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Des "renifleurs" très spéciaux
Une dizaine de petites stations automatiques bardées d'appareils de mesures enregistrent en permanence la concentration de polluants dans l’agglomération toulousaine : oxyde de carbone (CO), ozone (O3), dioxyde d’azote (NO2), dioxydede soufre (SO2), poussières (PM10 - particules de moins de 10 µ), hydrogène sulfuré (H2S), plomb (Pb). La situation est particulièrement inquiétante pour deux polluants d’origine automobile : NO2, O3 (ce dernier est un polluant secondaire apparaissant à la belle saison, quand la température est au-dessus de 25°C).
Ces stations sont, soit à l’écart des voies passantes pour capter la pollution de fond), soit en proximité automobile.
Seuil de qualité : seuil qu’il est recommandé de ne pas dépasser.
Valeur limite : seuil qu’il ne faut JAMAIS dépasser, car l’exposition à une telle concentration de polluants est dangereuse pour la santé, même pour une durée de quelques heures par an.


Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°15 – ETE 2003 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Autant n’en emportera pas le vent (d’Autan)

N'en déplaise aux esprits simplistes, le vent d'autan ne fait pas fuir les gaz toxiques de Toulouse. Au mieux les disperse-t-il pour répartir les doses de poison dans davantage de poumons.

Saviez-vous d'ailleurs que l'air de la ville rose est sous double observation ? D'abord grâce au programme national "PSAS 9" qui ausculte la qualité de l'air dans 9 agglomérations françaises, mais aussi au travers du programme européen "APHEIS" qui fait de même dans 25 métropoles de l'Union.

Alain Rivière, élu Vert du Sud-Est Toulousain qui a disséqué toutes ces données, est formel : une corrélation incontestable est maintenant établie entre pollution et mortalité. En clair, plus de 700 000 citoyens sont, en continu, étouffés par l'air qu'ils ont la "faiblesse" de respirer.

Quelques chiffres : en 2002, le seuil de qualité a été régulièrement dépassé pour le dioxyde d’azote, pour l’ozone et plus rarement pour le dioxyde de soufre. Les courbes statistiques sont claires : on peut ainsi estimer pour Toulouse que, tous les ans, à cause de cela, une centaine de personnes fragiles voient leur décès survenir prématurément (de quelques semaines à quelques mois), et qu’en plus, environ 140 personnes meurent à cause de la pollution chronique due aux poussières. Pour les scientifiques, ces chiffres, qui ne prennent pas en compte l'apparition des tumeurs futures, ne constitueraient pourtant que la partie émergée de l’iceberg. À titre de comparaison, les accidents de la circulation, en 2001, ont fait 291 tués dans l’agglomération toulousaine.

Pour l’essentiel (74 % pour le dioxyde d’azote), cette pollution est liée au trafic automobile, lui-même provoqué par un grand étalement urbain couplé à un réseau de transport en commun très insuffisant. Et on laisse le citoyen dans l’ignorance : quel automobiliste bloqué sur tel axe - le dioxyde d’azote, c’est inodore - sait qu’il est le plus exposé ? Quel "rurbain" qui se croit à l’abri à 20 km de Toulouse sait que la pollution à l’ozone peut être bien plus élevée, l’été, autour de son habitation qu’en plein centre ville ?…

Alain, impressionnants plans urbains en main, expose qu'une étude récente a mis en évidence que seule une réduction de trafic de 25 % par rapport à celui constaté en 1999 dans l’agglomération toulousaine permettrait de faire passer de 529 à 51 le nombre de kilomètres de voirie dont les abords immédiats sont pollués au-delà de la valeur limite.

Il est à craindre que le Plan de Développement Urbain révisé - malgré l’affichage de porter la part de transport en commun à un quart des déplacements motorisés - n’aura pas un impact suffisant. Des mesures drastiques s’imposent : réduction des parkings en ville et en entreprises, réduction de la vitesse y compris sur les rocades, coup d’arrêt à l’étalement urbain, changements d’habitude en besoin de transports… Une véritable révolution écologique que l'Europe - qui édicte désormais les normes applicables - pourrait accompagner, si les décideurs toulousains insufflaient enfin une "bouffée d'air frais" dans leur volonté politique…

Contact
Alain Rivière, Élu Vert au SICOVAL (Sud-est toulousain)
Tél : 05 61 81 39 00 -
alain.riviere7@wanadoo.fr