HAUT DE PAGE





Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Ça ne baigne pas dans l'huile

"Promouvoir l'utilisation des biocarburants dans les transports".

Le titre de la future directive européenne est alléchant. Mais que cache-t-il ? Présidé par Gérard Onesta, le débat, le 10 mars dernier à Strasbourg, a bien montré que tout le monde n'avait pas la même définition du terme "bio", qui recouvre décidément tout et n'importe quoi. Il est vrai que ces carburants, produits depuis la matière végétale, permettent d'émettre jusqu'à 80% de gaz à effet de serre en moins - et aussi moins de particules nocives - que les combustibles fossiles. Pour autant, certaines de ces cultures consomment tant d'énergie pour être produites, que le bilan énergétique des carburants qui en sont issus reste médiocre.

La société VALENERGOL - dont Carré d'Europe a retracé le combat juridique à plusieurs reprises (voir N° 7 et N°9) - a, elle, choisi la voie prometteuse des huiles végétales pures qui ont un très bon écobilan, mais qui ont le malheur d'être frappées par la TIPP, la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, créée pourtant pour les carburants minéraux ! Bonne nouvelle : avec l'aide des eurodéputés Verts représentés dans la Commission Agriculture par Danièle Auroi, le 12 mars, le Parlement Européen a massivement voté en seconde lecture, pour l'introduction de la référence explicite à ces huiles, dans la liste des produits à considérer comme des bio carburants.

Mais ce n'est qu'une partie du combat, car cette directive est adossée à une autre, de nature fiscale celle-là, actuellement en négociation au Conseil, et qui décidera finalement de l'avenir de ce secteur. Ce sont les taux d'accises qui sont en négociation, et - de par l'absurdité du Traité en vigueur - il faut l'unanimité pour décider d'exemptions fiscales ! Plusieurs États, dont la France, ne veulent pas, en matière de production de carburant de substitution, d'objectifs impératifs, mais simplement indicatifs… Pourtant, si la TIPP devrait continuer de frapper de façon abrupte une filière naissante, elle en signerait aussitôt l'arrêt de mort. Cela en serait alors fini d'une production locale d'un carburant plus propre, ainsi que des emplois de proximité qu'elle a créés. Quant à la volonté affichée de porter à 5% la part des bio carburants dans nos moteurs à l'horizon 2010, il deviendrait illusoire…

VALENERGOL
La Turquette, 47780 Pont du Casse
Tél : 05 53 95 65 58  - Fax : 05 53 67 53 73
valenergol@free.fr
http://valenergol.free.fr