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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°10 – ETE 2002
La croix du Languedoc dans le ciel bruxellois

Si l'Occitanie était, en tant que telle, membre de l'Union Européenne, ce serait peut-être son ambassade.
Mais la décentralisation hexagonale n'en est, hélas, pas encore là.
La croix du Languedoc flotte pourtant dans le ciel bruxellois depuis que la région Midi-Pyrénées a inauguré en grande pompe, dans le quartier européen de la capitale belge, les bureaux de sa représentation. C'est en effet le 21 février dernier, à Bruxelles, que Martin Malvy, après avoir rappelé qu'il présidait une région plus vaste que la Belgique (!) et vanté les atouts traditionnels et futuristes de son territoire, a rappelé les synergies Région/Europe.
La forte délégation d'élus et de chefs d'entreprises qui l'accompagnait a, par ailleurs, fait le tour des lieux du pouvoir continental, où se décident aujourd'hui des pans entiers de notre vie quotidienne. C'est Gérard Onesta qui a eu l'honneur de servir de guide dans l'immensité des bâtiments du Parlement Européen. Gérard en a profité pour attirer l'attention de ses invités sur l'émergence du pouvoir régional en Europe, même si la France reste encore déconnectée de cette lame de fond. Deux rapports parlementaires (dont parlera bientôt Carré d'Europe), sur la répartition des compétences dans l'Union et sur le rôle des nombreuses régions à pouvoir constitutionnel, devraient obliger notre pays à ouvrir les yeux, ne serait-ce que parce que la Convention qui planche sur l'avenir de l'Union a déjà inscrit ce thème à son ordre du jour…
Il est vrai que les différences entre les diverses régions d'Europe sont criantes. En France, ce ne sont encore que des regroupements administratifs parfois aberrants, alors qu'ailleurs des régions ont un vrai poids politique, basé sur la cohérence culturelle et un pouvoir réglementaire, économique, environnemental et social. Ces "régions qui comptent" ont bien sûr compris que le centre de gravité du processus décisionnel, notamment pour les grandes infrastructures, s’est déplacé depuis longtemps vers Bruxelles, et elle nelésinent pas sur les moyens pour y être écouté. La Bavière vient ainsi de s'acheter un château dans le parc qui jouxte le Parlement Européen, et elle y installera bientôt pas moins de 40 permanents…
Notre région, avec des moyens certes plus modestes mais avec beaucoup de détermination, ouvre ainsi, sous couvert d'une association intitulée "Midi-Pyrénées Europe", le vingtième bureau régional français à Bruxelles. Plus que six (en comptant l'outremer), et les "régions françaises" y seront au complet.
La mission de notre représentation régionale tournera autour de trois axes :Récolter des informations sur les activités européennes, les diffuser auprès des collectivités et entreprises de notre région, et donner une assistance technique à celles-ci pour qu'elles prennent part aux appels d'offres européens ; Peser sur les choix communautaires en faisant entendre la voix de Midi-Pyrénées quand elle est concernée. Dernier exemple en date : la concertation avec les députés européens de notre Sud-Ouest pour mieux définir, au travers d'amendements, la traversée ferroviaire des Pyrénées, en précisant son rôle (le transport de fret) et son emplacement (au centre de la chaîne montagneuse).
Créer un lien direct et concret entre l'institution la plus proche des citoyens, la région, et celle qui leur paraît la plus lointaine : l’Europe.

L'association "Midi-Pyrénées Europe", qui édite une lettre d'information mensuelle regroupe le Conseil régional Midi-Pyrénées et 7 des 8 Conseils généraux : Ariège, Aveyron, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn et Tarn-et-Garonne.
Il est facile de repérer le seul absent, car il est de taille : la Haute-Garonne, très (trop ?) sûre de son propre poids, n'a pas daigné s'associer à l'effort commun…

Association Midi-Pyrénées Europe,
Élie Spiroux
55 rue d’Arlon , B-1040 Bruxelles
Tél : 00 32 22 80 09 19
Fax : 00 32 22 30 67 83