Des
sous !
Carré d'Europe N°10 –
PRINTEMPS 2002 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Combien
peut donner l'Europe ?
La question revient en
permanence.Souvent décriée en temps d'opulence,
et toujours sollicitée dans la disette, l'Union
Européenne gagnerait à mieux faire connaître
ses mécanismes de financement. Pour preuve, la visite à
Toulouse, le 8 mars dernier, de Michel Barnier, Commissaire
européen chargé de la politique régionale.
Le préfet de région avait réuni pour
l'occasion les principaux décideurs de la zone touchée
par l'explosion de l'usine AZF, afin de faire le point sur ce
dossier.
Ce
fut une utile séance pédagogique pour les élus
locaux qui ne maîtrisent pas toujours les rouages
européens. Non, l'Europe n'a pas de ligne budgétaire
pour faire face à des catastrophes, naturelles ou
industrielles, survenant sur son territoire. Il en est ainsi
depuis le sommet de Berlin en 1999, où les États
ont supprimé du budget communautaire les quelques
dizaines de millions d'euros jusqu'alors consacrés à
cela. Il est vrai que ces montants étaient notoirement
insuffisants pour faire face à un état de
catastrophe, où les dégâts se comptent
facilement en milliards…
Alors,
impuissante l'Europe ? Pas tout à fait. Il faut savoir
que le budget de l'Union est voté annuellement, mais est
encadré par des perspectives budgétaires qui
couvrent plusieurs années. L'an prochain, à
mi-parcours de la période comptable 2000-2006, la
Commission débloquera une réserve de 4 % que les
États pourront redéployer sur leur territoire. La
France aura ainsi une rallonge de plusieurs centaines de
millions d'euros, qu'elle pourra employer, par exemple, pour
effacer les traces de la tempête qui a frappé
l'ouest du pays, où pour aider Toulouse à se
reconstruire. Autre piste possible et complémentaire
actuellement à l'étude : modifier le zonage
européen afin que les quartiers toulousains sinistrés
soient classés en "Objectif 2" c'est-à-dire,
en jargon européen, qu'ils soient éligibles à
des subventions habituellement réservées, loin
des grandes métropoles, à des zones "en
retard de développement".
Autre
suggestion faite par Gérard Onesta lors de cette
rencontre : que l'on commence au moins à ne pas perdre
les subventions déjà budgétisées.
Gérard demande pour cela que les "Maisons de
l'Europe", qui fleurissent ça et là, ne
soient pas des vitrines vides, mais de vrais organismes
européens pilotés par la Commission, en
partenariat avec les pouvoirs publics, consulaires, et les
réseaux associatifs, où chacun pourrait trouver
des interlocuteurs pour guider ses projets dans la "jungle
communautaire". Il faut en effet savoir que, lors de la
phase de programmation précédente, Midi-Pyrénées
n'a pas su trouver preneur de près d'un tiers des sommes
qui lui étaient pourtant allouées par l'Europe…