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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Fillon rassure l’arène européenne…
QUOTIDIEN : mercredi 20 février 2008
Envoyé spécial à Strasbourg ALAIN AUFFRAY
A Strasbourg, le Premier ministre a préparé la présidence française de l’UE.
Le Premier ministre français fait les yeux doux aux députés européens. Hier, à Strasbourg, François Fillon a enchaîné les rendez-vous avec le président du parlement Hans-Gert Pöttering puis avec les présidents des trois principaux groupes parlementaires. Et en fin de journée, après une rapide visite de soutien au candidat d’ouverture de Schiltigheim sous sa casquette de «chef de la majorité» (lire ci-dessous), il a invité, autour d’un verre, tous les eurodéputés français. Une dizaine d’entre eux avait eu droit, quelques heures plus tôt, à un déjeuner en préfecture. L’ambition de cette journée strasbourgeoise était, explique Matignon, de «mesurer les attentes» concernant la présidence française qui commence le 1er juillet. Dit autrement, il s’agissait surtout de rassurer sur le dessein européen de Nicolas Sarkozy.

Voilée. La critique la plus vive - et sans doute la plus embarrassante - sera venue du propre camp du Premier ministre. L’eurodéputé Alain Lamassoure a mis en garde François Fillon sur la gestion du projet d’Union euroméditerranéenne. Il est urgent, selon lui, «de dire clairement à nos partenaires qui est habilité à parler à ce sujet». Une manière à peine voilée de demander qu’Henri Guaino, le conseiller de Sarkozy soit dessaisi de cette question. «Personne à Strasbourg ne partage les idées de Monsieur Guaino», confiait hier un eurodéputé UMP. Interrogé sur le sujet par la presse allemande, François Fillon a contre-attaqué: «Qui peut prétendre que le bassin méditerranéen se porte bien ? […] Le processus de Barcelone ne marche pas suffisamment, il faut aller plus loin». Devant Pöttering, il avait toutefois garanti que ce projet devait «naturellement» être piloté «dans le cadre européen».
Quant aux promesses de Sarkozy aux ouvriers d’ArcelorMittal à Gandrange, en Moselle, il a assuré qu’elles n’étaient pas plus en contradiction avec les règles européennes que la nationalisation de la banque britannique Northern Rock. Enfin, sur le souhait de Sarkozy de voir Tony Blair à la présidence de l’Union il a assuré que le chef de l’Etat n’avait rien formulé de tel à propos d’une question «qui n’est pas d’actualité».
Ce travail de démineur effectué, François Fillon a multiplié les hommages à cette «grande institution» qu’est le Parlement européen. Et fait le mea culpa de la France qui, selon lui, n’a pas «suffisamment pratiqué, dans sa relation au Parlement, la démocratie» qu’elle souhaite promouvoir. Venant d’un chef de gouvernement français, la tournée effectuée hier est exceptionnelle. Pour d’autres pays, l’Allemagne de Merkel notamment, il s’agit d’une pratique courante.
Préalable. Lors du déjeuner, le député européen PS Bernard Poignant a souligné, à l’attention du Premier ministre, que la présidence française à venir serait la première, depuis 1989, à être pilotée par un exécutif homogène. Les deux précédentes, celles de 1995 et de 2000, avaient été gérées en période de cohabitation. Une façon de dire que le couple Sarkozy-Fillon a «toutes les cartes en main». Le député vert Gérard Onesta s’est quand même permis un petit conseil: «Faites du secrétariat d’Etat aux Affaires européennes un ministère de plein exercice» Autour de la table, toutes les têtes se sont tournées vers Jean-Pierre Jouyet… ministre cohabitant d’ouverture. Poignant a lui assuré que «comme tous les élus» présents autour du Premier ministre (outre Onesta et lui, la verte Marie-Hélène Aubert et Marielle de Sarnez du Modem, entre autres étaient présentes), il souhaitait «le succès de la présidence française». Mais pour que ce succès soit possible, Poignant a posé ce préalable: «Quand Nicolas Sarkozy se présentera devant le parlement européen à Strasbourg, surtout, conseillez-lui l’humilité !»
WEBTV DU PARLEMENT
20 February 2008
Europolitique
Le Bureau (le président et les 14 vice-présidents du Parlement européen) a donné son feu vert, le 18 février à Strasbourg, au lancement de la nouvelle chaîne parlementaire en ligne « EuroparlTV ». Le projet doit encore recevoir l'aval de la commission des budgets pour débloquer de la réserve les 9 millions d'euros par an prévus à cet effet. Si c'est le cas, la « WebTV » du Parlement pourrait être accessible dès le mois de juin sur Internet et dans toutes les langues de l'UE. Elle offrira des programmes sur quatre canaux différents (Europolitique n°3460). D'après le vice-président Gérard Onesta (Vert, France), un « comité éditorial » sera composé de fonctionnaires issus des services du PE et rencontrera régulièrement les présidents de groupes politiques. Un « comité de surveillance » sera de plus mis sur pied. Composé d'un membre par groupe, il discutera par exemple des sujets de reportage ayant bien fonctionné ou non. En cas de litiges, le Bureau tranchera.


PARLEMENT EUROPÉEN : CERTAINS DÉPUTÉS TENTENT DE PERTURBER LE VOTE SUR LE TRAITÉ
20 February 2008
Europolitique
Le groupe Indépendance/Démocratie a demandé le report du vote sur le traité de Lisbonne, le 18 février lors de l'ouverture de la session plénière à Strasbourg. L'argument avancé est que les députés n'ont pas eu en main la version consolidée du texte.
L'assemblée a immédiatement rejeté à main levée la proposition. Le rapport Méndez de Vigo/Corbett, qui constituera l'avis du Parlement sur le nouveau traité, sera donc bien débattu puis adopté le 20 février (Europolitique n°3472). Mais le président d'Ind/Dem, le Danois Jens-Peter Bonde, a insisté : « le délai de dépôt des amendements a expiré avant même que l'on reçoive la version consolidée du traité !». Le texte dont il dispose daterait du Conseil européen d'octobre 2007 et non de la signature du 13 décembre. « Or il y a 7000 mots en plus dans le dernière version! », poursuit M. Bonde, il faut donc que les députés puissent s'exprimer sur les détails qui ont été ajoutés par les Etats membres.
L'un des co-rapporteurs, le Britannique Richard Corbett (PSE), lui a rétorqué que le travail du parlementaire était de décortiquer les textes, regarder les amendements et repérer les modifications apportées. De plus, « les gouvernements ont déjà publié des versions consolidées dans leur propre langue, dont le Danemark ».
Le groupe Ind/Dem tente par tous les moyens d'influencer le vote sur le traité. Sur les 39 amendements au projet de résolution, 22 ont été déposés par M. Bonde et constituent essentiellement des questions à l'adresse du Conseil. Il avait fait de même lors du vote du rapport en commission des affaires constitutionnelles, le 23 janvier, mais ses suggestions avaient été rejetées en bloc.
SANCTIONS IMMINENTES
La majorité des membres de ce groupe sont hostiles au nouveau traité et plaident pour une ratification par référendum. Parmi les 24 éléments qui le composent, dix sont des Britanniques issus de l'eurosceptique parti UKIP et trois des Français souverainistes du Mouvement pour la France. Sur les treize députés convoqués fin janvier par le président Hans-Gert Pöttering pour avoir perturbé la signature de la Charte des droits fondamentaux mi-décembre, six venaient du groupe Ind/Dem.
D'après le Vert français Gérard Onesta, M. Pöttering devrait annoncer en plénière qu'hormis deux ou trois députés inscrits sur cette liste des treize, tous recevront une sanction. L'annonce pourrait intervenir en plénière le 21 février, après le vote du rapport Méndez de Vigo/Corbett, pour ne pas donner aux éléments perturbateurs une nouvelle occasion d'attirer l'attention sur eux.
Ces sanctions pourront être un simple blâme, la perte du droit à l'indemnité de séjour pour une durée allant de deux à dix jours (les «perdiem» de 279 euros par jour), ou la suspension temporaire des activités durant deux à dix jours. Selon les services de M. Pöttering, on ne devrait pas arriver jusqu'au dernier stade. Si des sanctions sont prises, les mauvais élèves ont deux semaines pour déposer un appel devant le Bureau du Parlement.