Relance
du processus constitutionnel européen

Il
y a maintenant longtemps que le train constitutionnel européen
a déraillé.
L'empilement
de plans pour tenter de le remettre sur rails brille par sa
quantité, mais pas toujours par sa qualité. Leurs
auteurs couvrent pourtant tous les registres : du fossoyage
masqué, à l'utopie généreuse mais
farfelue, en passant par des thèses minimalistes qui
oscillent entre cynisme calculé et efficacité
très relative.
Le
scénario que je présente ici entend ouvrir
posément une voie pragmatique, peut être la seule
viable en l'état des réalités politiques
et juridiques. En contournant bien des écueils, il
permettrait de déboucher dans un délai
raisonnable sur l'adoption d'une première Constitution
européenne que l'actualité rend, chaque jour,
plus indispensable.
En
l'absence désormais avérée de plans B, C
ou Z, la thèse développée dans les pages
qui suivent est largement basée sur le "Plan A",
c'est-à-dire sur le dispositif issu de la Convention.
Celui-ci s'avère, finalement, être le seul
"matériau" encore utilisable. Mais ce projet
initial, au ressort irrémédiablement cassé,
ne peut plus aujourd'hui, en l'état, espérer
arriver à terme. Pour devenir opérationnel, il
doit être reformaté dans sa structure, et régénéré
dans ses perspectives. Une profonde métamorphose s'opère
parfois en peu de choses : le "Plan A +" entend le
démontrer.
Cette
proposition globale, et sans doute ambitieuse, se présente
sous forme de trois cahiers indissociables. Le premier de ces
cahiers expose ma démarche, évoquant l'état
des lieux, étudiant les diverses hypothèses et
explicitant une méthodologie complète pour une
sortie de crise réaliste. Le deuxième cahier
forme le nouveau texte constitutionnel tel qu'il apparaîtrait
au sortir du processus. Le troisième cahier regroupe les
accords européens de nature non constitutionnelle
existants (politiques, procédures, protocoles)
auparavant inclus dans l'ancien projet constitutionnel et qui
garderaient rang de Traité.
La
somme des cahiers N°2 et N°3 constitue donc
le résultat de la réflexion, en décrivant
- de façon enfin clairement différenciée -
un nouveau projet de Constitution européenne et un
nouveau projet de Traité européen. Ce texte en
deux volets est le fruit d'un patient travail de
"déconstruction / reconstruction" basé
sur le Traité établissant une Constitution
pour l'Europe tel qu'il avait été signé
à Rome le 29 octobre 2004. Ces deux cahiers reprennent
toutefois fidèlement l'ensemble des dispositions de cet
ancien Traité Constitutionnel. Comme expliqué
dans le premier cahier, la seule, courte - mais sûrement
décisive - modification de ce texte initial, porte sur
les modes de ratification et d'évolution future des deux
nouveaux documents.
Gérard
ONESTA
Vice Président du Parlement
européen
Membre de la Commission des Affaires
Constitutionnelles