La
cour des comptes européennes
Carré
d'Europe N°12
AUTOMNE 2002
La
Cour des Comptes est une des 5 institutions de l’Union
européenne avec le Parlement, le Conseil, la Commission
et la Cour de justice. Elle a été crée par
un traité en 1977, et siège à Luxembourg.
Sa mission est de contrôler la bonne exécution du
Budget de l’UE (régularité et efficacité),
dans le double but d’améliorer les dépenses
et les recettes, et de rendre compte aux citoyens. Elle est
composée de 15 membres (1 par Etat membre) nommés
pour 6 ans par le Conseil, après consultation du PE. Ses
délibérations sont adoptées à la
majorité simple.
Dans un soucis d’indépendance
indispensable à son objectif, la Cour des comptes décide
seule de son fonctionnement, du calendrier et de l’organisation
de ses contrôles, et de la publication de ses rapports
(un rapport général annuel et des rapports
thématiques spéciaux).
Son champ d’action
couvre évidemment les institutions européennes,
mais également tout organisme ou personne gérant
ou recevant des fonds de l’UE, à l’échelon
international, européen, national ou local.
Elle est
obligatoirement consultée pour avis avant l’adoption
de toute réglementation européenne à
caractère financier. De plus, son rapport annuel est un
élément important dans la procédure de
décharge du PE et du Conseil envers la Commission.
En
cas de constat de mauvaise gestion, la Cour de comptes, malgré
son nom, n’a pas de pouvoir de sanctions. Elle ne peut
qu’informer les autorités européennes
compétentes (OLAF notamment).
La
Cour conclut également ses rapports par des séries
de propositions de réformes afin de corriger les
dysfonctionnements constatés.
Les traités en
ont fait seulement un organe de contrôle a posteriori,
mais la Cour des Comptes est une autorité incontestée
dont l’influence sur l’évolution des budgets
communautaires est marquante.
La
Cour a rendu en février dernier un rapport spécial
sur les programmes Socrates et Jeunesse pour l’Europe. La
Cour y a constaté une trop grande complexité dans
la conception des programmes, permettant des interprétations
différentes. Elle y a également relevé un
manque de clarté dans la définition des
objectifs. Les intermédiaires techniques européens
auraient eu des coûts de fonctionnement trop onéreux
alors que les relais nationaux auraient manqué de
moyens. La Cour a enfin relevé des lourdeurs
administratives et techniques ainsi que des irrégularités
dans certains projets financés (ces dossiers ont été
transmis à l’OLAF).