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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Le catalogue que l'on redoute
Carré d'Europe N°20 – ETE 2005 L'Europe vue de l'l'Hémicycle

Ce rapport est connu, chaque année, pour être le plus épais que produit le Parlement. La "cuvée" sur l'état des droits humains dans le Monde (en 2004), avec ses 231 articles passant au crible de 8 thématiques le respect de ces droits dans 70 pays, n'a pas dérogé à la règle. Au final, le texte voté fin-avril 2005 entasse, pêle-mêle, des dizaines de dénonciations de portée inégale, saupoudrées de quelques satisfecits. Peine de mort, viol et avortement, élections truquées, zones d'occupation, liberté d'expression… cet étrange catalogue des tensions et des exactions fut si décousu qu'au final il s'est trouvé, pour la première fois, plus de parlementaires pour s'abstenir (255, dont les députés Verts/ALE) que pour l'approuver (251). Pour l'écologiste Hélène Flautre qui préside la Sous Commission des Droits Humains, l'essentiel est pourtant ailleurs : "C'est la première fois que l'Union ne se contente pas de décerner des bons ou des mauvais points, mais profite de ce rapport pour s'interroger sur ses propres outils pour promouvoir le respect des droits dans le Monde". Et à ce titre, il y a fort à faire, notamment pour mieux informer et associer l'europarlement aux initiatives prises par l'Europe. Le débat général a également permis aux Verts de faire entendre leurs différences. Hélène, préférant parler de "lutte" et non de "guerre" contre le terrorisme, a ainsi plaidé pour que cette menace "ne serve pas de prétexte pour court-circuiter le strict respect des droits". Le député Vert catalan, Raül Romeva, a ciblé les terribles carences du nouveau géant chinois, en mettant l'accent sur les trois "T" (Tienanmen, Tibet et Taiwan). Autre exigence verte : le respect des normes sociales dans l'entreprise et des standards environnementaux définis au sommet de Johannesburg doit être au moins aussi important que la dénonciation de façade de quelques dictatures. Car si le Parlement n'est pas entendu quand il demande la mise en place de mécanismes de contrôle des codes de conduite - mille fois signés et si peu respectés - le rapport de l'an prochain s'annonce, encore une fois, très volumineux…