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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°14 – PRINTEMPS 2003 L'Europe vue de Languedoc-Roussillon
Caboter en touche

État de siège. Le Parlement Européen s'est retrouvé à Strasbourg, en mars, complètement encerclé par des milliers de dockers, venus de tous les ports de l'Union, pour protester contre le dépeçage programmé de leur profession. Durant cette session, a été en effet débattu, sous la présidence de Gérard Onesta, de la proposition de la Commission de libéraliser (…encore et toujours !) le secteur des activités portuaires. Malgré la pression syndicale - et l'opposition déterminée des députés Verts lors des votes - l'assemblée européenne n'a pourtant limité qu'à la marge le dumping social et les risques écologiques inhérents.

Ce vote est à mettre en perspective avec un point clef de la future politique de transport de fret dans l'Union. Un rapport sur le cabotage, remis le 5 avril 2002 au Premier Ministre français, préconisait en effet la création de véritables "autoroutes de la mer", de port en port, dans le cadre du schéma directeur du futur réseau trans-européen, comme seule alternative crédible, à court terme, à la saturation de nos routes. Ce rapport insistait sur une meilleure connexion des ports avec le réseau ferroviaire et fluvial, mais aussi et surtout, sur une amélioration de la qualité des services portuaires. C'est sur ce dernier point - le haut niveau de qualification et de prestation dans les ports - que l'Europe est en train de gâcher un de ses meilleurs atouts en matière de politique de transports. On ne peut en effet prétendre à une relance des ports européens, en dehors de toute préoccupation sociale et environnementale.

À travers le cabotage, le Languedoc, par sa large façade maritime, peut ainsi rapidement offrir une autre façon de relier la péninsule ibérique à la France. Yves Pietrasanta, eurodéputé Vert, est favorable au développement de ce moyen de transport de fret, qui est le plus économe en énergie à la tonne transportée. Mais Yves, en élu local côtier, n'oublie pas non plus, que suite au drame de l'Erika, il a été rapporteur sur la sécurité maritime, et il insiste pour que le cabotage soit développé dans le cadre strict d'une sûreté de navigation renforcée. Pourtant, avoir limité le droit des armateurs de confier la manutention de leur cargaison à des personnels sous-payés - donc sous-qualifiés - et avoir imposé que le pilotage des navires dans les zones portuaires reste sous la responsabilité de professionnels de haut niveau, sont les rares acquis du Parlement sur ce dossier…