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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




LES VERTS VEULENT UN ABANDON PROGRESSIF DU PÉTROLE DANS L'UNION EUROPÉENNE
Dépêche AFP, Vienne, 7 mars 2006

Les Verts du Parlement européen ont demandé mardi à Vienne que l'Union intègre un "abandon progressif du pétrole" dans sa stratégie énergétique, à la veille de la publication par la Commission de Bruxelles d'un "Livre vert" sur le sujet.

"Vouloir élaborer une stratégie énergétique sûre et durable sans faire une priorité de l'abandon progressif du pétrole dans les transports relève d'une incompréhension complète du dossier", a déclaré le vice-président des Verts au PE, Claude Turmes.

Les Verts européens présentaient dans la capitale autrichienne une contribution censée "compléter" le "Livre Vert" que la Commission européenne doit publier mercredi à Bruxelles et où sont définies six priorités pour une politique énergétique de l'Union. Ce "Livre Vert" doit servir de base de travail aux ministres des Transports et de l'Énergie de l'Europe qui doivent se réunir le 14 mars à Bruxelles, puis le 23 mars au sommet des chefs d'État et de gouvernement des 25.

Selon une version provisoire de ce rapport communiquée à l'AFP mardi, la Commission préconise notamment l'élaboration de politiques énergétiques communes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'UE, la création d'un cadre européen pour les politiques énergétiques nationales et une approche "intégrée" des questions climatiques.

"Mais la dépendance de l'Union européenne envers le pétrole, via les transports, est complètement sous-évaluée alors que les niveaux de production et de prix sont excessivement vulnérables", a regretté M. Turmes, qui a exigé un "plan directeur pour les transports".

"On peut imaginer l'effet sur les cours qu'aurait eu l'attentat (manqué vendredi) contre le complexe pétrolier (d'Abqaiq) en Arabie Saoudite", qui fournit 10% de la production quotidienne mondiale, a souligné l'eurodéputé luxembourgeois spécialisé dans les questions énergétiques.

Les prix du pétrole ont progressé de 15 % depuis le début de l'année. Mardi, le baril de brut se négociait à près de 63 dollars US à New York, en hausse de 28 cents par rapport au cours de clôture de lundi.

Mercredi à Vienne, les ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole devaient décider d'un maintien de la production du cartel à 28 millions de barils/jour, sur fond de tensions au Nigeria et d'incertitudes sur le dossier nucléaire iranien.

"Le pétrole représente 95 % de la consommation énergétique des transports dans l'Union, et le changement de source ne se fera pas aussi rapidement que pour la production d'électricité ou l'usage domestique après le choc pétrolier de 1973. Il faut donc s'y préparer", a ajouté M. Turmes. "Nous saluons l'initiative de la Commission pour une meilleure coordination de la politique énergétique de l'Union européenne mais son rapport est trop timoré", a-t-il résumé.

Les Verts européens déplorent notamment "l'absence de ligne claire et d'échéancier à un moment où les citoyens européens sont conscients des problèmes énergétiques et où des solutions consensuelles pourraient être dégagées", a-t-il affirmé.

"La Commission échoue complètement dans son "Livre Vert à réagir à la renaissance du patriotisme économique dans le secteur énergétique, manifestée récemment par les propositions de fusion entre E.on et Endesa ou Suez et Gaz de France", estiment par ailleurs les Verts européens.

Le groupe parlementaire déplore par ailleurs que le "Livre Vert" place sur un même pied les énergies renouvelables et le nucléaire. "Or les premières présentent un potentiel énorme, alors qu'on ne peut pas résoudre le problème du climat en accentuant le problème atomique", selon M. Turmes.

Dépêche AFP, Vienne, 7 mars 2006