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OBSCUR
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Face à une opinion publique européenne incrédule, des sondages annoncent, chez nous, la victoire du Non.
Il est "savoureux" de constater que ces mêmes enquêtes montrent qu'une majorité de français espère,
cependant, la victoire du …Oui (!). C'est dire, peut-être, la gueule de bois politique que certains fins tacticiens se préparent…

CLAIR.
Le 12 janvier 2005, par 500 voix pour, 137 voix contre et 40 abstentions,le Parlement européen a appelé tous les citoyens a approuver la première Constitution continentale.

SOURIRE.
Édito à lire en écoutant "Hello, Goodbye" des Beatles : "You say Yes, I say No …You say Stop, but I Say Go, Go, Go...I Say High, You Say Low… You Say Why, and I Say I Don't Know..."



Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Pour qu'une autre Europe soit possible
L'Europe, telle qu'elle existe, est anxiogène.
L'omniprésence de l'économie, la faiblesse des régulations démocratiques, environnementales et sociales, la complexité et l'opacité des rouages - à juste titre - inquiètent… Refonder l'Union est donc une urgence. Le débat constitutionnel en cours devrait servir à cela, s'il ne s’envasait dans la caricature, l'amalgame ou l'instrumentalisation politicienne. Car comment espérer changer l'Europe, si l'on traite de vraies interrogations par la simple agitation de peurs, même fondées ?
S'il est crucial de critiquer - aux côtés des Verts - les OGM, l'OTAN, l'OMC et autres Bolkestein, est-il cohérent d'en rester là ? Peut-on refuser de se doter de réels moyens institutionnels pour combattre ENFIN ces infamies qui s'épanouissent à l'ombre de l'actuel Traité de Nice dont la pérennité semble, selon certains sondages, acquise ? Le "Non de droite" se régale d'avance : car il ne s'agirait pas simplement de jeter les idéaux européens avec l'eau du bain libéral : si l'on jetait le bébé, on garderait l'eau sale ! Et où trouver ensuite L'UNANIMITÉ requise pour modifier cette dévastation libérale dans un Conseil européen - dès lors seul décideur - et dont on sait les penchants coupables ?
À quoi sert-il de clamer qu'une autre Europe est possible, si l'on s'interdit d'en favoriser l'avènement ? Dans une cacophonie où seul le simplisme semble audible, il est - paraît-il - du dernier chic que de se dire "résistant" (sic) à la Constitution européenne. Drôle de "résistance" qui entend combattre un productivisme surpuissant, en refusant de "parachuter des armes au maquis" !
Anti-sociale cette Constitution ? Alors pourquoi, désavouant (certains) syndicats français, la Confédération Européenne des Syndicats, représentant 60 millions de travailleurs dans l'Union, affirme-t-elle le contraire ? Gravée dans le marbre ? Alors pourquoi le Parlement européen (se saisissant du marteau et du burin ?) a-t-il annoncé - à mon initiative et par un vote massif - qu'il allait se servir de son droit - nouveau - d'amendement que lui confèrerait cette Constitution, pour en proposer aussitôt des améliorations ?
Au-delà de ces évidences, la faiblesse structurelle du "Non" réside dans son incapacité à expliciter - on voit pourquoi - les suites de sa possible victoire. Le vide des perspectives du lendemain n'aurait-il d'égal que le confort de la veille ? Du coup, on porte vite le débat ailleurs, quitte à plomber le futur en l'indexant, par exemple, sur le cours miteux du "Raffarin"…
À l'heure où j'écris ces lignes, une seule certitude : le 30 mai, tous les anti-libéraux pro-européens sont condamnés à se retrouver. Car quelle que soit l'issue du référendum, l'avenir de notre continent restera à inventer. L'Europe de la Solidarité, de la Justice et de la Paix sera un dur combat. Je plaide juste aujourd'hui pour que celui-ci ne se déroule pas à main nue…
La Constitution est un outil. Essentiel.