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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Grandes oreilles

Les services secrets américains ont développé un fantastique système d’espionnage, appelé Echelon. Les "grandes oreilles" de ce Big Brother se sont perfectionnées au fur et à mesure des progrès technologiques, et s’intéressent à nos conversations téléphoniques, mais aussi à nos fax et messages électroniques. Au départ principalement destiné à contrer le communisme, Echelon s’est reconverti depuis dix ans dans l’espionnage industriel. Alerté par le Parlement européen en 1998 sur l’existence de ce réseau d’espionnage, le Commissaire Bangemann avait déclaré que "si ce système existait réellement, il s’agirait d’une violation des droits individuels et du citoyen, et d’une atteinte à la sécurité des Etats membres". Depuis quelques mois, le déclassement partiel de certains documents auparavant classés top secret a confirmé l’existence d’Echelon, dont les radars sont situés en plusieurs endroits de la planète (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), et qui trouve en Europe une tête de pont particulièrement accueillante : le Royaume-Uni, traditionnel allié de l’oncle Sam.
Paul Lannoye, député européen d’Ecolo (Belgique) dénonce ce scandale depuis plusieurs années, aidé par les révélations du journaliste anglais Duncan Campbell. Les médias européens ont enfin commencé à dévoiler l’affaire cet hiver, et le groupe des Verts/ALE a demandé que se constitue une commission d’enquête parlementaire pour examiner les "allégations d’infraction au droit communautaire due à l’existence et aux utilisations présumées du système Echelon". Pour cela, il faut réunir les signatures de 160 députés européens sur les 626 qui siègent à Strasbourg. Le soutien des socialistes français et des communistes et apparentés semble acquis. Affaire à suivre…