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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°2 – PRINTEMPS 2000 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Dissimulation de déchets

Enfouir les déchets dangereux est la plus mauvaise des solutions

Fin janvier 2000, le réseau "Sortir du nucléaire" révélait les 15 sites répertoriés pour l’implantation d’un "laboratoire souterrain d’études" sur le stockage des déchets radioactifs. En Midi-Pyrénées, deux sites géologiquement favorables ont été proposés par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) : un dans le massif du Glénat, à cheval sur le Cantal et le Lot (canton de Latronquière), l’autre dans l’Aveyron, à Savensa, dans le canton de Najac.
Mais leurs détracteurs l’affirment : l’appellation "laboratoire de recherche" est mensongère. C’est en fait la première étape vers un stockage pur et simple des déchets.
L’enfouissement des déchets nucléaires hautement radioactifs dans des couches géologiques profondes est une aberration contestée par de nombreux scientifiques, du fait des risques de lessivage et de contamination des nappes d'eau souterraines. Ainsi Claude Allègre, lorsqu’il était à la tête du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), déclarait : "cette solution n’est pas satisfaisante, et l’on a raison de se mobiliser contre cette forme de stockage. Géologiquement parlant, le sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker des déchets à long terme, [car] il contient de l’eau qui circule et pénètre tout".
La mobilisation est forte sur ces différents sites. Dans le Lot par exemple, elle dépasse les "simples riverains". Certains élus aussi prennent position contre toute forme d’enfouissement. Pourtant, les promoteurs de ce type de stockage ont des arguments de choc : ils arrosent allègrement les collectivités et les associations locales pour faire accepter leur projet, comme cela c’est passé à Bure, dans la Meuse, où les travaux d’aménagement ont commencé.
"Ces déchets sont de véritables bombes à retardement , déclare Antoine Soto, adjoint au maire de Figeac et porte-parole des Verts du Lot, d’autant que les déchets seraient stockés sur un réservoir hydrographique majeur" . L’irréversibilité du stockage ne permet pas de reprendre ces déchets en cas de découvertes futures en matière de techniques de traitement des déchets radioactifs (transmutation…).
Seul l’entreposage des déchets et leur traitement sur le site même où ils sont produits est envisageable. C'est l'application du principe de précaution, mis en avant par le Parlement européen, qui doit prévaloir.
De toute façon, la solution à long terme au problème du stockage des déchets passe par l’arrêt de leur production… et donc par la sortie progressive du nucléaire.

Collectif pour la modernisation de la voie ferrée Toulouse-Séverac le Château,
c/o Jacques VAISSON

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