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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
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Mobilité
: l’overdose
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Le
bureau du Président de la Commission des Transports de
l'europarlement est "encombré", depuis
quelques semaines, d'une colossale pile de milliers de
pétitions venant des confins du Béarn et du Pays
basque. Déposées par Gérard Onesta au nom
des citoyens de l'Ouest pyrénéen, ces signatures
illustrent parfaitement le peu de cohérence des
politiques nationales et européennes en matière
de transports. Pour les pétitionnaires, regroupés
par l'association LEIA, il s'agit de s'opposer à une
"deux fois 2 voies" qui cache mal la création,
à la hauteur de Roncevaux, d'une autoroute
trans-européenne, bref d'un nouvel égout à
camions dans nos montagnes. Il faut dire que tout le massif
montagneux, d'Irun au Perthus, est menacé par ce genre
de projets, dont l'empilement constitue une parfaite
illustration de développement "non soutenable"
…et contradictoire avec les objectifs affichés
par l'Union.
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On
est là, en effet, loin des accords de Kyoto sur la
réduction des gaz à effets de serre. Les
décideurs/aménageurs ne pensent qu'à
"accompagner" d'infrastructures nouvelles une
sempiternelle augmentation des transports, dont aucun ne
semble vouloir questionner la raison ou la pertinence. Dans
les cartons des élus locaux, dorment des projets de
tunnel qui perceraient les Pyrénées tous les 60
kilomètres en moyenne ! Même le ferroutage - qui
pourrait avoir le soutien des écologistes - n'est
envisagé, au travers de la TCP (Traversée
Centrale des Pyrénées, dont le coût
prévisionnel varie de 5 milliards à 15 milliards
d'euros) qu'en adjonction de nuisances, et non en transfert de
tonnages de la route vers le rail… Le réseau
transeuropéen, et ses projets d'axes prioritaires
cofinancés par l'Union - que la Commission souhaite
coupler avec un concept de "déclaration d'intérêt
européen" - fait saliver le lobby des travaux
publics, alors même que l'Europe indique, dans son
dernier Livre Blanc sur les transports, qu'il est urgent de se
tourner vers d'autres techniques, tel le cabotage maritime :
faut il rappeler que le fret pourraient, dans ce cadre,
aisément franchir les Pyrénées sur les
eaux de l'Atlantique ou de la Méditerranée.
Selon Jenofa Cuisset, membre de LEIA, "aucune approche
globale n'existe dans nos montagnes. On juxtapose des projets
d'infrastructures sans les relier à d'autres
thématiques comme le tourisme, l'emploi, la
préservation des espaces naturels… Le projet
respectueux des Pyrénées et des Pyrénéens
reste à écrire !".
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Jenofa
: verts.paysbasque.free.fr
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LEIA
: BP3 , F - 64430 Baigorri
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Tél
: +33 (0)5 59 37 03 62
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Repères
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Source
: Commission européenne
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PYRENÉES
: Près de 5,5 millions de poids lourds traversent
chaque année les Pyrénées, contre environ
3 millions pour les Alpes françaises. L'augmentation du
trafic franco-espagnol sur bitume a été de 300 %
en 15 ans.
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La
répartition actuelle des volumes traversant les
Pyrénées est de 5 % pour le rail, 22 % pour le
maritime (mais 4 % en valeur marchande), et 73 % pour la
route.
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80
millions de tonnes de marchandises transitent entre France et
Espagne chaque année, et certaines estimations tablent
sur 200 millions de tonnes en 2020. Environ un tiers de ce
trafic n'est qu'un simple transit vers d'autres pays
européens. Le Nord de l'Espagne assure 40 % du commerce
extérieur espagnol dont un dixième seulement
concerne la France, tandis que notre Sud-Ouest ne représente
que 8 % du commerce extérieur de la France, avec
également un seul dixième relatif à
l'Espagne.
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MOBILITÉ
: La "mobilité moyenne" des Européens
est passée de 17 km par jour en 1970, à 35 km en
2000. Dans le même temps, le parc automobile de l'Union
a triplé, passant de 62,5 millions de voitures à
près de 175 millions. La Commission européenne a
"décrété" que le transport des
marchandises augmenterait de 50 % entre 2001 et 2010. L'Europe
"espère" une augmentation de la part de
marché du transport aérien de 30 % d'ici 5 ans.
À cause des barrières techniques et
administratives, la vitesse moyenne d'un convoi de fret
ferroviaire dans l'Union est "inférieure à
celle d'un brise-glace en mer Baltique".
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PART
: En Europe, la route représente 44 % du transport
de marchandises, contre 8 % pour le rail, 41 % pour la mer, 4
% pour les voies fluviales et 3 % pour les pipelines. Le
transport routier de passagers y représente environ 88
%, l'aérien 5 % et le ferroviaire 7 %. La part de
marché du fret pour le rail est passée dans
l'Union de 21 % en 1970 à 8 % en 1998, alors qu'elle
est encore de 40 % aux États-Unis. 600 km de voies
ferrées sont fermées chaque année en
Europe. Le transport européen de voyageurs par rail
n'est passé que de 217 milliards de passagers/km en
1970, à 290 milliards en 1998.
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MER
: Le transport maritime représente 70 % du total
des échanges entre l'Union et le reste du monde. Les
ports européens voient passer chaque année 2
milliards de tonnes de marchandises. Par rapport au début
des années 1980, l'Union a perdu 40 % de ses effectifs
de marins. En 2006, l'Union devrait manquer d'environ 36 000
gens de mer qui seront recrutés à vil prix dans
le Tiers-Monde.
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IMPACT
: Les
camions et voitures représentent 84 % des émissions
de CO2 dûes au transport, les avions 13 %, les bateaux 3
%. Sur une même distance - sans compter les coûts
environnementaux et sanitaires, une tonne de marchandise
transportée par la route coûte 5 fois plus cher
aux collectivités que celle acheminée par rail.
En 2000, les accidents de la route ont provoqué la mort
de plus de 40 000 personnes dans l'Union. Une personne sur
trois sera blessée au cours de sa vie dans un accident.
Le coût total des accidents de la route représente
160 milliards d'euros par an, soit 2 % du PNB de l'Union (la
totalité du budget de l'Union plafonne, lui, à 1
% du PNB).
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