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Un carburant "social"
Les huiles végétales pures (HVP), biocarburant liquide inscrit dans la directive européenne 2003/30/CE - tout comme l'éthanol et le diester - s'emploient en mélange ou en substitution au gazole. Les HVP proviennent d'oléagineux (tournesol, colza, etc.) et permettent donc, en outre, au travers des débris végétaux récupérés après trois manipulations simples (trituration, décantation, filtration), la production de compléments alimentaires animaliers riches en protéines. Maîtrisée par les producteurs eux-mêmes, cette filière artisanale à circuit court, apporte une plus-value directe à un milieu agricole socialement sinistré.



Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Les huiles de l'Institut
En ces temps de dérèglement climatique, on parle beaucoup de "Bio carburants" pour limiter les rejets de gaz dans l'atmosphère. L'avantage clef de cette filière est la neutralité de ces émissions, puisque le carbone libéré à la combustion a d'abord été capté par la croissance des plantes, et qu'il y sera à nouveau piégé quand elle repous seront… Mais derrière le vocable "Bio", très vendeur, on trouve le pire et le meilleur. Le pire, c'est l'adjonction d'une (petite) part d'alcool végétal dans du diesel, créant un produit au mauvais coefficient énergétique (rapport entre l'énergie qu'il permet de produire et l'énergie nécessaire pour le produire). Ce modèle soutenu - on s'en doute - par les marchands de pétrole, a, hélas, la faveur des autorités européennes. Le meilleur, c'est la filière HVP (Huiles Végétales Pures), énergie peu polluante, renouvelable, et au coefficient énergétique flatteur…
C'est peu dire que cette alternative n'a pas été soutenue au plan institutionnel ! Un véritable acharnement - où l'on devine la main du lobby pétrolier - a frappé la société lot et garonnaise Valenergol, pionnière des HVP. Alors qu'on aurait pu s'attendre à des aides, le gouvernement français a traîné Valenergol en justice pour l'obliger à acquitter la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) qui ne frappe pourtant que les produits …minéraux ! Pire, alors que les eurodéputés Verts on fait voter, en 2003, l'inscription de ces huiles dans la liste des biocarburants ouvrant ainsi la voie à des aides fiscales, le Conseil de l'Union, bloqué par la règle de l'unanimité, n'a pas donné suite à ce vote…
Mais face à la bêtise d'État, la résistance d'organise : "Il existe bien l'Institut Français du Pétrole, alors pourquoi pas un Institut Français des Huiles Végétales !" ironise Alain Juste, Président de ce nouvel organisme, créé il y a plus d'un an. Conscient des lourds enjeux, il ajoute : "nous avons voulu mettre en place un outil de gestion et de valorisation de la filière HVP, mais aussi sortir de la simple logique d'entreprise". Les objectifs de cet institut sont aussi clairs qu'ambitieux : développer l'usage des produits et co-produits HVP comme additif ou carburant, obtenir une fiscalité de soutien appropriée, orienter les motoristes vers le développement de véhicules plus propres fonctionnant avec ces huiles, supprimer les obstacles législatifs, administratifs et institutionnels. La plupart des scientifiques qui travaillent depuis des années sur les HVP sont désormais regroupés dans cet institut. "Nous avons voulu aussi donner une dimension européenne à notre action, souligne Alain, en créant, avec des partenaires européens, la "European Pure Plant Oil Association" (EPPOA) qui devrait bientôt avoir son siège social à Bruxelles, pour pouvoir faire entendre, sur place, aux décideurs européens, un autre message que celui des accros du pétrole…"
www.EPPOA.org, http://institut.hvp.free.fr