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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Les
Institutions juridiques européennes
Supplément
du Carré d'Europe N°14 PRINTEMPS 2003
L'Union
européenne s'est dotée, à Luxembourg, de
deux instances judiciaires : la Cour de justice, créée
en 1952, et le Tribunal de Première Instance,
créé en 1988. La Cour Européenne des
Droits de l'Homme (CEDH), qui siège à Strasbourg,
dépend quant à elle du Conseil de l'Europe (43
États membres) et non de l¹Union européenne.
La CEDH examine sans appel - après épuisement de
tous les recours nationaux les dossiers - de ceux qui
s'estiment victimes d'une violation de droits fondamentaux. La
Cour de justice, composée de 15 (*) juges et de 9 (*)
avocats généraux nommés pour 6 ans par les
États membres, donne une interprétation cohérente
du droit communautaire (traités, directives, décisions
de la Banque Centrale Européenne, etc.) et veille à
son respect . Ses recours sont de 4 ordres : Manquement
: Sur recours de la Commission européenne ou d'un État
membre, la Cour peut constater un manquement et peut demander à
l'Ètat incriminé d¹y mettre fin sous peine
d'amende. Annulation : Sur recours du Conseil, de la
Commission, du Parlement, d¹un État membre ou de la
Cour européenne des comptes, la Cour de justice peut
annuler tout ou partie d'une disposition communautaire illégale
par rapport aux traités. Carence : Sur recours
de la Commission ou du Parlement, la Cour de justice peut
constater une carence dans le droit communautaire, et demander
au Conseil et à la Commission de combler ce vide
juridique. Réparation : La Cour peut
déterminer la responsabilité de la Commission
pour des dommages causés par les institutions ou leurs
agents, et déterminer les éventuelles
réparations. La Cour est l'instance d'appel du
Tribunal de Première Instance, et l'interlocuteur des
juges nationaux qui demandent une interprétation du
droit européen. Elle est consultée avant la
signature d'accords internationaux afin d'en vérifier la
compatibilité avec les traités. Le Tribunal de
première instance, composé de 15 (*)
magistrats nommés pour 6 ans par les États
membres, aide la Cour de justice pour les 4 types de recours
introduits non par des institutions européennes mais par
des personnes morales ou physiques contre des décisions
des institutions européennes. Le traité de
Nice a amélioré ce dispositif à la marge :
le Parlement Européen verra son droit de recours
élargi, et des chambres juridictionnelles spécialisées
créées pour accélérer les
procédures. Pour autant, Cour et Tribunal ne sont
toujours pas compétents sur la sécurité
publique ou la suppression des contrôles aux frontières.
La coopération judiciaire progresse via l'unité
"Eurojust", mais la demande du Parlement Européen
d'un "Procureur européen" traquant les
fraudeurs partout dans l'Union, n¹a pas abouti. Quant à
la Charte des Droits Fondamentaux, elle n'est pas encore le
socle du droit européen. La primauté du
droit européen La jurisprudence fait que tout
citoyen peut demander qu'une loi nationale ne lui soit pas
appliquée si elle est contraire à la législation
européenne. Depuis 1962, le droit communautaire est
d'application immédiate dans les États membres,
et depuis 1964 la règle communautaire a primauté
sur la règle nationale.
(*) Les nombres de
magistrats indiqués correspondent à "l'Europe
des Quinze", donc avant l'élargissement de l'Union
prévue pour mai 2004.
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