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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°2 – Printemps 2000 L'Europe vue d'Aquitaine
Moquette mouillée chez EDF

Fin 1999 : la tempête fait rage sur toute la France. Les arbres tombent, les eaux montent… la lumière n'arrive plus.
Ce scénario débouche sur une catastrophe nucléaire d'une importance majeure.
Pas de catastrophisme, mais quand même.
En effet, dans la nuit du 27 au 28 décembre, deux réacteurs de la centrale atomique du Blayais, construite sur l'estuaire de la Gironde, ont dû être arrêtés pour cause… d'inondation. EDF savait que la digue qui sépare la centrale de la rivière n'était pas assez haute dans des conditions exceptionnelles. Résultat : inondation des sous-sols de la centrale ainsi que de tous ses accès. Derrière cet "incident" ressurgit le débat sur la sécurité et sur l’opacité des installations nucléaires. Alors que l'on ne peut que saluer le travail qu'ont pu effectuer tousles agents d'EDF - service public - l'entreprise, restée fidèle à sa stratégie de désinformation sur cet événement, doit effectivement aux Français "plus que la lumière".
La tempête a aussi montré que le choix énergétique des années 70, qui donne la priorité au nucléaire et donc à une production d'électricité centralisée, était risqué. La même tempête en Allemagne a eu des conséquences beaucoup plus limitées sur les installations électriques.
En cette nuit de décembre, "l'indépendance" énergétique de la France est devenue une vulnérabilité. La majorité des pays européens l'ont bien compris. Certains n'ont jamais fait ce choix, d'autres l'abandonnent progressivement. La seule centrale construite en Autriche n'a jamais fonctionné puisqu’un référendum rejetant le nucléaire est intervenu avant sa mise en route ! Les Italiens et les Suisses ont eux aussi exprimé leur désaccord lors d'un référendum. Quant à la Grande-Bretagne, quand Thatcher a voulu privatiser l'industrie nucléaire anglaise, elle n'a trouvé aucun repreneur car le nucléaire est trop peu rentable. L'Europe montre que la sortie du nucléaire est possible. N'en déplaise au lobby atomique

TCHERNOBLAYE
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