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Un syndicat à museler à tout prix
Partout en Europe, la Confédération Paysanne est connue pour ses actions médiatiques contre l'arrogance des multinationales. Ces dernières ont, semble-t-il, décidé de se servir de leur bâillon favori - le billet de banque - pour réduire au silence les empêcheurs de profiter en rond. Ainsi, le 30 octobre dernier se tenait à Toulouse le procès en appel pour la destruction en 1998 de parcelles de colza et maïs transgéniques de Monsanto, à Monbéqui (82). En première instance (mai 2000), Monsanto a obtenu 1,3 million francs (!) de dommages et intérêts de la Confédération Paysanne. Le jugement a été mis en délibéré. Heureusement la justice n'est pas toujours aussi aveugle : quelques jours plus tôt, le 25 octobre, au procès de trois militants anti-OGM impliqués dans un autre fauchage, en 2001, de maïs transgénique à Labrilhe (32), l'amende ne fut que de 3000 francs avec sursis …et 1 seul petit franc symbolique de dédommagement pour les actionnaires de Monsanto. Mais quand ce n'est pas par l'argent que l'on peut faire taire les récalcitrants, il reste le cachot : le 22 novembre dernier, procès en appel des militants impliqués dans la destruction d'une serre de la CIRAD à Montpellier : le verdict vient de tomber : 6 mois de prison ferme pour José Bové et René Riesel. Ils devraient se pourvoir en cassation ...


Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°9 – HIVER 2001-2002 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Pour un "New Deal" rural

Le Congrès National de la Confédération Paysanne qui s'est déroulé à Castres, il y a quelques mois, a placé ses travaux dans l'optique d'une autre Europe agricole. Présent sur place, Gérard Onesta a conforté José Bové et ses amis sur cette voie, tout en rappelant que rien ne sera possible sans changer les règles du circuit de décision.
Aujourd'hui, sur de nombreux textes votés à Strasbourg par le Parlement Européen, une majorité se dégage pour une vraie réorientation de l'agriculture continentale : cultures extensives, qualité des produits, soutien au tissus social rural, solidarité avec les producteurs du Tiers-Monde… Malheureusement, les institutions actuelles refusent d'entendre la volonté citoyenne ainsi relayée par ses élus, et ce sont les 15 ministres de l'agriculture qui, embourbés dans d'absurdes règles d'unanimité, font - et surtout défont - le monde paysan. Rappelons, par exemple, que les euro-parlementaires n'ont qu'un simple rôle de "commentateurs" du budget agricole (le Conseil décidant seul au final), alors que la PAC représente près de la moitié du budget communautaire !
Il est vrai que certains (gros) agriculteurs, bien organisés en puissant lobby, peu sensibles au désastre social (monde rural désertifié), environnemental (sols et eaux pollués), ou sanitaire (produits frelatés), ont intérêt, à ce que cette situation persiste, et que des subventions européennes non maîtrisées continuent à arroser des campagnes, certes saccagées, mais dont ils sont les seuls maîtres.
Gérard a donc appelé la composante la plus progressiste du syndicalisme agricole à faire entendre sa voix dans ce débat essentiel : Pour sortir de la crise que connaît depuis trop longtemps le monde rural, les règles de base de la Démocratie doivent s'appliquer en Europe. Le Parlement Européen, en phase avec les paysans responsables, est légitime pour obtenir le pouvoir de codécision législative en matière agricole, et le plein droit de vote sur le budget de l'agriculture.