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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Le modèle européen doit s’appliquer au Pays Basque selon l’eurodéputé Gérard Onesta
Une caution internationale peut faire aboutir un processus de paix même si "le Pays Basque doit faire le premier pas"
Le journal du Pays Basque
Le 9 février 2007

Cinq ingrédients sont indispensables pour faire la paix en Pays Basque selon Gérard Onesta. L’eurodéputé qui était hier soir à St-Jean-de-Luz pour un débat sur "l’art de la paix" a résumé son intervention quelques heures plus tôt au cours d’une conférence de presse. "Avant toute chose, on ne peut lancer un processus de paix que si les armes se sont tues depuis assez longtemps", a introduit Gérard Onesta. C’était le cas en Pays Basque, a-t-il indiqué en rappelant qu’il n’y avait pas eu de morts liés au conflit basque depuis trois ans.

Ensuite, tout le monde doit s’asseoir autour de la table. "Dans un processus de paix, il n’y a pas d’exclusive dans le dialogue, même si c’est difficile pour certains", ajoute l’eurodéputé. Selon lui, le troisième élément est qu’il ne faut pas présupposer du résultat. "Si on est vraiment démocrate et que l’on veut ramener la paix, il faut porter ses arguments et écouter ce qui se dit en face", continue-t-il.

Pour l’élu vert, quoi qu’il sorte des discussions, "c’est le citoyen qui doit trancher et non pas une officine de politiques".

"Pour le Pays Basque c’est un peu compliqué car on est sur deux pays mais après tout c’est aussi comme cela que s’est construite l’Europe", a commenté Gérard Onesta. "C’est ce modèle européen qui doit s’appliquer au Pays Basque. L’Europe s’est construite après un conflit au moins aussi important que le conflit basque puisqu’il ne s’agissait pas moins que de la deuxième guerre mondiale", a-t-il poursuivi. L’Europe, il la voit aussi comme la caution internationale indispensable à la résolution du conflit. "Si Madrid ou Paris sont seuls en charge de cette question, ça prendra beaucoup de temps". Et de citer le cas de l’Irlande : "quand l’Europe s’en mêle, ça peut aider à la concorde".

Cette recette, Gérard Onesta et "trois ou quatre illuminés" comme il se qualifie lui aussi, l’ont expliquée aux parlementaires européens pour aboutir 18 mois plus tard à Strasbourg, à un vote majoritaire de soutien au processus de paix basque.

"Malheureusement le compteur a été remis à zéro avec l’attentat de Madrid", avance-t-il. L’élu reconnaît que les dirigeants espagnols ont eu "une attitude mesquine" en ne donnant aucun signe positif en près de onze mois de cessez-le-feu d’ETA. "Mais entre la mesquinerie et le meurtre, je ne renvoie pas les deux parties dos à dos car faire couler le sang est bien plus grave", a déclaré l’eurodéputé. "Aujourd’hui, l’Europe ne peut aider que si le Pays Basque fait le premier pas. Il faut que la confiance puisse se réinstaurer et pour cela les Basques doivent donner des images encore plus fortes que l’effet que peut laisser la mort de deux innocents", a estimé Gérard Onesta.

Dans la soirée, l’ancien premier ministre français Michel Rocard et l’universitaire Jean-Pierre Massias sont aussi intervenus sur "l’art de la paix". Le débat était organisé par AB.