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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
La
procédure budgétaire européenne Supplément
du Carré d'Europe N°14 PRINTEMPS 2003
Le
Parlement Européen et le Conseil des Ministres des
finances constituent "l¹Autorité budgétaire"
qui élabore le budget annuel de l¹Union Européenne.
Á chaque institution européenne correspond une
section du budget, mais c¹est la "Section 3",
celle de la Commission, qui est la plus importante, avec 98 %
du budget pour financer toutes les politiques communautaires.
Quelques fonds, comme le Fonds Européen de
Développement, sont bizarrement encore "hors
budget". Le budget comprend des Dépenses
Obligatoires (DO) telles les dépenses agricoles ou liées
aux accords internationaux, et des Dépenses Non
Obligatoires (DNO). Sur les DO, représentant pourtant
3/4 du budget (!), le rôle du Parlement est réduit,
le Conseil ayant le dernier mot. Par ailleurs, les Accords
Inter-Institutionnels (AII), et les Perspectives Financières
(PF), adoptés par le Conseil Européen pour 6 ans,
fixent les répartitions des sommes entre institutions et
leurs variations maximales. Dès lors, même sur les
DNO, le Parlement, terriblement corseté, ne peut
modifier que peu de choses. En juin, chaque année, un
avant-projet de budget est transmis par la Commission au
Parlement et au Conseil. Ces derniers s¹entendent alors
sur un projet de budget, voté par le Parlement en 1ère
lecture début automne, après de longs débats
en commissions. Le Parlement peut amender ce projet à
la majorité absolue de ses membres pour les DO (314
voix), et à la majorité simple pour les DNO. En
novembre, le Conseil délibère définitivement
sur les DO ainsi amendées. En décembre, le
Parlement, en 2ème lecture, arrête, lui, les DNO
après avis du Conseil. Le budget global est alors
adopté par le Parlement, sauf si 314 de ses 626 députés,
représentant 3/5e des exprimés, votent contre (ce
qui est arrivé une seule fois, en 1985). Dans ce cas,
c¹est le budget de l¹année précédente
qui est reconduit, ligne à ligne. Mais il est clair que
tout est fait pour brider le pouvoir budgétaire du
Parlement... La signature de la présidence du
Parlement rend le budget exécutoire. Dans l¹année
qui suit, la très puissante COCOBU (COmmission du
COntrôle BUdgétaire) du Parlement vérifie
la bonne exécution du budget. Mais cette vérification
est essentiellement comptable, car l¹Union a peu de moyens
d¹apprécier sur le terrain l¹utilisation de
ses deniers. Les fraudes, parfois considérables, sont
difficiles à sanctioner car le Parlement accorde la
"Décharge" (quitus de bonne exécution)
essentiellement sur la base du rapport annuel de la Cour des
Comptes Européenne. Cette procédure
budgétaire nécessite, selon les Verts, une
refonte complète : - Que le Parlement se
prononce aussi sur les recettes et que celles-ci (actuellement
simples contributions des États) soient remplacées
par un impôt européen (progressif et basé
sur des critères environnementaux et sociaux) se
substituant à une partie des impôts nationaux -
Que les entraves au pouvoir politique du Parlement (DO, DNO,
AII, PF, seuils de vote...) soient supprimées - Que
les ressources budgétaires de l¹Union soit
augmentées à la mesure de son ambition
politique (actuelles ressources : 1,27 % du PNB de l¹Union,
budget fédéral américain : 20 % de
leur PNB) - Que la répression des fraudes soit
renforcée par la création d¹un corps
d¹inspecteurs et d¹un procureur européens.
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