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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




La "guerre du gaz" produit des effets plus graves que prévu en Europe
Le monde
Article paru le 02.01.06

Lundi, certains pays européens enregistraient des réductions importantes des arrivées de gaz russes. Face à l'aggravation de la situation, Gazprom s'est engagé, lundi 2 janvier, à rétablir un approvisionnement normal dans les 24 heures.

Avec une baisse des livraisons constatée de 40 %, la Hongrie a été le pays le plus affecté. La première société gazière et pétrolière du pays, Mol, a dû demander aux grands consommateurs, notamment les industriels, d'utiliser dorénavant du pétrole à la place du gaz naturel. Lundi soir, la pression est revenue à la normale dans les gazoducs reliant l'Ukraine à la Hongrie, a annoncé le ministère hongrois de l'économie.

En Autriche, l'approvisionnement en gaz russe a enregisté une baisse "d'environ un tiers", selon des chiffres communiqués, lundi matin, par la société autrichienne d'hydrocarbures OMV. "Les restrictions sur les quantités importées de gaz naturel russe se sont nettement aggravées durant la nuit de dimanche à lundi", avait alors indiqué la compagnie, déplorant "des baisses nettement supérieures aux attentes". Mais là encore un retour à la normal a été constaté dès lundi soir, soit "avant l'expiration du délai annoncé de vingt-quatre heures", comme s'en est félicité le ministre autrichien de l'économie, Martin Bartenstein.

PAS DE RAISON DE "PANIQUER"

En Slovaquie, le groupe gazier SPP a enregistré, lundi, une baisse de 30 % de volume de gaz russe transitant par l'Ukraine. Cependant, le groupe SPP ne considère pas la situation comme critique. Selon le porte-parole du ministère de l'économie slovaque, Robert Beno, ce pays possède assez de réserves de gaz pour tout l'hiver et il n'existe aucune raison de "paniquer".

La Pologne, dépendante du gaz russe à 42 %, a noté lundi une baisse de 38,5 % de ses livraisons, avant de constater, mardi, un retour à la normale. En Roumanie, qui n'importe de Russie qu'un quart de sa consommation de gaz, la baisse atteint 25%.

Si la crise se prolonge en Croatie, l'approvisionnement des industriels ayant la possibilité d'utiliser d'autres énergies que le gaz pourrait être réduit. Le pays,dépendant de la Russie à hauteur de 40 %, a accusé une baisse de 33 % de ses livraisons.

En Allemagne, deux importateurs, EON Ruhrgas et Wingas, ont constaté une réduction des quantités de gaz russe qui leur étaient livrées. La Russie fournit 35 % du gaz consommé dans le pays, mais Berlin a aussi des contrats de livraison avec d'autres pays et des réserves suffisantes pour 75 jours, a souligné le gouvernement.

Au Royaume-Uni, les conséquences de la baisse des arrivées de gaz de russe seront moindres que chez ses voisins, a estimé le secrétaire d'Etat britannique à l'énergie Malcolm Wicks. Les Britanniques consomment beaucoup de gaz, mais exploitent les gisement de mer du Nord depuis les années 1960.

En Italie, par contre, le gouvernement a demandé à ses importateurs d'énergie d'accroître leurs achats de gaz, a fait savoir le ministre italien de l'industrie Claudio Scajola. Selon Paolo Scaroni, administrateur délégué d'ENI, l'Italie va devoir "puiser sérieusement" dans ses réserves stratégiques.