HAUT DE PAGE







Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Nés d'une même mer
L'est l'histoire d'un dialogue hésitant mais essentiel. Lancé le 28 novembre 1995 à Barcelone, le rapprochement politique entre les deux rives de la Méditerranée rappelle un peu les débuts de la Communauté européenne : même priorité aux échanges économiques, mêmes déclarations de pure forme sur la Démocratie, et même balbutiements institutionnels et financiers…
Ce processus vise les relations entre l'Union et la plupart des pays de la "Mare Nostrum" : Algérie, Tunisie, Maroc, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, et, pour une fois côte à côte et sur pied d'égalité …Israël et Territoires palestiniens. La Libye qui a tourné la page du terrorisme devrait bientôt les rejoindre. Le programme MEDA (plus de 5 milliards d'euros pour 2000-2006) est l'instrument financier qui aide à la transition économique et politique de ces pays. Ces sommes, longtemps peu ou mal utilisées, sont désormais investies sur des projets mieux suivis, et abondées par des prêts de la BEI.
Comme les Européens l'avaient fait au sortir de la guerre mondiale, le pari est d'assurer la paix et la prospérité de la région par l'interconnexion des économies. Ce lien n'est aujourd'hui qu'un faisceau d'accords de partenariats rayonnant depuis l'Europe vers chacun de ces États, mais à terme une zone de libre échange multilatérale doit être établie. Coté institutionnel, même symétrie avec l'histoire de l'Union, puisqu'un pas vient d'être franchi en transformant le vague "Forum parlementaire" en une véritable Assemblée Parlementaire Euro Méditerranéenne (APEM). Dotée de 240 membres, dont 45 eurodéputés, l'APEM s'est réunie au Caire en mars dernier en présence d'Hélène Flautre, eurodéputée verte et Présidente de la Sous commission des Droits Humains. Hélène a insisté sur le rôle de la société civile dans ce processus, saluant la création, par les ONG, du Forum Civil EuroMed : "il faut d'abord compter sur l'énergie des sociétés elles-mêmes pour s'émanciper de situations liberticides".
Par sa résolution de février, en plénière, le Parlement européen a d'ailleurs voulu remettre au centre des débats "l'éternelle clause non-respectée", celle des droits fondamentaux. C'est à cette aune-là qu'Hélène a souligné "tous les espoirs que le dialogue EuroMed a engendrés, et toutes les déceptions qui se mesurent au jour le jour". Car il ne suffit plus de dénoncer comme l'a refait l'europarlement (la main mise de la Syrie sur le Liban, les arrestations d'opposants en Égypte ou en Tunisie, la violence faite aux femmes un peu partout…) ou de se féliciter (reprise du dialogue en Israël/Palestine, coopération accrue en matière de migration…), il faut aussi se doter d'outils d'analyse sur lesquels baser la poursuite ou la rupture du partenariat. Les Verts ont ainsi obtenu que soit réitéré l'appel à la Commission de présenter un rapport annuel public sur les Droits Humains dans les pays de la Méditerranée.
Dans cette région cruciale pour la stabilité du Monde, l'Europe semble avoir compris qu'en marquant dignement le 10ème anniversaire du processus de Barcelone, elle avait une carte spécifique à jouer - en rupture avec l'unilatéralisme des USA - non seulement en tant que "voisin impliqué", mais aussi comme modèle de partenariat apaisé.
Hélène : hflautre@europarl.eu.int