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Pour la petite histoire
Lors de ce vote historique, ce sont la Lettonie, la Hongrie et la Slovénie qui, avec 522 voix en leur faveur, ont été les mieux accueillies. La République Tchèque, avec seulement 489 votes favorables, était, elle, sanctionnée par de nombreux députés allemands pour ne pas avoir abrogé les décrets Benes qui, il y a un demi-siècle, expulsaient les Tchèques germanophones de la région des Sudètes, en représailles contre les exactions hitlériennes quelques années plus tôt.

Cherchez l'erreur
Pour aligner leurs seules normes environnementales sur quelques 200 directives européennes, il en coûtera 120 milliards d'euros aux pays candidats. L' effort budgétaire prévu par l'Union - à travers l'instrument structurel ISPA - pour les aider à atteindre cet objectif, est de l'ordre de 1 milliard d'euros par an, pendant 7 ans…



Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°15 – ETE 2003 L'Europe vue de l'Hémicycle
Ce jour-là...

Il est des jours chargés d'Histoire.

Le mercredi 9 avril 2003, à Strasbourg, en milieu de journée, le Parlement européen tirait un trait sur bien des guerres. Conformément au Traité, 626 citoyens européens, en leur qualité d'eurodéputés, avaient le redoutable honneur de décider, au final, quels pays pourraient rentrer dans l'Union au 1er mai 2004. Par vote électronique, ils ont accordé, pays après pays, "l'Avis conforme" pour dix nouveaux États. Ainsi se concluait, avec une pointe d'émotion, le long processus qui vit notre continent s'unifier comme jamais.

Pourtant, on pouvait sentir une part de désillusion, et même d'amertume, dans l'hémicycle. Dany Cohn-Bendit, co-président du Groupe Vert/ALE, soulignait à quel point cette étape avait été franchie de piètre façon. Pendant des années, le Parlement européen avait en effet insisté pour qu'on n'élargisse pas l'Union sans l'approfondir au préalable. Cela aurait impliqué de conclure d'abord les travaux de la Convention pour modifier les rouages décisionnels, afin d'éviter notamment de paralyser l'Europe quand elle parlera demain à 25 voix à la table du Conseil. Cela aurait dû aussi imposer une redéfinition des missions et des moyens de l'Union. Il n'en fut rien. Bien qu'ayant dénoncé cet absurde mécanisme porteur de graves déceptions à venir, les écologistes ont été obligés de reconnaître qu'il était devenu impossible de demander à nos voisins européens d'attendre encore et encore à la porte de l'Union. Cela aurait, à coup sûr, déstabilisé ces fragiles démocraties en les précipitant dans les bras des premiers populistes venus. Les eurodéputés Verts/ALE ont pourtant remis, une fois encore, chacun en face de ses responsabilités : sans saut institutionnel à la mesure de la nouvelle donne continentale, ni efforts budgétaires pour accompagner les mutations drastiques en cours, on irait, à marche forcée, vers des lendemains qui ne chanteraient guère…

Près d’un demi milliard d'êtres humains ont donc, ce jour-là, de façon confuse, uni leurs destins. A-t-on vraiment pris la mesure de cet instant ? Il faut dire que les feux de l'actualité étaient alors braqués ailleurs. Mercredi 9 avril - exactement à la même heure - les troupes américaines prenaient Bagdad. Il y aurait beaucoup à méditer sur cet étrange télescopage d'instants, où l'Europe, timidement, accouchait d'elle-même, et où l'Amérique plantait son arrogant drapeau sur les richesses du monde…

Mercredi 9 avril 2003, Strasbourg, Bagdad.

Oui, il est des jours chargés d'Histoire.