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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°14 – PRINTEMPS 2003 L'Europe vue de l'Hémicycle
Et pendant ce temps, à la Convention…

Giscard d'Estaing, président de la Convention sur l'avenir de l'Union, avait annoncé que celle-ci accoucherait d'un texte constitutionnel "limpide et lyrique". À la lecture des premiers articles proposés par Giscard soi-même (voir site Internet du conventionnel et eurodéputé Vert, Johannes Voggenhuber : cliquez ici ) on sait déjà quelle ne sera ni l'une, ni l'autre. Au travers de milliers d'amendements, c'est à une vraie bataille de tranchées que se livrent fédéralistes et eurosceptiques. Ces derniers n'ont pas hésité, par la voix du représentant de Tony Blair, à proposer de détruire le fondement même de l'Union, rien de moins que la disposition qui instaure, depuis 1964, la primauté du droit communautaire ! S'il est aujourd'hui quasi certain qu'un texte sortira de cette enceinte, et qu'il s'appellera "Constitution", il ne sera pas à la hauteur des espérances des écologistes, et ce, d'autant plus qu'il devra ensuite être adopté à l'unanimité (!) par une Conférence Inter Gouvernementale dans laquelle les anti-européens sont légion. Gérard Onesta, membre la Commission des affaires constitutionnelles et en charge du suivi de la Convention au Bureau du Parlement Européen, en est à se demander s'il ne faut pas alors concentrer tous nos efforts sur l'article qui détaillera les clauses de révisions futures de ce texte (quel droit d'initiative ? quelle majorité ? quelle ratification ?) pour se donner les moyens - face aux blocages prévisibles de l'Union - de bonifier, dans un proche avenir, cette Loi fondamentale.