La
déclaration écrite
Carré
d'Europe N°8
AUTOMNE 2001
En
dehors des procédures habituelles d'adoption de textes
par vote en séance plénière, le Parlement
européen a la possibilité de s'exprimer par le
biais de la "déclaration écrite".
Il
suffit pour cela que des eurodéputés (5 au
maximum) proposent aux autres parlementaires d'adopter, sans
débat, un texte en y apposant leur signature. Ce texte,
appelé "Déclaration écrite",
doit être court (il ne peut dépasser les 200 mots)
et doit porter sur un sujet qui entre dans les compétences
de l'Union européenne.
Chaque mois, deux ou trois
nouvelles déclarations écrites sont ainsi
proposées. Cependant, pour être adoptée et
considérée comme position officielle du Parlement
européen, chaque déclaration doit avoir réuni,
dans un délai de trois mois, les signatures de la
majorité des 626 députés, soit 314
paraphes au moins.
Pour apporter son soutien à une
déclaration écrite, chaque député
doit se rendre en personne dans un bureau spécial du
Parlement, et apposer personnellement sa signature sur un
registre prévu à cet effet. Cette procédure,
moins aisée que le vote en plénière,
semble être assez contraignante puisque les statistiques
montrent que seules deux ou trois déclarations écrites
réussissent chaque année à obtenir le
nombre de signatures requises avant la "date de
forclusion".
Les
textes ainsi adoptés n'ont pas force de loi mais, par
leur poids symbolique, permettent bien souvent à leurs
auteurs de lancer ou relancer, bien au-delà des murs du
Parlement, le débat sur tel ou tel sujet. Daniel
Cohn-Bendit et Gérard Onesta ont par exemple utilisé
une telle procédure pour rappeler l'urgence d'une
Constitution européenne.
C'est aussi une façon
de compter alliés et adversaires d'une cause dans
l'hémicycle. Ainsi le groupe des Verts, aidé de
nombreuses ONG, a combattu farouchement, et avec succès,
le projet de déclaration écrite des députés
chasseurs qui demandaient la révision de la directive
"oiseaux".