HAUT DE PAGE







Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°4 – AUTOMNE 2000 L'Europe vue de l'Hémicycle
Mare Nostrum

MEDA est l’instrument financier du partenariat euro-méditerranéen, parfois appelé "processus de Barcelone" (cf. Carré d’Europe n°3). Plusieurs défauts ont été repérés dans ce programme, notamment le manque de transparence et de règles simples, la trop faible place accordée à l’environnement, le manque de participation des populations concernées à l’élaboration des projets, le manque de relations sud-sud et de coopération décentralisée, et enfin la mauvaise exécution du programme : seulement 26 % des sommes prévues ont été engagées pour l’instant. Le rapport de l'eurodéputé Vert Yves Piétransanta sur ce bilan de "MEDA" a été adopté par le Parlement européen à la quasi-unanimité en septembre. Il servira de propositions pour la mise en œuvre de MEDA 2, de 2000 à 2006).
En positif : une augmentation du montant, qui atteint 4 milliards d’euros ; les projets verront le jour avec la participation active des ONG et de la société civile. Les droits de l'être humain seront également pris en compte pour le choix des projets. En négatif : les crédits affectés à la coopération décentralisée au niveau des régions (10 %) restent insuffisants par rapport à ceux consacrés à la coopération entre Etats (90%). Or les actions régionales correspondent à un objectif d'efficacité, en impliquant plus finement les acteurs locaux.
Par ailleurs, Yves demande une relance des programmes sur l'eau, les énergies renouvelables, l'aide aux PME et les transports. Chris Patten, commissaire européen, a donné son accord à ces propositions, de même que la présidence française de l'Union. Mais les Verts restent inquiets de la philosophie générale du programme, qui reste globalement dans la ligne des institutions de Bretton Woods : FMI et Banque mondiale. À Marseille en novembre prochain seront réunis les pays concernés par ce partenariat euro-méditerranéen. Pour l’instant, ce rendez-vous semble mal engagé, par manque de motivation des autorités françaises, en charge pourtant des destinées de l’Union jusqu’à la fin de l’année. A suivre.