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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
Les
perspectives financières Carré
d'Europe N°12 ETE 2005
Au
cours des années 80, l'équilibre financier de
l'Europe s'est dégradé. La procédure
budgétaire annuelle s'est avérée de plus
en plus difficile à mener, à cause de
l'inadaptation croissante entre les ressources communautaires
et les besoins de l'Union. Des crises budgétaires
successives ont conduit le "Triangle institutionnel"
(Parlement européen, Conseil et Commission) à
convenir d'une méthode améliorant le déroulement
et la discipline budgétaires. Il s'agissait là
d'un "AII", un Accord Inter Institutionnel.
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Ont
ainsi été créées les "Perspectives
Financières" (PF) qui définissent le
cadre et les priorités budgétaires de l'Union
sur une période de plusieurs années. Elles
prévoient un double plafonnement : d'une part celui de
la dépense totale, et d'autre part pour chaque poste
budgétaire. Il ne s'agit pourtant pas d'un budget
pluriannuel fixe : c'est toujours la procédure
budgétaire annuelle entre Parlement et Conseil qui
détermine le niveau réel des dépenses et
leurs ventilations (PAC, Fonds structurels,...). Les PF se
penchent donc sur les "dépenses" de l'Union,
mais leur définition restent bizarrement découplée
de celle des "Ressources Propres" (RP), ses
recettes.
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À
ce jour, 3 perspectives financières ont été
adoptées : 1988/1992 (dites "Paquet Delors I"),
1993/1999 (dites "Paquet Delors II"), 2000/2006
(dites "Agenda 2000"). Les PF pour la période
2007/2013 doivent être adoptées par le Conseil et
le Parlement avant fin 2005.
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Les
négociations entre États membres s'annoncent
particulièrement houleuses, notamment parce s'y
affrontent les actuels "contributeurs nets" qui
veulent verser moins, et les autres qui veulent toujours
autant (ou plus) d'aides européennes.
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Fin
2003, les six principaux contributeurs nets (Allemagne,
Autriche, France, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) ont
adressé une lettre à la Commission demandant un
plafonnement, dès 2007, du budget communautaire à
1 % du Revenu National Brut (RNB) de l'Union (contre les 1,24
% du plafond théorique actuel), arguant que l'Union
devait faire les même efforts de sobriété
que leurs budgets nationaux. La Commission a rejeté
cette idée (proposant 1,14% du RNB, soit 143 milliards
d'euros/an en 2013) déclarant que les objectifs fixés
à une Union - désormais élargie -
seraient impossibles à réaliser avec de tels
moyens réduits. À titre de comparaison, les USA
mettent en commun, dans leur budget fédéral,
près de 20 % du RNB de leurs 50 États...
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Les
Verts plaident pour que l'on couple enfin les débats
sur les RP et sur les PF, afin de donner une cohérence
financière au projet européen. Cela passe aussi
par un transfert d'une part des impôts nationaux vers
un nouvel impôt européen - dont l'assiette
serait les écotaxes et la taxation des mouvements
spéculatifs - afin de dégager des économies
d'échelles et des synergies. Pour le groupe Vert/ALE,
les paramètres d'attribution des fonds européens
doivent également être totalement refondus pour
intégrer prioritairement les indicateurs sociaux et
environnementaux.
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