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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Légitimité citoyenne contre légalité en panne

Françoise Matricon, Bernard Voegeli, Fernand Odon - tous trois membres des Verts - et Marc Bosson, président de la Confédération paysanne de l'Ariège, ont été jugés le 5 septembre pour "destruction de récoltes en réunion". Ils risquaient jusqu'à 500 000 FF d'amende et 5 ans de prison ! Leur "crime" : avoir participé, avec 250 autres personnes, au fauchage d’une parcelle expérimentale de colza génétiquement modifié, et l’avoir ensuite publiquement revendiqué. Ce procès a donné lieu à une mobilisation de ceux qui, courageusement, résistent face à la manipulation du vivant par des multinationales sans scrupules. La dimension européenne était présente à ce “ petit Millau ”, à travers José Bové, en provenance de Biarritz où se réunissait le Conseil des ministres de l'Agriculture des 15, qui discutait des OGM; et Gérard Onesta, qui arrivait de Strasbourg où le clonage était à l’ordre du jour (lire l'article).
Rappel des faits. En 1998, le CETIOM (Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains), contrôlé par les industriels des oléagineux (stockeurs, huiliers, semenciers, producteurs), met en place une culture de colza transgénique à Gaudiès, en Ariège. En 1999, l'expérience est reconduite, portant sur la mesure du taux d'hybridation entre le colza transgénique et sa proche parente, la ravenelle. Les tests de laboratoire indiquaient pourtant déjà que l’hybridation existe avec d’autres plantes (moutarde…). Pourquoi alors prendre ce risque certain d'un test à grande échelle en pleine nature ? En 2000, même secteur, même protocole, négligeant la proximité de cultures de colza et de ruches. La parcelle a de nouveau été fauchée par plus de 300 personnes.
Une majorité de citoyens, mais aussi de députés européens, souhaitent un moratoire sur les OGM. Mais le Parlement de l’Union n’écrit pas encore pleinement la loi. Il faudrait pour cela un saut institutionnel vers une vraie démocratie, comme le réclament les eurodéputés Verts. Ainsi, tant que leur Parlement européen ne pourra pas imposer légalement le principe de précaution, la révolte des faucheurs ariégeois restera légitime.

Verts Ariège
c/o Françoise Matricon
Sarnac, 09120 Ventenac