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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°12 – AUTOMNE 2002 L'Europe vue de l'Hémicycle
Johannesburg : un plan plan pour la planète ?

D’un continent à l’autre, entre Rio et Johannesburg, d’un siècle à l’autre, de 1992 à 2002, où en est aujourd’hui la conscience écologiste à l’échelle de la planète ? Telle est résumée sommairement la problématique centrale du sommet de la Terre qui s’est déroulée fin août dans la capitale Sud-africaine. Des dizaines de chefs d’Etat, des centaines de délégations officielles, des milliers d’ONG s’étaient donné rendez-vous avec des objectifs fort divers. Les Verts étaient présents en nombre, parlementaires de tous les continents, représentant des partis écologistes, tous réunis durant deux jours pour un sommet des Verts mondiaux. Et pendant ce temps là, les négociations continuent…
Dès l’ouverture du sommet, le ton général était donné : loin de mettre en branle une volonté commune pour améliorer les conditions de vie des hommes et préserver les atours de notre planète, chacun cherchait avant tout à tirer son épingle du jeu. L’Union européenne, offrait 1,5 milliards d’euros pour favoriser l’accès à l’eau potable… mais refusait de discuter de la baisse des subventions agricoles à l’exportation, pourtant principale revendication des pays du Sud. Le Canada, la Russie, la Chine annonçaient la ratification prochaine du protocole de Kyoto, ce qui rendait plausible la baisse de 5% des gaz à effet de serre d’ici 2010, mais nombre de ces pays, accompagnés de ceux de l’OPEP et des Etats-Unis, refusaient la proposition de l’UE de faire passer à 15% de la production la part des énergies renouvelables à l’horizon 2020. Le Fond mondial de vaccination et d’achat de génériques, demandé par de nombreux pays en voie de développement associés à force associations, était ainsi jeté aux oubliettes, alors que le Fond mondial contre le sida annonçait qu’il n’avait recueilli que 2 milliards des 10 escomptés… Quant à la définition de Bien publics mondiaux, revendication unanime de l’ensemble des participants de la société civile, nous en étions bien loin.
Les Etats-Unis, bras armé des lobbies industriels et agricoles, n’étaient venus que pour amoindrir au maximum la portée de la déclaration finale, d’une part, et pour permettre au secteur privé d’intégrer les quelques projets concrets mis en place. Objectifs remplis : le texte final n’est qu’une déclaration d’intention, sans perspectives datées et chiffrées, et avec bien peu de moyens mis en œuvre.
De l’avis même de nombreux participants, ce sont les entreprises qui ont pris le leadership dans les débat, profitant de la désunion totale de la communauté internationale pour investir le champ du développement…

Contact Groupe Vert/ALE,
Sarah Blau : collaboratrice thématique
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