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Déclaration
des Verts d'Europe Déclaration de La Haye, co-signée par 165 députés et ministres Verts d'Europe Les graves perturbations météorologiques que nous avons connues ces derniers mois, tant en Europe que dans les autres régions du monde, rappellent aux populations et à leurs responsables politiques que l'un des plus grands défis auxquels l'humanité est confrontée est d'éviter une catastrophe climatique majeure due à la surconsommation de combustibles fossibles. Or, à politique inchangée, l'UE pourrait voir sa dépendance pétrolière -actuellement de 50%- augmenter pour atteindre 70% en 2020. Nous devons nous assurer qu'il existe, lors des "négociations COP 6" actuellement en cours à La Haye (Pays-Bas), une volonté politique suffisante pour s'attaquer efficacement au problème du changement climatique. Une avancée positive à cet égard permettrait d'envisager aussi le problème plus vaste de la dépendance énergétique à l'égard du pétrole. Ces négociations doivent déboucher sur la ratification par l'UE du Protocole sur le Climat adopté à Kyoto en 1997. L'industrie nucléaire et ses partisans, notamment au sein de la Commission européenne, y voient l'occasion de relancer l'énergie nucléaire. Outre le fait que le nucléaire ne peut remplacer le pétrole, il s'agirait là d'un mauvais choix d'investissement qui ne ferait que changer notre dépendance énergétique, l'uranium n'étant pas non plus inépuisable. En réalité, l'industrie nucléaire est incapable de gérer ses problèmes les plus graves - la radiation et les déchets nucléaires- et évite de rendre publics ses coûts réels. Nous devons relever un tout autre défi, celui de la transformation de nos économies et de nos sociétés en un modèle de développement durable, occasion que nous avons déjà ratée dans les annnées '70 et '80 après les précédentes crises pétrolières. Nous devons investir massivement dans les économies d'énergie et dans le passage aux énergies renouvelables, qui, combinés, pourraient créer plus d'un million d'emplois en Europe. Nous devons nous concentrer sur le secteur des transports, dans la mesure où son impact sur le climat est le plus lourd et où les problèmes de dépendance pétrolière sont les plus importants. Les récentes protestations concernant les prix des carburants ont mis en exergue la sensibilité de cette question. Tout d'abord, la croissance du transport routier et aérien doit être enrayée. Ensuite, les infrastructures de transport et leur gestion doivent gagner en efficacité; en outre, une transition vers d'autres carburants que le pétrole est indispensable. Finalement, le transport doit s'orienter vers des modes plus durables, tel que le rail, grâce à une intégration dans les prix des coûts de l'énergie et des infrastructures. S'il est une occasion à ne pas rater, c'est celle des économies d'énergie. L'utilisation rationnelle de l'énergie dans les logements, solution nettement plus économique, doit devenir la règle sur le long terme, l'optimisation des appareils électriques tels que les frigidaires permet de réaliser des économies d'énergie substantielles, et l'électricité produite localement par co-génération offre des possibilités plus vastes encore. Nous devons néanmoins veiller à ce qu'une efficacité accrue, et des prix revus à la baisse par l'effet de la libéralisation, n'aient pas pour conséquence une consommation plus importante, surtout dans le secteur des transports. La fiscalité peut à cet égard faire en sorte d'éviter le dérapage et nous devrions idéalement assister à une augmentation progressive des prix de l'énergie. Quant à la production d'énergie, nous devons maintenant tenter d'opérer une transition vers les énergies renouvelables, sources inépuisables et sans danger. La nouvelle législation dans ce domaine et les systèmes de soutien particuliers qui existent dans plusieurs pays connaissent des développements impressionants. Le gaz -le plus propre des combustibles fossiles- peut garantir une transition plus sûre vers la nouvelle économie du secteur énergétique, également parce qu'il est disponible en grandes quantités aux portes de l'Europe. Toute transformation a ses gagnants et ses perdants, et nous devons être conscients que la crise pétrolière touche les plus démunis, à l'Ouest mais aussi et surtout dans les pays en voie de développement. Nous ne pouvons accepter une proposition à La Haye qui, par rapport au marché des émissions par exemple, aggraverait davantage encore la situation des pays les plus défavorisés. Par ailleurs, des mesures d'assistance temporaires, bien que compréhensibles, ne font que ralentir la transition vers d'autres formes d'énergie que le pétrole. Une solution radicale et équitable est préférable pour l'humanité dans son ensemble. Nous, Députés et Membres de Gouvernements de toute l'Europe, signataires de la présente déclaration, attendons, entre autres, de la Conférence des Parties à la Convention Climatique :
De surcroît, nous demandons aux pays européens de :
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