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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Déclaration de Gérard Onesta en plénière
Rapport Mendez de Vigo / Corbett sur la Constitution européenne
Strasbourg, le 11 janvier 2005

Chers collègues,
Je vous invite à considérer le traité constitutionnel non pas comme un objet fini, mais en perspective.
L'idée européenne n'a jamais été figée, et elle ne va pas se figer aujourd'hui dans ce nouveau traité.
Cette Constitution est une étape, importante, essentielle, indispensable... mais ce n'est qu'une étape.
Monsieur Giscard d'Estaing a dit de ce texte qu'il était "inespéré". Je préfère en dire qu'il est "largement perfectible" tant il traîne encore -malgré ses avancées incontestables- les scories des textes passés.
Nos concitoyens sont près à vivre avec ce texte comme un rapport d'étape de leur histoire commune, mais n'ont pas envie d'être pris en otage par lui pendant des décennies avec un curseur politique indéfiniment bloqué sur ce qu'était le compromis européen au début du XXIème siècle...
C'est là que l'amendement 17 que j'ai déposé au nom de mon groupe -et que de très nombreux collègues ont cosigné- prends tout son sens : par cet amendement très clair et très court notre Parlement "annonce sa volonté d'user du droit nouveau d'initiative que lui conférera la Constitution pour proposer des améliorations à celle-ci".
Je remercie ici nos deux co-rapporteurs, Richard et In~igo, pour avoir apporté leur soutien à cet amendement, car à travers lui notre assemblée indique qu'elle est à l'écoute des attentes sociales et démocratiques de nos concitoyens, tout en restant -encore et toujours- l'élément moteur de l'évolution européenne...
Car un texte bloqué risquerait d'être rejeté : n'en déplaise à Giscard d'Estaing, si le traité constitutionnel devait être gravé dans le marbre, ce ne serait pas le marbre de la statue équestre du président de la Convention, mais, peut-être, celui de la pierre tombale du projet européen.
Le Groupe des Verts/ALE va donc continuer à avoir "une Europe d'avance", car le processus constitutionnel vient juste de commencer, et c'est sa jeunesse qui -justement- fait son intérêt, et sa force...