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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°7 – ETE 2001 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
CTSDU, l'Europe s'en mêle

Pauvre Graulhet. Cette petite ville du Tarn, déjà très touchée par la fermeture des mégisseries qui faisait sa fortune, est toujours menacée de devenir la poubelle du Sud-Ouest. En connexion directe avec un projet de méga-incinérateur, le Centre de Traitement et Stockage de Déchets Ultimes (CTSDU) de Graulhet, qui fut au coeur des dernières élections locales, n'a pas fini de faire parler de lui. Déjà plus de deux ans que la société Occitanis, filiale des groupes Vivendi et Suez-Lyonnaise - concurrents acoquinés pour l'occasion - a mis le grappin sur la ville, avec la double bénédiction (ce CTSDU est décidément très fédérateur !) de la municipalité de droite et du Conseil général PS.
Alors que les travaux devraient commencer dans les prochaines semaines, de nouvelles pièces viennent s'ajouter à ce dossier très contesté.
En décembre dernier, une fuite de fluides toxiques échappés de la décharge de classe 2 du Bouquedaze, située à proximité immédiate du site prévu pour le CTSDU, a montré que l'imperméabilité géologique était plus que contestable et les dangers d'infiltration réels.
D'autre part, suite à une plainte, soutenue par Gérard Onesta, déposée à Bruxelles par deux associations de défense de l'environnement auprès de la Commission Européenne pour non-respect de la concurrence, la légalité de ce projet reste en suspens. En effet, la Commission considère que les REFIOM (Résidus d’Épuration de Fumées d’Incinération d’Ordures Ménagères), qui constituent à eux seuls 80 % de l’enfouissement de la future décharge (source : le PDG d’Occitanis lui-même…), ne sont pas des déchets industriels spéciaux, mais des déchets ultimes qui dérivent du traitement thermique des déchets ménagers. Or, le traitement de ce type de déchets regarde les collectivités locales. Il y aurait donc eu une entorse manifeste aux règles qui régissent les appels d’offres entre collectivités publiques et industriels. Un recours devant la Cour de Justice Européenne devrait être déposé incessamment.
Comme d'habitude, lorsque les groupes industriels sentent une contestation de leur activité, ils tentent d'acheter leur tranquillité. Ainsi, lors de la dernière CLIS (Commission Locale d'Information et de Surveillance) la société Occitanis a présenté un projet visant à "rechercher et accueillir des entreprises nouvelles et à aider au développement des structures existantes". Ses représentants ont aussi annoncé qu’ils financeraient… le club de rugby local !
Au début du mois de juin, des actions d'information et de protestation lancées par les Verts ont rassemblé plusieurs centaines de personnes. L'occasion de redire, que même si un CTSDU est nécessaire en Midi-Pyrénées, on ne peut accepter que les conditions de stockage ignorent les principes les plus élémentaires de précaution, ni que les multinationales s'offrent un droit de polluer et passent outre la législation européenne en vigueur.

Les Verts de Graulhet
Jean Gautronneau
Les Salvages, 81300 Graulhet
http://site.voila.fr/Graulhetautrement