Carré
d'Europe N°2 – Printemps 2000 L'Europe
vue d'Aquitaine
Vos
papiers !!!
La
France : un des mauvais élèves de la classe.
L’Espagne, la Grèce, le Portugal et
l’Italie ont déjà régularisé
tous les sans papiers qui en ont fait la demande
Le
Parlement européen, dans sa résolution du 17
février 1998, engage "tous les Etats membres [...]
à procéder à la régularisation des
sans-papiers dans le respect des droits de l'homme et des
conventions internationales". Certains pays n'ont pas
suivi, favorisant en cela le maintien d'une main-d'œuvre
surexploitée et non déclarée.
La
défense des droits des migrants est partie intégrante
d'une Europe sociale respectueuse des hommes et des femmes qui
la font.
La France est bien un des mauvais élèves
de la classe. L’Espagne, la Grèce, le Portugal et
l’Italie ont déjà régularisé
tous les sans-papiers qui en ont fait la demande, et la
Belgique s’apprête à le faire.
Les lois
Pasqua ne sont toujours pas abrogées, malgré les
promesses, et la circulaire Chevènement est restée
dans la logique de méfiance envers l'autre.
Mais des
actions ont lieu dans toute la France. Un des moyens de lutte
est le parrainage. Le principe est simple : une "cérémonie"
le met en place. Le parrain est responsable de son filleul. Il
suit son dossier et l’assiste dans toutes ses
démarches.
Un exemple en Gironde où des Verts
et des militants d’autres organisations se sont mobilisés
pour parrainer une trentaine de sans-papiers. "Le premier
parrainage a eu lieu à Bègles en juin 1998. Noël
Mamère était le maître de cérémonie",
déclare Michel Etienne, militant Vert et un des
créateurs de GASPESI (groupe d’action et de
solidarité aux personnes étrangères en
situation irrégulière). L’objectif de
GASPESI est de rassembler les énergies pour agir plus
efficacement. "Le parrainage n’est pas notre seul
moyen d’action. Nous avons bien sûr soutenu les
grévistes de la faim à l’église
Saint-Paul à Bordeaux, mais nous essayons d’agir
aussi en direction des élus nationaux et européens.
Certains agissent, mais d'autres, les plus nombreux, restent
sourds…".
Depuis les premiers parrainages,
d’autres cérémonies ont eu lieu. De
fréquentes manifestations dans les rues de Bordeaux ont
permis de maintenir la pression sur la préfecture. Une
stratégie qui porte ses fruits, puisqu’une
vingtaine de sans-papiers ont été régularisés
: 10 grévistes de la faim et une dizaine de
filleuls.
Michel Etienne conclut : "depuis mars 1999,
les grévistes de la faim ne sont pas inquiétés.
On peut s’en étonner mais on s’en réjouit
aussi. À notre connaissance, un seul sans-papiers a reçu
une invitation à quitter le territoire, mais la police
n’a pas pu le retrouver…".
Verts
Gironde,
c/o Michel ETIENNE
32 rue
Porte-Dijeaux, 33000 Bordeaux
Tél.
05 56 81 82 47