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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Les nouveaux Rainbow Warriors
Durant son audition par l'europarlement, Rocco Buttiglione - qui entendait devenir Commissaire à la Justice et aux libertés - n'a pas fait dans le détail : "L’homosexualité est un pêché" et "la famille existe pour permettre à une femme d'avoir des enfants et d’être protégée par un mâle" (!) Indignation immédiate de la députée néerlandaise Kathalijne Buitenweg, porte parole des Verts à la Commission des Libertés Publiques : "Comment pourrait-on avoir confiance en lui pour qu'il protège les femmes ou les gays contre les discriminations ?". On connaît la suite. Buttiglione a certes été éconduit sans ménagement, mais, pour Kathalijne, la menace reste entière, y compris dans l'hémicycle. Il ne faut pas oublier que les conservateurs ont porté la Slovaque Anna Zaborska à la tête de la Commission pour les "Droits des Femmes et l’Égalité des Genres", alors que ses vues politiques - homophobie et anti-avortement - sont aux antipodes des valeurs que cet organe est censé défendre…
Bien que condamnée par la Charte des Droits Fondamentaux - incluse dans le projet de Constitution - la discrimination sur l'orientation sexuelle n'est pas terrassée. Ainsi en va-t-il du mariage entre personnes de même sexe, légal en Belgique, aux Pays-Bas, et bientôt dans la "très catholique" Espagne, mais "contesté" en France. Les remous autour de celui que Noël Mamère a célébré à Bègles, en juin dernier, ont rappelé les disparités qui existent en matière de droits à travers l'Europe. Le Collectif montpelliérain contre l'homophobie et pour l'égalité des droits souligne le retard français, tant sur le plan législatif que sur celui de la simple prévention de l'homophobie. Alors que messieurs Chirac et Perben avaient promis un grand débat national sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité - déjà légale en Suède, aux Pays-Bas, et dans certaines régions autonomes espagnoles - on attend toujours un message clair contre la haine.
Lors du débat à l'Assemblée Nationale, Hussein Bourgi, Président du Collectif, est resté en alerte : "Le budget initialement prévu pour la future Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE) - instance d'alerte et de médiation - a failli être coupé en deux, le rendant égal à celui qu'un petit état comme la Belgique consacre à son organisme équivalent. Il a fallu se battre pour que le projet de loi ne hiérarchise pas les discriminations, en punissant plus légèrement un délit homophobe ou sexiste qu’un délit raciste. Côté positif : la "provocation à la haine, à la violence, à la discrimination" à l'égard de personnes "en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle" sera - enfin - sanctionnée. Côté négatif : la discrimination ne pourra être évoquée que pour l'accès à l'emploi, au logement et aux services, le délai de prescription est réduit de un an à trois mois, et le texte reste muet sur les agressions contre les transsexuels et transgenres". Jusqu'au dernier moment, la restriction de recours juridique a été envisagée, vidant de tout sens cette législation : une association homosexuelle ou féministe n'aurait pu se porter partie civile face à une agression qu'en justifiant de cinq années d'existence et de plus de 45 000 euros de budget (la plus importante association homosexuelle de France ne gère aujourd'hui que 10 000 euros...). Grâce à la pression, seule la clause de durée a finalement été retenue, mais une phrase prononcée par un parlementaire - "l'homosexualité menace la survie de l'humanité" (sic) - en dit long sur la nécessité de cette loi…
Le "Rainbow flag", drapeau arc-en-ciel symbole de la "fierté gay", ne flotte pas encore partout de la même manière, dans le ciel d'Europe.

Kathalijne : kbuitenweg@europarl.eu.int
Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits
Tél : +33 (0)6 70 13 16 26
collectifcontrelhomophobie@hotmail.com