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Nécrologie
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XIXème
siècle : à cause de la chasse, l'ours disparaît
des Vosges, des Alpes et du Jura.
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1920
: il reste 200 ours dans les Pyrénées.
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1961
: interdiction de sa chasse.
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1992
: directive européenne "Habitats" (protection
des espaces et des espèces).
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2001,
2002, 2003 et 2004 : la France est poursuivie en Justice pour
irrespect de cette directive.
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1er
novembre 2004 : Cannelle, dernière femelle de souche
pyrénéenne est abattue.
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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
- Ours
cours !
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En
mars dernier, l'Europe a refusé d'ouvrir des
négociations d'adhésion avec la Croatie,
suspecte de ne pas livrer ses criminels de guerre à la
Justice. Plusieurs "ressortissants" croates
pourraient cependant bientôt obtenir un droit de séjour
permanent dans les Pyrénées. Des
"ressortissantes" plutôt, car il s'agirait de
femelles… ours. La Slovénie, en 1997, avait déjà
anticipé son adhésion à l'Union par
l'envoi de 3 plantigrades, pour repeupler nos montagnes. Mais
derrière l'anecdote se cache un drame écologique.
Celui de la mort de Cannelle, la dernière ourse des
Pyrénées, en 2004, abattue par un crétin
de chasseur… Malgré tous les appels au secours
des écologistes depuis des décennies, cette
sous-espèce d’ours brun est donc bel et bien
éteinte. Réagissant - enfin, mais en retard -
les pouvoirs publics ont promis de lancer un vrai programme de
repeuplement : 5 ours en 2005, et une dizaine de plus dans les
3 ans, doublant ainsi la population ursine pyrénéenne
actuelle.
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Si
les sondages indiquent que 70 % des pyrénéens
sont favorables à la présence de cet animal, on
trouve encore des gens ravis de se voir débarrassés
de la "gène" de la vie sauvage : des
éleveurs, relayés par des élus locaux peu
sensibilisés à la cohabitation pastorale,
dénigrent l'intérêt naturaliste du
maintien de l'animal.
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Pourtant
le bilan de la première réintroduction de l'ours
en Pyrénées centrales est positif : le "Pays
de l'Ours" a vu ouvrir des gîtes ruraux et
apparaître de nouveaux acteurs économiques dans
les vallées : accompagnateurs de montagne, artisans,
restaurateurs…, développant un tourisme vert
basé sur une nature intacte. L'ours a clairement été
un ambassadeur pour l'image de la région.
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Pour
dépasser les faux débats, une Coordination
Associative Pyrénéenne pour l’Ours (CAP
Ours) - 28 associations qui militent pour la cohabitation
entre humains et ours - a engagé des discussions avec
tous les acteurs agri-pastoraux et les autorités
locales : zones de pacage protégées, utilisation
de chien de race "patou" spécialiste pour
éloigner les ours, meilleures indemnisations des
dégâts… les solutions ne manquent pas.
Versant espagnol, les choses avancent aussi : en février
dernier, Navarre, Catalogne et Aragon ont convenu du principe
d'une réintroduction, en lorgnant sans doute sur le
cheptel ursidé des Monts Cantabriques où
l'Espagne compte encore quelques 150 ours. Pour Michel
Geoffre, membre de CAP Ours, "si l'animal ne connaît
pas la frontière pyrénéenne, la
réparation de ses éventuels dégâts
reste à harmoniser : on pourrait s'inspirer du Val
d'Aran où toute disparition dans un troupeau est
indemnisée, sans même que l'on ait à
prouver la faute d'un ours. Il faudrait aussi revoir la
réglementation des battues au sanglier, les méthodes
d'exploitation forestières, etc…"
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Outre
le nombre de spécimens, une autre menace plane sur la
pérennité de l'ours : la rareté des zones
réservées à sa protection. La France
s'est encore fait épingler par la Cour de Justice de
l'Union pour l'indigence de la liste des espaces naturels que
notre pays entend protéger. Le 10 décembre
dernier, la Commission européenne a de nouveau demandé
à Paris quelles étaient les mesures prises pour
sauvegarder les habitats de l’ours brun. Selon Cap Ours,
les écarts sont grands : "en Béarn, toutes
les zones à ours sont incluses dans le réseau
"Natura 2000", en Bigorre ce réseau couvre
une grande partie de la zone montagne, alors qu'en
Haute-Garonne aucune zone à ours n’a été
prise en compte…"
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Le
rôle de l'Europe ne peut cependant se réduire à
celui de donneuse de leçon. Le Parlement européen
a adopté en mars dernier le rapport de la députée
Verte danoise Margrete Auken sur le financement de Natura
2000. Pour Margrete, "l'engagement européen de
stopper l'appauvrissement de la diversité biologique
d'ici 2010 ne peut pas être tenu avec la faiblesse des
budgets actuellement mobilisés par l'Union".
Margrete considère que "ces sommes sont des
investissements : outre les économies dans la lutte
contre les pollutions, Natura 2000 a déjà permis
la création de 125 000 emplois".
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Combien
de bigourdans savent-ils qu'ils doivent sans doute une part de
leur emploi à l'ours ?
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Margrete
: mauken@europarl.eu.int
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Michel
Geoffre : Secrétaire Général du Conseil
International pour la Protection des Pyrénées
(CIAPP) : michel.geoffre@wanadoo.fr
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cap.ours@wanadoo.fr
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