Bruxelles mise sur la communication pour raccrocher les citoyens à l'Europe (PAPIER GENERAL)

AUD

1 February 2006

12:00

Agence France Presse

BRUXELLES, 1 fév 2006 (AFP) -

La Commission européenne entend combler le "fossé" qui sépare les citoyens de leurs institutions grâce à une meilleure communication, une stratégie qui laisse sceptique certains eurodéputés pour qui des actions concrètes et une remise en cause politique sont aussi nécessaires.

"Nul n'ignore qu'il existe un fossé entre l'Union européenne et ses citoyens", reconnaît mercredi Bruxelles dans un document présentant sa politique de communication.

Pour l'exécutif européen, les citoyens "éprouvent envers +Bruxelles+ un sentiment de désaffection". Et l'une des raisons en est, à ses yeux, "le développement insuffisant de la +sphère publique européenne+ permettant au débat européen de se déployer".

Un récent sondage, réalisé quelques mois après le rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais, a confirmé que l'UE perdait de plus en plus le soutien de ses citoyens.

Seuls 44% des personnes interrogées, contre 47% au printemps 2005, associaient l'Union à une image positive. Et 34% d'entre elles affirmaient ne pas avoir confiance en ses institutions - Commission comme Parlement européen.

Pour remédier à cette situation, Bruxelles compte sur les institutions européennes mais aussi sur les pouvoirs publics nationaux, régionaux, locaux ou encore la société civile.

"Sans la participation active des Etats membres et de nos dirigeants européens, ça ne marchera pas", a déclaré devant la presse la commissaire européenne à la Communication, Margot Wallström.

L'exécutif européen propose "d'améliorer l'éducation civique", non pas tellement pour renforcer les programmes scolaires sur l'Europe mais plutôt pour "aider les personnes de tout âge" à utiliser des outils comme internet leur donnant accès au débat.

Il mise aussi sur des "espaces de rencontre" pour accueillir des "événements culturels et politiques liés à l'Europe" et une meilleure "collaboration" avec les médias pour remédier à une couverture des questions européennes jugée "limitée et fragmentée".

Pour l'eurodéputé Vert Gérard Onesta, le ton du document, où s'enchaînent des termes comme "inclusion", "participation" ou encore "implication des citoyens", est "très tendance".

Mais l'élu français regrette qu'il n'y ait pas "le début d'une remise en cause politique" et que la Commission ne se demande pas si les Français et les Néerlandais n'auraient pas aussi voté "non" à la Constitution à cause du "virage libéral" de sa politique.

Pour Andrew Duff, membre du groupe des Libéraux et Démocrates (ALDE, centre), "la théorie" de la Commission est "assez bonne".

Mais il faut voir ce qu'elle donne "en pratique", ajoute l'eurodéputé britannique, relevant la faible part du budget européen réservé à la culture. De toute façon, mieux communiquer "n'apportera pas toute la réponse" à la "crise politique".

Après les référendums négatifs en France et aux Pays-Bas, "on a une occasion de se remettre en cause, par rapport à ce qu'on fait et la manière dont on le communique", renchérit Françoise Grossetête, membre du Parti populaire européen (PPE/droite).

En soi, l'initiative de la Commission est "très bonne", mais elle manque de "concret", regrette l'élue française, qui verrait bien des "spots" de quelques minutes aux heures de grande écoute à la télévision ou au cinéma pour expliquer l'Europe.

aud/phr/phc

 

Politik

Europa soll für alle verständlich werden

 

2 February 2006

Süddeutsche Zeitung

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German

(c) 2006 Süddeutsche Zeitung

Das Fehlen einer "europäischen Öffentlichkeit" ist für die Kommission in Brüssel einer der Gründe, warum die EU-Politik so häufig auf Unverständnis stößt. Um das zu ändern, hat sie jetzt neue Vorschläge gemacht. Dazu zählen "digital vernetzte europäische Büchereien" und ein "Netzwerk europäischer Lehrer". Außerdem will sie "virtuelle Europa-Treffpunkte" einrichten, und sie ermuntert die Mitgliedstaaten bis hinunter zu den Gemeinden, einfache Bürger über Europa ins Gespräch zu bringen. Die Kommission kann sich ein "europäisches Meinungsforschungsinstitut" vorstellen, und sie verspricht die Medien besser zu bedienen. Ihr eigener Apparat soll ein "menschliches Gesicht" annehmen, und alle Vorschläge, die das Haus verlassen, sollen künftig eine "allgemein verständliche Erklärung" bekommen.

Die Liste des guten Willens der EU-Kommunikationskommissarin Margot Wallström bleibt allerdings noch weitgehend im Brüsseler Jargon verhaftet und nennt sich "Weißbuch". Ein anderes Wort dafür wäre: Diskussionsgrundlage. Das Dokument ist die Aufforderung an "Unionsbürger und Betroffene", sich in den nächsten Wochen über die Europa-Webseite "europa.eu.int" darüber auszutauschen, was sie von einer neuen europäischen Kommunikationspolitik erwarten. Die Kommission will die Kommentare prüfen und zum Juni-Gipfel der Regierungen einen Aktionsplan vorlegen.

Die Vorschläge sind weniger von Originalität als von gesundem Menschenverstand geprägt. Margot Wallström mag sich über Kritik hinwegtrösten mit der Einsicht, dass Europa von unten aufgebaut werden muss. Auch ihr Papier wird erst durch die Reaktionen lebendig werden. Die ersten Kommentare kamen aus dem Europaparlament in Straßburg. Der Abgeordnete Jo Leinen (SPD) beklagte, für eine echte europäische Kommunikationspolitik gebe es viel zu wenig Geld. Gérard Onesta von den Grünen höhnte, das "wirtschaftsliberale" Europa müsse nicht besser kommuniziert, sondern "geändert" werden.

Schärfer war da schon eine Warnung aus dem Kreis der Brüsseler Journalisten. Die Idee der Kommission, eine "hinreichend unabhängige Nachrichtenagentur" zu finanzieren, stieß verständlicherweise nicht auf Gegenliebe.

Cornelia Bolesch

Isabelle Zerrouk

Attachée de presse

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