sont loin d'être
les seuls : archéologues languedociens dépossédés
de leur mission, collectif aquitain pour l'accès à
des logiciels libres, protestation contre le camp militaire de
Caylus ou le tourisme de masse à Moliets, défense
de la Feta du Larzac, intervention pour une usine de
cartonnages à Talence ou pour une entreprise d'insertion
sociale à Montauban… on doit être sur tous
les fronts. Il y a aussi les lourds dossiers "transversaux"
qui mettent en exergue à la fois les volets social,
environnemental, économique, démocratique :
contestation de l'Airbus A380, des barrages du piémont
pyrénéen, du 2ème aéroport
toulousain, du centre de test d'obus à l'uranium de
Gramat, ou encore soutien aux producteurs d'huiles surtaxées
du Lot et Garonne… Dénonciation du stockage
de gaz souterrain à Izaute ou de la manipulation
chromosomique des huîtres d'Arcachon, soutien aux
arracheurs d'OGM en Ariège, promotion des parcs de la
Vézère, des gorges de l'Aveyron, ou de la Clape
Narbonnaise, intervention pour la défense d'une filature
alternative en Périgord, ou des arbres en Armagnac, ou
contre une "double peine" affligée à un
émigré à Bordeaux… derrière
l'infinité des dossiers que je dois porter, on trouve
des centaines de personnes mobilisées, demandeuses d'un
relais européen.

La
vie C'est dans ses réalisations concrètes
que l'Europe est aimée ou incomprise. Mais le plus
souvent, le grand public ignore que c'est l'Union qui est à
l'origine ou à la conclusion d'un tracé de route,
de l'agrandissement d'un port, de l'apparition d'une éolienne
ou d’autres habitudes alimentaires, d'une nouvelle
disposition du droit social dans une entreprise, ou encore de
l'évolution de toute notre économie… Le
rôle d'un député Vert européen est
d'encourager l'Europe qui protège, et de dénoncer
l'Europe qui fragilise.
Des
milieux à respecter
La
désinformation est souvent la seule arme de nos
adversaires. Prétendre, par exemple, que, du Minervois
jusqu'en Gironde, l'Europe, en classant nos derniers espaces
naturels en zones "Natura 2000", veut empêcher
tout développement, est un pur mensonge. Préserver
la biodiversité n'entrave en rien les activités
humaines, si elles s'inscrivent dans le souci du respect de la
vie. Les associations et les élu(e)s qui, partout,
alertent sur la qualité alarmante de l'air que nous
respirons, ou luttent contre la marchandisation de l'eau,
témoignent que l'on peut choisir d'autres modes de
développement. En arrachant des OGM à Brax, j’ai
fait la même chose... Profondément
régionaliste, je crois que c'est en ayant les moyens de
choisir localement son futur, que l'on intègre le mieux
le respect de son propre milieu...
Une
conscience sociale à bâtir
Fermeture
d'une usine d'électronique à Bayonne délocalisée
en Europe (!) faute de régulation fiscale et sociale,
médecins militant dans leur quartier ou avec le
Tiers-Monde en refusant de faire de la santé un simple
objet marchand, "lycées-poubelle" privés
d'espérance et écoles alternatives privées
de moyens, associations d'investissement de l'épargne
dans des emplois de proximité socialement et
écologiquement utiles, chantage à l'emploi ou
embauche "au faciès"… l'actualité
sociale de notre région imbrique victoires et défaites.
L'absence de conscience sociale européenne, de partage
du savoir, et de redéploiement budgétaire, sont
des facteurs de misère et d'exclusion qui font le jeu
des extrémistes.
Des
réseaux à maîtriser
Autoroutes
coûteuses et absurdes en Gascogne et dans le Quercy,
privatisation du rail à la frontière catalane
couplée à la déshérence du service
public ferroviaire, monoculture de l'industrie aérienne
à Toulouse… nos transports régionaux sont
dans une fuite en avant et la prédation des ressources.
Arrogante impunité du danger nucléaire au Blayais
ou à Golfech, face aux blocages que connaissent l'éolien
en Montagne Noire ou la biomasse dans les Pyrénées,
ou la co-génération dans nos villes… la
politique énergétique est obsolète et hors
contrôle. Fracture grandissante entre une élite
autoproclamée qui conçoit et alimente les
circuits de la connaissance, et nos banlieues ou campagnes
profondes qui sont réduites - au mieux - à une
consommation passive… la logique de marginalisation est
en place.
Des
activités à repenser
L'Europe
fixe le cadre dans lequel évoluent les services et des
pans entiers de notre recherche scientifique. Elle régit
la plus large part de nos industries et la quasi-totalité
de notre agriculture. Le cadre législatif de l'Union,
essentiellement normatif et abstrait, déconnecté
de tout contrôle citoyen, ne permet guère d'éviter
les drames comme celui d'AZF, les dangers ruineux comme celui
du laser Mégajoule en Aquitaine, ou la criminalisation
syndicale de la Confédération Paysanne qui tente
de stopper le gâchis de nos campagnes. Pire, l'Europe
tend à fragiliser les services publics. Les alternatives
locales, respectueuses des populations, de leur cadre de vie -
et du simple bon sens - sont trop peu écoutées,
et encore moins promues…

Vrac
d'Europe
Hors
des sentiers battus Siéger
à la vice-présidence du Parlement Européen
pourrait se résumer à conduire les débats
en plénière, gérer la lourde
administration de l'assemblée, ou aligner des
rendez-vous protocolaires avec chefs d'État ou
diplomates. Mais avec beaucoup d'assiduité, un peu
d'imagination et pas mal d'obstination politique, cette
responsabilité peut permettre de faire bien plus…
Seul écologiste à ce poste, je suis devenu, peu à
peu, le Vice-Président aux compétences les plus
élargies (pas moins de 6 "portefeuilles" !).
Outre le déblocage de nombre de dossiers institutionnels
(transparence des comptes, statut des assistants
parlementaires…) j'ai aussi bouleversé
profondément les méthodes et l'image de
l'assemblée en mettant bâtiments et budgets à
la disposition d'initiatives citoyennes. Parmi les opérations
phares que j'ai pu mener dans l'hémicycle, citons le
premier Congrès mondial pour l'abolition de la peine de
mort, la Conférence mondiale pour les droits des enfants
des rues, ou le premier Parlement des personnes handicapées…
Globe-Trotter Un
eurodéputé doit avoir une âme
"d'ambassadeur". En siégeant dans une
"délégation interparlementaire", il a
des contacts privilégiés avec les parlements des
pays hors de l'Union. Membre de la "délégation
des antipodes" qui assure le contact entre l'Union et
l'Australie et la Nouvelle-Zélande, j'ai à
"déminer" les points qui fâchent, et,
mieux, à dégager des synergies politiques sur des
sujets aussi cruciaux que la lutte contre les OGM et le
nucléaire, la refonte de l'OMC, la défense des
minorités, les conflits armés, les accords de
Kyoto… Cela signifie sillonner la planète et
aller au contact de partis politiques, ministres, ONG,
industriels. Heureusement, dans ces lointaines contrées,
l'écologie politique est bien implantée, et j'ai
de bons relais… les premiers députés Verts
au monde, dans les années soixante-dix, ne furent-ils
pas néo-zélandais ?
De
permanence On
sous-estime le besoin d'assistance qu'a le grand public
vis-à-vis de la "lointaine" Europe. Un député
européen - du moins s'il n'a pas détourné
les moyens dont il dispose (budget, locaux, collaborateurs,
publications…) - peut être cet indispensable
relais pour ses concitoyen(ne)s. Même si les innombrables
sollicitations dont je fais l'objet (subventions, stages,
informations techniques…) n'ont pas toujours de lien
évident avec mon travail de législateur, mon
équipe et moi nous faisons toujours un point d'honneur
de conseiller, d'écrire une lettre d'appui, d'aiguiller
la requête dans la jungle administrative communautaire.
L'Europe est plus simple quand elle est au bout de la rue…
Pionnier Nous
n'étions que 14, parmi les 626 eurodéputés,
en cet automne 1999 à fonder "l'Intergroupe pour
une Constitution Européenne". Rappelez vous, durant
la campagne électorale qui venait de s'achever, 90 % des
partis français en avaient rejeté la perspective…
Travail de réflexion, de conviction, cette Constitution
est maintenant plébiscitée dans les proportions
inverses, et sa rédaction quasi achevée…
Pertinent.
Impertinent Connaître
parfaitement ses dossiers pour les avoir défendus "au
plus près du local", comme "au plus haut du
global", donne à un parlementaire sa capacité
d'expertise et de proposition. Pour les ONG, les citoyens, les
médias, peut-être suis-je devenu en cela un
médiateur sérieux, et, pour mes adversaires, un
opposant "peu commode" ? Le 21 septembre 2001,
l'explosion de l'usine AZF, au bout de ma rue, à
Toulouse, m'a propulsé, pour de nombreuses semaines,
dans des quartiers dévastés, sur tous les écrans,
et en pointe dans les débats parlementaires. Articuler,
avec cohérence et gravité, condamnation et
solutions. Rédiger des textes forts et trouver des
consensus pour les faire voter. Avoir le souci constant de la
parole collective. Rassurer, dénoncer, écouter,
convaincre, s'effacer. Un test grandeur réelle pour un
militant et un élu.
Dérangeant Le
débat européen est devenu primordial au point
qu'il dérange les tactiques d'appareils politiques qui
n'ont que faire de s'attaquer à l'immensité des
problèmes. Ainsi, pour gommer l'essentielle thématique
européenne qu'il a déserté, le
gouvernement a modifié la loi électorale, pour
casser le débat, et si possible supprimer tout
contradicteur. Le territoire français a été
"charcuté" en 8 zones, en vue des européennes
de juin 2004. Cela ne rapprochera en rien les élus des
électeurs, mais, par de sordides effets de seuils
électoraux, peut priver près de la moitié
de nos concitoyens du simple droit d'être représentés
et défendus au Parlement Européen. Mais quand on
veut priver le citoyen de ses droits, il se venge. N'en
déplaise à nos gouvernants, il y a encore des
élections pour cela…
Collectif Carré
d'Europe est peut-être souvent, pour vous, la seule
tribune régulière sur le débat européen.
Chacun aura constaté que s'il est le fruit d'un lourd
travail personnel, son contenu retrace le travail collectif de
citoyens, en région et en Europe. Car je crois
passionnément à la force de l'action en commun.
Seul, même débordant d'idées et d'énergie,
un député n'est rien. Il n'est que le membre
d'une équipe. La vôtre.…

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