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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°13 – HIVER 2002-2003 L'Europe vue de l'Hémicycle
De Copenhague à Copenhague

La boucle est bouclée. Et dans la même ville. Car c'est en 1993, déjà dans la capitale danoise, qu'avaient été définis les critères qui allaient orienter tous les processus de réforme des futurs pays candidats. On imagine mal chez nous à quel point le respect de ces fameux "critères de Copenhague" - conditions d'entrée dans l'Union - devinrent une terrible exigence d'adaptation de la part de toute la société de ces pays.
Ces critères sont politiques (démocratie stable, respect les droits de l'Être Humain, notamment la protection des minorités), économiques (économie de marché viable, capable de faire face à la concurrence dans le marché intérieur de l¹Union) et juridiques (obligations de reprendre et d¹appliquer l¹ensemble de l¹acquis communautaire, euro inclus).
C'est lors d'un nouveau sommet de Copenhague, les 12 et 13 décembre 2002 que l'Union a "relevé les copies". Au prix de mille marchandages de dernière minute (un délai supplémentaire pour un tel, une exemption de taux de TVA pour un autre, une rallonge de quelques millions pour un troisièmeŠ) dix pays ont été formellement autorisés à rejoindre l¹Union le 1er mai 2004. Il s'agit de cinq pays d'Europe centrale : Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, de trois pays baltes : Lituanie, Estonie Lettonie, et deux Îles méditerranéennes : Chypre et Malte. Deux pays d'Europe orientale, la Bulgarie et la Roumanie - qui n'ont pu boucler à temps les dizaines de chapitres des réformes demandées - devront attendre au moins jusqu'en 2007.
Quant à la Turquie, d'abord furieuse, puis résignée, elle devra attendre 2005 pour savoir si elle peut simplement commencer à "plancher" à son tour. Il est vrai que le soutien appuyé des USA à la candidature d'Ankara a plutôt braqué les quinze. Gérard Onesta, amusé, a souligné "qu'on a tort de s'alarmer en imaginant la Turquie comme le Cheval de Troie américain, alors que l'Union tolère déjà dans ses eaux un porte avion US... la Grande Bretagne !". Mais Gérard est bien sûr conscient que la date de 2005 ajoute, sur le parcours turc, le veto possible de deux futurs membres de l'Union d'alors : la très catholique Pologne, inquiète de partager son toit avec l'Islam, mais aussi Chypre, qui digère mal l'occupation turque de sa partie nord.
Gérard Onesta
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e-mail :
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