Déclaration
de Laeken
Le sommet européen de Laeken les
14 et 15 décembre 2001. L'Avenir de l'Union européenne
L'EUROPE
À UN CARREFOUR
Pendant
des siècles, des peuples et des États ont essayé
de s'assurer la maîtrise du continent européen par
la guerre et par les armes. Dans ce continent affaibli par deux
guerres sanglantes et par le déclin de sa position dans
le monde, l'idée que le rêve d'une Europe forte et
unie ne pourrait se réaliser que dans la paix et la
concertation a fait son chemin.
Pour vaincre définitivement
les démons du passé, on a commencé par
instaurer une communauté du charbon et de l'acier, à
laquelle se sont ajoutées par la suite d'autres
activités économiques, comme l'agriculture. En
fin de compte, un véritable marché unique
concernant les marchandises, les personnes, les services et les
capitaux a été mis en place, auquel on a adjoint
une monnaie unique en 1999. Le 1er janvier 2002, l'euro fera
partie de la réalité quotidienne de 300 millions
de citoyens européens.
L'Union européenne
s'est donc créée progressivement. Au début,
il s'agissait avant tout d'une coopération économique
et technique. Il y a vingt ans, la première élection
directe du Parlement européen a considérablement
renforcé la légitimité démocratique
de la Communauté, dont le Conseil était le seul
dépositaire jusque là. Ces dix dernières
années, une union politique a été mise en
chantier et une coopération a été
instaurée dans les domaines de la politique sociale, de
l'emploi, de l'asile, de l'immigration, de la police, de la
justice, de la politique étrangère, ainsi qu'une
politique commune de sécurité et de
défense.
L'Union européenne est une réussite.
Depuis plus d'un demi-siècle, l'Europe vit en paix. Avec
l'Amérique du Nord et le Japon, l'Union est l'une des
trois régions les plus prospères de la planète.
Grâce à la solidarité entre ses membres et
à une répartition juste des fruits de la
croissance économique, le niveau de vie a fortement
augmenté dans les régions les plus faibles de
l'Union, qui ont rattrapé une grande partie de leur
retard.
Cinquante ans après sa naissance, l'Union
aborde cependant un carrefour, un moment charnière de
son existence. L'unification de l'Europe est imminente. L'Union
est sur le point de s'ouvrir à plus de dix nouveaux
États membres, principalement d'Europe centrale et
orientale, et à tourner ainsi définitivement une
des pages les plus sombres de son histoire, celle de la Seconde
Guerre mondiale et du partage artificiel de l'Europe qui l'a
suivie. L'Europe va enfin, sans effusion de sang, devenir une
grande famille; il va sans dire que cette véritable
mutation demande une autre approche que celle qui a été
suivie il y a cinquante ans, lorsque six pays ont lancé
le processus.
Le défi démocratique de
l'Europe
Simultanément, l'Europe est confrontée
à un double défi: l'un en son sein, l'autre en
dehors de ses frontières.
À l'intérieur
de l'Union, il faut rapprocher les institutions européennes
du citoyen. Certes, les citoyens se rallient aux grands
objectifs de l'Union, mais ils ne voient pas toujours le lien
entre ces objectifs et l'action quotidienne de l'Union. Ils
demandent aux institutions européennes moins de lourdeur
et de rigidité et surtout plus d'efficacité et de
transparence. Beaucoup trouvent aussi que l'Union doit
s'occuper davantage de leurs préoccupations concrètes,
plutôt que s'immiscer jusque dans les détails dans
des affaires qu'il vaudrait mieux, compte tenu de leur nature,
confier aux élus des États membres et des
régions. Certains ressentent même cette attitude
comme une menace pour leur identité. Mais, ce qui est
peut-être plus important encore, les citoyens trouvent
que tout se règle bien trop souvent à leur insu
et veulent un meilleur contrôle démocratique.
Le
nouveau rôle de l'Europe dans un environnement
mondialisé
Hors de ses frontières, l'Union
européenne est également confrontée à
un environnement en mutation rapide, mondialisé. Après
la chute du mur de Berlin, on a cru un moment pouvoir vivre
longtemps dans un ordre mondial stable, sans conflits. Les
droits de l'homme en constitueraient le fondement. Mais
quelques années plus tard, cette certitude a disparu. Le
11 septembre nous a brutalement ouvert les yeux. Les forces
contraires n'ont pas disparu; le fanatisme religieux, le
nationalisme ethnique, le racisme et le terrorisme
s'intensifient et continuent d'être alimentés par
les conflits régionaux, la pauvreté et le
sous-développement.
Quel est le rôle de
l'Europe dans ce monde transformé? Maintenant qu'elle
est enfin unie, l'Europe ne doit-elle pas jouer un rôle
de premier plan dans un nouvel ordre planétaire, celui
d'une puissance qui est à même de jouer un rôle
stabilisateur au plan mondial et d'être un repère
pour un grand nombre de pays et de peuples? L'Europe, continent
des valeurs humanistes, de la Magna Carta, du Bill of Rights,
de la Révolution française, de la chute du mur de
Berlin. Le continent de la liberté, de la solidarité,
de la diversité surtout, ce qui implique le respect de
la langue, des traditions et de la culture d'autrui. La seule
frontière que trace l'Union européenne est celle
de la démocratie et des droits de l'homme. L'Union n'est
ouverte qu'aux pays qui respectent des valeurs fondamentales
telles que des élections libres, le respect des
minorités et l'État de droit.
Maintenant que
la guerre froide est terminée et que nous vivons
aujourd'hui dans un monde à la fois mondialisé et
éclaté, le moment est venu pour l'Europe de
prendre ses responsabilités dans la gouvernance de la
globalisation. Le rôle qu'elle doit jouer est celui d'une
puissance qui part résolument en guerre contre toute
violence, toute terreur, tout fanatisme, mais qui ne ferme pas
les yeux sur les injustices criantes qui existent dans le
monde. En résumé, une puissance qui veut faire
évoluer les rapports dans le monde de sorte qu'ils
produisent des avantages pas uniquement pour les pays riches,
mais aussi pour les plus pauvres. Une puissance qui veut
encadrer la mondialisation selon les principes de l'éthique,
c'est-à-dire l'ancrer dans la solidarité et le
développement durable.
Les attentes du citoyen
européen
L'image d'une Europe démocratique
et engagée dans le monde correspond parfaitement aux
voeux du citoyen. Celui-ci a fait savoir à maintes
reprises qu'il souhaitait que l'Union joue un plus grand rôle
dans les domaines de la justice et de la sécurité,
de la lutte contre la criminalité transfrontière,
de la maîtrise des flux migratoires, de l'accueil des
demandeurs d'asile et des réfugiés en provenance
de zones de conflit périphériques. Il demande
aussi des résultats dans le domaine de l'emploi et de la
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, ainsi
que dans le domaine de la cohésion économique et
sociale. Il exige une approche commune à l'égard
de la pollution, des changements climatiques, de la sûreté
des aliments. Bref, à l'égard de tous les
problèmes transfrontières dont il sent d'instinct
qu'on ne peut y faire face que par la coopération. Tout
comme il veut aussi plus d'Europe dans les affaires
extérieures, la sécurité et la défense;
autrement dit, il demande une action renforcée et mieux
coordonnée pour lutter contre les foyers d'incendie qui
couvent au sein même et autour de l'Europe et dans le
reste du monde.
Simultanément, ce même citoyen
trouve que l'Union va trop loin et affiche un comportement trop
bureaucratique dans nombre d'autres domaines. Le bon
fonctionnement du marché intérieur et de la
monnaie unique doit rester la pierre angulaire de la
coordination de l'environnement économique, financier et
fiscal, sans que la spécificité des États
membres ne soit compromise. Les différences nationales
et régionales sont souvent le produit de l'histoire ou
de la tradition. Elles peuvent être enrichissantes. En
d'autres termes, ce que le citoyen entend par "bonne
gestion des affaires publiques", c'est la création
de nouvelles opportunités, et non de nouvelles
rigidités. Ce qu'il attend, c'est davantage de
résultats, de meilleures réponses à des
questions concrètes, et pas un "super-État"
européen ni des institutions européennes qui se
mêlent de tout.
En résumé, le citoyen
demande une approche communautaire claire, transparente,
efficace et menée de façon démocratique.
Une approche qui fasse de l'Europe un phare pour l'avenir du
monde; une approche qui donne des résultats concrets se
traduisant par plus d'emplois, une meilleure qualité de
vie, moins de criminalité, une éducation de
qualité et de meilleurs soins de santé. Il ne
fait pas de doute que l'Europe doive à cette fin se
ressourcer et se réformer.
LES
DÉFIS ET LES RÉFORMES DANS UNE UNION RENOUVELÉE
L'Union
doit devenir plus démocratique, plus transparente et
plus efficace.
Et elle doit relever trois défis
fondamentaux: Comment rapprocher les citoyens, et en premier
lieu les jeunes, du projet européen et des institutions
européennes? Comment structurer la vie politique et
l'espace politique européen dans une Europe élargie?
Comment faire de l'Union un facteur de stabilisation et un
repère dans le monde nouveau, multipolaire?
Pour
trouver des réponses, il faut poser une série de
questions ciblées.
Une meilleure répartition
et définition des compétences dans l'Union
européenne
Le citoyen nourrit souvent à
l'égard de l'Union européenne des attentes
auxquelles elle ne répond pas toujours; à
l'inverse, il a parfois l'impression que l'Union en fait trop
dans des domaines où son intervention n'est pas toujours
indispensable. Il faut donc rendre plus claire la répartition
des compétences entre l'Union et les États
membres, la simplifier et l'ajuster à la lumière
des nouveaux défis auxquels l'Union est confrontée.
Pour ce faire, on peut aussi bien restituer certaines tâches
aux États membres que confier de nouvelles missions à
l'Union ou élargir les compétences actuelles. À
cet égard, il ne faut jamais perdre de vue l'égalité
et la solidarité entre les États membres.
Une
première série de questions à poser
concerne la manière de rendre la répartition des
compétences plus transparente. Pouvons-nous à cet
effet établir une distinction plus claire entre trois
types de compétences, à savoir les compétences
exclusives de l'Union, les compétences des États
membres et les compétences partagées de l'Union
et des États membres ? À quel niveau les
compétences sont-elles exercées le plus
efficacement? Comment appliquer ici le principe de
subsidiarité? Ne faut-il pas préciser que toute
compétence que les traités ne confèrent
pas à l'Union appartient exclusivement aux États
membres ? Quelles en sont les conséquences ?
Une
autre série de questions a pour but d'examiner, dans ce
cadre renouvelé et dans le respect de l'acquis
communautaire, s'il n'y a pas lieu d'ajuster les compétences.
Comment les attentes des citoyens peuvent elles servir de fil
conducteur à cette fin? Quelles missions pourraient en
résulter pour l'Union? Et, inversement, quelles tâches
serait-il préférable de laisser aux États
membres? Quelles sont les modifications nécessaires à
apporter dans le traité aux différentes
politiques? Comment formuler, par exemple, une politique
extérieure commune et une politique de défense
plus cohérentes? Faut-il réactualiser les
missions de Petersberg? Voulons-nous adopter une approche plus
intégrée en ce qui concerne la coopération
policière et en matière pénale? Comment
renforcer la coordination des politiques économiques?
Comment pouvons-nous intensifier la coopération dans les
domaines de l'insertion sociale, de l'environnement, de la
santé, de la sûreté des aliments? Par
contre, ne faut-il pas laisser de manière plus explicite
la gestion quotidienne et l'exécution de la politique de
l'Union aux États membres et, là où leur
Constitution le prévoit, aux régions? Ne
doivent-ils pas avoir la garantie qu'on ne touchera pas à
leurs compétences?
Se pose enfin la question de
savoir comment garantir que la nouvelle répartition des
compétences ne conduira pas à un élargissement
furtif des compétences de l'Union ou qu'elle n'empiétera
pas sur les domaines qui relèvent de la compétence
exclusive des États membres et, le cas échéant,
des régions. Comment veiller en même temps à
ce que la dynamique européenne ne s'affaiblisse pas? En
effet, il faut qu'à l'avenir aussi l'Union soit en
mesure de réagir à de nouveaux défis et
développements et de sonder de nouveaux domaines
d'action. A cette fin, faut-il revoir les articles 95 et 308 du
traité, à la lumière de l'acquis
jurisprudentiel?
La simplification des instruments de
l'Union
La question de savoir qui fait quoi n'est pas la
seule importante; il importe tout autant de déterminer
comment l'Union agit et quels sont les instruments qu'elle
utilise. Les modifications successives des traités ont à
chaque fois entraîné une prolifération
d'instruments. Et les directives ont progressivement évolué
pour devenir des actes législatifs de plus en plus
détaillés. Il est donc essentiel de se demander
si les différents instruments de l'Union ne doivent pas
être mieux circonscrits et s'il ne faut pas en réduire
le nombre.
En d'autres termes, faut-il introduire une
distinction entre mesures législatives et mesures
d'exécution? Faut-il réduire le nombre des
instruments législatifs: normes directes,
législation?cadre et instruments non contraignants
(avis, recommandations, coordination ouverte)? Est-il
souhaitable ou non de recourir plus souvent aux
législations-cadres qui laissent plus de latitude aux
États membres pour réaliser les objectifs
politiques? Pour quelles compétences la coordination
ouverte et la reconnaissance mutuelle sont-elles les
instruments les plus appropriés? Le principe de
proportionnalité reste-t-il le principe de
base?
Davantage de démocratie, de transparence et
d'efficacité dans l'Union européenne
L'Union
européenne puise sa légitimité dans les
valeurs démocratiques qu'elle véhicule, les
objectifs qu'elle poursuit et les compétences et
instruments dont elle dispose. Mais le projet européen
tire aussi sa légitimité d'institutions
démocratiques, transparentes et efficaces. Les
parlements nationaux eux aussi contribuent à légitimer
le projet européen.
La déclaration sur
l'avenir de l'Union, annexée au traité de Nice, a
souligné la nécessité d'examiner leur rôle
dans la construction européenne. Plus généralement,
il convient de s'interroger sur les initiatives que nous
pouvons prendre pour créer un espace public européen.
La
première question à se poser est de savoir
comment nous pouvons augmenter la légitimité
démocratique et la transparence des institutions
actuelles, et elle vaut pour les trois institutions.
Comment
peut-on renforcer l'autorité et l'efficacité de
la Commission européenne? Comment doit être
désigné le président de la Commission :
par le Conseil européen, par le Parlement européen
ou par l'élection directe par les citoyens? Faut-il
renforcer le rôle du Parlement européen? Faut-il
ou non élargir le droit de codécision? Faut-il
revoir le mode d'élection des membres du Parlement
européen? Convient-il de créer une
circonscription électorale européenne ou de
maintenir des circonscriptions électorales fixées
au niveau national? Peut-on combiner les deux systèmes?
Faut-il renforcer le rôle du Conseil? Le Conseil doit-il
intervenir de la même manière quand il agit en
tant que législateur et dans le cadre de ses compétences
d'exécution? Faut-il pour accroître la
transparence, que les sessions du Conseil soient publiques, en
tout cas lorsque le Conseil agit en sa capacité de
législateur? Le citoyen doit-il avoir plus d'accès
aux documents du Conseil? Enfin, comment garantir l'équilibre
et le contrôle mutuel entre les institutions?
Une
deuxième question, qui a également trait à
la légitimité démocratique, concerne le
rôle des parlements nationaux. Doivent-ils être
représentés dans une nouvelle institution, à
côté du Conseil et du Parlement européen?
Doivent-ils jouer un rôle dans les domaines de l'action
européenne pour lesquels le Parlement européen
n'est pas compétent? Doivent-ils se concentrer sur la
répartition des compétences entre l'Union et les
États membres, par exemple par un contrôle
préalable du respect du principe de subsidiarité?
La
troisième question à se poser porte sur les
moyens d'améliorer l'efficacité du processus
décisionnel et le fonctionnement des institutions dans
une Union de quelque trente États membres. Comment
l'Union pourrait-elle mieux fixer ses objectifs et ses
priorités et en assurer une meilleure mise en *uvre?
Faut-il davantage de décisions prises à la
majorité qualifiée? Comment simplifier et
accélérer la procédure de codécision
entre le Conseil et le Parlement européen? Peut-on
garder la rotation semestrielle de la présidence de
l'Union? Quel sera le rôle futur du Parlement européen?
Qu'adviendra-t-il à l'avenir du rôle et de la
structure des différentes formations du Conseil? Comment
accroître par ailleurs la cohérence de la
politique étrangère européenne? Comment
renforcer la synergie entre le Haut Représentant et le
Commissaire compétent pour ces questions? Devons-nous
renforcer encore la représentation de l'Union dans les
enceintes internationales?
La voie vers une Constitution
pour les citoyens européens
L'Union européenne
fonctionne actuellement avec quatre traités. Les
bjectifs, les compétences et les instruments politiques
de l'Union se trouvent dispersés dans l'ensemble de ces
traités. Si l'on veut plus de transparence, une
simplification est indispensable.
Quatre séries de
questions peuvent être posées à cet égard.
La première concerne la simplification des traités
actuels sans en changer le contenu. Faut-il revoir la
distinction entre l'Union et les Communautés? Que faire
de la division en trois piliers?
Il faut ensuite réfléchir
à un éventuel réaménagement des
traités. Faut-il faire une distinction entre un traité
de base et les autres dispositions des traités? Cette
distinction doit-elle être concrétisée par
une scission des textes? Cela peut-il conduire à faire
une distinction entre les procédures de modification et
de ratification pour le traité de base et les autres
dispositions des traités?
Il faut ensuite se demander
si la Charte des droits fondamentaux doit être intégrée
dans le traité de base e se poser la question de
l'adhésion de la Communauté européenne à
la Convention européenne des droits de l'homme.
Se
pose enfin la question de savoir si cette simplification et ce
réaménagement ne devraient pas conduire à
terme à l'adoption d'un texte constitutionnel. Quels
devraient être les éléments essentiels
d'une telle Constitution? Les valeurs auxquelles l'Union est
attachée, les droits fondamentaux et les devoirs des
citoyens, les relations des États membres dans l'Union?
LA
CONVOCATION D'UNE CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE
Pour
assurer une préparation aussi large et aussi
transparente que possible de la prochaine Conférence
intergouvernementale, le Conseil européen a décidé
de convoquer une Convention rassemblant les principales parties
prenantes au débat sur l'avenir de l'Union. Compte tenu
de ce qui précède, cette Convention aura pour
tâche d'examiner les questions essentielles que soulève
le développement futur de l'Union et de rechercher les
différentes réponses possibles.
Le Conseil
européen a désigné M. V. Giscard d'Estaing
comme Président de la Convention et MM. G. Amato et J.L.
Dehaene comme Vice-Présidents.
Composition
Outre
son Président et ses deux Vice-Présidents, la
Convention sera composée de 15 représentants des
chefs d'État ou de gouvernement des États membres
(1 par État membre), de 30 membres des parlements
nationaux (2 par État membre), de 16 membres du
Parlement européen et de deux représentant de la
Commission. Les pays candidats à l'adhésion
participeront à part entière aux travaux de la
Convention. Ils seront représentés dans les mêmes
conditions que les États membres actuels (un
représentant du gouvernement et deux membres du
parlement national) et participeront aux délibérations
sans toutefois pouvoir empêcher le consensus qui se
dégagerait entre les États membres.
Les
membres de la Convention ne pourront se faire remplacer par
leurs suppléants que s'ils sont absents. Les membres
suppléants seront désignés de la même
manière que les membres effectifs.
Le Présidium
de la Convention sera composé du Président de la
Convention, des deux Vice-Présidents de la Convention et
de neuf membres issus de la Convention (les représentant
de tous les gouvernements qui pendant la Convention exercent la
présidence du Conseil, deux représentants des
parlements nationaux, deux représentants des membres du
Parlement européen et deux représentants de la
Commission.
Seront invités comme observateurs trois
représentants du Comité économique et
social et trois représentants des partenaires sociaux
européens, auxquels s'ajouteront, au nom du Comité
des régions, six représentants (à désigner
par le Comité des régions parmi les régions,
les villes et les régions dotées de pouvoirs
législatifs), ainsi que le médiateur européen.
Le Président de la Cour de Justice et celui de la Cour
des comptes pourront s'exprimer devant la Convention à
l'invitation du Présidium.
Durée des
travaux
La Convention tiendra sa séance
inaugurale le 1er mars 2002. A cette occasion, elle procédera
à la désignation de son Présidium et
arrêtera ses méthodes de travail. Les travaux
s'achèveront après une année, à
temps pour permettre au Président de la Convention d'en
présenter les résultats au Conseil
européen.
Méthodes de travail
Le
Président préparera le début des travaux
de la Convention en tirant les enseignements du débat
public. Le Présidium aura un rôle d'impulsion et
fournira une première base de travail pour la
Convention.
Le Présidium pourra consulter les
services de la Commission et les experts de son choix sur toute
question technique qu'il jugerait utile d'approfondir. Il
pourra créer des groupes de travail ad hoc.
Le
Conseil se tiendra informé de l'état d'avancement
des travaux de la Convention. Le Président de la
Convention présentera un rapport oral sur l'état
d'avancement des travaux à chaque Conseil européen,
ce qui permettra, par la même occasion, de recueillir le
sentiment des Chefs d'État ou de gouvernement.
La
Convention se réunira à Bruxelles. Les débats
de la Convention et l'ensemble des documents officiels seront
publics. La Convention travaillera dans les onze langues de
travail de l'Union.
Document final
La Convention
étudiera les différentes questions. Elle établira
un document final qui pourra comprendre soit différentes
options, en précisant le soutien qu'elles ont recueilli,
soit des recommandations en cas de consensus.
Avec le
résultat des débats nationaux sur l'avenir de
l'Union, le document final servira de point de départ
pour les discussions de la Conférence
intergouvernementale, qui prendra les décisions
définitives.
Forum
Pour élargir le
débat et y associer l'ensemble des citoyens, un Forum
sera ouvert aux organisations représentant la société
civile (partenaires sociaux, milieux économiques,
organisations non gouvernementales, milieux académiques,
etc.). Il s'agira d'un réseau structuré
d'organisations qui seront régulièrement
informées des travaux de la Convention. Leurs
contributions seront versées au débat. Ces
organisations pourront être auditionnées ou
consultées sur des sujets particuliers selon des
modalités à déterminer par le
Présidium.
Secrétariat
Le Présidium
sera assisté par un Secrétariat de la Convention,
qui sera assuré par le Secrétariat général
du Conseil. Des experts de la Commission et du Parlement
européen pourront en faire
partie.
http://www.belgium.fgov.be/europ/fr_decla_laeken.htm