HAUT DE PAGE







Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°3 – ETE 2000 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Métro, c'est trop !

Toulouse s’est dotée, depuis 10 ans, d’une ligne de métro automatique. Pourtant, cette agglomération reste en France celle où la part des déplacements en voiture est une des plus grandes ! C’est que le choix du métro va de pair avec un refus de remettre en cause la place accordée à la voiture individuelle.À l’inverse, le tramway est un mode efficace, convivial, d’un coût raisonnable, et qui permet unerequalification du paysage urbain et un partage de la voirie.
Mais certaines villes françaises, comme Rennes ou Toulouse, s’obstinent. Ainsi le projet de plan de déplacements urbains de l’agglomération toulousaine prévoit que 1,2 milliard d’euros sur 1,8 milliard seront affectés au métro. Pour rentabiliser la première ligne, on a dû densifier l’habitat sur son parcours en créant de véritables nouveaux quartiers comme à Jolimont. Ce n’est plus le métro qui dessert la ville, c’est la ville qui dessert le métro. Une deuxième ligne est prévue, qui ne desservira, pour l’essentiel, que la commune de Toulouse. Il semble que ce choix n’ait fait l’objet d’aucune étude comparative poussée. Pourtant, la même somme permettrait de construire 4 fois plus de lignes de tramway, en moins de temps. Bordeaux, a fait le choix du tramway, tout comme Nantes, Orléan, Grenoble ou Montpellier, qui vient d’inaugurer sa première ligne.
La cohérence des transports collectifs dans l’agglomération toulousaine est ainsi obérée, au profit d’un équipement qui ne résout qu’une petite partie des besoins de déplacement.
Cet investissement disproportionné va en effet pomper tous les crédits transport de l’agglomération pendant dix ou quinze ans. La réglementation européenne en matière de transports urbains est pourtant très claire : la lutte contre l’effet de serre et contre les nuisances passe par une inversion des priorités, au profit des modes alternatifs à la voiture individuelle. C’est aussi le sens de la loi sur l’air, et du plan de déplacements urbains qu’elle rend obligatoire dans toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants.
Beaucoup de villes européennes - et quelques villes françaises, dont Strasbourg, une des capitales de l’Europe, qui a prouvé que le tram est une réussite - ont d’ores et déjà mis en place les mesures indispensables pour réduire la place de la voiture en centre ville, premier pas vers une autre façon de penser la cité.
A lire également le dossier du journal "le Monde" du 18 juin 2000 sur le tramway.